Entada rheedei (PROTA)

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Ressources végétales de l'Afrique tropicale
Introduction
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Entada rheedei Spreng.


Protologue: Syst. veg. 2: 325 (1825).
Famille: Mimosaceae (Leguminosae - Mimosoideae)
Nombre de chromosomes: 2n = 28

Synonymes

  • Entada pursaetha DC. (1825).

Noms vernaculaires

  • Liane sabre, liane staub, liane à bœuf (Fr).
  • Sea bean, McKay bean, elephant climber, matchbox bean, Queensland bean (En).

Origine et répartition géographique

En Afrique tropicale, Entada rheedei est présent de Guinée-Bissau au Kenya, en Tanzanie et au Mozambique. Il est également originaire d’Afrique du Sud, de l’Inde à la Chine, de l’île de Guam et du nord de l’Australie. Il est cultivé à Maurice.

Usages

Les tiges d’Entada rheedei sont utilisées comme cordes dans toute son aire de répartition. L’écorce donne une bonne fibre pour attacher et pour faire des lignes de pêche. A Madagascar, les graines sont consommées après avoir été trempées, décortiquées et cuites. A Madagascar, l’écorce sert comme substitut du savon et ailleurs elle est utilisée comme shampooing. Les graines lisses et brillantes sont utilisées pour des jeux. Elles sont également utilisées pour le polissage de différents objets par frottement. Au Malawi, par exemple, les graines sont utilisées pour lisser la surface de jarres en argile.

En médecine traditionnelle en Tanzanie, le jus de l’écorce de tige ou de racine est frotté sur la peau comme traitement pour la splénomégalie, et l’infusion de l’écorce s’applique pour soigner la gale. Les graines en poudre sont ingérées au Ghana pour soigner la fièvre. Les décoctions de graines sont utilisées pour calmer les pieds douloureux et à Maurice comme vermifuge et pour provoquer le vomissement. La plante entière est considérée comme fébrifuge. En Afrique du Sud, les graines sont utilisées pour le traitement de la jaunisse et en poudre, elles se prennent comme tonique. Au Népal, on fabrique avec la plante entière une pâte qui se prend pour soulager les os douloureux. En Asie du Sud-Est, l’écorce et les graines sont couramment utilisées contre les douleurs et les démangeaisons. Les graines sont également utilisées comme cataplasme pour soigner les coliques chez les enfants. Au Nigeria, l’infusion de feuilles s’utilise comme poison de pêche. Les gousses sont utilisées comme poison de pêche au Katanga (R.D. du Congo).

Propriétés

L’écorce et les graines contiennent des saponines. Les graines contiennent du tyrosine-O-glucoside, du tyramine-O-glucoside et du dopamine-3-glucoside.

Description

Grande liane à tiges inermes de 50 m de long ; jeunes rameaux glabres ou à courts poils doux. Feuilles alternes, composées bipennées, à (1–)2 paires de pennes ; pétiole de (1–)2,5–4 cm de long ; rachis de 4,5–7 cm de long, habituellement cannelé et à poils courts au-dessus, muni de vrilles à l’apex ; folioles opposées, en 3–4(–5) paires par penne, elliptiques à obovales-elliptiques, atteignant 9 cm × 4 cm, obtuses à émarginées à l’apex, papyracées, à courts poils doux seulement sur la face inférieure le long de la partie basale de la nervure primaire. Inflorescence : grappe spiciforme, axillaire, atteignant 30 cm de long ; pédoncule à poils courts ou glabre. Fleurs bisexuées, régulières, 5-mères, blanc jaunâtre ; pédicelle d’environ 0,5 mm de long ; calice en coupe, de 0,5–1,5 mm de long, glabre ; corolle d’environ 3,5 mm de long, à tube court et lobes aigus, glabre ; étamines 10, soudées à la base, d’environ 7 mm de long ; ovaire supère, à pédoncule court, glabre, 1-loculaire, style filiforme, de 4–5 mm de long. Fruit : gousse gigantesque, droite ou légèrement arquée, de 0,5–2 m × 7–15 cm, fortement comprimée, à stipe de 2–9 cm de long, glabre, à couche extérieure papyracée brun noirâtre s’écaillant, à plusieurs graines, se cassant en segments à 1 graine. Graines presque circulaires, aplaties, d’environ 5 cm × 3,5–5 cm, tégument dur, brun châtaigne.

Autres données botaniques

Le genre Entada comprend environ 30 espèces et est présent dans toutes les régions tropicales. On trouve environ 15 espèces sur le continent africain et 6 à Madagascar. De mauvaises identifications et des attributions de noms erronés ont conduit à de nombreuses confusions. En particulier dans la littérature pharmacologique, les erreurs sont nombreuses. Le nom Entada phaseoloides auct. non (L.) Merr., par exemple, est utilisé pour des spécimens d’Afrique alors que le nom s’applique à une espèce qui est strictement asiatique.

Les tiges de plusieurs espèces d’Entada donnent des fibres et servent à lier. Entada gigas (L.) Fawc. & Rendle est présent en Afrique de l’Ouest et en Afrique centrale, s’étendant en Ouganda et en Zambie, et également en Amérique centrale, en Colombie et aux Caraïbes. Cette espèce a souvent été confondue dans la littérature avec Entada rheedei dont elle diffère par sa gousse tordue en spirale, le degré de la pubescence et son écologie (il est confiné aux forêts-galeries le long des rivières). Au Gabon, l’écorce interne d’Entada gigas est rouie et les fibres longues et durables sont extraites pour être utilisées en cordes et filets. La décoction d’écorce sert de bain aux patients anémiques et aux nouvelles mères. Il passe également pour soigner la gonorrhée. En R.D. du Congo, on donne la décoction de la tige pour surmonter une respiration difficile, et l’infusion sert à soigner le diabète. Des feuilles sont chauffées et appliquées sur les endroits douloureux chez des patients atteints de rhumatismes. La décoction d’écorce est absorbée comme boisson contre les douleurs d’estomac. Au Ghana, Entada gigas est souvent planté à l’entrée des villages pour éloigner la mauvaise fortune, les dangers et les accidents.

Entada leptostachya Harms (“mgambari” en swahili) est une liane également et est limitée à l’Ethiopie, la Somalie, le Kenya, la Tanzanie, les Comores et Madagascar. A Madagascar, les tiges sont utilisées pour attacher. Au Kenya, la fibre de l’écorce est utilisée pour confectionner des cordages, les racines sont utilisées comme remède contre les morsures de serpent, et la tige et les racines sont des sources d’eau potable. En Ethiopie, les rameaux sont généralement utilisés pour le traitement de certaines maladies ayant la fièvre comme symptôme.

Entada mannii (Oliv.) Tisser., un arbuste grimpant ou une liane ligneuse, est présent du Sénégal à la R.D. du Congo et en Angola. Les tiges sont utilisées comme matériau de ligature dans la construction en Côte d’Ivoire. Au Gabon, les fibres de l’écorce interne sont utilisées pour faire des ceintures et des harnais pour grimper aux palmiers dont on récolte la sève.

Croissance et développement

On signale qu’Entada rheedei fixe l’azote en association symbiotique. A Madagascar, il fleurit en avril et d’août à décembre.

Ecologie

On trouve souvent Entada rheedei dans la forêt pluviale et la forêt-galerie des basses terres.

Multiplication et plantation

Entada rheedei se cultive bien à partir de boutures. La germination naturelle des graines dures d’Entada peut prendre un an ou plus. Un traitement des semences par élimination du hile avec une partie du tégument, et la germination dans un sac de jute mouillé, permettent l’émergence de la radicelle et donnent des graines prêtes à mettre en pot en 15 jours. Les semis peuvent être plantés au champ après 1 mois.

Gestion

Dans le sud-ouest de la R.D. du Congo, les champs en jachère sont souvent enrichis par un semis de graines d’Entada et de Pentaclethra spp.

Récolte

A Maurice, les graines sont récoltées sur les plages et en vente chez les herboristes sur les marchés.

Ressources génétiques

Entada rheedei est répandu et pour cette raison il n’est pas menacé d’extinction ou même d’érosion génétique. Cependant, dans le sud-ouest de la R.D. du Congo, il est répertorié comme peu commun du fait de la surexploitation.

Perspectives

Comme producteur de fibres, Entada rheedei peut rester important au niveau local. Les saponines, les diterpènes et les entadamines d’Entada rheedei et d’espèces voisines ont d’intéressantes propriétés comme composés molluscicides, trypanocides, anti-asthmatiques et anti-inflammatoires. Il faut faire des recherches pour évaluer leur potentiel.

Références principales

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Sources de l'illustration

  • Villiers, J.-F., 1989. Leguminosae - Mimosoideae. Flore du Gabon. Volume 31. Muséum National d’Histoire Naturelle, Paris, France. 185 pp.

Auteur(s)

  • C.H. Bosch, PROTA Network Office Europe, Wageningen University, P.O. Box 341, 6700 AH Wageningen, Netherlands

Citation correcte de cet article

Bosch, C.H., 2011. Entada rheedei Spreng. [Internet] Fiche de PROTA4U. Brink, M. & Achigan-Dako, E.G. (Editeurs). PROTA (Plant Resources of Tropical Africa / Ressources végétales de l’Afrique tropicale), Wageningen, Pays Bas. <http://www.prota4u.org/search.asp>.

Consulté le 13 novembre 2020.


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