Dilobeia thouarsii (PROTA)

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Ressources végétales de l'Afrique tropicale
Introduction
Liste des espèces


Importance générale Fairytale bookmark gold.svgFairytale bookmark gold.svgFairytale bookmark gold.svgGood article star.svgGood article star.svg
Répartition en Afrique Fairytale bookmark gold.svgGood article star.svgGood article star.svgGood article star.svgGood article star.svg
Répartition mondiale Fairytale bookmark gold.svgGood article star.svgGood article star.svgGood article star.svgGood article star.svg
Oléagineux Fairytale bookmark gold.svgFairytale bookmark gold.svgGood article star.svgGood article star.svgGood article star.svg
Médicinal Fairytale bookmark gold.svgGood article star.svgGood article star.svgGood article star.svgGood article star.svg
Bois d'œuvre Fairytale bookmark gold.svgFairytale bookmark gold.svgFairytale bookmark gold.svgGood article star.svgGood article star.svg
Bois de feu Fairytale bookmark gold.svgFairytale bookmark gold.svgGood article star.svgGood article star.svgGood article star.svg


Dilobeia thouarsii Roem. & Schult.


répartition en Afrique (sauvage)
1, extrémité de branche avec des inflorescences mâles ; 2, inflorescence femelle ; 3, fruit ; 4, fruit en coupe transversale. Redessiné et adapté par Achmad Satiri Nurhaman
feuilles et fruits
bois
coupe transversale du bois
coupe tangentielle du bois
Protologue: Syst. veg. 3: 476 (1818).
Famille: Proteaceae
Nombre de chromosomes: 2n = 52

Origine et répartition géographique

Dilobeia thouarsii est endémique de Madagascar où il est répandu dans l’est de l’île et où il se rencontre par endroits dans la zone centrale.

Usages

Le bois, généralement connu sous le nom de “vivaona”, est très utilisé pour la construction d’habitations, en menuiserie et pour la fabrication de traverses de chemin de fer. Il était très apprécié pour la confection de pièces de véhicules comme les moyeux, les jantes et les rayons. Il convient aux travaux hydrauliques en eau douce, aux étais de mines, à la charronnerie, au mobilier, aux articles de sports, aux jouets et aux articles de fantaisie, aux instruments agricoles et au tournage. Il est en revanche déconseillé en parqueterie à cause de ses taux de retrait élevés. Les branches servent de bois de feu et le bois produit un charbon de bois de bonne qualité.

A partir de ses graines, on extrait une huile que l’on emploie en cuisine, mais uniquement en période de pénurie d’huile de cuisson ordinaire car elle dégage une odeur légèrement désagréable. Elle est davantage utilisée comme cosmétique, pour la production de savon et pour l’éclairage. L’écorce est employée en médecine traditionnelle. Elle a des vertus émétiques et la décoction d’écorce est administrée pour traiter la gonorrhée, et comme diurétique et vermifuge.

Production et commerce international

Le bois de Dilobeia thouarsii est fréquemment employé localement, mais il n’est pas vendu sur le marché international des bois d’œuvre.

Propriétés

Le bois de cœur, brun jaunâtre à brun rougeâtre pâle, ne se distingue pas de l’aubier qui est étroit et légèrement plus pâle. Le fil est droit à légèrement contrefil, le grain grossier et plutôt irrégulier. Le bois frais est assez huileux au toucher.

C’est un bois lourd, avec une densité de 940–1070 kg/m³ à 12% d’humidité. Il sèche à l’air lentement et il faut prendre mille précautions pour éviter un excès de déformations et de fentes. Il est recommandé de débiter les grumes sur quartier avant de les sécher. Les taux de retrait sont élevés à très élevés, de l’état vert à anhydre ils sont de 6,8–9,5% dans le sens radial et de 9,8–15,0% dans le sens tangentiel. Une fois sec, le bois est instable en service. A 12% d’humidité, le module de rupture est de 196–255 N/mm², le module d’élasticité de 18 030–22 850 N/mm², la compression axiale de 82–104 N/mm², le cisaillement de 7–11 N/mm², le fendage de 20–32 N/mm et la dureté de flanc Chalais-Meudon de 6,9–11,4.

Le bois se scie et se travaille assez difficilement en raison de sa densité élevée ; on doit recourir aux machines. Il se rabote en donnant un fini lisse, et il se polit bien. Les caractéristiques de clouage et de vissage sont modérées ; sa prédisposition aux fentes rend les avant-trous nécessaires. L’emploi d’un apprêt est conseillé si l’on veut obtenir une bonne finition. Les caractéristiques de collage sont normalement satisfaisantes et celles de tournage sont bonnes. Le bois se peint de manière satisfaisante, mais ne se prête ni au tranchage ni au déroulage. Il est assez durable, car il résiste aux termites et moyennement aux champignons, mais peut être attaqué par les térébrants marins. L’aubier est sujet aux attaques de Lyctus. Le bois de cœur peut se traiter avec des produits de conservation sous pression en donnant des résultats satisfaisants.

La sciure peut provoquer l’irritation des yeux et des muqueuses, ce qui serait dû à la présence d’une substance irritante de couleur blanchâtre dans les vaisseaux.

Les graines contiennent entre 60–65% d’une huile jaune brunâtre qui dégage une odeur forte caractéristique mais qui disparaît rapidement à la cuisson. La température de solidification de l’huile est de 15°C. Les principaux acides gras sont l’acide oléique (environ 72%), l’acide stéarique (12%) et l’acide palmitique (6%).

Description

  • Arbre de taille petite à moyenne atteignant 20(–30) m de haut, dioïque, sempervirent ; fût dépourvu de branches sur 15 m, normalement droit, atteignant 80 cm de diamètre ; surface de l’écorce écailleuse, brun rougeâtre, écorce interne brun rougeâtre à points noirâtres ; branches épaisses, présentant des cicatrices foliaires distinctes, rameaux densément couverts de poils courts rougeâtres à grisâtres.
  • Feuilles disposées en spirale près de l’extrémité des branches, simples ; stipules absentes ; pétiole atteignant 11 cm de long ; limbe en cœur, de 7,5–20(–25) cm × 5–15(–19) cm, cunéiforme à la base, muni de 2 grands lobes arrondis à l’apex, avec une glande entre les lobes à l’extrémité de la nervure médiane, coriace, glabre, nervure médiane se ramifiant en 3 nervures principales à 1,5–5 cm de la base, nervation plus fine visible sur la face inférieure de la feuille.
  • Inflorescence : panicule axillaire, recouverte de poils denses et courts, la panicule mâle comportant de nombreuses fleurs et atteignant 15 cm de long, la panicule femelle étant une grappe courte atteignant 6 cm de long.
  • Fleurs unisexuées, régulières, à 4 tépales libres elliptiques-oblongs de 4–6 mm de long, pubescentes à l’extérieur, caduques ; fleurs mâles sessiles, à 4 étamines libres opposées aux tépales et à ovaire rudimentaire ; fleurs femelles à pédicelle court, à 4 étamines rudimentaires et à ovaire supère, globuleux, poilu, 1-loculaire, atteignant 2,5–4 mm de diamètre, style très court, stigmate de grande taille et profondément 2-lobé.
  • Fruit : drupe ellipsoïde de 3–4 cm × 2–2,5 cm, à 4 côtes basses, à poils courts de couleur brun pâle mais devenant glabre à maturité, garnie d’une fine couche de pulpe charnue et d’un noyau sclérifié, contenant 1 seule graine.
  • Graines à cotylédons épais et huileux.

Autres données botaniques

Le genre Dilobeia comprend seulement 2 espèces, Dilobeia tenuinervis Bosser & R.Rabev. se rencontrant uniquement dans la forêt près de Taolañaro. Les feuilles en cœur et persistantes sont très caractéristiques de Dilobeia thouarsii.

Anatomie

Description anatomique du bois (codes IAWA pour les bois feuillus) :

  • Cernes de croissance : 2 : limites de cernes indistinctes ou absentes.
  • Vaisseaux : 5 : bois à pores disséminés ; 9 : vaisseaux exclusivement solitaires (à 90% ou plus) ; 13 : perforations simples ; 22 : ponctuations intervasculaires en quinconce ; 24 : ponctuations intervasculaires minuscules (très fines) ( 4μm) ; 30 : ponctuations radiovasculaires avec des aréoles distinctes ; semblables aux ponctuations intervasculaires en forme et en taille dans toute la cellule du rayon ; (42 : diamètre tangentiel moyen du lumen des vaisseaux 100–200 μm) ; 43 : diamètre tangentiel moyen du lumen des vaisseaux 200 μm ; 46 : 5 vaisseaux par millimètre carré.
  • Trachéides et fibres : (61 : fibres avec des ponctuations simples ou finement (étroitement) aréolées) ; (62 : fibres à ponctuations distinctement aréolées) ; (63 : ponctuations des fibres fréquentes sur les parois radiales et tangentielles) ; 66 : présence de fibres non cloisonnées ; 70 : fibres à parois très épaisses.
  • Parenchyme axial : (76 : parenchyme axial en cellules isolées) ; 80 : parenchyme axial circumvasculaire étiré ; 82 : parenchyme axial aliforme ; 83 : parenchyme axial anastomosé ; 84 : parenchyme axial paratrachéal unilatéral ; 92 : quatre (3–4) cellules par file verticale ; 93 : huit (5–8) cellules par file verticale.
  • Rayons : 97 : rayons 1–3-sériés (larges de 1–3 cellules) ; (98 : rayons couramment 4–10-sériés) ; 104 : rayons composés uniquement de cellules couchées ; 106 : rayons composés de cellules couchées avec une rangée terminale de cellules dressées et/ou carrées ; 115 : 4–12 rayons par mm.
(F.D. Kamala, P. Baas & P.E. Gasson)

Croissance et développement

Les feuilles des jeunes plants de Dilobeia thouarsii se distinguent assez nettement de celles d’individus âgés ; elles ont 2 ou 4 lobes étroits de 30(–50) cm de long. Les arbres fleurissent d’octobre à mars et donnent des fruits presque tout au long de l’année, même s’ils ne mûrissent, semble-t-il, qu’entre novembre et janvier.

Ecologie

Dilobeia thouarsii est présent dans la forêt sempervirente humide du niveau de la mer jusqu’à 1800 m d’altitude, mais le plus souvent à 700–1300 m. Il est localement abondant.

Récolte

L’abattage des arbres nécessite un outillage spécial car leur bois est dense et dur, et les grumes qui sont lourdes ne se transportent pas facilement.

Traitement après récolte

Les noyaux des fruits sont broyés dans un mortier, puis les fragments obtenus sont mis à cuire dans une petite quantité d’eau. On écume l’huile à la surface du liquide.

Ressources génétiques

Dilobeia thouarsii est répandu dans l’est de Madagascar et localement commun. Rien n’indique que la menace d’érosion génétique soit imminente, même si la fragmentation de la forêt dans son aire de répartition risque de le menacer dans un avenir proche.

Perspectives

Dilobeia thouarsii est apprécié par les populations locales, surtout pour son bois dur et durable et pour ses graines riches en huile. On sait peu de choses sur ses taux de croissance et sa multiplication et les recherches se justifient si l’on souhaite élaborer des recommandations en vue de son exploitation durable.

Références principales

  • Bolza, E. & Keating, W.G., 1972. African timbers: the properties, uses and characteristics of 700 species. Division of Building Research, CSIRO, Melbourne, Australia. 710 pp.
  • Bosser, J. & Rabevohitra, R., 1991. Proteacées (Proteaceae). Flore de Madagascar et des Comores, familles 45, 57, 93 bis, 94, 107 bis. Muséum National d’Histoire Naturelle, Paris, France. pp. 47–69.
  • Decary, R., 1946. Plantes et animaux utiles de Madagascar. Annales du Musée Colonial de Marseille, 54e année, 6e série, 4e volume, 1er et dernier fascicule. 234 pp.
  • Guéneau, P., Bedel, J. & Thiel, J., 1970–1975. Bois et essences malgaches. Centre Technique Forestier Tropical, Nogent-sur-Marne, France. 150 pp.
  • Parant, B., Chichignoud, M. & Rakotovao, G., 1985. Présentation graphique des caractères technologiques des principaux bois tropicaux. Tome 5. Bois de Madagascar. CIRAD, Montpellier, France et Département des Recherches forestières et piscicoles du FOFIFA, Antananarivo, Madagascar. 162 pp.
  • Ralaibiharison, A.B.J.M., 1995. Contribution à l’étude de la fraction lipidique de Dilobeia thouarsii (Proteaceae). Mémoire de fin d’étude Ecole Supérieure des Sciences Agronomiques, Département Industrie agricoles et alimentairesaux Forêt, Université d’Antananarivo, Madagascar. 70 pp.
  • Schatz, G.E., 2001. Generic tree flora of Madagascar. Royal Botanic Gardens, Kew, Richmond, United Kingdom. 477 pp.
  • Takahashi, A., 1978. Compilation of data on the mechanical properties of foreign woods (part 3) Africa. Shimane University, Matsue, Japan. 248 pp.

Autres références

  • Boiteau, P., Boiteau, M. & Allorge-Boiteau, L., 1999. Dictionnaire des noms malgaches de végétaux. 4 Volumes + Index des noms scientifiques avec leurs équivalents malgaches. Editions Alzieu, Grenoble, France.
  • Brown, K.A., Ingram, J.C., Flynn, D.F.B., Razafindrazaka, R. & Jeannoda, V., 2009. Protected area safeguard tree and shrub communities from degradation and invasion: a case study in eastern Madagascar. Environmental Management 44: 136–148
  • Guéneau, P. & Guéneau, D., 1969. Propriétés physiques et mécaniques des bois malgaches. Cahiers scientifiques No 2, Centre Technique Forestier Tropical, Nogent-sur-Marne, France. 51 pp.
  • Kubitzki, K., 2007. Families and genera of vascular plants. Vol. 9. Flowering plants, Eudicots. Springer, Berlin, Germany. 509 pp.
  • Lanyon, J.W., 1979. The wood anatomy of three proteaceous timbers: Placospermum coriaceum, Dilobeia thouarsii and Garnieria spathulaefolia. IAWA Bulletin No 2–3: 27–33.
  • Rakotovao, G., Rabevohitra, R., Gerard, J., Détienne, P. & Collas de Chatelperron, P., en préparation. Atlas des bois de Madagascar. FOFIFA-DRFP, Antananarivo, Madagascar.
  • Sallenave, P., 1955. Propriétés physiques et mécaniques des bois tropicaux de l’Union française. Centre Technique Forestier Tropical, Nogent sur Marne, France. 129 pp.
  • Sallenave, P., 1971. Propriétés physiques et mecaniques des bois tropicaux. Deuxième supplément. Centre Technique Forestier Tropical, Nogent-sur-Marne, France. 128 pp.

Sources de l'illustration

  • Schatz, G.E., 2001. Generic tree flora of Madagascar. Royal Botanic Gardens, Kew, Richmond, United Kingdom. 477 pp.

Auteur(s)

  • S. Rakotonandrasana, Centre National d’Application des Recherches Pharmaceutiques, B.P. 702, 101 Antananarivo, Madagascar

Citation correcte de cet article

Rakotonandrasana, S., 2011. Dilobeia thouarsii Roem. & Schult. [Internet] Fiche de PROTA4U. Lemmens, R.H.M.J., Louppe, D. & Oteng-Amoako, A.A. (Editeurs). PROTA (Plant Resources of Tropical Africa / Ressources végétales de l’Afrique tropicale), Wageningen, Pays Bas.

Consulté le 8 mars 2020.


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