Dombeya buettneri (PROTA)

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Médicinal Fairytale bookmark gold.svgFairytale bookmark gold.svgGood article star.svgGood article star.svgGood article star.svg
Fibre Fairytale bookmark gold.svgFairytale bookmark gold.svgGood article star.svgGood article star.svgGood article star.svg


Dombeya buettneri K.Schum.


Protologue: Bot. Jahrb. Syst. 15 : 133 (1892).
Famille: Sterculiaceae (APG: Malvaceae)
Nombre de chromosomes: 2n = 54.

Synonymes

  • Dombeya bagshawei Baker f. (1905),
  • Dombeya claessensii De Wild. (1928).

Origine et répartition géographique

Dombeya buettneri est réparti depuis la Guinée et la Sierra Leone, en passant par les pays côtiers d’Afrique de l’Ouest, la Centrafrique et le nord de la R.D. du Congo, jusqu’au Soudan et l’est de l’Ethiopie, et de là vers le sud jusqu’en Zambie, en passant par la R.D. du Congo, le Rwanda, le Burundi, l’Ouganda et la Tanzanie.

Usages

L’écorce du tronc sert localement à ligaturer et à fabriquer des cordes et des filets. En R.D. du Congo, on en fait des cordes pour soutenir des hottes servant au portage sur le dos. En Ouganda, l’écorce sert à fabriquer des paniers, et les jeunes pousses à confectionner des ruches.

En médecine traditionnelle africaine, l’infusion de racine se boit pour ses vertus laxatives et la décoction se boit pour prévenir les fausses couches. Des préparations à base de racine, d’écorce et de feuilles sont utilisées contre la diarrhée. L’extrait aqueux de feuille est utilisé dans le traitement des affections gastro-intestinales. Le jus de feuilles s’applique sur les plaies, et la poudre ou la décoction de feuilles se prend ou s’inhale contre les maux de tête. La décoction de feuilles se boit pour prévenir les maladies infantiles et comme émétique, et l’infusion de feuilles sert au traitement des hémorroïdes. La décoction de feuilles ou de rameaux feuillés entre dans des préparations que l’on boit pour traiter la maladie mentale.

En médecine vétérinaire traditionnelle, le jus des feuilles entre dans des préparations administrées aux vaches atteintes de diarrhée ou de theilériose (la fièvre de la côte orientale).

Propriétés

Des recherches menées au Rwanda dans les années 1950 ont indiqué que la fibre avait une résistance spécifique de 427 N/mm² et une longueur de rupture de 29 km.

Dans des essais sur des rats, l’extrait aqueux des feuilles a provoqué une réduction significative des sécrétions d’acide gastrique et a réduit l’étendue des lésions des muqueuses gastriques induites par l’éthanol.

Botanique

Arbuste ou petit arbre atteignant 10 m de haut ; écorce externe brune ; écorce interne résistante et fibreuse, sécrétant un jus poisseux à la coupe ; tiges cylindriques ou anguleuses aux nœuds, densément couvertes de poils glandulaires étoilés simples, ou glabrescentes. Feuilles alternes, simples ; stipules étroitement lancéolées à largement ovales, de 6–20 mm × 2–11 mm, acuminées, plus ou moins persistantes ; pétiole de (1,5–)2–19(–23) cm de long, poilu ; limbe suborbiculaire, vaguement à distinctement 3–5-lobé, de 5–26 cm × 3,5–25 cm, base cordée, apex aigu à arrondi ou émarginé, bord denté, face supérieure pubescente ou pubérulente à poils doux, face inférieure densément poilue-pubescente ou tomenteuse. Inflorescence axillaire, en corymbe, rarement sub-ombellée, de 4–23(–27) cm de long, dense ou lâche, à nombreuses fleurs ; pédoncule de 2–22 cm de long, poilu ; bractées ovales-lancéolées, de 6–12 mm × 2–6 mm, acuminées, caduques. Fleurs bisexuées, régulières, 5-mères ; pédicelle de 7–40 mm de long ; bractées de l’épicalice à la base du calice ou insérées sur le pédicelle, ovales, de 6–16 mm × 2–7 mm, aiguës à acuminées, caduques ; lobes du calice réfléchis ou érigés, lancéolés-acuminés, de 6–15 mm × 2–5(–6) mm, poilus à l’extérieur ; pétales obliquement obovales, de 9–20 mm × 6–16 mm, blancs à rose pâle, parfois rouges à la base, androcée de 9–16 mm de long, étamines 10–15, en un seul verticille, atteignant 6 mm de long, alternant avec 5 staminodes de 5–11 mm de long, tous les filets réunis en un tube staminal de 1–7 mm de long dont la face externe est fortement convexe ; ovaire supère, globuleux, poilu, 5-loculaire, style de 4–9 mm de long, à 5 ramifications. Fruit : capsule ovoïde à globuleuse de 7–9 mm de diamètre, brune, à poils apprimés soyeux. Graines trigones, de 2–3 mm × 1–3 mm, rugueuses, rougeâtres ou brun foncé.

Au Bénin, Dombeya buettneri fleurit et fructifie en novembre–janvier.

Le genre Dombeya comprend environ 200 espèces, principalement réparties à Madagascar, avec environ 20 espèces sur le continent africain et 14 dans les Mascareignes. Il y a eu des révisions du genre pour le continent africain et les Mascareignes mais pas pour Madagascar, et il est possible que le nombre d’espèces décrites pour Madagascar soit trop élevé.

Ecologie

Dombeya buettneri est présent à partir de 150 m d’altitude en Afrique de l’Ouest jusqu’à 2200 m d’altitude en Afrique de l’Est, en savane herbeuse, arbustive, arborée ou boisée et en forêt. On le trouve aussi dans les champs abandonnés.

Gestion

Dombeya buettneri peut être multiplié par graines et par sauvageons. Les semences doivent être récoltées avant que les fruits ne s’ouvrent. L’arbre se recèpe bien. La repousse est abondante après la coupe ou après des feux de brousse, et l’éclaircie et la taille sont recommandées. Au Rwanda, on ôte l’écorce de la tige et on la met à rouir dans de l’eau courante pendant 3–4(–15) jours, avant de la teiller pour obtenir la fibre. On obtient environ 1 kg de fibres à partir de 34 kg de tiges vertes effeuillées.

Ressources génétiques

Répandu et commun, Dombeya buettneri n’est pas menacé d’érosion génétique.

Perspectives

Dombeya buettneri est localement utilisé comme plante à fibres. Les informations détaillées sur ses propriétés font défaut. Dombeya buettneri a différents usages en médecine traditionnelle, et l’utilité de la feuille dans le traitement des affections gastro-intestinales a été confirmée dans des essais sur des rats.

Références principales

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  • Katende, A.B., Birnie, A. & Tengnäs, B., 1995. Useful trees and shrubs for Uganda: identification, propagation and management for agricultural and pastoral communities. Technical Handbook 10. Regional Soil Conservation Unit, Nairobi, Kenya. 710 pp.
  • Seyani, J.H., 1991. The genus Dombeya (Sterculiaceae) in continental Africa. Opera Botanica Belgica 2. National Botanic Garden of Belgium, Meise, Belgium. 186 pp.
  • Vollesen, K., 1995. Sterculiaceae. In: Edwards, S., Mesfin Tadesse & Hedberg, I. (Editors). Flora of Ethiopia and Eritrea. Volume 2, part 2. Canellaceae to Euphorbiaceae. The National Herbarium, Addis Ababa University, Addis Ababa, Ethiopia and Department of Systematic Botany, Uppsala University, Uppsala, Sweden. pp. 165–185.

Autres références

  • Adjanohoun, E.J., Adjakidjè, V., Ahyi, M.R.A., Aké Assi, L., Akoègninou, A., d’Almeida, J., Apovo, F., Boukef, K., Chadare, M., Cusset, G., Dramane, K., Eyme, J., Gassita, J.N., Gbaguidi, N., Goudote, E., Guinko, S., Houngnon, P., Lo, I., Keita, A., Kiniffo, H.V., Kone-Bamba, D., Musampa Nseyya, A., Saadou, M., Sodogandji, T., De Souza, S., Tchabi, A., Zinsou Dossa, C. & Zohoun, T., 1989. Contribution aux études ethnobotaniques et floristiques en République Populaire du Bénin. Agence de Coopération Culturelle et Technique, Paris, France. 895 pp.
  • Akoègninou, A., van der Burg, W.J. & van der Maesen, L.J.G. (Editors), 2006. Flore analytique du Bénin. Backhuys Publishers, Leiden, Netherlands. 1034 pp.
  • Baerts, M. & Lehmann, J., 1989. Guérisseurs et plantes médicinales de la région des crêtes Zaïre-Nil au Burundi. Annales Sciences Economiques Vol. 18. Musée Royal de l’Afrique Centrale, Tervuren, Belgium. 214 pp.
  • Bizimana, N., 1994. Traditional veterinary practice in Africa. Deutsche Gesellschaft fur Technische Zusammmenarbeit (GTZ), Eschborn, Germany. 917 pp.
  • Dubois, L., 1951. Note sur les principales plantes à fibres indigènes utilisées au Congo belge et au Ruanda-Urundi. Bulletin Agricole du Congo Belge 42: 870–890.
  • Irvine, F.R., 1961. Woody plants of Ghana, with special reference to their uses. Oxford University Press, London, United Kingdom. 868 pp.
  • Lejeune, J.B.H., 1953. Contribution à l'étude des plantes à fibres, à Rubona. Bulletin Agricole du Congo Belge 44: 743–772.
  • Neuwinger, H.D., 2000. African traditional medicine: a dictionary of plant use and applications. Medpharm Scientific, Stuttgart, Germany. 589 pp.
  • Okwari, O.O., Ettarh, R.R., Akpogomeh, B.A. & Eteng, M.U., 2000. Gastric anti-secretory and anti-ulcerogenic effects of Dombeya buettneri in rats. Journal of Ethnopharmacology 71(1–2): 315–219.
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Sources de l'illustration

  • Akoègninou, A., van der Burg, W.J. & van der Maesen, L.J.G. (Editors), 2006. Flore analytique du Bénin. Backhuys Publishers, Leiden, Netherlands. 1034 pp.

Auteur(s)

  • M. Brink, PROTA Network Office Europe, Wageningen University, P.O. Box 341, 6700 AH Wageningen, Netherlands

Consulté le 6 mars 2020.


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