Diospyros kamerunensis (PROTA)

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Ressources végétales de l'Afrique tropicale
Introduction
Liste des espèces


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Fruit Fairytale bookmark gold.svgGood article star.svgGood article star.svgGood article star.svgGood article star.svg
Bois d'œuvre Fairytale bookmark gold.svgFairytale bookmark gold.svgGood article star.svgGood article star.svgGood article star.svg
Fibre Fairytale bookmark gold.svgGood article star.svgGood article star.svgGood article star.svgGood article star.svg
Sécurité alimentaire Fairytale bookmark gold.svgGood article star.svgGood article star.svgGood article star.svgGood article star.svg


Diospyros kamerunensis Gürke


Protologue: Engl. Bot. Jahrb. 26: 69 (1898).
Famille: Ebenaceae

Noms vernaculaires

Cameroon ebony, African ebony (En).

Origine et répartition géographique

L’aire de répartition de Diospyros kamerunensis s’étend du Libéria jusqu’au Ghana et du Cameroun jusqu’au Gabon.

Usages

Le bois de Diospyros kamerunensis est utilisé en construction sous forme de poteaux, de piquets, pour la confection d’ustensiles, de manches, d’articles ménagers et de tambours. Il se prête à la parqueterie lourde, à la menuiserie, aux étais de mines, à la construction navale, à la charronnerie, à la confection d’articles de sports, de jouets et d’articles de fantaisie, d’égouttoirs, d’objets sculptés, au tournage et au placage tranché. La tige résistante des gaules fait parfois office de cordage. La pulpe des fruits arrivés à pleine maturité est comestible.

Production et commerce international

Le bois de Diospyros kamerunensis est avant tout utilisé localement et parfois vendu sur le marché international mélangé avec d’autres bois d’ébène, souvent sous le nom d’ “ébène du Cameroun”.

Propriétés

Le bois de cœur, qui est rosé à la coupe, devient souvent gris à gris-brun au séchage, et ne se distingue pas nettement de l’aubier plus pâle et épais. Près du centre du fût, le bois est quelquefois noirâtre. Le fil est généralement droit, parfois contrefil, le grain est habituellement fin.

C’est un bois lourd, avec une densité d’environ 990 kg/m³ à 12% d’humidité, dur et résistant. Lors du séchage à l’air, il est sujet aux fentes et au gauchissement, et il est recommandé de le sécher en petites dimensions. Les taux de retrait sont élevés. A 12% d’humidité, le module de rupture est de 169 N/mm², le module d’élasticité de 15 580 N/mm² et la dureté Janka de flanc de 14 850 N.

Le bois se travaille relativement facilement en dépit de sa forte densité, bien qu’il lui arrive d’émousser gravement les dents de scie et les lames de coupe. Il se rabote en donnant une belle finition et se polit bien. Des avant-trous sont nécessaires pour le clouage et le vissage ; le bois tient bien les clous et les vis. Le bois de cœur est assez durable, car il résiste aux attaques des termites, mais il résiste moins à celles des scolytes et des térébrants marins. L’aubier n’est pas durable et est sujet aux attaques de Lyctus, mais il est moyennement perméable à l’imprégnation avec des produits de conservation. La sciure peut provoquer dermatite et irritation des muqueuses chez les professionnels du bois.

Description

Arbuste ou petit arbre dioïque, sempervirent, atteignant 15(–20) m de haut ; fût généralement droit et élancé, atteignant 30 cm de diamètre ; surface de l’écorce rugueuse, finement fissurée, gris verdâtre, écorce interne fine ; rameaux à pubescence brun doré lorsque jeunes, devenant glabres. Feuilles alternes, simples et entières ; stipules absentes ; pétiole de 1–2 cm de long, sillonné au-dessus, à poils courts ; limbe lancéolé-elliptique à ovale ou oblong-elliptique, de 15–20 cm × 5–9 cm, obtus à la base, acuminé à l’apex, papyracé ou finement coriace, recouvert de poils courts et jaunâtres au-dessous notamment lorsqu’ils sont jeunes, pennatinervé à 3–7(–8) paires de nervures latérales. Inflorescence : fascicule axillaire, comportant 3–6(–20) fleurs sur l’inflorescence mâle, 1–2(–3) fleurs sur la femelle. Fleurs unisexuées, régulières ; pédicelle atteignant 3 mm de long ; calice atteignant 8 mm de long, à poils rouge jaunâtre, au tube légèrement plus court que les 4 lobes ; corolle en trompette, d’environ 2 cm de long, charnue, à pubescence courte, blanche ou jaunâtre, avec un tube d’environ 1 cm de long et 4(–5) lobes d’environ 1 cm de long ; fleurs mâles à 12 étamines d’environ 6 mm de long, à filets très courts, pubescents à la base des anthères ; fleurs femelles à 8–12 étamines rudimentaires, ovaire supère, ovoïde, d’environ 5 mm de long, 8(–10)-loculaire, styles 4(–5). Fruit : baie globuleuse déprimée à ellipsoïde, atteignant 4 cm de long, à pubescence clairsemée à glabre, jaune-orange à orange-rouge à maturité, contenant jusqu’à 8(–10) graines. Graines d’environ 3 cm × 2 cm × 1 cm. Plantule à germination épigée.

Autres données botaniques

Diospyros est un important genre pantropical qui comprend près de 500 espèces, dont environ 90 sont présentes en Afrique tropicale continentale et dont plusieurs produisent un bois d’œuvre d’excellente qualité ou bien des fruits comestibles.

Diospyros monbuttensis

Diospyros monbuttensis Gürke est un arbuste ou petit arbre atteignant 10 m de haut et au fût atteignant 40 cm de diamètre. Il est présent dans la forêt semi-sempervirente et dans la forêt-galerie depuis la Côte d’Ivoire jusqu’en Centrafrique et au nord de la R.D. du Congo. Le bois jaune blanchâtre sert aux mêmes usages que celui de Diospyros kamerunensis, mais il est utilisé avant tout pour la confection d’instruments, d’ustensiles et de manches. Les branches flexibles servent de piège pour le gibier. En médecine traditionnelle, on prescrit la décoction d’écorce et de rameaux feuillés, souvent dans des préparations avec d’autres plantes médicinales, pour traiter la lèpre, les affections cutanées causées par des champignons, la jaunisse, les hémorragies utérines et la varicelle.

Diospyros thomasii

Diospyros thomasii Hutch. & Dalziel est un petit arbre atteignant 10 m de haut, présent dans la forêt humide de Guinée, de Sierra Leone et du Liberia, en particulier dans la forêt secondaire. Le bois, qui est rosé à la coupe, est utilisé pour la confection de tambours et d’avirons. Les branches flexibles servent à la fabrication de pièges pour le gibier. La pulpe du fruit, sucrée, est comestible. L’écorce soigne la diarrhée.

Anatomie

Description anatomique du bois (codes IAWA pour les bois feuillus) :

  • Cernes de croissance : 2 : limites de cernes indistinctes ou absentes.
  • Vaisseaux : 5 : bois à pores disséminés ; (10 : vaisseaux accolés radialement par 4 ou plus) ; 13 : perforations simples ; 22 : ponctuations intervasculaires en quinconce ; 23 : ponctuations alternes (en quinconce) de forme polygonale ; 25 : ponctuations intervasculaires fines (4–7 μm) ; 30 : ponctuations radiovasculaires avec des aréoles distinctes ; semblables aux ponctuations intervasculaires en forme et en taille dans toute la cellule du rayon ; 41 : diamètre tangentiel moyen du lumen des vaisseaux 50–100 μm ; 47 : 5–20 vaisseaux par millimètre carré ; 58 : gomme ou autres dépôts dans les vaisseaux du bois de cœur.
  • Trachéides et fibres : 61 : fibres avec des ponctuations simples ou finement (étroitement) aréolées ; 66 : présence de fibres non cloisonnées ; 69 : fibres à parois fines à épaisses ; 70 : fibres à parois très épaisses.
  • Parenchyme axial : 77 : parenchyme axial en chaînettes ; 78 : parenchyme axial juxtavasculaire ; 86 : parenchyme axial en lignes minces, au maximum larges de trois cellules ; 87 : parenchyme axial en réseau ; 92 : quatre (3–4) cellules par file verticale ; 93 : huit (5–8) cellules par file verticale.
  • Rayons : 96 : rayons exclusivement unisériés ; 108 : rayons composés de cellules couchées avec plus de 4 rangées terminales de cellules dressées et/ou carrées ; 109 : rayons composés de cellules couchées, carrées et dressées en mélange ; (113 : présence de cellules des rayons avec parois disjointes) ; 115 : 4–12 rayons par mm ; 116 : 12 rayons par mm.
  • Inclusions minérales : 136 : présence de cristaux prismatiques ; 138 : cristaux prismatiques dans les cellules couchées des rayons ; 142 : cristaux prismatiques dans les cellules cloisonnées du parenchyme axial.

(E.A. Obeng, P.E. Gasson & H. Beeckman)

Croissance et développement

Diospyros kamerunensis est une essence d’ombre qui a une croissance lente mais régulière. En Afrique de l’Ouest, la floraison des arbres se fait en général en septembre–octobre. Les fruits mûrissent 3 mois environ après la floraison.

Ecologie

Diospyros kamerunensis est très commun dans la forêt sempervirente humide, mais on peut également le trouver dans des types de forêt plus sèche. S’il est caractéristique du sous-étage de la forêt non perturbée, normalement sur des sols acides bien drainés, on le signale également dans la forêt secondaire.

Multiplication et plantation

Diospyros kamerunensis peut se régénérer correctement dans les endroits ombragés de la forêt.

Récolte

La prudence doit être de mise lors de l’exploitation car il peut arriver que les grumes présentent un cœur mou.

Traitement après récolte

Les grumes fraîchement abattues ne flottant pas sur l’eau, elles ne peuvent être transportées par flottage fluvial.

Ressources génétiques

Même si Diospyros kamerunensis ne semble pas abondant dans la plus grande partie de son aire de répartition, il est peu probable qu’il soit menacé d’érosion génétique. Rien n’indique qu’il soit surexploité.

Perspectives

Diospyros kamerunensis restera une précieuse source de bois ayant des applications locales, par ex. pour les poteaux, les instruments et les ustensiles. Néanmoins, ses chances en tant que bois d’œuvre important d’un point de vue commercial et destiné à l’exportation sont minces à cause de la petite taille de ses fûts. Il est préconisé d’effectuer des analyses chimiques et nutritionnelles de ses fruits.

Références principales

  • Aubréville, A., 1959. La flore forestière de la Côte d’Ivoire. Deuxième édition révisée. Tome troisième. Publication No 15. Centre Technique Forestier Tropical, Nogent-sur-Marne, France. 334 pp.
  • Bolza, E. & Keating, W.G., 1972. African timbers: the properties, uses and characteristics of 700 species. Division of Building Research, CSIRO, Melbourne, Australia. 710 pp.
  • Burkill, H.M., 1994. The useful plants of West Tropical Africa. 2nd Edition. Volume 2, Families E–I. Royal Botanic Gardens, Kew, Richmond, United Kingdom. 636 pp.
  • Irvine, F.R., 1961. Woody plants of Ghana, with special reference to their uses. Oxford University Press, London, United Kingdom. 868 pp.
  • Letouzey, R. & White, F., 1970. Ebenaceae. Flore du Cameroun. Volume 11. Muséum National d’Histoire Naturelle, Paris, France. pp. 3–184.
  • Oteng-Amoako, A.A. (Editor), 2006. 100 tropical African timber trees from Ghana: tree description and wood identification with notes on distribution, ecology, silviculture, ethnobotany and wood uses. 304 pp.
  • Vivien, J. & Faure, J.J., 1996. Fruitiers sauvages d’Afrique: espèces du Cameroun. Ministère Français de la Coopération, Paris, France & CTA, Wageningen, Netherlands. 416 pp.

Autres références

  • Cooper, G.P. & Record, S.J., 1931. The evergreen forests of Liberia. School of Forestry, Yale University, Bulletin 31, New Haven, United States. 153 pp.
  • Hall, J.B. & Swaine, M.D., 1981. Distribution and ecology of vascular plants in a tropical rain forest: forest vegetation of Ghana. W. Junk Publishers, the Hague, Netherlands. 383 pp.
  • Hawthorne, W.D., 1995. Ecological profiles of Ghanaian forest trees. Tropical Forestry Papers 29. Oxford Forestry Institute, Department of Plant Sciences, University of Oxford, United Kingdom. 345 pp.
  • Hawthorne, W. & Jongkind, C., 2006. Woody plants of western African forests: a guide to the forest trees, shrubs and lianes from Senegal to Ghana. Kew Publishing, Royal Botanic Gardens, Kew, United Kingdom. 1023 pp.
  • Letouzey, R. & White, F., 1970. Ebenaceae. Flore du Gabon. Volume 18. Muséum National d’Histoire Naturelle, Paris, France. 189 pp.
  • Widodo, S.H., 2001. Crescentia L. In: van Valkenburg, J.L.C.H. & Bunyapraphatsara, N. (Editors). Plant Resources of South-East Asia No 12(2): Medicinal and poisonous plants 2. Backhuys Publishers, Leiden, Netherlands. pp. 191–194.
  • White, F., 1963. Ebenaceae. In: Hepper, F.N. (Editor). Flora of West Tropical Africa. Volume 2. 2nd Edition. Crown Agents for Oversea Governments and Administrations, London, United Kingdom. pp. 2–15.
  • White, F., 1978. The taxonomy, ecology and chorology of African Ebenaceae I. The Guineo Congolian species. Bulletin du Jardin Botanique National de Belgique 48: 245–358.

Sources de l'illustration

  • Letouzey, R. & White, F., 1970. Ebenaceae. Flore du Cameroun. Volume 11. Muséum National d’Histoire Naturelle, Paris, France. pp. 3–184.

Auteur(s)

  • A.A. Oteng-Amoako

Forestry Research Institute of Ghana (FORIG), University P.O. Box 63, KNUST, Kumasi, Ghana

  • E.A. Obeng

Forestry Research Institute of Ghana (FORIG), University P.O. Box 63, KNUST, Kumasi, Ghana

Citation correcte de cet article

Oteng-Amoako, A.A. & Obeng, E.A., 2011. Diospyros kamerunensis Gürke. [Internet] Fiche de PROTA4U. Lemmens, R.H.M.J., Louppe, D. & Oteng-Amoako, A.A. (Editeurs). PROTA (Plant Resources of Tropical Africa / Ressources végétales de l’Afrique tropicale), Wageningen, Pays Bas. <http://www.prota4u.org/search.asp>.

Consulté le 19 avril 2019.


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