Guizotia scabra (PROTA)

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Ressources végétales de l'Afrique tropicale
Introduction
Liste des espèces


Importance générale Fairytale bookmark gold.svgFairytale bookmark gold.svgGood article star.svgGood article star.svgGood article star.svg
Répartition en Afrique Fairytale bookmark gold.svgFairytale bookmark gold.svgFairytale bookmark gold.svgFairytale bookmark gold.svgGood article star.svg
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Oléagineux Fairytale bookmark gold.svgFairytale bookmark gold.svgGood article star.svgGood article star.svgGood article star.svg
Médicinal Fairytale bookmark gold.svgFairytale bookmark gold.svgGood article star.svgGood article star.svgGood article star.svg
Fourrage Fairytale bookmark gold.svgGood article star.svgGood article star.svgGood article star.svgGood article star.svg
Fibre Fairytale bookmark gold.svgGood article star.svgGood article star.svgGood article star.svgGood article star.svg
Sécurité alimentaire Fairytale bookmark gold.svgFairytale bookmark gold.svgGood article star.svgGood article star.svgGood article star.svg


Guizotia scabra (Vis.) Chiov.


Protologue: Annuario Reale Ist. Bot. Roma 8 : 184 (1904).
Famille: Asteraceae (Compositae)
Nombre de chromosomes: 2n = 30

Origine et répartition géographique

On rencontre Guizotia scabra, généralement à des altitudes moyennes à élevées, au Nigeria, au Cameroun, en R.D. du Congo, au Rwanda, au Burundi, au Soudan, en Erythrée, en Ethiopie, au Kenya, en Ouganda, en Tanzanie, au Malawi, en Zambie, au Zimbabwe et au Mozambique. On l’a également trouvé au Yémen.

Usages

Les jeunes feuilles tendres sont consommées bouillies en Ethiopie, en Ouganda et en Tanzanie. En Ethiopie, on le considère comme un produit de famine, mais il apparaît mieux accepté en Tanzanie et en Ouganda. Au Nigeria, on consomme les feuilles en soupe et les graines sont écrasées et consommées crues. En Ethiopie, les graines sont utilisées comme substitut pour celles de Guizotia abyssinica (L.f.) Cass., cultivé comme oléagineux, et pour des cérémonies. En Ouganda, les graines sèches sont grillées et broyées pour en faire une pâte qui est mélangée avec des légumes verts, des pois ou des haricots. On prépare un sel végétal à partir des tiges brûlées, le produit étant ensuite purifié.

Les fibres des tiges sont utilisées en R.D. du Congo pour fabriquer des filets de pêche. On signale que la plante est broutée par le bétail au Soudan mais pas au nord du Kenya.

Des utilisations médicinales ont été notées en R.D. du Congo, au Rwanda, au Burundi et en Ouganda. Ce sont les feuilles qu’on utilise habituellement, mais aussi l’écorce et les racines. Parmi les maladies humaines et autres maux traités au moyen de Guizotia scabra, on recense : le paludisme, la constipation, les salmonelloses, les ulcères, les maux d’estomac, la dyspepsie, la gastrite, l’entérite, la syphilis et la gonorrhée. En Ouganda, on boit une décoction de racines pour prévenir les fausses couches. En R.D. du Congo, Guizotia scabra est utilisé largement comme médicament vétérinaire contre les parasites internes (par ex. les vers, les amibes), les parasites sanguins (theilériose ou la fièvre de la côte orientale, la babésiose) ainsi que contre les parasites externes (taon du cheval, gastrophile).

Botanique

  • Plante herbacée vivace érigée, moyennement ramifiée, atteignant 2 m de haut.
  • Feuilles opposées, simples, sessiles ; limbe étroitement lancéolé à largement oblancéolé, de 5,5–10,5 cm × 1–3 cm, base cunéiforme-cordée, apex aigu, bord entier à denté en scie.
  • Inflorescence : capitule en coupe, de 9–15 mm de diamètre, avec (5–)8 feuilles involucrales extérieures ; fleurs radiées 8–15, femelles, tube de 1,5–2,5 mm de long, ligule de 11–14 mm × 2,5–4,5 mm ; fleurs du disque 50–90(–120), bisexuées, tube de 1–1,5 mm de long, limbe de 2,5–3 mm de long.
  • Fruit : akène de 2–2,5 mm de long.

Guizotia comprend 6 ou 7 espèces qui sont toutes réparties dans les montagnes d’Afrique de l’Est. Guizotia scabra représente une exception car il est également présent sur les hautes terres du Nigeria et du Cameroun. La position taxinomique de trois espèces étroitement apparentées n’est pas encore entièrement élucidée. On considère que l’espèce sauvage annuelle Guizotia schimperi Sch.Bip. est l’ancêtre de l’espèce oléagineuse cultivée Guizotia abyssinica. On distingue Guizotia scabra de Guizotia schimperi par sa nature vivace et son grand nombre de feuilles involucrales, de fleurs radiées et de fleurs du disque. Certains taxinomistes considèrent cependant toujours Guizotia schimperi comme une sous-espèce de Guizotia scabra. La grande variabilité observée chez Guizotia scabra sur le terrain est attribuée en grande partie aux différences dans ses conditions de croissance.

Ecologie

Guizotia scabra est présent sur de nombreux sols différents. On l’a trouvé dans des zones marécageuses, dans la savane herbeuse humide et sèche, sur des pentes de collines caillouteuses et comme rudérale. Il fleurit abondamment juste après les premières pluies, mais on trouve des fleurs toute l’année. En Ethiopie, Guizotia scabra est très commun à 2500–3500 m d’altitude, alors que Guizotia schimperi est plus fréquent à 1500–2500 m. Le feu favorise la germination.

Gestion

On signale que Guizotia scabra est cultivé au Nigeria, au Soudan et en Ethiopie mais aucun détail n’a été publié.

Ressources génétiques

Guizotia scabra est répandu dans toute son aire de répartition et n’est pas menacé d’érosion génétique. Il n’y a pas de barrière reproductive avec Guizotia abyssinica ; on peut de ce fait obtenir des hybrides facilement. Les collections de ressources génétiques en conservent peu d’entrées, toutes en provenance d’Ethiopie.

Perspectives

Guizotia scabra restera probablement un légume secondaire d’importance limitée. Le transfert de gènes de Guizotia scabra vers l’espèce cultivée Guizotia abyssinica peut s’avérer intéressant dans des programmes de sélection. Il est souhaitable de collecter du matériel génétique dans toute l’aire de répartition de Guizotia scabra. La grande variété de maladies traitées au moyen de Guizotia scabra justifie la recherche en ce qui concerne ses propriétés médicinales et pharmacologiques, en particulier celles des feuilles. Le fait que les usages médicinaux soient vraiment limités à la région des Grands Lacs doit être confirmé.

Références principales

  • Baagøe, J., 1974. The genus Guizotia (Compositae). A taxonomic revision. Botanisk Tidsskrift 69(1): 1–39.
  • Getinet, A. & Sharma, S.M., 1996. Niger: Guizotia abyssinica (L.f.) Cass. Promoting the conservation and use of underutilized and neglected crops 5. Institute of Plant Genetics and Crop Plant Research, Gatersleben, Germany & Plant Genetic Resources Institute, Rome, Italy. 50 pp.
  • Katende, A.B., Ssegawa, P. & Birnie, A., 1999. Wild food plants and mushrooms of Uganda. Technical Handbook No 19. Regional Land Management Unit/SIDA, Nairobi, Kenya. 490 pp.
  • Murthy, H.N., Hiremath, S.C. & Pyati, A.N., 1995. Genomic classification in Guizotia (Asteraceae). Cytologia 60: 67–73.
  • Ruffo, C.K., Birnie, A. & Tengnäs, B., 2002. Edible wild plants of Tanzania. Technical Handbook No 27. Regional Land Management Unit/ SIDA, Nairobi, Kenya. 766 pp.

Autres références

  • Burkill, H.M., 1985. The useful plants of West Tropical Africa. 2nd Edition. Volume 1, Families A–D. Royal Botanic Gardens, Kew, Richmond, United Kingdom. 960 pp.
  • Kokwaro, J.O., 1993. Medicinal plants of East Africa. 2nd Edition. Kenya Literature Bureau, Nairobi, Kenya. 401 pp.
  • Umali, B.E. & Yantasath, K., 2001. Guizotia abyssinica (L.f.) Cass. In: van der Vossen, H.A.M. & Umali, B.E. (Editors). Plant Resources of South-East Asia No 14. Vegetable oils and fats. Backhuys Publishers, Leiden, Netherlands. pp. 97–101.

Auteur(s)

  • C.H. Bosch, PROTA Network Office Europe, Wageningen University, P.O. Box 341, 6700 AH Wageningen, Netherlands

Consulté le 18 décembre 2024.