Eucalyptus viminalis (PROTA)

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Ressources végétales de l'Afrique tropicale
Introduction
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coupe transversale du bois
coupe tangentielle du bois
coupe radiale du bois

Eucalyptus viminalis Labill.


Protologue: Nov. Holl. pl. 2: 12, t. 151 (1806).
Famille: Myrtaceae
Nombre de chromosomes: 2n = 22

Noms vernaculaires

  • Manna gum, ribbon gum (En).
  • Eucalipto com folhas de vimeiro (Po).
  • Mkaratusi (Sw).

Origine et répartition géographique

Eucalyptus viminalis est largement réparti dans le sud-est de l’Australie, depuis la Tasmanie en passant par l’Australie du Sud et le Victoria jusqu’à la frontière de la Nouvelle-Galles du Sud avec le Queensland. En Afrique tropicale, on sait qu’il est planté en Ethiopie, en Ouganda, au Kenya, en Tanzanie, au Zimbabwe, à Madagascar et à Maurice. Il est largement planté en Afrique du Sud.

Usages

Le bois est utilisé pour la fabrication de piquets, de manches d’outils, de bardeaux, pour la construction intérieure, les revêtements de sol, les planches, les panneaux, les boiseries intérieures et la menuiserie. Il convient pour la construction navale, la charronnerie, le mobilier, les échelles, les articles de sport, les placages, le contreplaqué, les caisses, les cageots et les panneaux de particules. Il est également employé comme bois de feu et pour la fabrication de papier.

Eucalyptus viminalis est planté comme arbre d’ornement et d’ombrage, en rideau-abri et en brise-vent. L’arbre est une espèce mellifère. Les rameaux sont utilisés en vannerie. La décoction de rameaux feuillés est versée dans l’eau du bain en cas de rhumatismes aux jambes.

Propriétés

Le bois de cœur, jaune pâle ou rose, ne se distingue pas nettement de l’aubier. Le fil est généralement droit, le grain grossier. La densité est de 670–940 kg/m³ à 12% d’humidité. Le bois sèche difficilement sans altération, à cause de sa tendance aux gerces et au gauchissement, mais il suffit de bien l’empiler pour y remédier considérablement. Un effondrement important est possible, mais on peut toujours reconditionner le bois par traitement à la vapeur. Les taux de retrait de l’état vert à anhydre sont élevés : de 5,2–13,0% dans le sens radial et de 9,7–31,0% dans le sens tangentiel.

Le bois est résistant, dur et moyennement solide à solide. A 12% d’humidité, le module de rupture est de (106–)140–183 N/mm², le module d’élasticité de 11 500–17 800 N/mm², la compression axiale de (47–)63–76 N/mm², le cisaillement de 8–11 N/mm², le fendage de 14–27 N/mm et la dureté de flanc Chalais-Meudon de 6,0–7,8. Une fois sec, le bois n’est pas stable en service.

Le bois est assez difficile à scier et à raboter, mais les arbres issus de plantations africaines donnent des sciages de bien meilleure qualité que les arbres indigènes d’Australie. Il est recommandé de le débiter sur quartier. Il peut se fendre au clouage et au vissage, les avant-trous sont donc conseillés. Ce n’est pas un bois durable, car il est sensible aux attaques de termites et de térébrants marins. L’aubier est sensible aux Lyctus. Le bois de cœur est particulièrement rebelle à l’imprégnation avec des produits de préservation, l’aubier étant quant à lui perméable à moyennement rebelle.

On pense qu’Eucalyptus viminalis pourrait voir son rôle se renforcer en tant que source de pâte dans la production du papier. Du bois issus d’arbres âgés de 10 ans en provenance d’Australie présentait des fibres de 0,83 mm de long, et de 20 μm de diamètre. Le bois contient 44% de cellulose, 22% de glucuronoxylane et 29% de lignine. On a obtenu un rendement en pâte kraft blanchie de 54%, et il a fallu 3,8 m³ de bois pour obtenir 1 t de pâte blanchie. A côté des pâtes obtenues à partir d’Eucalyptus globulus Labill. et d’Eucalyptus grandis W.Hill ex Maiden, qui constituent à l’heure actuelle les principales sources de bois à pâte d’Eucalyptus, la pâte issue d’Eucalyptus viminalis a une résistance importante, une forte opacité et une faible porosité, ce qui la rend particulièrement adaptée aux papiers sans bois tels que des papiers d’imprimerie, des papiers à écriture et des papiers spéciaux.

En Ethiopie, les feuilles donnent 0,8% d’une huile essentielle, dont les principaux éléments sont : 1,8-cinéole (50,9%), α-pinène (28,2%), globulol (5,1%) et limonène (4,3%). Les feuilles d’arbres brésiliens contiennent 1,3–1,8% d’huile essentielle, le 1, 8-cinéole (84–87%) en étant le composé principal. La teneur en huile essentielle est supérieure en été, lorsque la température et l’humidité sont élevées.

Description

  • Arbre sempervirent, de grande taille, pouvant atteindre 50(–90) m de haut ; fût jusqu’à 120(–150) cm de diamètre ; surface de l’écorce blanche ou blanc jaunâtre, lisse ou rugueuse ; cime grande, ouverte.
  • Feuilles alternes, simples et entières ; stipules absentes ; pétiole arrondi ou légèrement aplati, de 1–2,5 cm de long ; limbe lancéolé ou étroitement lancéolé, de 12–20 cm × 1–2,5 cm, acuminé à l’apex, glabre, vert, pennatinervé, aromatique lorsqu’on le froisse.
  • Inflorescence : dichasium axillaire, simple, ombelliforme, portant 3 ou 7 fleurs ; pédoncule anguleux ou aplati, de 4–13 mm de long.
  • Fleurs bisexuées, régulières ; pédicelle jusqu’à 4 mm de long ; boutons floraux ovoïdes, divisés en un hypanthium (partie inférieure) hémisphérique ou campanulé de 2–3 mm × 3–5 mm, et un opercule (partie supérieure) conique ou hémisphérique de 3–4 mm × 3–5 mm, qui se détache à l’anthèse ; étamines nombreuses ; ovaire infère, 3–4-loculaire.
  • Fruit : capsule à paroi fine, hémisphérique à globuleuse, de 5–8 mm × 5–9 mm, incluse dans un hypanthium ligneux, s’ouvrant par 3–4 valves exsertes, contenant de nombreuses graines.
  • Graines irrégulières, grises à noires.
  • Plantule à germination épigée.

Autres données botaniques

En Tanzanie et au Zimbabwe, Eucalyptus viminalis a eu une croissance rapide dans les premiers stades du développement. En Afrique du Sud, la croissance annuelle en hauteur a été de 0,9–1,8 m. A Madagascar, des arbres de 13–15 ans ont atteint 25–30 m de haut.

Le genre Eucalyptus comprend près de 800 espèces, endémiques d’Australie, à l’exception d’une dizaine présente dans la partie orientale de l’Asie du Sud-Est. De nombreuses espèces d’Eucalyptus sont cultivées en dehors de leur aire naturelle, dans des régions tropicales, subtropicales et tempérées, en raison de leur rapidité de croissance et de leur capacité d’adaptation à des conditions écologiques très variées. En Afrique, Eucalyptus globulus est longtemps restée la principale espèce d’Eucalyptus, et même si elle a cédé du terrain, elle n’en demeure pas moins très présente sous des climats frais. De nos jours, les principales espèces commerciales en Afrique sont Eucalyptus grandis dans les endroits fertiles, Eucalyptus camaldulensis Dehnh. dans les regions sèches, et Eucalyptus robusta Sm. dans les régions plutôt tropicales.

Le genre Eucalyptus est divisé en plusieurs sous-genres (7–10, selon l’auteur), lesquels sont à leur tour subdivisés en de nombreuses sections et séries. D’après les résultats des travaux de phylogénétique menés sur Eucalyptus, il semblerait que le genre soit polyphylétique, ayant plusieurs origines dans l’évolution ; dès lors, on a proposé de diviser le genre en plusieurs genres distincts. Ce changement n’a pas encore été apporté, principalement à cause du maelström qui pourrait en découler dans la nomenclature. Les espèces d’Eucalyptus s’hybrident facilement, ce qui rajoute à la complexité taxinomique.

Ecologie

Eucalyptus viminalis est planté jusqu’à 3400 m d’altitude, dans des régions où la pluviométrie annuelle moyenne est comprise entre 500–2500 mm, où la saison sèche dure de 0–5 mois, où les températures annuelles moyennes s’échelonnent entre 10–18°C, où la température maximale moyenne du mois le plus chaud est de 16–32°C et la température minimale moyenne du mois le plus froid de 0–8°C. Il ne résiste pas beaucoup à la sécheresse. C’est au fond des vallées qu’il pousse le mieux, sur des sols alluviaux ou sur des sables podzoliques avec un sous-sol argileux, et il tolère des sols légèrement salins. En Ethiopie, il est planté sur des sols profonds, bien drainés. Eucalyptus viminalis résiste aux incendies.

Gestion

En Ethiopie, Eucalyptus viminalis est cultivé dans les jardins familiaux, en petits peuplements, et le long des sentiers. Il se multiplie par graines. Le poids de 1000 graines est de 2,5–5 g. Les graines peuvent être conservées plusieurs années dans des récipients hermétiques à l’abri de la chaleur et de l’humidité. Aucun traitement des semences n’est nécessaire avant le semis. La germination se fait en 5–6 jours, et les semis peuvent être repiqués au champ au bout de 5–6 mois. L’arbre recèpe bien. Lorsque le bois doit servir à l’industrie papetière, on a recours à des rotations de taillis de 6–8 ans.

En Afrique du Sud, l’arbre étant la proie du charançon de l’eucalyptus Gonipterus scutellatus, l’espèce a été abandonnée comme espèce commerciale dans le pays. Tant les larves que les adultes font des dégâts, en particulier en se nourrissant des feuilles. Une défoliation répétée est à l’origine d’une croissance rabougrie, qui peut même aller jusqu’aux fentes et à la mort de l’arbre. Les charançons adultes, les larves et les œufs sont transportés sur les plants et dans la terre attachée lors de la plantation, les adultes pouvant aussi se propager en volant. A Maurice, la lutte biologique à l’aide du parasite de l’œuf Anaphes nitens a été couronnée de succès et a permis de limiter les attaques contre Eucalyptus viminalis. Les traitements chimiques ne sont guère préconisés à cause des effets néfastes qu’ils pourraient avoir sur les abeilles qui butinent les arbres. D’origine australienne, Gonipterus scutellatus est signalé au Kenya, en Ouganda, au Malawi, au Zimbabwe, au Mozambique, à Madagascar, à Maurice, en Afrique du Sud, au Swaziland et au Lesotho. Il existe des différences de sensibilité entre Eucalyptus spp., Eucalyptus viminalis faisant partie des espèces les plus sensibles.

Ressources génétiques

Concernant l’Afrique australe, où le charançon de l’eucalyptus sévit actuellement, il serait judicieux de mettre au point des génotypes qui résistent à ce ravageur.

Perspectives

Eucalyptus viminalis donne un bois qui n’est ni solide, ni durable et qui reste relativement difficile à manipuler. Toutefois, c’est un arbre qui est adapté aux régions où les gelées sont fréquentes, et en Ethiopie il est considéré comme une bonne alternative à Eucalyptus globulus à des altitudes élevées. En outre, Eucalyptus viminalis offre de bonnes perspectives pour la fabrication du papier et comme source d’une huile essentielle riche en cinéole.

Références principales

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  • Chippendale, G.M., 1988. Myrtaceae - Eucalyptus, Angophora. In: George, A.S. (Editor). Flora of Australia, Volume 19. Australian Government Publishing Service, Canberra, Australia. 540 pp.
  • Eldridge, K., Davidson, J., Harwood, C. & van Wijk, G., 1993. Eucalypt domestication and breeding. Clarendon Press, Oxford, United Kingdom. xix + 288 pp.
  • Verdcourt, B., 2001. Myrtaceae. In: Beentje, H.J. (Editor). Flora of Tropical East Africa. A.A. Balkema, Rotterdam, Netherlands. 89 pp.

Autres références

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  • Coppen, J.J.W., 2002. Eucalyptus: the genus Eucalyptus. Medicinal and aromatic plants - industrial profiles, vol. 22. Taylor & Francis, London, United Kingdom. 450 pp.
  • Cotterill, P. & Macrae, S., 1997. Improving eucalyptus pulp and paper quality using genetic selection and good organization. Tappi Journal 80(6): 82–89.
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  • EPPO (European and Mediterranean Plant Protection Organization), 2005. Gonipterus gibberus and Gonipterus scutellatus. EPPO Bulletin 35: 368–370.
  • Jacobs, M.R., 1981. Eucalypts for planting. 2nd Edition. FAO Forestry Series No 11. Food and Agriculture Organization of the United Nations, Rome, Italy. 677 pp.
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  • Streets, R.J., 1962. Exotic forest trees in the British Commonwealth. Clarendon Press, Oxford, United Kingdom. 765 pp.
  • Takahashi, A., 1978. Compilation of data on the mechanical properties of foreign woods (part 3) Africa. Shimane University, Matsue, Japan, 248 pp.
  • Webb, D.B., Wood, P.J., Smith, J.P. & Henman, G.S., 1984. A guide to species selection for tropical and sub-tropical plantations. 2nd Edition. Tropical Forestry Papers No 15. Commonwealth Forestry Institute, University of Oxford, United Kingdom. 256 pp.

Auteur(s)

  • M. Brink, PROTA Network Office Europe, Wageningen University, P.O. Box 341, 6700 AH Wageningen, Netherlands

Citation correcte de cet article

Brink, M., 2008. Eucalyptus viminalis Labill. In: Louppe, D., Oteng-Amoako, A.A. & Brink, M. (Editors). PROTA (Plant Resources of Tropical Africa / Ressources végétales de l’Afrique tropicale), Wageningen, Netherlands. Consulté le 20 novembre 2020.


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