Glycosmis parviflora (PROTA)

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Ressources végétales de l'Afrique tropicale
Introduction
Liste des espèces


Importance générale Fairytale bookmark gold.svgFairytale bookmark gold.svgGood article star.svgGood article star.svgGood article star.svg
Répartition en Afrique Fairytale bookmark gold.svgGood article star.svgGood article star.svgGood article star.svgGood article star.svg
Répartition mondiale Fairytale bookmark gold.svgFairytale bookmark gold.svgFairytale bookmark gold.svgGood article star.svgGood article star.svg
Fruit Fairytale bookmark gold.svgGood article star.svgGood article star.svgGood article star.svgGood article star.svg
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Sécurité alimentaire Fairytale bookmark gold.svgGood article star.svgGood article star.svgGood article star.svgGood article star.svg


Glycosmis parviflora (Sims) Little

répartition en Afrique (sauvage)
Protologue: Phytologia 2: 463 (1948).
Famille: Rutaceae
Nombre de chromosomes: 2n = 54

Synonymes

  • Limonia citrifolia auct. non Salisb.,
  • Limonia parviflora Sims (1823),
  • Glycosmis citrifolia (Willd.) Lindl. (1826).

Noms vernaculaires

  • Hill orange, flower axis tree, Chinese glycosmis (En).

Origine et répartition géographique

Glycosmis parviflora est originaire de Myanmar et du Vietnam jusqu’au sud de la Chine, Taïwan, le Japon, et en Malaisie, où il est également très cultivé. En Europe et aux Etats-Unis, il est cultivé dans les jardins et les serres ; en Floride, il s’est acclimaté. Il s’est également naturalisé au Ghana ainsi probablement que dans plusieurs autres pays d’Afrique.

Usages

On se frictionne la peau avec les fleurs pour soigner la dermatite, les démangeaisons et les furoncles.

En Asie, le jus des feuilles est administré par voie orale dans le traitement de la fièvre, des affections hépatiques et comme anthelminthique. La décoction de racine se prend en cas d’inflammation faciale. En Inde, les femmes boivent l’infusion de feuilles pour s’ouvrir l’appétit après une naissance. Les fruits sont comestibles et contiennent beaucoup de sucre. On utilise des morceaux de la tige en guise de bâtonnets à mâcher médicinaux. La plante est souvent plantée comme ornementale.

Propriétés

Une grande variété de composés ont été isolés des différentes parties de Glycosmis parviflora. A partir de l’écorce des racines et de la tige, de nombreux alcaloïdes du type acridone ont été isolés, dont la glycofolinine, l’acrifoline, la glyfoline, la citracridone-I , l’atalaphyllidine, la noracronycine, la dés-N-méthylnor-acronycine, la 5-hydroxynor-acronycine, la dés-N-méthylacronycine, la N-méthyl sévérifoline, la 5-hydroxy-N-méthyl sévérifoline, la glycocitrine-I, la glycocitrine-II, la 3-O-méthyl-glycocitrine-II, ainsi qu’un alcaloïde du type pyranoacridone, la pyranofoline, des alcaloïdes du type furoacridone, la furofoline-I et –II, et un alcaloïde du type 2-quinolone. L’écorce des racines a également donné des acridones dimères, la glycobismine-F et la glycobismine-G. D’autre part, l’écorce de la tige contenait des alcaloïdes dimères du type acridone, la glycobismine-D et -E, des alcaloïdes du type acridone, la glycocitrine-IV, -V et -VI ainsi que des alcaloïdes du type quinolone, la glycocitlone-A, -B et -C. Des feuilles, on a isolé des alcaloïdes du type quinoline, la γ-fagarine, la skimmianine, la 1,2-diméthyl-4(1H)-quinolone, et l’évoméliaefoline, des alcaloïdes du type furopyridine, l’ester méthylique de l’acide Z-rhoïfolique et l’ester méthylique de l’acide E-rhoïfolique, un alcaloïde du type 2-quinolone, la glycocitridine, des flavonoïdes, la glychalcone-A, la glychalcone-B, la glyflavanone-A et la glyflavanone-B, des amidosulfoxydes, la glycothiomine-A et la glycothiomine-B ainsi qu’un amidosulfure, la pénangine. A partir des feuilles, de l’écorce des racines et de la tige, des sulfones, tels que la dambulline, la sakambulline et la méthylgérambulline ont été isolées, en même temps qu’un triterpène, le stigmastérol.

La citracridone-I et l’atalaphyllidine ont complètement inhibé l’agrégation plaquettaire induite par l’acide arachidonique, le collagène ou le facteur d’activation plaquettaire (PAF). La glycobismine A, la dés-N-méthylnor-acronycine et la glycocitrine-I ont montré une importante activité antipaludéenne contre Plasmodium berghei et Plasmodium vinckei in vitro. La dambulline, la sakambulline et la méthylgérambulline ont mis en évidence une activité cytotoxique vis-à-vis d’une souche de lignées cellulaires lymphoblastiques. La dambulline a également montré une nette activité contre des bactéries et des champignons pathogènes. La glyfoline a révélé une activité cytotoxique in vitro et anti-tumorale chez la souris porteuse de tumeurs solides murines ou humaines. Les sulfones ont mis en évidence des activités antitrypanosomes prometteuses.

Des alcaloïdes du type carbazole, les carbalexines A, B, et C, se sont formés dans les feuilles après une blessure, une irradiation UV, et en particulier après l’inoculation du champignon Botrytis cinerea. La variation chimique d’une provenance à l’autre, voire d’une plante à l’autre a mené à une accumulation de dérivés différents. Les alcaloïdes du type carbazole ont montré une forte activité antifongique. Mis à part les carbazoles, chez certains spécimens de Glycosmis parviflora, des pyranoquinolones tels que la flindersine et la méthylflindersine se sont formés.

Description

Arbuste ou arbre de petite taille atteignant 3 m de haut ; jeunes parties recouvertes de poils denses et roux. Feuilles alternes, composées (im)paripennées à (1–)2–4(–5) folioles ; stipules absentes ; pétiolule de 1–5 mm de long ; folioles elliptiques, oblongues à lancéolées, de 5–19 cm × 2,5–8 cm, cunéiformes à la base, acuminées ou obtuses à l’apex, mucronées, à bord entier, glabres, papyracées. Inflorescence : panicule axillaire ou terminale, de 3–5 cm de long lorsqu’elle est axillaire, jusqu’à 14 cm de long lorsqu’elle est terminale. Fleurs bisexuées, 5-mères, régulières ; sépales d’environ 1 mm de long, arrondis à l’apex ; pétales oblongs à elliptiques-oblongs, d’environ 4 mm de long, à bord frisé vers le haut, blancs ; étamines (8–)10, anthères de petite taille, portant des glandes à huile ; ovaire supère, largement ovoïde, 2–5-loculaire, 1 ovule par loge, style court et épais, persistant. Fruit : baie charnue, globuleuse à ellipsoïde, de 1–1,5 cm de diamètre, blanc jaunâtre pâle, devenant rougeâtre à violet foncé avec une pulpe translucide, légèrement rosée, contenant (1–)2–3 graines. Graines ovoïdes, épaisses, à tégument membraneux.

Autres données botaniques

Le genre Glycosmis comprend quelque 40–50 espèces et se rencontre principalement depuis l’Inde jusqu’en Asie du Sud-Est et au nord de l’Australie. Glycosmis est proche de Clausena et de Murraya. Plusieurs espèces de Glycosmis étant très variables et de nombreuses variétés ayant été identifiées, notamment en culture, une révision complète s’impose de toute urgence.

Ecologie

Dans son milieu naturel, Glycosmis parviflora est présent en savane arbustive et dans la végétation rudérale, et pousse sur une grande variété de sols. Il vient en plein soleil ou avec un ombrage partiel.

Multiplication et plantation

Glycosmis parviflora se multiplie en général par graines.

Ressources génétiques

Comme l’aire de répartition de Glycosmis parviflora est étendue et qu’il est aussi largement planté, il n’est pas menacé d’érosion génétique. En Floride (Etats-Unis), Glycosmis parviflora est une plante échappée des cultures qui pourrait devenir envahissante. Il est donc recommandé de l’arracher lorsqu’on la rencontre dans la nature.

Perspectives

Il y a lieu de mener des recherches plus approfondies pour faire la lumière sur les propriétés pharmacologiques des nombreux alcaloïdes comme des autres composés, puisque à ce jour les résultats dans l’élaboration des composés de base pour de nouveaux médicaments sont prometteurs. D’autre part, il faut impérativement établir leurs profils d’innocuité. Glycosmis parviflora est une ressource génétique potentielle pour les agrumes et peut être utilisé dans des programmes de sélection.

Références principales

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Auteur(s)

  • R.B. Jiofack Tafokou, Ecologic Museum of Cameroon, P.O. Box 8038, Yaoundé, Cameroon

Citation correcte de cet article

Jiofack Tafokou, R.B., 2011. Glycosmis parviflora (Sims) Little. In: Schmelzer, G.H. & Gurib-Fakim, A. (Editeurs). PROTA (Plant Resources of Tropical Africa / Ressources végétales de l’Afrique tropicale), Wageningen, Pays Bas. Consulté le 7 mars 2020.


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