Diospyros gracilipes (PROTA)

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Ressources végétales de l'Afrique tropicale
Introduction
Liste des espèces


Importance générale Fairytale bookmark gold.svgFairytale bookmark gold.svgFairytale bookmark gold.svgGood article star.svgGood article star.svg
Répartition en Afrique Fairytale bookmark gold.svgGood article star.svgGood article star.svgGood article star.svgGood article star.svg
Répartition mondiale Fairytale bookmark gold.svgGood article star.svgGood article star.svgGood article star.svgGood article star.svg
Médicinal Fairytale bookmark gold.svgGood article star.svgGood article star.svgGood article star.svgGood article star.svg
Bois d'œuvre Fairytale bookmark gold.svgFairytale bookmark gold.svgFairytale bookmark gold.svgGood article star.svgGood article star.svg


Diospyros gracilipes Hiern


répartition en Afrique (sauvage)
feuilles et fruits
fleurs
fruits
fruits
coupe transversale du bois
coupe tangentielle du bois
coupe radiale du bois
Protologue: Monogr. Eben. : 191 (1873).
Famille: Ebenaceae

Noms vernaculaires

  • Ebène de Madagascar (Fr).
  • Madagascar ebony (En).

Origine et répartition géographique

Diospyros gracilipes est endémique de Madagascar où il est répandu dans le nord et dans l’est de l’île.

Usages

Le bois de cœur, noir, est connu sous le nom de “hazomainty”, et utilisé pour les menuiseries de qualité supérieure, le mobilier, les instruments de musique, les chevilles, les ornements, la marqueterie, les manches, les objets sculptés et le tournage. L’écorce, les feuilles et les fruits sont employés dans des préparations destinées à stimuler les contractions de l’utérus à l’accouchement, et comme abortifs. Cette pratique n’est pas sans danger, des accidents mortels ayant été signalés.

Production et commerce international

Ce sont les Portugais qui sont à l’origine des exportations d’ébène de Madagascar au XVIe siècle. A l’instar du palissandre (issu des Dalbergia spp.), l’ébène de quelques Diospyros spp., dont Diospyros gracilipes est l’une des plus importantes, passe pour le bois le plus précieux et le plus prisé de Madagascar. Il atteint des prix exorbitants, même s’il est vendu en petites dimensions. Depuis peu, les exportations d’ébène de Madagascar, de même que celles de palissandre, se font presque exclusivement vers la Chine.

Propriétés

En général, on ne distingue pas les Diospyros spp. de Madagascar qui produisent un ébène noir, car les propriétés de leur bois sont, dit-on, assez proches. Le bois de cœur situé à proximité du centre et de la base des vieux fûts est noir, parfois veiné de blanchâtre, et se distingue nettement de l’aubier blanchâtre qui devient jaunâtre à l’exposition. Le fil est habituellement droit, parfois ondé à légèrement contrefil, le grain est très fin. C’est un bois lourd, avec une densité de 900–1100 kg/m³ à 12% d’humidité. Il sèche assez lentement, et n’a que peu tendance à se déformer. Il faut environ 4 mois pour sécher à l’air des planches de 2,5 cm d’épaisseur. Les taux de retrait sont moyennement élevés, de l’état vert à anhydre ils sont d’environ 4,5% dans le sens radial et de 9,2% dans le sens tangentiel. Une fois sec, le bois est stable en service. A 12% d’humidité, le module de rupture est d’environ 190 N/mm², le module d’élasticité de 22 700 N/mm², la compression axiale de 63 N/mm² et la dureté de flanc Chalais-Meudon de 12.

C’est un bois assez facile à scier et à travailler, mais qui exige des outils très puissants à cause de sa forte densité, de son abrasivité et de la présence de silice (environ 0,1%). On obtient une belle finition lisse sans avoir à utiliser d’apprêt. Comme il a tendance à se fissurer au clouage et au vissage, des avant-trous sont recommandés. Le bois est durable ; il est rebelle à l’imprégnation avec des produits de conservation.

L’exsudat sécrété par l’écorce peut provoquer des marques noires et des vésicules sur la peau.

Description

  • Arbre de petite taille atteignant 15 m de haut, sempervirent ; fût normalement ramifié à faible hauteur, atteignant 30(–40) cm de diamètre ; surface de l’écorce lisse à plus ou moins rugueuse, brun noirâtre, écorce interne fine ; cime à branches étalées ; rameaux habituellement glabres.
  • Feuilles alternes, simples et entières ; stipules absentes ; pétiole de 3–10 mm de long ; limbe elliptique-lancéolé à ovale-lancéolé, de (3–)6–12 cm × (1,5–)2–6 cm, cunéiforme à arrondi à la base, courtement acuminé à l’apex, à bords ondulés, finement coriace, pennatinervé à 4–7 paires de nervures latérales.
  • Inflorescence : fascicule axillaire, souvent situé sur les branches âgées ou sur le fût, comportant jusqu’à 20 fleurs.
  • Fleurs unisexuées, régulières ; pédicelle mince, atteignant 5 cm de long, s’allongeant fortement sur le fruit ; calice en coupe, de 3–8 mm de long, à pubescence courte, au tube presque aussi long que les 4 lobes, s’agrandissant fortement sur le fruit ; corolle sensiblement plus longue que le calice, à tube long et à 4–6 lobes arrondis ; fleurs mâles à 8–16 étamines, filets très courts ; fleurs femelles plus grandes que les mâles, à environ 6 étamines rudimentaires, ovaire supère, ovoïde, à pubescence brun rougeâtre, 8–10-loculaire, styles 8–10, soudés à la base.
  • Fruit : baie ovoïde à oblongue d’environ 3 cm de long, vert brunâtre, recouverte d’une poudre blanchâtre, contenant jusqu’à 8 graines.
  • Graines allongées, aplaties, d’environ 12 mm de long, noirâtres.
  • Plantule à germination épigée.

Autres données botaniques

Diospyros gracilipes est variable et on a distingué quelques variétés. C’est un arbre à croissance lente qui tolère l’ombre. Il fleurit généralement en mai–juin et en septembre–décembre, ses fruits mûrissant 3–6 mois plus tard. Les lémuriens se nourrissent des fruits mûrs et en disséminent probablement les graines.

Le genre Diospyros est un important genre pantropical qui comprend près de 500 espèces, dont environ 90 sont présentes en Afrique tropicale continentale et dont plusieurs produisent un bois d’œuvre d’excellente qualité ou bien des fruits comestibles. Plus de 100 espèces ont été répertoriées à Madagascar, dont plusieurs produisent un bois d’ébène précieux, et il n’est pas impossible que le nombre total d’espèces avoisine les 200. Près de 14 d’entre elles sont endémiques des îles Mascareignes.

Diospyros perrieri

Diospyros perrieri Jum. est le principal producteur de bois d’ébène de l’ouest de Madagascar ; son bois de cœur, noir, est semblable à celui de Diospyros gracilipes. Cependant, les grands spécimens de Diospyros perrieri ont presque tous disparu.

Diospyros platycalyx

Diospyros platycalyx Hiern est connu lui aussi pour fournir un bois de cœur noirâtre, mais il subit également des pressions très fortes en raison de l’exploitation menée dans son aire de répartition dans l’ouest de Madagascar.

Diospyros tessellaria

Diospyros tessellaria Poiret est un arbre de taille petite à moyenne atteignant 20 m de haut, au fût élancé et droit, qui est endémique de Maurice. C’est lui qui a fourni l’ébène commercialisé par l’île Maurice (“bois d’ébène noir”), mais les grands sujets ont presque tous disparu des forêts.

Ecologie

Diospyros gracilipes se rencontre fréquemment dans la forêt sempervirente humide, du niveau de la mer jusqu’à 1350(–1650) m d’altitude. La pluviométrie annuelle moyenne est de (500–)1000–2500(–3000) mm, avec 1–7 mois secs, la température annuelle moyenne se situant entre 20–24°C. Il est présent sur une grande variété de sols, allant des sols sablonneux aux sols calcaires et rocailleux.

Gestion

Le poids de 1000 graines est de 600–650 g. La germination débute 3–7 semaines après le semis et le taux de germination des graines fraîches est d’environ 65%. On extrait les graines du fruit et on les plante normalement dans des pots ou dans des sacs en polyéthylène. La multiplication par drageons est possible. L’arbre se recèpe bien. Des plantations d’enrichissement de forêt naturelle avec Diospyros gracilipes sont parfois pratiquées.

Ressources génétiques

Des coupes sauvages à grande échelle d’ébène de Madagascar sont effectuées dans les forêts malgaches. En 2009, d’immenses quantités d’ébéniers ont été abattues à Madagascar, ainsi que des quantités encore plus importantes de palissandre (Dalbergia spp.), et les exportations se sont effectuées principalement vers la Chine. Seules de petites quantités ont été expédiées en Allemagne et à Maurice.

On envisage d’inclure plusieurs Diospyros spp. de Madagascar dans l’Annexe II de la CITES, notamment Diospyros gracilipes, Diospyros perrieri et Diospyros platycalyx.

Perspectives

La plupart des Diospyros spp. qui fournissent un précieux bois d’ébène noir tant à Madagascar qu’aux îles Mascareignes subissent de fortes pressions dues à la surexploitation. Une production commerciale durable de ce type de bois d’œuvre n’est guère envisageable, car le bois noir ne se trouve que dans le cœur du fût des arbres âgés ; or, ce sont des arbres qui ont une croissance lente. Les plantations d’enrichissement pourraient certes représenter une solution possible, mais il faudrait alors instaurer des cycles de rotation très longs. Eu égard à la qualité exceptionnelle du bois, il pourrait être utile d’étudier quelle mode de gestion pourrait être optimal, mais pour l’instant, des mesures de protection s’imposent.

Références principales

  • Blaser, J., Rajoelison, G., Tsiza, G., Rajemison, M., Rabevohitra, R., Randrianjafy, H., Razafindrianilana, N., Rakotovao, G. & Comtet, S., 1993. Choix des essences pour la sylviculture à Madagascar. Akon’ny Ala: Bulletin du Département des Eaux et Forêts 12–13. 166 pp.
  • Debray, M., Jacquemin, H. & Razafindrambao, R., 1971. Contribution à l’inventaire des plantes médicinales de Madagascar. Travaux et Documents No 8. ORSTOM, Paris, France. 150 pp.
  • Normand, D., Sallenave, P. & Rothe, P.L., 1960. Les ébènes dans le monde. Bois et Forêts des Tropiques 72: 15–22.
  • Perrier de la Bâthie, H., 1952. Ebénacées (Ebenaceae). Flore de Madagascar et des Comores (plantes vasculaires), famille 165. Firmin-Didot et cie., Paris, France. 137 pp.
  • Rakotovao, G., Rabevohitra, R., Gerard, J., Détienne, P. & Collas de Chatelperron, P., en préparation. Atlas des bois de Madagascar. FOFIFA-DRFP, Antananarivo, Madagascar.

Autres références

  • Ballet, J., Lopez, P. & Rahaga, N., 2010. L’exportation de bois précieux (Dalbergia et Diospyros) <<ill>> de Madagascar: 2009 et après? Madagasacar Conservation & Development 5(2): 110–116.
  • Innes, J.L., 2010. Madagascar rosewood, illegal logging and the tropical timber trade. Madagasacar Conservation & Development 5(1): 6–10.
  • Richardson, I.B.K., 1981. Ebénacées. In: Bosser, J., Cadet, T., Guého, J. & Marais, W. (Editors). Flore des Mascareignes. Familles 111–120. The Sugar Industry Research Institute, Mauritius, l’Office de la Recherche Scientifique Outre-Mer, Paris, France & Royal Botanic Gardens, Kew, Richmond, United Kingdom. 19 pp.
  • Schuurman, D. & Lowry, P.P., 2009. The Madagascar rosewood massacre. Madagascar Conservation & Development 4(2): 98–102.</ill>

Auteur(s)

  • R.H.M.J. Lemmens, PROTA Network Office Europe, Wageningen University, P.O. Box 341, 6700 AH Wageningen, Netherlands
  • D. Louppe, CIRAD, Département Environnements et Sociétés, Cirad es-dir, Campus international de Baillarguet, TA C 105 / D (Bât. C, Bur. 113), 34398 Montpellier Cédex 5, France

Citation correcte de cet article

Lemmens, R.H.M.J. & Louppe, D., 2011. Diospyros gracilipes Hiern. [Internet] Fiche de PROTA4U. Lemmens, R.H.M.J., Louppe, D. & Oteng-Amoako, A.A. (Editeurs). PROTA (Plant Resources of Tropical Africa / Ressources végétales de l’Afrique tropicale), Wageningen, Pays Bas.

Consulté le 3 avril 2025.


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