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Erythrococca anomala (PROTA)

(Redirigé depuis Erythrococca hispida (PROTA))
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Ressources végétales de l'Afrique tropicale
Introduction
Liste des espèces


Importance générale Fairytale bookmark gold.svgGood article star.svgGood article star.svgGood article star.svgGood article star.svg
Répartition en Afrique Fairytale bookmark gold.svgFairytale bookmark gold.svgGood article star.svgGood article star.svgGood article star.svg
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Médicinal Fairytale bookmark gold.svgFairytale bookmark gold.svgGood article star.svgGood article star.svgGood article star.svg


Erythrococca anomala (Juss. ex Poir.) Prain


Protologue: Ann. Bot. 25: 614 (1911).
Famille: Euphorbiaceae
Nombre de chromosomes: 2n = 30

Synonymes

  • Erythrococca aculeata Benth. (1849).

Noms vernaculaires

  • Bush lime (En).

Origine et répartition géographique

Erythrococca anomala est présent de la Guinée-Bissau jusqu’au Cameroun, en Guinée équatoriale (Bioko) et au Gabon.

Usages

Les feuilles, laxatives et purgatives, ont la réputation d’être très efficaces contre le ténia. La décoction de jeunes feuilles s’applique sur la peau contre les lésions cutanées et les parasites subcutanés. Le jus de feuilles s’utilise en collyre pour traiter les douleurs oculaires, en gouttes nasales contre la sinusite et en gouttes dans les oreilles pour soigner les infections otiques. Un traitement des blessures à l’œil consiste à enrouler les feuilles en entonnoir et à les remplir d’eau, que l’on laisse tomber dans l’œil après un moment. Les rameaux feuillés servent à nettoyer et à désinfecter les plaies et les ulcères. En Guinée, les feuilles séchées et moulues mélangées à des graines de maniguette (Aframomum melegueta (Roscoe) K.Schum.) sont prisées contre les maux de tête chroniques. La pâte de feuilles s’emploie également en frictions pour traiter les douleurs localisées. En Côte d’Ivoire, la poudre de feuilles, seule ou mélangée à celle de Psychotria peduncularis (Salisb.) Steyerm. et à de l’argile s’emploie en friction contre le paludisme chez les enfants ; cet onguent se passe aussi sur le cou et la gorge contre la méningite. Au Cameroun, la décoction de feuilles se prend pour expulser le ténia. La macération de feuilles s’applique sur la dent pour traiter les douleurs dentaires. Au Nigeria, l’écorce est utilisée contre l’arthrite et les rhumatismes. La pulpe du fruit ou l’écorce de racine se prennent comme tonique contre l’asthénie générale.

Propriétés

Les racines et l’écorce contiennent environ 1% d’alcaloïdes, les rameaux et feuilles environ 0,1%. Des alcaloïdes ont aussi été découverts dans les graines.

Description

Arbuste épineux, dioïque, atteignant 3 m de haut ; écorce se desquamant, brune. Feuilles alternes, simples ; stipules formant des épines persistantes, brunes ; pétiole court ; limbe ovale à oblong, de 4–5 cm × 2–3 cm, base obtuse, apex acuminé, bord ondulé, glabre, pennatinervé à 2–3 paires de nervures latérales. Inflorescence : grappe axillaire. Fleurs unisexuées, minuscules, blanchâtres à jaune pâle ; calice 4-lobé ; corolle absente ; fleurs mâles à 9–15 étamines ; fleurs femelles à ovaire supère, 3-lobé. Fruit : capsule 2(–3)-lobée, rouge à maturité. Graines globuleuses, ponctuées, couvertes d’un mince arille orange à rouge vif.

Autres données botaniques

Le genre Erythrococca comprend environ 40 espèces et est confiné au continent africain. Erythrococca anomala est une espèce héliophile à croissance rapide. Il fleurit vers la fin de la saison sèche et au début de la saison des pluies.

Erythrococca africana

Erythrococca africana (Baill.) Prain est présent depuis le Cap-Vert et le Sénégal jusqu’au Cameroun. La poudre de feuilles sèches se prend avec les aliments comme purgatif léger ; les feuilles broyées s’appliquent sur les panaris. Au Nigeria, les chasseurs ajoutent les feuilles à la viande pour l’attendrir.

Erythrococca chevalieri et welwitschiana

Erythrococca chevalieri (Beille) Prain, présent de la Guinée jusqu’au Cameroun et au bassin du Congo, et Erythrococca welwitschiana (Müll.Arg.) Pax & K.Hoffm., originaire d’Afrique centrale, ont des usages médicinaux similaires au Congo. Les feuilles passent pour aphrodisiaques, elles se prennent contre la gonorrhée et servent aussi à soigner les plaies et la gale. Le jus des feuilles se boit contre les affections bronchiques, et en usage externe il s’emploie contre les démangeaisons et les torticolis. L’infusion de racines se prend pour soulager les maux d’estomac. Les feuilles se consomment comme légume. Au Cameroun, Erythrococca chevalieri est également utilisé en sorcellerie.

Erythrococca hispida

Erythrococca hispida (Pax) Prain se rencontre dans la forêt camerounaise. Broyées avec du sel, les feuilles se passent sur des scarifications pour traiter les douleurs aux reins. Les jeunes feuilles se consomment avec du sel végétal et des bananes cuites contre les problèmes gastro-intestinaux.

Ecologie

En Sierra Leone, Erythrococca anomala est présent dans les vestiges de forêt des savanes ; au Cameroun, dans les ripisylves et dans la végétation des sous-bois ombragés. On le trouve depuis le niveau de la mer jusqu’à 1600 m d’altitude.

Ressources génétiques

Erythrococca anomala a une vaste aire de répartition, il est commun et n’est donc pas menacé d’érosion génétique.

Perspectives

Erythrococca anomala a des usages importants en médecine traditionnelle. Mais la dernière révision du genre est ancienne et on ne sait pratiquement rien de ses propriétés chimiques et pharmacologiques ; par conséquent il est urgent de mener des études botaniques et pharmacologiques pour vérifier son potentiel.

Références principales

  • Adjanohoun, E.J., Aboubakar, N., Dramane, K., Ebot, M.E., Ekpere, J.A., Enow-Orock, E.G., Focho, D., Gbilé, Z.O., Kamanyi, A., Kamsu, K.J., Keita, A., Mbenkum, T., Mbi, C.N., Mbiele, A.L., Mbome, I.L., Mubiru, N.K., Nancy, W.L., Nkongmeneck, B., Satabié, B., Sofowora, A., Tamze, V. & Wirmum, C.K., 1996. Contribution to ethnobotanical and floristic studies in Cameroon. CSTR/OUA, Cameroon. 641 pp.
  • Basilevskaia, V., 1969. Plantes médicinales de Guinée. Imprimerie nationale de Guinée, Conakry, Guinea. Vol 1. 270 pp.
  • Burkill, H.M., 1985. The useful plants of West Tropical Africa. 2nd Edition. Volume 1, Families A–D. Royal Botanic Gardens, Kew, Richmond, United Kingdom. 960 pp.
  • Keay, R.W.J., 1958. Euphorbiaceae. In: Keay, R.W.J. (Editor). Flora of West Tropical Africa. Volume 1, part 2. 2nd Edition. Crown Agents for Oversea Governments and Administrations, London, United Kingdom. pp. 364–423.
  • Tokuoka, T., 2007. Molecular phylogenetic analysis of Euphorbiaceae sensu stricto based on plastid and nuclear DNA sequences and ovule and seed character evolution. Journal of Plant Research 120(4): 511–522.

Autres références

  • Brisson, R., 1988. Utilisation des plantes par les pygmées Baka: textes pour l’étude de la langue. Collège Liberman, Douala, Cameroon. 355 pp.
  • Kabouw, P., Van Welzen, P.C., Baas, P. & Van Heuven, B.J., 2008. Styloid crystals in Claoxylon (Euphorbiaceae) and allies (Claoxylinae) with notes on leaf anatomy. Botanical Journal of the Linnean Society 156(3): 445–457.
  • Keita, S.M., Arnason, J.T., Baum, B.R., Marles, R., Camara, F. & Traoré, A.K., 1999. Etude ethnopharmacologique traditionnelle de quelques plantes médicinales anthelminthiques de la Haute-Guinée (République de Guinée). Revue de médecines et pharmacopées africaines 13: 49–64.
  • Malato Beliz, J., 1977. Plants new to Guinea-Bissau. Part 2. Tiliaceae and Euphorbiaceae. Garcia De Orta, Serie de Botanica 3(2): 63–66.

Auteur(s)

  • R.B. Jiofack Tafokou, Ecologic Museum of Cameroon, P.O. Box 8038, Yaoundé, Cameroon

Citation correcte de cet article

Jiofack Tafokou, R.B., 2008. Erythrococca anomala (Juss. ex Poir.) Prain. [Internet] Record from PROTA4U. Schmelzer, G.H. & Gurib-Fakim, A. (Editors). PROTA (Plant Resources of Tropical Africa / Ressources végétales de l’Afrique tropicale), Wageningen, Netherlands. Consulté le 3 avril 2025.


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