Euphorbia cooperi (PROTA)

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Ressources végétales de l'Afrique tropicale
Introduction
Liste des espèces


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Euphorbia cooperi N.E.Br. ex A.Berger


Protologue: Sukkul. Euphorb. : 83 (1906).
Famille: Euphorbiaceae

Noms vernaculaires

  • Lesser candelabra tree, Transvaal candelabra tree (En).

Origine et répartition géographique

Euphorbia cooperi est présent depuis la Tanzanie jusque dans le nord-est de l’Afrique du Sud et au Swaziland.

Usages

Le latex a la réputation d’être l’un des plus toxiques des Euphorbia spp., provoquant des irritations intenses de la peau et une sensation de brûlure dans la gorge lorsque l’on se tient près des plantes qui l’exsudent. Il peut rendre aveugle s’il entre en contact avec les yeux. Il a une odeur âcre et piquante. En Afrique du Sud, on fait bouillir le latex jusqu’à ce qu’il noircisse, puis on le fait sécher ; la poudre s’applique sur les plaies infectées. La décoction de racine, alliée à celle d’Euphorbia ingens E.Mey. ex Boiss., s’applique en emplâtre pour traiter la paralysie. On jette à l’eau des pierres entourées d’un bouquet d’herbe trempée dans le latex comme poison pour la pêche.

Euphorbia cooperi sert parfois à confectionner des perches de clôture. Les fleurs produisent un nectar abondant, mais le miel, connu sous le nom de “noors honey” provoque une sensation de brûlure dans la bouche qui s’intensifie lorsque l’on boit de l’eau. Euphorbia cooperi est planté comme plante ornementale dans les jardins de plantes succulentes ou de rocaille d’Afrique du Sud et des Etats-Unis.

Propriétés

Plusieurs diesters et triesters de 16-hydroxy-12-désoxyphorbol ont été isolés du latex. Les esters diterpènes se sont montrés plus ou moins irritants sur les oreilles de souris, et manifestent une activité promotrice de tumeurs in vitro.

Description

Petit arbre monoïque, succulent, en forme de candélabre, atteignant 6(–9) m de haut, à latex abondant ; fût robuste, cylindrique, portant les cicatrices des branches tombées ; rameaux incurvés vers le haut, simples ou parfois ramifiés vers l’apex, formant une cime aplatie, rameaux de 5–20 cm de diamètre, profondément étranglés à intervalles irréguliers en segments oblongs de 10–50 cm de long, à (3–)4–6(–8) angles, bord des angles ondulé, à tubercules espacés de 8–25 mm ; boucliers d’épines réunis en un bord corné continu de 3–10 mm de large, à 2 paires d’épines, 1 paire d’épines trapues atteignant 10 mm de long, 1 paire (stipulaire) minuscule, tombant rapidement. Feuilles à l’extrémité des rameaux, sur 3–7 rangs, sessiles ; stipules se transformant en minuscules épines ; limbe deltoïde, d’environ 1,5 mm × 1,5 mm, tombant rapidement. Inflorescence : cymes axillaires presque sessiles, massées à l’extrémité des branches, par groupes de 1–3 en ligne horizontale, constituées de groupes de fleurs appelés “cyathes”, rameaux de la cyme 2 ; bractées 2, très petites ; cyathes d’environ 4,5 mm × 8 mm, à involucre en coupe, lobes d’environ 1,5 mm de long, glandes 5, transversalement oblongues, d’environ 1,5 mm × 4 mm, jaune doré, chaque involucre contenant 1 fleur femelle entourée de nombreuses fleurs mâles. Fleurs unisexuées ; fleurs mâles sessiles, périanthe absent, à une seule étamine ; fleurs femelles à pédicelle de 4–10 mm de long chez le fruit, périanthe faiblement 3-lobé, ovaire supère, glabre, 3-loculaire, styles 3, variablement soudés, de 2–5,5 mm de long, apex bifide. Fruit : capsule 3-lobée à lobes obtus à profonds, de 6–10 mm × 10–13,5 mm, charnue, verte virant au rouge, à 3 graines. Graines presque globuleuses, d’environ 2,5–3,5 mm de diamètre, brun grisâtre pâle moucheté de brun pâle, lisses.

Autres données botaniques

Le genre Euphorbia comprend environ 2000 espèces et est présent dans le monde entier, avec au moins 750 espèces sur le continent africain et environ 150 espèces à Madagascar et sur les îles de l’océan Indien. Euphorbia cooperi appartient au sous-genre Euphorbia, section Euphorbia, vaste groupe caractérisé par des tiges succulentes et souvent anguleuses, des stipules modifiées en petites épines (ou absentes), un bouclier d’épines comportant une paire supplémentaire d’épines (parfois soudées en une seule épine), des inflorescences axillaires et des graines sans caroncule. Euphorbia cooperi est variable et on en distingue 3 variétés.

Il existe plusieurs autres Euphorbia spp. ayant la taille d’un arbre et possédant des usages médicinaux.

Euphorbia magnicapsula

Euphorbia magnicapsula S.Carter est présent en Afrique de l’Est. Au Kenya, on donne ses racines écrasées dans de l’eau aux moutons et aux chèvres pour traiter la coenurose, infection due aux larves de ténia. Les tiges séchées dont on a brûlé les épines au préalable sont broyées dans de l’eau que l’on donne à boire au bétail pour traiter les maladies vénériennes. Euphorbia magnicapsula est cultivé aux Etats-Unis comme plante ornementale en pot.

Euphorbia nyikae

Euphorbia nyikae Pax ex Engl. est présent au Kenya et en Tanzanie. Au Kenya, le latex s’ajoute au poison de flèche à base d’Acokanthera utilisé par les Giriamas. Les jeunes tiges écrasées se jettent dans l’eau comme poison pour la pêche. En Tanzanie, la décoction de racine ou le latex en soupe se boivent pour traiter les infections des voies urinaires et l’épilepsie. Euphorbia nyikae est également planté en haie.

Euphorbia bussei

Euphorbia bussei Pax a la même aire de répartition qu’Euphorbia nyikae et on peut le confondre avec lui. Les tiges d’Euphorbia bussei sont utilisées par les Kambas pour construire des greniers à grains.

Euphorbia trigona

Euphorbia trigona Mill., que l’on trouve en Afrique centrale, en Angola et au Malawi, est couramment planté comme plante rituelle et de haie près des villages, surtout au Gabon. Il est peut-être d’origine hybride, car on ne le connaît que cultivé, et pour autant que l’on sache, il ne fleurit pas. Le latex s’ajoute au poison de flèche à base de Periploca nigrescens Afzel. et sert aussi de poison pour la pêche ou à des fins criminelles. On s’en sert aussi pendant les procès par ordalie. Au Congo, les cas sévères de constipation ou les crises d’épilepsie se traitent avec quelques gouttes de latex dans du vin de palme. Euphorbia trigona se cultive couramment en pot. Le latex contient des esters de 8-méthoxyingol, qui sont très irritants pour la peau. Il renferme également des lectines douées d’un fort pouvoir agglutinant des érythrocytes.

Ecologie

Euphorbia cooperi est présent dans les savanes arborées et sur les versants rocailleux, généralement en colonies, à 200–1500 m d’altitude. Il fleurit de septembre à octobre. Les fruits mûrs explosent, projetant les graines à plusieurs mètres.

Gestion

Euphorbia cooperi se multiplie facilement par graines ou par boutures, qu’il faut faire sécher avant de les planter pour les empêcher de pourrir. Il faut veiller soigneusement, lorsque l’on récolte des boutures, à empêcher le latex toxique d’entrer en contact avec la peau ou les yeux. Euphorbia cooperi est peu exigeant en eau.

Ressources génétiques

Euphorbia cooperi est relativement commun sur son aire de répartition, et il n’y a aucun signe d’érosion génétique. Comme espèce succulente d’Euphorbia, son commerce international est régulé selon l’annexe 2 de la CITES.

Perspectives

Le latex d’Euphorbia cooperi est en général trop toxique pour être utilisé en médecine. Plusieurs dérivés irritants et cocancérogènes de 16-hydroxy-12-désoxyphorbol ont été isolés, ce qui indique que son utilisation en médecine moderne restera limitée.

Références principales

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  • Coates Palgrave, K., 1983. Trees of southern Africa. 2nd Edition. Struik Publishers, Cape Town, South Africa. 959 pp.
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  • Gundidza, M., Sorg, B. & Hecker, E., 1992. A skin irritant phorbol ester from Euphorbia cooperi N.E.Br. Central African Journal of Medicine 38(12): 444–447.

Autres références

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Auteur(s)

  • G.H. Schmelzer, PROTA Network Office Europe, Wageningen University, P.O. Box 341, 6700 AH Wageningen, Netherlands

Citation correcte de cet article

Schmelzer, G.H., 2008. Euphorbia cooperi N.E.Br. ex A.Berger. In: Schmelzer, G.H. & Gurib-Fakim, A. (Editors). PROTA (Plant Resources of Tropical Africa / Ressources végétales de l’Afrique tropicale), Wageningen, Netherlands. Consulté le 5 avril 2025.


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