Fagaropsis angolensis (PROTA)

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Ressources végétales de l'Afrique tropicale
Introduction
Liste des espèces


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Bois d'œuvre Fairytale bookmark gold.svgFairytale bookmark gold.svgGood article star.svgGood article star.svgGood article star.svg
Bois de feu Fairytale bookmark gold.svgFairytale bookmark gold.svgGood article star.svgGood article star.svgGood article star.svg
Ornemental Fairytale bookmark gold.svgGood article star.svgGood article star.svgGood article star.svgGood article star.svg
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Fagaropsis angolensis (Engl.) Dale


Protologue: Trees and shrubs of Kenya Colony : 99 (1936).
Famille: Rutaceae

Origine et répartition géographique

On trouve Fagaropsis angolensis depuis l’est de la R.D. du Congo, le sud du Soudan et l’Ethiopie jusqu’au nord de l’Angola, au Zimbabwe et au Mozambique.

Usages

Le bois est employé pour la parqueterie, le mobilier et les boiseries. Il convient également pour la construction légère, la menuiserie, les boiseries intérieures, la charronnerie, les articles de sport, les jouets, les articles de fantaisie, les instruments de musique, la sculpture, le tournage, les placages et le contreplaqué. Il sert de bois de feu et pour la production de charbon de bois.

Au Kenya, l’écorce de la tige est utilisée en médecine traditionnelle pour soigner le paludisme, et la racine se mastique comme expectorant. Au Malawi et au Zimbabwe, on verse de la poudre de racine dans des boissons ou de la bouillie pour traiter la stérilité masculine.

Propriétés

Le bois de cœur est gris jaunâtre à vert foncé ou brun teinté de vert ou de jaune, fonçant à l’air, et il est assez nettement distinct de l’aubier qui est jaune pâle ou verdâtre à blanc grisâtre et qui atteint 6 cm de large. Le fil est généralement droit, parfois ondé, le grain moyennement fin et régulier. Les cernes de croissance sont distincts. Le bois est lustré. Grâce aux variations de couleur et de fil, le bois est parfois joliment madré tant dans le sens radial que tangentiel, ainsi que chez les placages déroulés.

Le bois est moyennement lourd, avec une densité d’environ 700 kg/m³ à 12% d’humidité. D’habitude, le séchage s’effectue sans problèmes, avec peu de déformation, sauf pour ce qui est des fentes en bout sur les bois épais. Les taux de retrait sont modérés, de l’état vert à 12% d’humidité ils sont de 2,1% dans le sens radial et de 3,7% dans le sens tangentiel. Des planches de 2,5 cm d’épaisseur sèchent à l’air en 4 semaines en Tanzanie, des planches de 5 cm d’épaisseur en 3 mois. Souvent, le bois n’est que moyennement stable en service, les boiseries encastrées ayant tendance à se fendre lorsque l’humidité de l’air est faible.

A 12% d’humidité, le module de rupture est de 105 N/mm², le module d’élasticité de 14 500 N/mm², la compression axiale de 59 N/mm², le cisaillement de 16 N/mm², le fendage de 66 N/mm dans le sens radial et de 87 N/mm dans le sens tangentiel, et la dureté Janka de flanc de 6090 N.

Les planches sont sujettes aux fentes lors de la conversion de la grume, mais le bois sec se scie et se travaille assez facilement tant à la main qu’à la machine. Il se finit en donnant une surface lisse et se polit bien. Les caractéristiques de moulurage, de mortaisage et de tournage sont toutes satisfaisantes. Des avant-trous sont nécessaires avant le clouage ; la tenue des clous est bonne. Le bois est moyennement durable à durable et modérément résistant aux termites, mais sujet aux attaques de Lyctus et de térébrants marins. Le bois de cœur est rebelle à l’imprégnation par des produits de préservation, l’aubier est moyennement rebelle.

Plusieurs alcaloïdes et limonoïdes ont été isolés de l’écorce de la tige, notamment un alcaloïde du type benzophénanthridine, la nitidine, qui est antipaludéen. Des extraits aqueux et au méthanol de l’écorce de la tige ont montré une nette activité in vitro contre des souches de Plasmodium falciparum à la fois résistantes et sensibles à la chloroquine. Des extraits au méthanol ont mis en évidence une importante toxicité dans l’essai à l’Artemia, alors que des extraits à l’eau ont fait la preuve d’une toxicité moindre. La canthin-6-one et la 5-méthoxycanthin-6-one ont montré une activité fongicide.

Description

  • Arbre caducifolié de taille petite à moyenne atteignant 25(–40) m de haut ; fût dépourvu de branches jusqu’à 18 m, généralement rectiligne et cylindrique, jusqu’à 100(–200) cm de diamètre, parfois avec des contreforts à la base ; surface de l’écorce gris pâle à brun grisâtre, légèrement rugueuse, écorce interne orange vif avec une couche blanche ; cime étalée ; jeunes rameaux à poils courts, brun pourpré.
  • Feuilles opposées, composées imparipennées à 2–4(–6) paires de folioles ; stipules absentes ; pétiole jusqu’à 7 cm de long ; pétiolules de 1–2 mm de long, mais chez la foliole terminale jusqu’à 2 cm ; folioles ovales à oblongues-ovales ou elliptiques, de 4–9(–15,5) cm × 2–5 cm, asymétriques à la base, aiguës à courtement acuminées à l’apex, à bord entier à légèrement denté, ponctuées de glandes, presque glabres à courtement poilues, pennatinervées à 8–16 paires de nervures latérales.
  • Inflorescence : panicule terminale atteignant 12 cm de long, à ramifications opposées.
  • Fleurs unisexuées, régulières, 4-mères ; pédicelle de 4–10 mm de long ; sépales soudés à la base, ovales, d’environ 1 mm de long, densément poilus ; pétales libres, oblancéolés, de 3,5–6 mm de long, blanc jaunâtre à jaune verdâtre ; fleurs mâles à 4–8 étamines de 2,5–4 mm de long et à ovaire rudimentaire ; fleurs femelles à ovaire supère, légèrement 4-lobé, 4-loculaire, à style court et à stigmate 4-lobé, à étamines rudimentaires.
  • Fruit : drupe globuleuse de 6–8 mm de diamètre, ponctuée de nombreuses glandes, indéhiscente, contenant 2–4 graines.
  • Graines triangulaires-ovoïdes, d’environ 5 mm de diamètre, grises à noires, à sillons réticulés.

Autres données botaniques

Fagaropsis angolensis pousse assez rapidement. En Afrique australe, les arbres fleurissent en octobre–novembre, au Kenya en novembre–décembre. Les fruits mûrissent 2–3 mois plus tard.

Le genre Fagaropsis comprend 4 espèces, dont 2 sont présentes sur le continent africain et 2 sont endémiques de Madagascar.

Fagaropsis hildebrandtii

Fagaropsis hildebrandtii (Engl.) Milne-Redh., que l’on rencontre dans l’est de l’Ethiopie, en Somalie et au Kenya, est très proche de Fagaropsis angolensis et pourrait être conspécifique ; il diffère par son port plus petit (arbuste ou petit arbre), ses feuilles plus poilues et ses inflorescences plus petites. Le bois est probablement parfois utilisé pour le même usage que celui de Fagaropsis angolensis, alors que les racines sont employées en médecine traditionnelle pour soigner les douleurs de poitrine.

Ecologie

On trouve Fagaropsis angolensis dans la forêt pluviale sempervirente et la forêt sèche sempervirente ou la savane boisée, à 1000–2600 m d’altitude. Il est souvent présent dans les endroits rocailleux sur les pentes de montagnes, mais aussi sur les termitières. En Ethiopie, il est souvent associé à Podocarpus.

Gestion

Le taux de germination des graines fraîches est généralement élevé, même si elles perdent rapidement leur viabilité en l’espace de 2 mois. Aucun prétraitement des graines n’est nécessaire avant le semis. Un kg contient 4000–4500 graines. On peut aussi avoir recours aux drageons pour la multiplication. Les arbres peuvent être traités en taillis. Les grumes ont tendance à se fendre lors de l’abattage, quelquefois sur toute la longueur du fût. Pour y remédier, on a pensé pratiquer l’annélation des arbres sur pied un an avant l’abattage. En Ouganda, on a enregistré une importante prédation des semis par les rongeurs.

Ressources génétiques

Bien que Fagaropsis angolensis soit répandu et de ce fait ne soit pas immédiatement menacé, il est peu commun dans plusieurs régions de son aire de répartition, notamment en Afrique australe. Il figure sur la liste des dix premières espèces prioritaires devant être conservées dans le sud-ouest de l’Ethiopie. Faisant l’objet d’une exploitation intense pour son bois dans les monts Usambara occidentaux (Tanzanie), il est désormais menacé.

Perspectives

Dans les régions où les arbres atteignent une taille imposante, Fagaropsis angolensis est un bois d’œuvre précieux qui mérite un approfondissement de la recherche en vue d’une exploitation durable et des possibilités de plantation. Des essais indiquent que des extraits aqueux d’écorce de la tige peuvent constituer des antipaludéens efficaces et sûrs pour l’homme. Cependant, de nouvelles études portant notamment sur l’identification de nouveaux composés antiplasmodium s’imposent, de même que des recherches plus élaborées sur la toxicité.

Références principales

  • Bekele-Tesemma, A., Birnie, A. & Tengnäs, B., 1993. Useful trees and shrubs for Ethiopia: identification, propagation and management for agricultural and pastoral communities. Technical Handbook No 5. Regional Soil Conservation Unit/SIDA, Nairobi, Kenya. 474 pp.
  • Bolza, E. & Keating, W.G., 1972. African timbers: the properties, uses and characteristics of 700 species. Division of Building Research, CSIRO, Melbourne, Australia. 710 pp.
  • Kirira, P.G., Rukunga, G.M., Wanyonyi, A.W., Muregi, F.M., Gathirwa, J.W., Muthaura, C.N., Omar, S.A., Tolo, F., Mungai, G.M. & Ndiege, I.O., 2006. Anti-plasmodial activity and toxicity of extracts of plants used in traditional malaria therapy in Meru and Kilifi districts of Kenya. Journal of Ethnopharmacology 106: 403–407.
  • Maundu, P. & Tengnäs, B. (Editors), 2005. Useful trees and shrubs for Kenya. World Agroforestry Centre - East and Central Africa Regional Programme (ICRAF-ECA), Technical Handbook 35, Nairobi, Kenya. 484 pp.
  • Takahashi, A., 1978. Compilation of data on the mechanical properties of foreign woods (part 3) Africa. Shimane University, Matsue, Japan, 248 pp.

Autres références

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  • Gilbert, M.G., 1989. Rutaceae. In: Hedberg, I. & Edwards, S. (Editors). Flora of Ethiopia. Volume 3. Pittosporaceae to Araliaceae. The National Herbarium, Addis Ababa University, Addis Ababa, Ethiopia and Department of Systematic Botany, Uppsala University, Uppsala, Sweden. pp. 419–432.
  • Katende, A.B., Birnie, A. & Tengnäs, B., 1995. Useful trees and shrubs for Uganda: identification, propagation and management for agricultural and pastoral communities. Technical Handbook 10. Regional Soil Conservation Unit, Nairobi, Kenya. 710 pp.
  • Maundu, P., Berger, D., Saitabau, C., Nasieku, J., Kipelian, M., Mathenge, S., Morimoto, Y. & Höft, R., 2001. Ethnobotany of the Loita Maasai. Towards community management of the forest of the Lost Child. Experiences from the Loita Ethnobotany Project. UNESCO People and Plants Working Paper 8, Paris, France. 34 pp.
  • Mbuya, L.P., Msanga, H.P., Ruffo, C.K., Birnie, A. & Tengnäs, B., 1994. Useful trees and shrubs for Tanzania: identification, propagation and management for agricultural and pastoral communities. Technical Handbook 6. Regional Soil Conservation Unit/SIDA, Nairobi, Kenya. 542 pp.
  • Neuwinger, H.D., 2000. African traditional medicine: a dictionary of plant use and applications. Medpharm Scientific, Stuttgart, Germany. 589 pp.
  • Tanzania Forest Division, 1961. Timbers of Tanganyika: Fagaropsis angolensis (mafu). Tanzania Forest Division, Utilisation Section, Moshi, Tanzania. 5 pp.
  • von Breitenbach, F., 1994. The indigenous trees of Ethiopia. 3rd edition. Ethiopian Forestry Association, Addis Ababa, Ethiopia. 272 pp.

Auteur(s)

  • R.H.M.J. Lemmens, PROTA Network Office Europe, Wageningen University, P.O. Box 341, 6700 AH Wageningen, Netherlands

Citation correcte de cet article

Lemmens, R.H.M.J., 2008. Fagaropsis angolensis (Engl.) Dale. In: Louppe, D., Oteng-Amoako, A.A. & Brink, M. (Editors). PROTA (Plant Resources of Tropical Africa / Ressources végétales de l’Afrique tropicale), Wageningen, Netherlands. Consulté le 7 mars 2020.


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