Guarea cedrata (PROTA)

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Bois d'œuvre Fairytale bookmark gold.svgFairytale bookmark gold.svgFairytale bookmark gold.svgGood article star.svgGood article star.svg
Bois de feu Fairytale bookmark gold.svgFairytale bookmark gold.svgGood article star.svgGood article star.svgGood article star.svg
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Statut de conservation Fairytale bookmark gold.svgFairytale bookmark gold.svgFairytale bookmark gold.svgGood article star.svgGood article star.svg


répartition en Afrique (sauvage)
1, base du fût ; 2, rameau en fleurs ; 3, infrutescence ; 4, graine. Redessiné et adapté par Iskak Syamsudin
base du fût
écorce
tranche
feuilles, fruits et graines
diverses parties de l'arbre (W.D. Hawthorne)
bois
coupe transversale du bois
coupe tangentielle du bois
coupe radiale du bois

Guarea cedrata (A.Chev.) Pellegr.


Protologue: Bull. Soc. Bot. France 75: 480 (1928).
Famille: Meliaceae
Nombre de chromosomes: 2n = 72

Synonymes

  • Trichilia cedrata A.Chev. (1909).

Noms vernaculaires

  • Bossé clair, acajou bossé, cèdre d’Afrique, faux acajou (Fr).
  • Light bosse, pink mahogany, pink African cedar, scented guarea, Nigerian pearwood (En).

Origine et répartition géographique

Guarea cedrata est présent de la Sierra Leone jusqu’en Ouganda, et vers le sud jusqu’au Gabon et en R.D. du Congo.

Usages

Le bois (noms commerciaux : bossé clair, bossé) est apprécié en construction d’habitations, pour les revêtements de sol, les menuiseries, les boiseries intérieures, les panneaux, les encadrements de fenêtres, les portes, la construction navale, les châssis de véhicules, la fabrication de meubles, l’ébénisterie, les boîtes décoratives, les caisses, les placages et le contreplaqué. Il convient aux instruments de musique, aux jouets, aux bibelots, à la sculpture et au tournage, mais la gomme qu’il exsude peut être nuisible aux produits. Traditionnellement, le bois est utilisé pour faire des pirogues monoxyles. Il est utilisé comme bois de feu et pour la production de charbon de bois.

L’écorce est employée en médecine traditionnelle. La décoction ou la macération d’écorce se prennent pour traiter les maux d’estomac, les intoxications alimentaires et la gonorrhée, et en lotion contre les douleurs rénales, les hémorragies post-partum, les rhumatismes et la lèpre. Guarea cedrata est parfois épargné lors des défrichages forestiers pour servir d’arbre d’ombrage dans les plantations de café et de cacao, par ex. au Cameroun.

Production et commerce international

Le bois de Guarea cedrata, de Guarea laurentii De Wild. et de Guarea thompsonii Sprague & Hutch. se vend indistinctement sous l’appellation “bossé”. La Côte d’Ivoire était autrefois le principal exportateur de bois de Guarea : 45 000 m³ ont été exportés en 1971 et 21 000 m³ en 1983. En 2003, le Congo a exporté 11 000 m³ de grumes de Guarea au prix moyen de US$ 174/m³, 15 000 m³ en 2004 au prix moyen de US$ 177/m³, et 21 000 m³ en 2005 au prix moyen de US$ 172/m³. Les exportations de sciages du Congo se sont élevées à 4000 m³ en 2004 au prix moyen de US$ 333/m³, et 9000 m³ en 2005 au prix moyen de US$ 304/m³. De petites quantités de placages ont été exportées du Congo en 2003 au prix moyen de US$ 331/m³, et en 2004 au prix moyen de US$ 363/m³. Le Cameroun a exporté 12 250 m³ de grumes de Guarea en 1997, et 11 700 m³ en 1998 , et ses exportations de “bossé” scié représentaient 4150 m³ en 2003, 3300 m³ en 2004, et 3000 m³ en 2006. Le Ghana a exporté 2450 m³ de grumes de Guarea en 1994 au prix moyen de US$ 221/m³, et 3710 m³ de bois scié au prix moyen de US$ 424/m³. La Centrafrique a exporté 3200 m³ de grumes en 1999, et 2300 m³ en 2006. Guarea a une certaine importance dans les exportations de bois d’œuvre au Gabon, où le volume annuel d’exportations pour la période 2001–2005 représentait environ 5000 m³ de grumes, toutes espèces de Guarea confondues. Cependant, la part de Guarea cedrata au Gabon est restreinte car il est assez rare dans ce pays.

Propriétés

Le bois de cœur, brun rosé pâle au moment de la coupe, fonce à l’exposition pour devenir brun rougeâtre. Il se démarque en général nettement de l’aubier, blanc jaunâtre, large de 5–10 cm. Il est contrefil ou à fil droit, le grain est fin à moyennement grossier. Le bois présente parfois des marbrures ou des dessins frisés, et a une odeur de cèdre lorsqu’il est frais. Il peut exsuder une gomme.

C’est un bois de poids moyen d’une densité de 545–680 kg/m³ à 12% d’humidité. Il sèche généralement assez facilement à l’air avec peu de déformation, mais il a tendance à gauchir ou à se fendre lors du séchage au four. Les taux de retrait du bois vert à anhydre sont moyennement élevés : de 3,5–5,6% radialement et de 5, 3–7,9% tangentiellement. Une fois sec, le bois est relativement stable en service.

A 12% d’humidité, le module de rupture est de 76–145 N/mm², le module d’élasticité de 9400–12 900 N/mm², la compression axiale de 47–60 N/mm², le cisaillement de 10–15 N/mm², le fendage de 11–24 N/mm, la dureté Janka de flanc de 4000 N et la dureté Janka en bout de 5420 N.

Il se scie et se travaille assez facilement, mais la silice qu’il contient (jusqu’à 1,0%) tend à émousser modérément le tranchant des lames de coupe. Au fini, on peut obtenir une surface lisse mais une légère tendance au peluchage peut se manifester au rabotage sur quartier, et de la gomme peut apparaître. Le bois supporte bien le clouage et le vissage, mais peut se fendre au clouage. Il se colle de façon satisfaisante, sauf en présence de gomme, et le recours à un apprêt est alors recommandé pour la teinture et le polissage. Les caractéristiques de cintrage sont habituellement satisfaisantes. On peut obtenir des placages de bonne qualité par déroulage et par tranchage. C’est un bois moyennement durable qui est rarement sujet aux attaques de termites et de foreurs ; en revanche il est un peu plus sensible aux attaques de vrillettes. Le bois de cœur est fortement rebelle à l’imprégnation, l’aubier étant perméable à moyennement rebelle. La sciure peut provoquer une irritation de la peau.

Des essais préliminaires de fabrication de pâte à papier ont donné de bons résultats. La longueur des fibres du bois est d’environ 1,4 mm, avec un diamètre de 21 μm, une largeur de lumen de 13 μm et une épaisseur de paroi cellulaire de 4 μm. Le bois contient 54% de cellulose, 40% d’α-cellulose, 30% de lignine et 13% de pentosanes. La solubilité dans l’éther est de 0,6%, dans l’alcool-benzène de 0,7%, dans l’eau chaude de 1,9% et dans une solution de NaOH à 1% de 11,2%.

L’écorce contient une huile essentielle constituée exclusivement de sesquiterpènes, dont les principaux composants sont le β-caryophyllène (45%) et le globulol (11%). Des limonoïdes, dont la drégéanine, ont été isolés de l’écorce.

Falsifications et succédanés

Le bois de Guarea thompsonii Sprague & Hutch. est parfois mélangé à celui de Guarea cedrata, mais il est en général un peu plus lourd et plus foncé. Il ressemble à celui des Khaya spp., et se rapproche de celui des Entandrophragma spp. Il est en outre difficile à distinguer de celui des Beilschmiedia spp. (“kanda”).

Description

  • Grand arbre sempervirent, dioïque, atteignant 45(–55) m de haut ; fût dépourvu de branches sur jusqu’à 26(–41) m, habituellement droit et cylindrique, parfois cannelé, atteignant 150(–200) cm de diamètre, parfois à contreforts étalés et obtus, atteignant 3 m de haut ; surface de l’écorce grisâtre à brun jaunâtre et lisse, mais s’exfoliant en petites écailles circulaires laissant des marques dessinant des anneaux concentriques (à motifs de coque de moule), écorce interne rosée ou brun rougeâtre pâle, fibreuse, à odeur de cèdre ; cime arrondie, dense ; rameaux à denses poils brun jaunâtre mais glabrescents.
  • Feuilles disposées en spirale, composées paripennées ou imparipennées à (3–)4–6(–7) paires de folioles ; stipules absentes ; pétiole de 2–5 cm de long, largement ailé et profondément sillonné, rachis de 2–18 cm de long ; pétiolules atteignant 1,5(–2) cm de long ; folioles opposées ou presque, oblongues-ovales à étroitement oblongues-elliptiques, de (4–)8–28(–32) cm × 2–9(–10,5) cm, cunéiformes ou parfois arrondies et légèrement asymétriques à la base, habituellement acuminées à l’apex, bords entiers à ondulés, épaisses et papyracées ou finement coriaces, presque glabres, pennatinervées à 10–22 paires de nervures latérales, nervures les plus petites finement réticulées et ressortant de façon prononcée sur la face inférieure.
  • Inflorescence : panicule axillaire atteignant 7 cm de long, densément poilue.
  • Fleurs unisexuées, à fleurs mâles et femelles d’apparence très similaire, régulières, 4–5-mères, jaune pâle, odorantes ; pédicelle de 1–3 mm de long ; calice en coupe, de 1–2 mm de long, à courts lobes ; pétales libres, étroitement elliptiques, de 4–7(–9) mm × 3–4 mm, réfléchis ; étamines soudées en un tube urcéolé, de 4,5–6 mm de long, à 8–10(–12) anthères incluses à proximité de l’apex, alternant avec les lobes arrondis ; ovaire supère, globuleux à conique, d’environ 2 mm de diamètre, (3–)4(–5)-loculaire, style de 2–3 mm de long, épais, stigmate discoïde ; fleurs mâles à ovaire rudimentaire, fleurs femelles à anthères plus petites, indéhiscentes.
  • Fruit : capsule presque globuleuse de 3–5,5 cm de diamètre, jaunâtre à rouge orangé, à denses poils courts, déhiscente par 3–5 valves, contenant (2–)3–5 graines.
  • Graines réniformes à arrondies-triangulaires, de 2–4 cm × 1,5–2 cm, à tégument charnu orange.
  • Plantule à germination hypogée, cotylédons restant enfermés dans le tégument ; épicotyle de 8–12 cm de long ; 2 premières feuilles opposées, habituellement 3-foliolées.

Autres données botaniques

Le genre Guarea comprend environ 8 espèces en Afrique tropicale et environ 35 en Amérique tropicale. Il appartient à la sous-famille des Melioideae, tribu Guareeae, et semble étroitement apparenté à Turraeanthus, qui se distingue par ses pétales soudés au tube staminal.

Guarea mayombensis

Guarea mayombensis Pellegr. (synonyme : Leplaea mayombensis (Pellegr.) Staner), originaire du Cameroun, du Gabon, du Congo, de la R.D. du Congo et de l’est de l’Ouganda, est un arbre de taille moyenne atteignant 25 m de haut. Il diffère des autres Guarea spp. par son gros fruit indéhiscent ou déhiscent sur le tard, qui souvent ne s’ouvre qu’une fois tombé. Il ressemble à Guarea cedrata par ses feuilles, mais il a des fleurs plus grandes. Son bois est similaire et il s’emploie sans doute pour les mêmes usages. Guarea mayombensis figure sur la Liste rouge de l’UICN en tant qu’espèce vulnérable en raison de la perte et de la dégradation de son milieu, ainsi que de son abattage sélectif et de sa régénération médiocre due à l’absence d’agents de dispersion des graines.

Anatomie

Description anatomique du bois (codes IAWA pour les bois feuillus) :

  • Cernes de croissance : 2 : limites de cernes indistinctes ou absentes.
  • Vaisseaux : 5 : bois à pores disséminés ; 13 : perforations simples ; 22 : ponctuations intervasculaires en quinconce ; 23? : ponctuations alternes (en quinconce) de forme polygonale ; 24 : ponctuations intervasculaires minuscules (très fines) ( 4μm) ; 30 : ponctuations radiovasculaires avec des aréoles distinctes ; semblables aux ponctuations intervasculaires en forme et en taille dans toute la cellule du rayon ; 42 : diamètre tangentiel moyen du lumen des vaisseaux 100–200 μm ; 47 : 5–20 vaisseaux par millimètre carré ; 58 : gomme ou autres dépôts dans les vaisseaux du bois de cœur.
  • Trachéides et fibres : 61 : fibres avec des ponctuations simples ou finement (étroitement) aréolées ; 65 : présence de fibres cloisonnées ; (66 : présence de fibres non cloisonnées) ; 69 : fibres à parois fines à épaisses ; (70 : fibres à parois très épaisses).
  • Parenchyme axial : (80 : parenchyme axial circumvasculaire étiré) ; (82 : parenchyme axial aliforme) ; 83 : parenchyme axial anastomosé ; (85 : parenchyme axial en bandes larges de plus de trois cellules) ; (86 : parenchyme axial en lignes minces, au maximum larges de trois cellules) ; 92 : quatre (3–4) cellules par file verticale ; 93 : huit (5–8) cellules par file verticale.
  • Rayons : 97 : rayons 1–3-sériés (larges de 1–3 cellules) ; 106 : rayons composés de cellules couchées avec une rangée terminale de cellules dressées et/ou carrées ; 115 : 4–12 rayons par mm.
  • Inclusions minérales : (136 : présence de cristaux prismatiques) ; (137 : cristaux prismatiques dans les cellules dressées et/ou carrées des rayons) ; (142 : cristaux prismatiques dans les cellules cloisonnées du parenchyme axial) ; 159 : présence de corpuscules siliceux ; 160 : corpuscules siliceux dans les cellules des rayons.
(E. Ebanyenle, A.A. Oteng-Amoako & P. Baas)

Croissance et développement

La croissance initiale des semis est lente, inférieure à 30 cm au bout de 1 an. Les semis présentent une croissance optimale à 10% d’ensoleillement direct. Lorsqu’on les expose à un ensoleillement plus important au bout d’un an, la croissance peut s’accélérer et atteindre 1 m par an en hauteur dans les parcelles gérées selon le système tropical de régénération par coupes progressives. En Guinée, des arbres plantés dans les sous-étages forestiers ont fait apparaître une mortalité de près de 50% et ont atteint une hauteur moyenne de 2,5–3,0 m à 6 ans ; pour les arbres plantés dans les chemins forestiers, la mortalité était de 25–30% mais la hauteur ne dépassait pas 1,2 m, tandis que tous les semis exposés au plein soleil étaient morts au bout de 2 ans. Il est recommandé de commencer à éclaircir l’étage supérieur de la forêt 4 ans après la plantation pour offrir progressivement plus de lumière aux gaules. Des arbres plantés au Ghana ont atteint une hauteur de 15 m et un fût de 19 cm de diamètre en 14 ans. Dans la nature en Côte d’Ivoire, l’augmentation annuelle moyenne du diamètre des fûts constatée était de 2,9 mm, et au Ghana de 3,2–5,5 mm. Au Nigeria, on a estimé qu’il fallait plus de 170 ans à Guarea cedrata pour que l’arbre atteigne 100 cm de diamètre de fût.

Les pousses de nouvelles feuilles ont une étonnante couleur rouge rosé. Les fruits mûrs se forment souvent au début de la saison sèche. En Côte d’Ivoire, on a noté que les arbres fructifient deux fois par an, en juin–juillet et en octobre–décembre. Il se peut que la dissémination des graines soit le fait d’oiseaux comme les calaos, de singes, de céphalophes et de porcs-épics, qui se nourrissent du tégument charnu. Une étude menée dans la réserve de Dja, au Cameroun, a montré que les calaos jouaient un rôle très important dans la dissémination des graines de Guarea cedrata.

Ecologie

Guarea cedrata se rencontre dans la forêt pluviale sempervirente de basses terres, habituellement en forêt primaire, dans les régions où la pluviométrie annuelle dépasse 1600 mm. Au Ghana, c’est dans la forêt semi-décidue humide et les endroits secs de la zone forestière humide sempervirente qu’il est le plus commun, surtout dans la forêt non perturbée. Il atteint une densité élevée dans les régions où la pluviométrie est de 2000 mm par an. En Ouganda, il est présent dans les forêts pluviales de basses terres, jusqu’à 1100 m d’altitude. Guarea cedrata est classé dans la catégorie des essences d’ombre. Les semis abondent à l’ombre, mais si on les trouve parfois en plein soleil. Ils sont souvent communs également sous une ombre dense, où ils peuvent survivre longtemps. Les semis et les gaules de toutes tailles sont moins abondants dans les forêts touchées par des coupes récentes que dans les forêts non perturbées et pas trop denses. Cependant, pour qu’ils puissent se développer davantage, la présence d’ouvertures dans la canopée semble indispensable. Guarea cedrata préfère les sols bien drainés et tolère les sols infertiles.

Multiplication et plantation

Guarea cedrata a des graines relativement grosses, avec un poids d’environ 1–3,5 kg pour 1000 graines. Les graines fraîches ont une assez forte teneur en eau, environ 27%. Leur viabilité est courte, mais elles peuvent se conserver au moins 2 semaines dans des récipients étanches. L’ajout de cendres pour réduire les dégâts causés par les insectes est recommandé. La germination est irrégulière et souvent relativement lente, de 20–45(–65) jours. On a recommandé un trempage dans l’eau froide pendant 12 heures avant le semis pour accélérer la germination. En pépinière, les planches de semis doivent être protégées du soleil. Les semis sont sensibles à la sécheresse.

Gestion

En général, chez Guarea cedrata, les individus de grande taille ne sont présents qu’à faible densité dans la forêt. Au Liberia, des densités de moins de 1 à 16 fûts de plus de 60 cm de diamètre au km² ont été observées. Dans certaines régions de Côte d’Ivoire, on a compté 1 arbre exploitable par 12–16 ha, et, selon les estimations, le volume de bois moyen dans les forêts de Côte d’Ivoire s’élève à 0,3 m³/ha. Dans le sud du Cameroun, la densité moyenne en fûts de Guarea spp. de plus de 60 cm de diamètre est de 0,03–0,14 par ha, avec un volume de bois de 0,16–1,22 m³/ha. En Centrafrique, le volume de bois moyen enregistré se situe à 0,26–0,34 m³/ha. Au Gabon, Guarea cedrata est rare ; le volume moyen en bois des arbres de Guarea a été estimé à 0,13 m³/ha. Au Congo, on aurait noté des volumes de bois atteignant 0,30 m³/ha. En Ouganda, les individus de grande taille de Guarea cedrata sont peu fréquents, et dans de nombreuses régions, ils sont même devenus très rares. Guarea cedrata est rarement planté, mais plusieurs pépinières villageoises de l’ouest du Cameroun proposent des plants de semis.

Maladies et ravageurs

Au Ghana, les infestations des fruits par le charançon Menemachus seraient courantes.

Récolte

Le diamètre minimal de fût pour la récolte de Guarea cedrata est de 60 cm en Côte d’Ivoire et en R.D. du Congo, de 70 cm en Centrafrique, et de 80 cm au Cameroun et au Liberia.

Rendement

Un arbre dont le fût a 60 cm de diamètre produit en moyenne 4,1 m³ de bois d’œuvre, et un arbre de 100 cm de diamètre 11,6 m³.

Traitement après récolte

Les grumes qui viennent d’être récoltées flottent souvent sur l’eau et leur transport par flottage est possible.

Ressources génétiques

Guarea cedrata est assez répandu, mais il ne se rencontre qu’en faibles densités et se limite habituellement à la forêt non perturbée. Il figure sur la Liste rouge de l’UICN dans la catégorie des espèces vulnérables en raison de la perte et de la dégradation de son milieu, ainsi que d’un abattage sélectif. En général, les niveaux d’exploitation sont modérés mais Guarea cedrata souffre parfois de sa similarité avec d’autres espèces commerciales telles qu’Entandrophragma angolense (Welw.) C.DC.

Perspectives

Un approfondissement des recherches est nécessaire sur des systèmes de gestion appropriés en forêt naturelle pour assurer une exploitation durable de Guarea cedrata. Cependant, la relative lenteur de sa croissance et sa régénération médiocre dans les forêts exploitées est un sérieux inconvénient pour une exploitation commerciale à grande échelle, nécessitant de longs cycles de rotation. La mise en place de plantations ne semble pas rentable ; toutefois, certains arbres plantés de Guarea cedrata ont présenté des taux de croissance appréciables, ce qui démontre son potentiel pour des travaux de sélection et d’amélioration génétique.

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Sources de l'illustration

  • Voorhoeve, A.G., 1979. Liberian high forest trees. A systematic botanical study of the 75 most important or frequent high forest trees, with reference to numerous related species. Agricultural Research Reports 652, 2nd Impression. Centre for Agricultural Publishing and Documentation, Wageningen, Netherlands. 416 pp.
  • Wilks, C. & Issembé, Y., 2000. Les arbres de la Guinée Equatoriale: Guide pratique d’identification: région continentale. Projet CUREF, Bata, Guinée Equatoriale. 546 pp.

Auteur(s)

  • R.B. Jiofack Tafokou, Ecologic Museum of Cameroon, P.O. Box 8038, Yaoundé, Cameroon

Citation correcte de cet article

Jiofack Tafokou, R.B., 2008. Guarea cedrata (A.Chev.) Pellegr. In: Louppe, D., Oteng-Amoako, A.A. & Brink, M. (Editors). PROTA (Plant Resources of Tropical Africa / Ressources végétales de l’Afrique tropicale), Wageningen, Netherlands. Consulté le 10 février 2019.


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