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Dypsis fibrosa (PROTA)

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Ressources végétales de l'Afrique tropicale
Introduction
Liste des espèces


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Fibre Fairytale bookmark gold.svgFairytale bookmark gold.svgFairytale bookmark gold.svgGood article star.svgGood article star.svg
Sécurité alimentaire Fairytale bookmark gold.svgGood article star.svgGood article star.svgGood article star.svgGood article star.svg
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Dypsis fibrosa (C.H.Wright) Beentje & J.Dransf.


Protologue: J.Dransf. & Beentje, The palms of Madagascar : 366 (1995).
Famille: Arecaceae (Palmae)

Synonymes

  • Dictyosperma fibrosum C.H.Wright (1894),
  • Vonitra thouarsiana (Baill.) Becc. (1906),
  • Vonitra fibrosa (C.H.Wright) Becc. (1912).

Noms vernaculaires

  • Dypsis chevelu (Fr).
  • Vonitra palm, mountain vonitra palm (En).

Origine et répartition géographique

Dypsis fibrosa est endémique de Madagascar, où il est très présent dans les forêts pluviales du nord-ouest et de l’est. On le cultive aussi comme plante ornementale dans les jardins en dehors de Madagascar.

Usages

Les feuilles sont très utilisées pour couvrir les toits. A cette fin, les feuilles de tout âge peuvent être utilisées du moment que les folioles sont intactes. Les feuilles sont également employées pour la décoration, par exemple lors de fêtes religieuses. Les inflorescences séchées sont couramment utilisées comme balais. Dans ce cas, l’inflorescence entière est utilisée avec le pédoncule servant de manche. La fibre de piassave issue de la gaine foliaire est principalement utilisée pour confectionner des cordages, mais également pour le rembourrage des matelas, pour nettoyer les jarres, et comme protection d’épaule pour les porteurs utilisant des perches de portage. Les fibres de piassave de Dypsis fibrosa et d’autres espèces de Dypsis de Madagascar (“piassave de Madagascar”) étaient autrefois utilisées en Europe pour la production industrielle de brosses, mais elles ont été remplacées par des fibres synthétiques.

Le cœur de palmier de Dypsis fibrosa est consommé bouilli avec du riz ou mélangé avec d’autres légumes. Avant que le sel industriel soit largement disponible, du sel était extrait de la moelle du tronc par ébullition et utilisé pour l’assaisonnement. Des larves d’insectes, consommées frites ou bouillies, sont extraites des troncs coupés et laissés en décomposition pendant 2–3 mois.

Le cœur de palmier bouilli et le sel du tronc sont utilisés en médecine traditionnelle pour traiter les toux chroniques chez les enfants. On utilise également le sel contre les vers intestinaux et pour traiter les troubles pancréatiques provoqués par le paludisme.

En dehors de Madagascar, Dypsis fibrosa est planté comme ornemental dans les jardins botaniques et privés pour le mélange coloré des feuilles matures vertes, des jeunes feuilles rouges et des fibres brunes.

Production et commerce international

Les fibres de piassave de Dypsis fibrosa étaient exportées au début du XXe siècle et constituaient une importante source de revenu pour les gens de la forêt. Le commerce des produits de Dypsis fibrosa est actuellement limité presque exclusivement aux endroits de Madagascar où il est commun. Un bouquet de cinq demi-feuilles attachées ensemble pour servir de matériau de couverture des toits était vendu pour US$ 0,05 à l’est de Madagascar en 1998.

Propriétés

Le piassave de Madagascar mesure 45–60 cm de long et arbore une riche couleur brune. Sa souplesse et sa flexibilité permettent d’en faire des balais. Les cellules de fibres ultimes font (0,3–)0,6(–1,3) mm de long et (7,5–)10,3(–21) μm de diamètre. Le bois de Dypsis fibrosa est dur et blanc.

Falsifications et succédanés

Le piassave de Madagascar peut également être obtenu à partir de Dypsis crinita (Jum. & H.Perrier) Beentje & J.Dransf. et de Dypsis utilis (Jum.) Beentje & J.Dransf. D’autres sources de fibre de piassave sont Attalea funifera Mart. (piassave de Bahia ou “Bahia bass”) et Leopoldinia piassaba Wallace (piassave de Para ou “Monkey bass”), les deux provenant du Brésil, et les espèces de Raphia (piassave d’Afrique de l’Ouest). Le piassave de Madagascar est plus court que le piassave de Bahia, mais plus fin et plus souple. Sur le marché international, la fibre de piassave de Dypsis fibrosa servant à la fabrication de brosses a été presque entièrement remplacée par des fibres synthétiques telles que le nylon.

En tant que source de matériau pour la couverture de toits à Madagascar, Dypsis fibrosa peut être remplacé par l’arbre du voyageur (Ravenala madagascariensis Sonn.) ou d’autres palmiers avec des feuilles plus longues que celles de Dypsis fibrosa, bien qu’il soit considéré comme un matériau de couverture de qualité supérieure. Le matériau de couverture des toits issu de ce palmier est également partiellement remplacé par des matériaux industriels tels que la tôle ondulée.

Description

Palmier à tronc solitaire ou à 2–6 troncs en touffe ; tronc de 3–9 m de haut, de 5–18 cm de diamètre, ramifié 1–2(–3) fois à quelques mètres au-dessus du sol, à branches parallèles très rapprochées, rarement non-ramifié, base enflée, parfois avec des racines de surface ressemblant à des racines échasses, partie supérieure du tronc couverte de fibres, écorce brun pâle à grise, annelée. Feuilles de la couronne 8–25, arquées, composées pennées ; gaine de 40–60 cm de long, à poils floconneux rouge-brun, de 10–12 cm de large à la base, formant vers le haut une partie centrale ligneuse et une partie fibreuse avec une langue opposée au pétiole, de 30–34 cm de long, brun pâle, s’effilochant et formant ainsi la fibre de piassave qui recouvre la partie supérieure du tronc, pétiole de 40–170 cm de long, rachis de 140–200 cm de long ; folioles 34–51 de chaque côté du rachis, sur un seul plan, vert foncé terne (rouge chez les jeunes feuilles), folioles basales atteignant 82 cm de long, folioles médianes atteignant 71 cm de long, folioles supérieures atteignant 42 cm de long. Inflorescence située entre les feuilles, à 3 ordres de ramifications, arquée ; pédoncule de 70–94(–150) cm de long, glabre, vert ; bractées atteignant 188 cm de long ; rachis jusqu’à 60 cm de long, rameaux atteignant 53 cm de long (jusqu’à 78 cm de long chez le fruit), glabre, vert à rouge-brun, avec les fleurs disposées en triades de 1 fleur femelle centrale et 2 fleurs mâles latérales. Fleurs unisexuées, 3-mères, orange en bouton, jaunes à l’anthèse ; fleurs mâles légèrement trigones, à 6 étamines en 2 séries et un pistil rudimentaire ; fleurs femelles globuleuses, à ovaire supère et étamines rudimentaires. Fruit : drupe obovoïde à presque globuleuse, de 20–30 mm × 18–25 mm, à périanthe persistant, contenant 1 graine. Graines ellipsoïdes, de 20–23 mm × 15–18 mm ; albumen ruminé.

Autres données botaniques

Le genre Dypsis comprend environ 140 espèces, toutes endémiques de Madagascar sauf 2 qui se rencontrent aux Comores et 1 sur l’île de Pemba. Dypsis fibrosa appartient au groupe “Vonitra” au sein du genre. Les palmiers de ce groupe sont caractérisés par une gaine foliaire fibreuse se désintégrant en piassave. Ils sont la source du piassave de Madagascar, Dypsis fibrosa étant la principale espèce récoltée. L’élément le plus robuste du groupe “Vonitra” est Dypsis utilis (Jum.) Beentje & J.Dransf. (synonyme : Vonitra utilis Jum.), un palmier à troncs ramifiés solitaires ou multiples, atteignant 17 m de haut, qui est présent à l’est de Madagascar le long des cours d’eau en forêt humide à 950–1000 m d’altitude. Il donne une bonne fibre de piassave, le cœur de palmier et les fruits sont comestibles, et le bois est utilisé pour la construction. L’espèce ne se rencontre que dans quelques endroits et probablement en faibles nombres, et elle figure dans la catégorie “vulnérable” de la Liste rouge des espèces menacées de l’UICN. Dypsis crinita (Jum. & H.Perrier) Beentje & J.Dransf. (synonyme : Vonitra crinita Jum. & H.Perrier) est un palmier à troncs multiples et habituellement ramifiés atteignant 15 m de haut, présent au nord-ouest et au nord-est de Madagascar le long des cours d’eau à 200–250 m d’altitude. Sa fibre de piassave sert à la confection de cordages, au rembourrage de matelas et au filtrage de l’huile. Les feuilles sont utilisées pour couvrir les toits. On utilise le bois en médecine traditionnelle contre la toux chez les enfants. L’espèce est rare et figure sur la Liste rouge de l’UICN, où elle est considérée comme étant à faible risque mais quasi menacée.

Ecologie

Dypsis fibrosa est présent du niveau de la mer jusqu’à 800(–1250) m d’altitude, sur les pentes escarpées et les crêtes de montagne en forêt humide de hautes terres ou de collines côtières, et en forêt littorale ou en forêt marécageuse tourbeuse. Dypsis fibrosa est une des deux seules espèces sur lesquelles Cymbidiella falcigera (Rchb.f.) Garay, une orchidée rare, pousse dans son aire d’origine au sud-est de Madagascar.

Récolte

Les feuilles sont récoltées soit par prélèvement sur des arbres vivants, soit par l’abattage des arbres pour enlever les feuilles. Il est commun d’enlever toutes les feuilles d’un arbre debout, et de laisser seulement 1 ou 2 feuilles émergentes. Un effeuillage trop fréquent ou trop important conduit à un ralentissement de la croissance et reporte la maturité. Le port à tiges multiples indique que l’abattage d’un tronc n’est pas nécessairement mortel pour l’arbre. La fibre de piassave est obtenue par découpage d’anciennes gaines foliaires du tronc. Il s’agit donc d’une récolte non-destructrice. L’extraction du cœur de palmier nécessite l’abattage.

Traitement après récolte

Une fois les feuilles récoltées, les folioles sont enlevées d’un côté de la feuille, et les demi-feuilles restantes sont utilisées pour couvrir des toits. Cinq de ces demi-feuilles sont attachées ensemble pour former un panneau. Pour couvrir une hutte de 3 m × 4 m, 500 panneaux de feuilles sont nécessaires. Le toit recouvert de feuilles de Dypsis fibrosa dure jusqu’à 5 ans, mais dans les maisons équipées d’un foyer, elle résiste 10–20 ans grâce à l’action répulsive de la fumée et de la suie contre les insectes.

Ressources génétiques

Dypsis fibrosa n’est pas menacé. Sa large répartition à Madagascar, comme son utilisation dans les jardins d’autres parties du monde, le protège pour l’instant et il n’y a pas de danger majeur d’extinction ou d’érosion génétique. Par ailleurs, son port à tiges multiples lui permet de supporter l’abattage d’un tronc sans mourir. Cependant, une étude menée dans l’est de Madagascar où l’arbre est fortement exploité pour un usage dans la couverture des toits, a révélé que sa population décline. On a indiqué que la structure du peuplement change également, une large proportion d’arbres conservant un modèle de croissance juvénile en raison d’une récolte fréquente des feuilles extérieures. La même étude a indiqué que les villageois locaux ne favorisent pas les mesures de récolte durables de Dypsis fibrosa, mais préfèrent passer à d’autres matériaux de couverture des toits (d’autres palmiers ou de la tôle ondulée) une fois que le matériau fourni par Dypsis fibrosa est devenu rare. Pour cette raison, Dypsis fibrosa pourrait être rapidement menacé localement, à moins que des mesures de préservation ou d’exploitation durable soient mises en œuvre.

Perspectives

La popularité de Dypsis fibrosa comme source de matériau de couverture des toits mène à des pratiques d’exploitation non durables, et l’espèce pourrait être menacée rapidement par endroits. Un éventuel moyen d’éviter ce danger et de préserver l’espèce tout en maintenant son utilisation, serait d’encourager sa plantation dans les jardins familiaux et les champs puis d’en favoriser la commercialisation. Il est probable que l’importance de la fibre de piassave de Dypsis fibrosa pour la fabrication de brosses n’augmentera pas à nouveau, en raison de la compétitivité des fibres synthétiques et des autres sources de fibre de piassave.

Références principales

  • Boiteau, P., Boiteau, M. & Allorge-Boiteau, L., 1999. Dictionnaire des noms malgaches de végétaux. 4 Volumes + Index des noms scientifiques avec leurs équivalents malgaches. Editions Alzieu, Grenoble, France.
  • Byg, A. & Balslev, H., 2001. Diversity and use of palms in Zahamena, eastern Madagascar. Biodiversity and Conservation 10(6): 951–970.
  • Byg, A. & Balslev, H., 2001. Traditional knowledge of Dypsis fibrosa (Arecaceae) in eastern Madagascar. Economic Botany 55(2): 263–275.
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  • Kirby, R.H., 1950. Brush-making fibres. Economic Botany 4(3): 243–252.
  • Kirby, R.H., 1963. Vegetable fibres: botany, cultivation, and utilization. Leonard Hill, London, United Kingdom & Interscience Publishers, New York, United States. 464 pp.
  • Uhl, N.W. & Dransfield, J., 1987. Genera palmarum - a classification of palms based on the work of Harold E. Moore Jr. The L.H. Bailey Hortorium and the International Palm Society. Allen Press, Lawrence KS, United States. 610 pp.

Autres références

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  • Decary, R., 1946. Plantes et animaux utiles de Madagascar. Annales du Musée Colonial de Marseille, 54e année, 6e série, 4e volume, 1er et dernier fascicule. 234 pp.
  • Dransfield, J. & Beentje, H.J., 1998. Dypsis utilis. In: IUCN 2010. IUCN Red List of Threatened Species. Version 2010.3. [Internet] http://www.iucnredlist.org. September 2010.
  • Goulding, E., 1917. Cotton and other vegetable fibres: their production and utilisation. John Murray, London, United Kingdom. 231 pp.
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  • Johnson, D.V., 1998. Palms. Non-wood forest products No 10. FAO, Rome, Italy. 166 pp.
  • Johnson, D., 1998. Dypsis crinita. In: IUCN. 2010 Red list of threatened species. Version 2010.3. [Internet] http://www.iucnredlist.org. September 2010.
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  • Riffle, R.L. & Craft, P., 2003. An encyclopedia of cultivated palms. Timber Press, Portland, Oregon, United States. 516 pp.

Sources de l'illustration

  • Jumelle, H., 1945. Palmiers (Palmae). Flore de Madagascar et des Comores (plantes vasculaires), famille 30. Imprimerie Officielle, Tananarive, Madagascar. 180 pp.

Auteur(s)

  • G. Vaughan, Museo Arqueológico de Tunja, UPTC, Avenida Central del Norte, Tunja, Boyacá, Colombia

Consulté le 5 avril 2025.


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