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Erythrina vogelii (PROTA)

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Ressources végétales de l'Afrique tropicale
Introduction
Liste des espèces


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Répartition en Afrique Fairytale bookmark gold.svgGood article star.svgGood article star.svgGood article star.svgGood article star.svg
Répartition mondiale Fairytale bookmark gold.svgGood article star.svgGood article star.svgGood article star.svgGood article star.svg
Médicinal Fairytale bookmark gold.svgGood article star.svgGood article star.svgGood article star.svgGood article star.svg
Bois d'œuvre Fairytale bookmark gold.svgGood article star.svgGood article star.svgGood article star.svgGood article star.svg


Erythrina vogelii Hook.f.


Protologue: Hook., Niger Fl. : 307 (1849).
Famille: Papilionaceae (Leguminosae - Papilionoideae, Fabaceae)
Nombre de chromosomes: 2n = 42

Synonymes

  • Erythrina bancoensis Aubrév. & Pellegr. (1936).

Noms vernaculaires

  • Oussogpalié à fleurs rouges (Fr).

Origine et répartition géographique

Erythrina vogelii est présent depuis la Côte d’Ivoire jusqu’à l’ouest du Cameroun et le nord-est du Gabon.

Usages

Le bois sert traditionnellement à la confection de flotteurs pour les filets de pêche, de patins de frein et de tuiles. Des sources indiquent qu’il se prête à la confection de perches et de piliers, à la décoration intérieure, à la construction de navires et de barques, à des articles sportifs, aux panneaux durs, aux panneaux de particules, à la laine de bois et à la pâte à papier, mais étant donné sa mauvaise qualité, son utilité semble limitée. Les branches servent souvent de poteaux pour les clôtures, comme par ex. au Ghana et à l’ouest du Cameroun. Des parties non précisées de la plante, probablement l’écorce ou les racines, sont utilisées en médecine traditionnelle en Côte d’Ivoire, pour traiter les douleurs, les rhumatismes, les affections bronchiques, la gonorrhée et l’hématurie, et comme antidote aux poisons.

Propriétés

Le bois de cœur, blanchâtre nuancé de rose, ne se distingue pas nettement de l’aubier. Le grain est très grossier et spongieux. C’est un bois très léger, avec une densité d’environ 280 kg/m³ à 12% d’humidité. Le bois vert a une forte teneur en eau. Le bois est tendre et fragile. A 12% d’humidité, le module de rupture est de 31 N/mm², le module d’élasticité de 3600 N/mm², la compression axiale de 16 N/mm², le fendage de 13 N/mm et la dureté de flanc Chalais-Meudon de 0,4. C’est un bois facile à scier et à travailler. Il ne se rabote pas bien. Il est non durable et sujet aux attaques de térébrants, mais il est perméable aux produits de conservation.

L’écorce de racine a fait preuve d’une activité significative in vitro contre les bactéries gram-positives (Enterococcus faecalis et Staphylococcus aureus) et le champignon phytopathogène Cladosporium cucumerinum. Parmi les nombreux flavonoïdes présents, ce sont des isoflavonoïdes, la 1-méthoxyphaséollidine et l’isowightéone, qui ont été isolés comme composants antifongiques. Erythrina vogelii contient seulement des traces d’alcaloïdes et est moins toxique que les Erythrina spp. américains.

Description

  • Petit arbre caducifolié atteignant 15 m de haut ; fût droit, dépourvu de branches sur une hauteur atteignant 12 m, jusqu’à 50 cm de diamètre, pourvu d’épines ligneuses, coniques ; cime étalée ; rameaux garnis d’aiguillons, glabres.
  • Feuilles alternes, 3-foliolées ; stipules caduques ; rachis garni de petits aiguillons et de grosses glandes à la base des pétiolules, pétiolules de 2–4 mm de long ; folioles elliptiques à ovales, de 6–16 cm × 3–9,5 cm, arrondies à cunéiformes à la base, asymétriques chez les folioles latérales, obtuses ou courtement acuminées à l’apex, coriaces, initialement poilues surtout au-dessous mais glabrescentes, pennatinervées à 5–9 paires de nervures latérales.
  • Inflorescence : fausse grappe axillaire ou terminale, érigée, de 20–35 cm de long ; bractées atteignant 9 mm de long, rapidement caduques.
  • Fleurs bisexuées, papilionacées ; pédicelle de 6–7 mm de long ; calice tubulaire, fendu sur un côté, tube de 1–2 cm de long, glabre ou légèrement poilu, avec 3 dents à l’apex ; corolle rouge écarlate, étendard de 3,5–5 cm × 3–3,5 cm, réfléchi avec l’âge, ailes de 15–18 mm de long, carène d’environ 15 mm de long ; étamines 10, soudées sur la moitié de leur longueur, sauf 1 presque libre ; ovaire supère, étroitement cylindrique-oblong, 1-loculaire, style glabre.
  • Fruit : gousse linéaire-oblongue, torse en spirale, nettement comprimée entre les graines, s’ouvrant par 2 valves, contenant plusieurs graines.
  • Graines de 8–10 mm de long, rouge vif.
  • Plantule à germination épigée ; cotylédons charnus, d’environ 1,5 cm de long ; premières feuilles simples, opposées.

Autres données botaniques

Au Ghana, les arbres d’Erythrina vogelii sont sans feuilles pendant plusieurs mois entre juillet et janvier. En Côte d’Ivoire, ils fleurissent d’octobre à février.

Le genre Erythrina comprend environ 120 espèces : une trentaine en Afrique continentale, 6 à Madagascar, 70 en Amérique tropicale et 12 en Asie tropicale et en Australie.

Erythrina senegalensis

Erythrina vogelii s’apparente étroitement à Erythrina senegalensis A.DC., avec lequel il est sans doute souvent confondu, et qui est un arbre de savane présent du Sénégal au Tchad, au bois similaire mais plus important comme ornemental, pour les haies vives et comme plante médicinale. Erythrina senegalensis ne possède pas de dents à l’extrémité du calice, mais sinon il ressemble beaucoup à Erythrina vogelii ; l’hypothèse de l’existence de populations hybrides a été avancée, par ex. pour le Ghana et le Bénin. Il est recommandé de procéder à des études sur le statut des deux taxons.

Erythrina addisoniae

Erythrina addisoniae Hutch. & Dalziel est un arbre de taille petite à moyenne atteignant 20 m de haut dont le fût atteint 70 cm de diamètre, et présent de la Sierra Leone au Congo. Son bois est utilisé pour la construction des maisons. Son écorce et ses racines ont des applications médicinales similaires à celles d’Erythrina vogelii. Un isoflavonoïde anti-inflammatoire (la warangalone) a été isolé de l’écorce de tige, ainsi que des inhibiteurs de la protéine tyrosine phosphatase 1B. Erythrina addisoniae est parfois planté comme ornemental.

Erythrina tholloniana

Erythrina tholloniana Hua, petit arbre atteignant 12 m de haut et présent du Nigeria à la R.D. du Congo, a été confondu avec Erythrina addisoniae et a des usages similaires au Nigeria.

Ecologie

Erythrina vogelii est une espèce pionnière, généralement présente dans les forêts secondaires et les champs agricoles abandonnés, souvent dans des zones plus ou moins marécageuses, parfois également dans la savane.

Gestion

Le poids de 1000 graines est d’environ 400 g. Les graines germent en 5–15 jours. Des boutures sont utilisées pour la plantation de haies vives.

Ressources génétiques

Erythrina vogelii est assez répandu, mais il semble peu commun dans de nombreux endroits de son aire de répartition. On le dit même rare dans plusieurs pays, par ex. au Ghana, au Bénin et au Gabon. Cependant, il n’y a pas de raison de croire qu’il est menacé, car c’est une essence pionnière des forêts perturbées et des parcelles abandonnées.

Perspectives

Il semble qu’Erythrina vogelii n’ait qu’un avenir médiocre comme bois d’œuvre commercial car il est trop petit et son bois est de mauvaise qualité, même s’il se traite facilement avec des produits de conservation. Il mérite davantage d’attention comme arbre polyvalent de valeur ornementale, auxiliaire et médicinale, exactement comme Erythrina senegalensis avec qui il doit être comparé dans les études botaniques pour élucider les limites entre espèces, si elles existent.

Références principales

  • Atindehou, K.K., Koné, M., Terreaux, C., Traoré, D., Hostettmann, K. & Dosso, M., 2002. Evaluation of the antimicrobial potential of medicinal plants from the Ivory Coast. Phytotherapy Research 16(5): 497–502.
  • Bolza, E. & Keating, W.G., 1972. African timbers: the properties, uses and characteristics of 700 species. Division of Building Research, CSIRO, Melbourne, Australia. 710 pp.
  • Burkill, H.M., 1995. The useful plants of West Tropical Africa. 2nd Edition. Volume 3, Families J–L. Royal Botanic Gardens, Kew, Richmond, United Kingdom. 857 pp.
  • de Koning, J., 1983. La forêt de Banco. Part 2: La Flore. Mededelingen Landbouwhogeschool Wageningen 83–1. Wageningen, Netherlands. 921 pp.
  • Takahashi, A., 1978. Compilation of data on the mechanical properties of foreign woods (part 3) Africa. Shimane University, Matsue, Japan, 248 pp.

Autres références

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  • Atindehou, K.K., Queiroz, E.F., Terreaux, C., Traoré, D. & Hostettmann, K., 2002. Three new prenylated isoflavonoids from the root bark of Erythrina vogelii. Planta Medica 68(2): 181–182.
  • Aubréville, A., 1959. La flore forestière de la Côte d’Ivoire. Deuxième édition révisée. Tome premier. Publication No 15. Centre Technique Forestier Tropical, Nogent-sur-Marne, France. 369 pp.
  • Bouquet, A. & Debray, M., 1974. Plantes médicinales de la Côte d’Ivoire. Travaux et Documents No 32. ORSTOM, Paris, France. 231 pp.
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  • Gautier, D., 1995. The pole-cutting practice in the Bamileke country (western Cameroon). Agroforestry Systems 31: 21–37.
  • Hawthorne, W.D., 1995. Ecological profiles of Ghanaian forest trees. Tropical Forestry Papers 29. Oxford Forestry Institute, Department of Plant Sciences, University of Oxford, United Kingdom. 345 pp.
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  • White, L. & Abernethy, K., 1997. A guide to the vegetation of the Lopé Reserve, Gabon. 2nd edition. Wildlife Conservation Society, New York, United States. 224 pp.

Auteur(s)

  • R.H.M.J. Lemmens, PROTA Network Office Europe, Wageningen University, P.O. Box 341, 6700 AH Wageningen, Netherlands

Citation correcte de cet article

Lemmens, R.H.M.J., 2008. Erythrina vogelii Hook.f. In: Louppe, D., Oteng-Amoako, A.A. & Brink, M. (Editors). PROTA (Plant Resources of Tropical Africa / Ressources végétales de l’Afrique tropicale), Wageningen, Netherlands. Consulté le 6 avril 2025.


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