Elaeodendron buchananii (PROTA)

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Ressources végétales de l'Afrique tropicale
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Elaeodendron buchananii (Loes.) Loes.


répartition en Afrique (sauvage)
Protologue: Engl. & Prantl, Nat. Pflanzenfam., II–IV Nachtr. 1: 223 (1987).
Famille: Celastraceae

Synonymes

  • Cassine buchananii Loes. (1893).

Noms vernaculaires

  • Elaeodendron (En).

Origine et répartition géographique

Elaeodendron buchananii est répandu, depuis la Sierra Leone jusqu’au Kenya et vers le sud jusqu’au Malawi, en Zambie et en Angola.

Usages

Le bois est utilisé en menuiserie et pour la confection de mobilier. Il convient pour la construction lourde, la parqueterie lourde, les boiseries intérieures, la construction navale, la charronnerie, les étais de mine, les manches, les échelles, les articles de sport, les jouets, les articles de fantaisie, le tournage, le modelage, le placage et le contreplaqué. Il sert aussi de bois de feu et pour la production de charbon de bois.

L’extrait de feuilles se prend comme abortif, ocytocique, tonique et vermifuge, et contre la fièvre. On mâche les feuilles en cas de diarrhée. La décoction de racine se boit pour soigner les troubles digestifs, la toux sanglante, les saignements excessifs de l’utérus et la stérilité. La poudre de racine soigne la syphilis et s’applique sur les plaies.

Propriétés

Le bois de cœur est brun pâle à brun rougeâtre et se distingue nettement de l’aubier blanchâtre. Le fil est droit ou contrefil, le grain moyennement fin.

C’est un bois lourd, avec une densité d’environ 800 kg/m³ à 12% d’humidité. Il a une légère tendance aux gerces superficielles et en bout lors du séchage. Une fois sec, il est stable en service. A 12% d’humidité, le module de rupture est de 128–135 N/mm², le module d’élasticité de 14 800–15 680 N/mm², la compression axiale de 66–69 N/mm², le cisaillement de 16–18 N/mm², le fendage de 18 N/mm, la dureté Janka de flanc de 7650 N et la dureté Janka en bout de 9065 N. C’est un bois assez facile à scier bien qu’il soit dur et résistant. Il se rabote bien et se polit en donnant une jolie surface. Il se tourne bien. Il est moyennement durable. Le bois de cœur est rebelle à l’imprégnation avec des produits de conservation, contrairement à l’aubier qui l’est moyennement.

L’ingestion de feuilles peut entraîner la mort du bétail après une dyspnée, une perte de coordination et une diarrhée. Les feuilles et les fruits sont également très toxiques pour les hommes.

Un extrait au méthanol de l’écorce a révélé une activité cytotoxique sur des cellules leucémiques L-1210, avec l’élabunine, un triterpène du type dammarane, comme principe actif. Un hétéroside stéroïdique, le buchaninoside, a été isolé des fruits ; il a fait ressortir une activité anti-appétente sur les larves de la noctuelle Spodoptera exempta. La mutangine, un sesquiterpène du type eudesmane, a été isolée de fruits verts et a montré une activité anti-appétente modérée sur les larves du foreur de tige Chilo partellus.

Description

  • Arbuste ou arbre de taille petite à moyenne atteignant 30 m de haut ; fût souvent irrégulier, jusqu’à 60 cm de diamètre ; surface de l’écorce devenant fissurée, à nombreuses lenticelles, gris foncé à brun pourpre ; cime arrondie, dense ; rameaux aplatis à quadrangulaires et gris pâle lorsque jeunes, devenant arrondis et rouge-brun, glabres.
  • Feuilles généralement opposées ou parfois alternes, simples ; stipules de petite taille, libres, caduques ; pétiole de 0, 5–1,5 cm de long ; limbe elliptique à obovale, de (5–)6,5–14(–18) cm × 2–8(–10) cm, cunéiforme à la base, courtement acuminé à aigu ou obtus à l’apex, bord à dents incurvées ou apprimées, coriace, glabre, pennatinervé à quelques nervures latérales.
  • Inflorescence : cyme axillaire sur des pousses spécifiques de 3–5 cm long, glabre.
  • Fleurs unisexuées, régulières, 4–5-mères, parfumées ; pédicelle d’environ 1 mm de long : sépales arrondis, d’environ 1 mm de long ; pétales libres, ovales à oblongs, de 1,5–2,5 mm de long, étalés, blancs à verts ou jaunes ; étamines alternant avec les pétales, d’environ 1 mm de long, libres ; disque légèrement lobé ; ovaire supère, ovoïde-conique, d’environ 1 mm de long, 2–3-loculaire, style court.
  • Fruit : drupe ellipsoïde à globuleuse, charnue, de 1,5–2 cm de long, généralement lisse, jaune pâle à brun pâle à maturité, contenant une seule graine.

Autres données botaniques

Elaeodendron buchananii a une croissance lente. On rapporte qu’au Kenya les jeunes arbres sont souvent couverts de toiles tissées par les chenilles. C’est un arbre sempervirent qui peut attirer le bétail durant la saison sèche, ce qui est problématique à cause du risque d’empoisonnement.

Le genre Elaeodendron comprend près de 40 espèces et se rencontre en Asie, en Australie, en Amérique centrale et en Afrique où on en dénombre 8 espèces.

Elaeodendron matabelicum

Le bois d’Elaeodendron matabelicum Loes. (synonyme : Cassine matabelica (Loes.) Steedman), arbuste ou arbre de petite taille atteignant 7(–20) m de haut présent à l’est du Botswana, au Zimbabwe et au sud du Mozambique, est utilisé pour sculpter des ustensiles comme les cuillères. L’infusion ou la décoction d’écorce et de racine est administrée pour soigner les saignements excessifs de l’utérus, la diarrhée sanglante et les douleurs, et comme aphrodisiaque. Les racines donnent un colorant jaune.

Elaeodendron transvaalense

Le bois blanchâtre d’Elaeodendron transvaalense (Burtt Davy) R.H.Archer (synonyme : Cassine transvaalensis (Burtt Davy) Codd), arbuste ou petit arbre atteignant 10(–15) m de haut originaire du sud de la Zambie, du sud de l’Angola, du nord de la Namibie, du Botswana, du Zimbabwe, du sud du Mozambique, de l’est de l’Afrique du Sud et du Swaziland, est utilisé pour confectionner instruments et ustensiles. L’infusion et la décoction d’écorce sont très prisées pour traiter les douleurs d’estomac, la fièvre, les maladies vénériennes, les douleurs rénales et les cystalgies, les maladies cutanées, les œdèmes, les hémorroïdes, et pour stimuler l’appétit. L’extrait de racine sert parfois aux mêmes usages. On mâche les feuilles en cas de problèmes de gorge, et on absorbe une décoction de feuille en cas d’empoisonnement. L’écorce a été utilisée pour le tannage. Les fruits sont comestibles. Elaeodendron transvaalense est parfois planté comme arbre d’ornement dans les jardins. Des extraits ont montré une activité in vitro contre Trichomonas vaginalis, une cause importante d’infections urogénitales.

Elaeodendron zeyheri

En Afrique du Sud, le bois brunâtre d’Elaeodendron zeyheri Spreng. ex Turcz., arbre de petite taille atteignant 13 m de haut, est employé pour les solives et le mobilier. Le bois a des propriétés assez semblables à celles d’Elaeodendron buchananii et convient pour les mêmes usages. L’écorce sert au tannage et à la teinture, et en médecine traditionnelle à soigner les morsures de serpents. La décoction de racine sert d’émétique et de poison d’épreuve. Elaeodendron zeyheri a été signalé dans le sud du Mozambique, mais il est plus répandu à l’est de l’Afrique du Sud. Dans la littérature, il est souvent confondu avec Elaeodendron croceum (Thunb.) DC. (synonyme : Cassine papillosa (Hochst.) Kuntze), arbuste ou petit arbre atteignant 10 m de haut et présent dans l’est du Zimbabwe et dans l’est de l’Afrique du Sud, dont le bois est probablement utilisé pour les mêmes usages. Elaeodendron croceum est plus connu comme plante médicinale.

Ecologie

Elaeodendron buchananii se rencontre dans la forêt sèche sempervirente, dans la forêt-galerie et dans la savane arborée jusqu’à 2250 m d’altitude.

Gestion

Seules les graines sont employées pour la multiplication. L’arbre peut être traité par étêtage, ébranchage et élagage.

Ressources génétiques

Elaeodendron buchananii est répandu et commun par endroits, et rien n’indique qu’il soit menacé d’érosion génétique. Toutefois, la collecte locale d’écorce à des fins médicinales peut mettre les peuplements en danger.

Perspectives

Elaeodendron buchananii conservera probablement une certaine importance en tant que bois d’œuvre dans les endroits où il est commun, par ex. localement au Kenya. Il ne se prête pas bien aux plantations agroforestières à cause de la lenteur de sa croissance et de son feuillage dense qui est toxique pour le bétail.

Références principales

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Autres références

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Auteur(s)

  • R.H.M.J. Lemmens, PROTA Network Office Europe, Wageningen University, P.O. Box 341, 6700 AH Wageningen, Netherlands

Consulté le 30 mars 2020.


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