Euphorbia chamaesyce (PROTA)

De PlantUse Français
Aller à : navigation, rechercher
Prota logo vert.gif
Ressources végétales de l'Afrique tropicale
Introduction
Liste des espèces


Importance générale Fairytale bookmark gold.svgGood article star.svgGood article star.svgGood article star.svgGood article star.svg
Répartition en Afrique Fairytale bookmark gold.svgGood article star.svgGood article star.svgGood article star.svgGood article star.svg
Répartition mondiale Fairytale bookmark gold.svgGood article star.svgGood article star.svgGood article star.svgGood article star.svg
Médicinal Fairytale bookmark gold.svgGood article star.svgGood article star.svgGood article star.svgGood article star.svg


Euphorbia chamaesyce L.


Protologue: Sp. pl. 1: 455 (1753).
Famille: Euphorbiaceae
Nombre de chromosomes: 2n = 18

Synonymes

  • Chamaesyce canescens (L.) Prokh. (1933).

Noms vernaculaires

  • Euphorbe petit-figuier (Fr).
  • Wood spurge, ground spurge, prostrate sandmat (En).

Origine et répartition géographique

Euphorbia chamaesyce est présent depuis les Canaries jusqu’au nord-ouest de la Russie et au Pakistan, en passant par toute la Méditerranée. Il s’est naturalisé aux Etats-Unis et au Japon. En Afrique tropicale, il est présent au Cap-Vert.

Usages

Au Cap-Vert, on déverse de grandes quantités de feuilles dans les trous d’eau et les canaux comme poison de pêche. Dans le sud de l’Europe, l’infusion de parties aériennes s’applique sur les cicatrices douloureuses et en collyre pour traiter les yeux faibles.

En Turquie, la plante entière se consomme grillée.

Propriétés

Plusieurs stéroïdes du type ergostane ont été isolés de la plante, notamment de l’obtusifoliol, ainsi que plusieurs triterpénoïdes, dont le lupéol, le butyrospermol, le wrightial, le lup-20(30)-ène-3β,29-diol, le 11α,12α-oxydotaraxérol et plusieurs dérivés. Un stéroïde du type ergostane a manifesté de puissants effets inhibiteurs sur l’activation antigène précoce du virus d’Epstein-Barr induite par le promoteur de tumeurs 12-O-tétradécanoylphorbol 13-acétate (TPA). Deux oléananes ont eu une forte cytotoxicité contre un panel de 39 lignées de cellules cancéreuses humaines.

Description

Plante herbacée annuelle monoïque, prostrée, aux rameaux atteignant 30 cm de long ; plante entière glabre à brièvement poilue. Feuilles opposées, simples ; stipules triangulaires, d’environ 0,5 mm de long ; pétiole court ; limbe oblong à obovale, de 2–8 mm × 2–4 mm, base asymétrique, un côté obliquement arrondi et l’autre cordé, apex arrondi ou émarginé, bords entiers ou dentés. Inflorescence : groupes de fleurs axillaires appelés “cyathes” ; cyathe presque sessile, d’environ 0,5 mm de long, à involucre en coupe, lobes triangulaires, minuscules, bord poilu ; glandes 4, minuscules, elliptiques, à appendices 3-lobés très petits, chaque involucre contenant 1 fleur femelle entourée de nombreuses fleurs mâles. Fleurs unisexuées ; fleurs mâles sessiles, bractéoles linéaires, périanthe absent, étamine minuscule ; fleurs femelles à court pédicelle, périanthe en bourrelet, ovaire supère, glabre, 3-loculaire, styles 3, minuscules, bifides. Fruit : capsule 3-lobée d’environ 1,5 mm × 1,5 mm, glabre ou à denses poils courts, à 3 graines. Graines ovoïdes, d’environ 1 mm de long, à 4 angles aigus, sans caroncule.

Autres données botaniques

Le genre Euphorbia comprend environ 2000 espèces et est présent dans le monde entier, avec au moins 750 espèces sur le continent africain et environ 150 espèces à Madagascar et sur les îles de l’océan Indien. Euphorbia chamaesyce appartient au sous-genre Chamaesyce section Chamaesyce, groupe de plantes herbacées annuelles ou parfois vivaces à stipules bien visibles, se caractérisant en outre par une tige principale avortant au stade du semis, la plante étant ainsi constituée d’une inflorescence étendue ressemblant à une ombelle à ramification dichotome, aux bractées florales semblables à des feuilles normales, aux cyathes solitaires ou regroupées au maximum par 5 en denses cymes feuillées, à 4 glandes involucrales munies d’appendices pétaloïdes ou entières et aux graines coniques dépourvues de caroncule.

Euphorbia tuckeyana

Un autre Euphorbia du Cap-Vert, Euphorbia tuckeyana Steud. ex Webb (“Cabo Verde spurge”), est utilisé en médecine. C’est un arbuste atteignant 3 m de haut. Le latex s’applique sur les dents gâtées et pour marquer les peaux d’animaux. Le bois sert de bois de feu. Il est parfois vendu comme plante ornementale en Europe. Les parties aériennes contiennent des polyesters diterpéniques de jatrophane (les tuckeyanols A et B et l’euphotuckeyanol), plusieurs triterpènes du type cycloartane, notamment le cyclotucanol, le cycloeucalénol et le 24-méthylènecycloartanol, ainsi que les hélioscopinolides A, B, D et E, la naringénine, l’aromadendrine, le coniféraldéhyde, plusieurs dérivés de 5-hydroxyphorbol et le diacétate de déhydrodiconiféryl. Du simiarénone et du β-sitostérol ont également été isolés. Plusieurs composés se sont avérés moyennement efficaces pour inhiber la croissance de lignées de cellules tumorales gastriques et pancréatiques. Plusieurs extraits de plante ont manifesté une activité contre des bactéries gram-positives et Candida albicans.

Ecologie

Euphorbia chamaesyce est présent sur sols secs sableux à pierreux et au bord des routes, depuis le niveau de la mer jusqu’à 1000 m d’altitude.

Ressources génétiques

Rien n’indique qu’Euphorbia chamaesyce soit menacé d’érosion génétique.

Perspectives

Plusieurs des composés présents chez Euphorbia chamaesyce ont de très puissants effets inhibiteurs sur le virus d’Epstein-Barr et une forte cytotoxicité contre une gamme de lignées de cellules cancéreuses humaines. Cela justifie par conséquent un approfondissement des recherches pour évaluer le potentiel de cette espèce dans le développement de composés de base.

Références principales

  • Figueiredo, E., 1996. Euphorbiaceae. In: Paiva, J., Martins, E.S., Diniz, M.A., Moreira, I., Gomes, I. & Gomes, S. (Editors). Flora de Cabo Verde: Plantas vasculares. No 54. Instituto de Investigação Científica Tropical, Lisbon, Portugal & Instituto Nacional de Investigação e Desenvolvimento Agrário, Praia, Cape Verde. 51 pp.
  • Kerharo, J., Guichard, F. & Bouquet, A., 1961. Les végétaux ichtyotoxiques (poisons de pêche), 2ème partie : inventaire des poisons de pêche. Bulletins et Mémoires de l’École Nationale de Médecine et de Pharmacie de Dakar 9: 355–386.
  • Tanaka, R., Kasubuchi, K., Kita, S., Tokuda, H., Nishino, H. & Matsunaga, S., 2000. Bioactive steroids from the whole herb of Euphorbia chamaesyce. Journal of Natural Products 63(1): 99–103.
  • Tanaka, R., Wada, S.-I., Yamada, T. & Yamori, T., 2006. Potent antitumor activity of 3,4-seco-8bH-ferna-4(23),9(11)-dien-3-oic acid (EC-2) and 3,4-seco-oleana-4(23),18-dien-3-oic acid (EC-4), evaluated by an in vitro human cancer cell line panel. Planta Medica 72: 1347–1349.

Autres références

  • Duarte, N., Lage, H. & Ferreira, M.-J.U., 2008. Three new jatrophane polyesters and antiproliferative constituents from Euphorbia tuckeyana. Planta Medica 74(1): 61–68.
  • Ferreira, M.-J.U., Duarte, A. & Ascenso, J.R., 1996. Antimicrobial activity and phytochemical study of Euphorbia tuckeyana. Fitoterapia 67(1): 85–86.
  • Ferreira, M.-J.U., Pinto, F.C. & Ascenso, J.R., 2001. Cycloartane triterpenes from Euphorbia tuckeyana. Natural Product Letters 15(5): 363–369.
  • Ozenda, P., 1977. Flore du Sahara. Deuxième édition. Centre National de la Recherche Scientifique, Paris, France. 622 pp.
  • Tanaka, R., Ida, T., Takaoka, Y., Kita, S., Kamisako, W. & Matsunaga, S., 1994. 3,4-seco-oleana-4(23),18-dien-3-oic acid and other triterpenes from Euphorbia chamaesyce. Phytochemistry 36(1): 129–132.
  • Tanaka, R., Kasubuchi, K., Kita, S. & Matsunaga, S., 1999. Obtusifoliol and related steroids from the whole herb of Euphorbia chamaesyce. Phytochemistry 51(3): 457–463.
  • Tosco, R.B., 2005. La flora endémica de Cabo Verde un Tesoro a conserver. Rincones del Atlantico 2.

Auteur(s)

  • G.H. Schmelzer, PROTA Network Office Europe, Wageningen University, P.O. Box 341, 6700 AH Wageningen, Netherlands

Citation correcte de cet article

Schmelzer, G.H., 2008. Euphorbia chamaesyce L. In: Schmelzer, G.H. & Gurib-Fakim, A. (Editors). PROTA (Plant Resources of Tropical Africa / Ressources végétales de l’Afrique tropicale), Wageningen, Netherlands. Consulté le 27 décembre 2020.


  • Voir cette page sur la base de données Prota4U.