Faidherbia albida (PROTA)

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Changement climatique Fairytale bookmark gold.svgFairytale bookmark gold.svgFairytale bookmark gold.svgFairytale bookmark gold.svgGood article star.svg


Faidherbia albida (Delile) A.Chev.


Protologue: Rev. Int. Bot. Appl. Agric. Trop. 14 : 876 (1934).
Famille: Mimosaceae (Leguminosae - Mimosoideae)
Nombre de chromosomes: 2n = 26

Synonymes

  • Acacia albida Delile (1813).

Noms vernaculaires

  • Arbre blanc, cad, faidherbier (Fr).
  • Apple-ring acacia, winter-thorn, white-thorn, ana-tree (En).
  • Espinheiro de Angola (Po).
  • Mgunga, mkababu (Sw).

Origine et répartition géographique

L’origine de Faidherbia albida n’est pas claire. On a émis l’hypothèse qu’il serait originaire du Sahara avant la désertification, mais on a aussi suggéré qu’il s’agissait à l’origine d’un arbre des ripisylves de l’est et du sud de l’Afrique qui a été introduit par le pastoralisme et l’agriculture dans l’ouest de l’Afrique, où on ne le trouve que sur des terrains cultivés ou ayant été cultivés. Il a longtemps été préservé et protégé sur les terres cultivées par les paysans africains. Cette pratique est cependant devenue beaucoup moins courante ces dernières années. Faidherbia albida est présent sur l’ensemble du continent africain, aux abords du massif forestier africain central, depuis la côte atlantique (Sénégal, Gambie) jusqu’à la mer Rouge (Egypte, Soudan, Erythrée et Somalie) et de là jusqu’en Afrique du Sud, au Lesotho, en Namibie et en Angola. Sa limite nord n’est pas bien définie, car on le trouve le long des cours d’eau et dans des régions où des nappes phréatiques sont présentes (par ex. au sud-ouest du Maroc, dans les massifs montagneux du Sahara, et le long du Nil en Egypte). Ailleurs, Faidherbia albida est présent au Yémen, en Arabie Saoudite, en Israël, en Jordanie, au Liban, en Syrie et en Iran, et a été introduit sur l’île de l’Ascension, au Cap-Vert, à Chypre, en Inde, au Pakistan et au Pérou.

Usages

Faidherbia albida est un arbre multifonctionnel idéal en agroforesterie, qui est très souvent maintenu ou planté dans les régions sèches et densément peuplées d’Afrique de l’Ouest et de l’Est où les périodes de jachères sont devenues très courtes ou ont disparu. Sa “phénologie inverse” (couvert de feuilles durant la saison sèche et effeuillé durant la saison des pluies), et son aptitude à fixer l’azote et à extraire l’eau et les éléments fertilisants des couches profondes du sol, ont un effet bénéfique sur le microclimat, la fertilité et l’humidité du sol pour des cultures associées. Pour cette raison, il est souvent planté en association avec des cultures annuelles, surtout le mil et l’arachide. Les feuilles et les gousses donnent un fourrage excellent durant la saison sèche. Les branches sont taillées plus ou moins intensivement par les pasteurs pour servir de fourrage. Les gousses sont parfois aussi utilisées comme fourrage pour les animaux domestiques.

Le bois est couramment utilisé en artisanat, pour la fabrication d’outils, et pour la construction de maisons, de granges et de silos à grain. Il ne se conserve pas longtemps et est parfois trempé dans l’eau durant plusieurs mois pour en retirer la sève et le rendre plus résistant aux attaques des insectes. C’est un excellent bois de feu et il peut fournir un charbon de bois de qualité. Les branches épineuses sont utilisées pour clôturer les champs.

L’écorce et les racines, seules ou en mélange avec d’autres composants, sont des ingrédients classiques des préparations médicinales traditionnelles à usage interne ou externe. Ces préparations sont prescrites pour les infections respiratoires, la stérilité, les problèmes digestifs, la dysenterie, les maux de dos, la malaria, la fièvre, les problèmes cardiaques et circulatoires, les infections dentaires et la surdité. L’écorce est aussi utilisée pour faire des ruches, pour rembourrer les selles et construire des huttes. On fabrique du savon à partir des cendres de bois, ce savon ayant également une action dépilatoire. Les gousses peuvent être utilisées comme amorce pour la pêche. Les graines sont consommées durant les famines, mais requièrent une préparation longue et élaborée. Faidherbia albida a une importance religieuse dans certaines tribus, par exemple comme arbre de cimetière.

Propriétés

La valeur nutritionnelle des feuilles, des fleurs et des gousses est excellente et elles constituent un supplément de fourrage riche en phosphore, en protéines digestibles et en carotène. La valeur énergétique nette des feuilles et gousses est de 6–7 MJ/kg de matière sèche, avec une teneur en protéines digestibles sur la base du poids sec de 12–15% dans les feuilles et de 6–11% dans les gousses. La teneur en minéraux des gousses et feuilles est satisfaisante sauf une carence en sodium et en éléments traces (cuivre et zinc). Les gousses manquent aussi de manganèse. L’écorce est riche en tanins, environ 28%, mais les gousses n’en contiennent que 5%. Une huile peut être extraite des graines, avec un rendement de 3–10%. Les extraits de Faidherbia albida n’ont pas montré d’activité antibiotique dans des essais pharmacologiques.

Le bois est un bois de feuillus de poids moyen. A une teneur en eau de 12%, la densité est de 580–710 kg/m², le module d’élasticité est de 8600–9400 N/mm², la compression axiale est de 41–54 N/mm², le cisaillement est de 6,4 N/mm², le fendage tangentiel est de 16–21 N/mm² et la dureté Janka de flanc est de 3500–5200 N. Les coefficients de retrait entre vert et séché au four sont de 3,7–4,6% radialement et de 8,4–8,6% tangentiellement, ce qui peut être considéré comme moyen. Le bois se comporte très bien lors du collage et du clouage. A partir du bois, il est possible de produire de la pâte chimique blanchie pour l’industrie du papier, mais la qualité et les rendements sont faibles. La valeur énergétique du bois est d’environ 19750 kJ/kg, ce qui est considéré comme excellent pour un usage comme bois de feu.

Description

Arbre de taille moyenne à plutôt grande jusqu’à 20(–30)m de haut, avec fût jusqu’à 100(–150) cm de diamètre; écorce lisse lorsque jeune mais se fissurant et s’écaillant avec l’âge, brune à gris blanchâtre; branches avec des épines stipulaires droites, en paires, longues de 3 cm. Feuilles alternes, composées bipennées; pétiole de 0,5–3,5 cm de long, sans glandes; rachis de 3–7,5 cm de long, avec 2–12 paires de pennes avec une glande à la jonction de chaque paire; rachis d’une penne long de 2,5–5,5 cm, avec 6–23 paires de folioles; folioles oblongues, de 2,5–12 mm × 0,7–5 mm, glabres à pubescentes. Inflorescence: épi axillaire dense, long de 3,5–16 cm, avec un pédoncule long de 2–4 cm. Fleurs bisexuées, 5-mères, successivement blanches, crème et enfin jaunes, sessiles ou avec un pédicelle jusqu’à 2 mm de long; calice jusqu’à 2 mm de long; pétales jusqu’à 3,5 mm de long; étamines nombreuses (généralement 40–50), longues de 4–6 mm, connées sur environ 1 mm à la base; ovaire supère, 1-loculaire, pubescent, style filiforme. Fruit: gousse indéhiscente, falciforme ou spiralée de 6–25(–35) cm × 2–3,5(–6) cm, orange vif à brun rougeâtre, cloisonnée, avec 10–30 graines. Graines ellipsoïdes-lenticulaires, de 9–11 mm × 6–8 mm, brun noir et brillantes, avec une grande aréole centrale.

Autres données botaniques

Faidherbia albida est souvent inclus dans le genre Acacia. Il s’en distingue par le fait qu’il porte un pétiole sans glandes, des filets connés à la base, des anthères sans glandes, et des gousses particulières. Sa séparation au niveau du genre monotypique Faidherbia est aussi appuyée par la structure de son pollen et par sa phénologie: effeuillé durant la saison des pluies et feuillu durant la saison sèche. L’existence de deux formes (“races”) de Faidherbia albida a été signalée en Afrique de l’Est, différant principalement par leur degré de pubescence. Cependant, un grand nombre de formes intermédiaires peuvent être trouvées dans plusieurs régions. Les peuplements en Ethiopie montrent plus de similitude avec ceux de l’Afrique de l’Ouest qu’avec ceux plus proches situés en Afrique de l’Est.

Anatomie

Description anatomique du bois (codes IAWA pour les bois feuillus) :

Cernes de croissance : 2 : limites de cernes indistinctes ou absentes. Vaisseaux : 5 : bois à pores disséminés ; 13 : perforations simples ; 22 : ponctuations intervasculaires en quinconce ; (23 : ponctuations alternes (en quinconce) de forme polygonale) ; 25 : ponctuations intervasculaires fines (4–7 μm) ; 26 : ponctuations intervasculaires moyennes (7–10 μm) ; 29 : ponctuations ornées ; 30 : ponctuations radiovasculaires avec des aréoles distinctes ; semblables aux ponctuations intervasculaires en forme et en taille dans toute la cellule du rayon ; 42 : diamètre tangentiel moyen du lumen des vaisseaux 100–200 μm ; 46 : 5 vaisseaux par millimètre carré ; 47 : 5–20 vaisseaux par millimètre carré. Trachéides et fibres : 61 : fibres avec des ponctuations simples ou finement (étroitement) aréolées ; 66 : présence de fibres non cloisonnées ; 69 : fibres à parois fines à épaisses ; (70 : fibres à parois très épaisses). Parenchyme axial : 85 : parenchyme axial en bandes larges de plus de trois cellules ; 91 : deux cellules par file verticale ; 92 : quatre (3–4) cellules par file verticale. Rayons : (96 : rayons exclusivement unisériés) ; (97 : rayons 1–3-sériés (larges de 1–3 cellules)) ; 104 : rayons composés uniquement de cellules couchées ; 116 : 12 rayons par mm. Structure étagées : (118 : tous les rayons étagés) ; 120 : parenchyme axial et/ou éléments de vaisseaux étagés ; 121 : fibres étagées. Inclusions minérales : 136 : présence de cristaux prismatiques ; (141 : cristaux prismatiques dans les cellules non cloisonnées du parenchyme axial) ; 142 : cristaux prismatiques dans les cellules cloisonnées du parenchyme axial.

(N.P. Mollel, P. Détienne & E.A. Wheeler)

Croissance et développement

La jeune plante développe d’abord un pivot qui peut pousser très profondément jusqu’à ce qu’il atteigne une quantité d’eau suffisante. Ce n’est qu’alors que la jeune tige commence à croître. Après 90 jours, le pivot peut atteindre une profondeur de 90 cm et la tige une hauteur de 30 cm. Les provenances de zones humides développent des racines latérales plus importantes près de la surface du sol, alors qu’en zones sèches les arbres développent un pivot plus proéminent. En bonnes conditions, la croissance en hauteur des jeunes arbres peut atteindre 1–1,5 m par an. La largeur des cernes varie de 1 mm à plus de 20 mm.

L’arbre perd ses feuilles au début de la saison des pluies et de nouvelles feuilles apparaissent lors de la saison sèche. La physiologie qui contrôle ce processus n’est pas encore comprise. La floraison débute vers la septième année. Les inflorescences apparaissent environ 2 mois après les feuilles. Les fruits mûrissent environ 3 mois après la floraison. Il sont appréciés par le bétail et le gibier, y compris les éléphants, qui pourraient disperser les graines. Le tégument est tenace, imperméable et coriace, et il maintient la viabilité des graines durant un grand nombre d’années. La durée de vie totale de cet arbre est généralement de 70–90 ans.

Faidherbia albida forme des nodules racinaires et fixe l’azote avec des espèces à croissance lente de Bradyrhizobium. Les bactéries et les nodules ont été observés à grande profondeur. En conditions expérimentales, des nodules racinaires ont également été découverts avec Rhizobium spp. La nutrition minérale est améliorée par symbiose avec des champignons endomycorhiziens tels que Glomus spp. et Gigaspora spp. Du mycélium symbiotique a été observé jusqu’à 30 m de profondeur dans le sol, permettant le recyclage des éléments fertilisants à partir de telles profondeurs. Une relation entre l’infection par les nématodes à galles des racines, par Bradyrhizobium et par les champignons endomycorhiziens provoquant la stimulation de la formation de nodules fixateurs d’azote a été découverte, mais cette observation nécessite des recherches plus avancées.

Ecologie

Faidherbia albida est présent dans une large gamme d’habitats, depuis la forêt caducifoliée (comme dans la zone guinéenne), la ripisylve, la savane boisée jusqu’aux dunes de sable et aux dépressions du désert où ses racines peuvent atteindre les nappes phréatiques. Il pousse sous des conditions climatiques très variées, mais il a besoin d’une saison sèche longue et marquée, ainsi que d’une nappe phréatique permanente. En conditions naturelles, on le trouve surtout en association avec l’eau, par exemple le long des rivières et dans les chenaux et les ravins. Il préfère une précipitation annuelle de 500–800(–1000) mm, mais sous des climats méditerranéens avec des pluies hivernales, 100–400 mm sont suffisants. En conditions plus humides, il ne peut pas concurrencer les autres plantes. Il est présent depuis le niveau de la mer jusqu’à 2000(–2500) m d’altitude. Faidherbia albida préfère des sols profonds, légers sableux à modérément lourds, mais on le trouve aussi sur des sols plus lourds, même des sols argileux. Il tolère la saturation en eau et même l’inondation durant plusieurs mois, comme c’est le cas le long du Nil et dans les rizières au Sénégal.

Multiplication et plantation

En conditions naturelles, la reproduction se fait par graines et par drageons. Dans certaines régions (par ex. l’ouest et le sud de l’Afrique) la propagation par graines est la règle, alors que dans d’autres régions (par ex. au Moyen-Orient) les drageons prévalent. Au Soudan, les arbres se reproduisent aussi bien par graines que par drageons.

Les graines sont collectées de préférence dans des fruits presque mûrs encore sur l’arbre, car les fruits sont mangés par le bétail et le gibier dès qu’ils tombent sur le sol. De plus, les graines tout à fait mûres sont souvent infestées par des insectes tels que les bruches. Les fruits sont écossées mécaniquement. Faidherbia albida a des graines orthodoxes. Les graines vertes ne se conservent pas bien et doivent être semées directement, mais les graines mûres peuvent être stockées après séchage et traitement insecticide, soit à température ambiante (pour au moins 3 ans), soit à 1–4ºC (pour de nombreuses années). Les graines vertes ne nécessitent pas de traitement avant le semis, mais les graines mûres ou stockées doivent être traitées à l’acide sulfurique, immergées dans l’eau bouillante ou scarifiées, après quoi un taux de germination de 75–100% après 30 jours a été obtenu. Dans les pépinières, les graines sont plantées dans des sacs de polyéthylène (30 cm de haut et 8 cm de diamètre). Il est recommandé d’arroser 2 fois par jour. Après 3–4 mois, les plants atteignent 15–30 cm de haut et peuvent être plantés au champ. L’espacement est généralement de 10 m × 10 m.

Des essais au Burkina Faso ont montré que la multiplication végétative de Faidherbia albida par bouturage est faisable, avec un taux de réussite d’environ 50% pour des rejets de souche et des boutures de racines. Au Mali cependant, des essais de bouturage ont donné de mauvais résultats. La micropropagation est encore au stade expérimental.

Gestion

Faidherbia albida est souvent présent dans une végétation de parc appelée “parc à Faidherbia”, en particulier en Afrique de l’Ouest, où il est planté en association avec des cultures intercalaires annuelles. Des études sur le microclimat sous ces arbres de Faidherbia albida ont démontré ses effets bénéfiques sur les cultures. A des densités de 20–30 arbres/ha, l’évapotranspiration potentielle diminue de 50% durant la saison sèche et de 10% durant la saison des pluies en comparaison avec des cultures sans arbres. Le sol s’assèche plus lentement. Faidherbia albida améliore légèrement la cohésion interne et la porosité du sol, alors que les caractéristiques organiques et biologiques sont fortement améliorées. Au Sénégal, une augmentation de la teneur en carbone total (62%), en carbone minéralisable (73%), en humus (40–47%) et en azote total (50%) a été démontrée sous un couvert de Faidherbia albida. La conductivité du sol, le pH et les réserves de cations étaient plus élevés, mais la différence n’était pas significative. Cependant, la capacité d’échange, le phosphore assimilé et l’activité biologique du sol ont augmenté de manière significative. La litière est de bonne qualité. Il a été démontré que 45% de l’azote total dans la tige de jeunes plantes provient de la fixation de l’azote.

Les rendements du mil sont nettement supérieurs sous un couvert de Faidherbia albida; des augmentations de 50–150% ont été enregistrées. Les résultats pour le sorgho, le coton, l’arachide et le maïs sont variables, et sont positifs ou négatifs selon l’étude. L’effet peut dépendre de la fertilité du sol; lorsque le sol est très fertile, Faidherbia albida entre en compétition avec les cultures.

Les causes principales de mortalité durant la première année sont sa coupe accidentelle durant le désherbage des cultures associées, et le manque de protection contre les chèvres et les moutons qui broutent les résidus après la récolte. La protection contre le broutage est essentielle au moins pendant les 2 premières années après la plantation, et l’utilisation de piquets de marquage peut réduire les dégâts lors du désherbage. Deux désherbages par an sont essentiels durant une période de 3 ans pour éviter que les jeunes arbres soient étouffés par les mauvaises herbes. Plus tard, l’élagage est nécessaire afin de faciliter les opérations culturales sous les arbres.

Maladies et ravageurs

Au Niger et au Burkina Faso, les nématodes Meloidogyne javanica et Meloidogyne incognita attaquent les jeunes plantes dans les pépinières; les plantes plus âgées sont résistantes. Les cochenilles peuvent aussi provoquer des dégâts dans les pépinières; un traitement au parathion est efficace. Les chenilles défoliantes (notamment Crypsotidia conifera) sont les principaux ravageurs des arbres adultes, défoliant des arbres au Nigeria et au Zimbabwe jusqu’à 50%. L’infestation des graines est principalement due aux larves de bruches. Des plantes parasites telles que Agelanthus dodoneifolius (DC.) Polhill & Wiens, et des figuiers étrangleurs telles que Ficus thonningii Blume peuvent affecter les arbres, mais causent peu de dégâts.

Rendement

La production annuelle moyenne de matière organique, mesurée sous quelques grands arbres au Sénégal, était d’environ 100 kg de feuilles, 45 kg d’écorce et de petit bois et 125 kg de fruits par arbre. Un ébranchage régulier réduit la production de fruits. Le rendement en bois de feu des arbres adultes est d’environ 0,1 m²/an.

Ressources génétiques

Faidherbia albida était une espèce prioritaire dans le projet FAO “Ressources genetique d’arbres pour l’amélioration de la vie dans les zones arides et semi-arides” (1979–1985) concernant la prospection, l’évaluation et la conservation des ressources génétiques des espèces de zones sèches dans 16 pays situés dans le Sahel et le nord de la zone soudanienne. Des collectes de graines et des essais de provenances ont été menés dans une grande partie de ces pays. La plus vaste collection de ressources génétiques se situe au Centre national de semences forestières, à Ouagadougou, au Burkina Faso, avec 48 entrées.

Perspectives

Dans de nombreuses parties de l’Afrique, les paysans ont depuis très longtemps utilisé Faidherbia albida dans les systèmes agroforestiers, appréciant fortement cet arbre qui est vraiment multifonctionnel. Cependant, en beaucoup d’endroits, la connaissance traditionnelle des avantages de cette espèce s’est perdue, et son usage a été négligé. Une nouvelle impulsion est nécessaire pour maintenir ou restaurer l’usage de Faidherbia albida dans les systèmes culturaux des zones sèches d’Afrique tropicale, où il peut améliorer la productivité du sol et permettre une utilisation plus intensive des terres, particulièrement là où l’augmentation de la densité de population provoque un raccourcissement dangereux des périodes de jachère. Plus de recherches sont nécessaires sur l’amélioration génétique pour offrir un matériel de plantation de qualité aux paysans. Des essais sont nécessaires pour déterminer l’espacement optimal en agroforesterie.

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Sources de l'illustration

  • Brenan, J.P.M., 1970. Leguminosae (Mimosoideae). In: Brenan, J.P.M. (Editor). Flora Zambesiaca. Volume 3, part 1. Crown Agents for Oversea Governments and Administrations, London, United Kingdom. 153 pp.

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  • C. Bernard, Rés. St. Raphaël, 89 Rue des 4 Vents, 34090 Montpellier, France

Consulté le 11 avril 2019.


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