Detarium macrocarpum (PROTA)
Introduction |
Importance générale | |
Répartition en Afrique | |
Répartition mondiale | |
Médicinal | |
Bois d'œuvre | |
Statut de conservation | |
Detarium macrocarpum Harms
- Protologue: Bot. Jahrb. Syst. 30: 78 (1901).
- Famille: Caesalpiniaceae (Leguminosae - Caesalpinioideae)
Origine et répartition géographique
Detarium macrocarpum se rencontre dans le sud-est du Nigeria, au Cameroun, en Centrafrique, en Guinée équatoriale et au Gabon.
Usages
Le bois, souvent vendu sous le nom de “mambode”, “enouk” ou “alen” au Gabon, sous celui d’ “amouk” au Cameroun et d’ “enuk” en Guinée équatoriale, est utilisé pour la parqueterie, les menuiseries, les boiseries intérieures, les escaliers, le mobilier, l’ébénisterie, le tournage et les placages tranchés.
Au Cameroun, l’écorce est un des ingrédients du poison de chasse.
Production et commerce international
Le bois de Detarium macrocarpum est vendu en petites quantités sur le marché international, mais aucune statistique n’est disponible.
Propriétés
Le bois de cœur, brun rougeâtre à brun cuivré, présente souvent des stries brun foncé, et se distingue nettement de l’aubier rosé qui mesure 7–10 cm de large. Le fil est droit ou contrefil, le grain est moyen.
Le bois est moyennement lourd, avec une densité de 480–660 kg/m³ à 12% d’humidité. Il sèche lentement à l’air, avec un risque minime de déformation et de gerces. Les taux de retrait de l’état vert à anhydre sont de 3,3–4,3% dans le sens radial et de 4,8–6,0% dans le sens tangentiel. Une fois sec, le bois est moyennement stable en service. A 12% d’humidité, le module de rupture est de 83–115 N/mm², le module d’élasticité de 11 100–13 100 N/mm², la compression axiale de 46–64 N/mm² et la dureté de flanc Monnin de 3,2–4,6.
Le bois se scie et se travaille de manière satisfaisante en désaffûtant raisonnablement les dents de scies et les lames de coupe. Néanmoins, la présence de résine peut être problématique. Il faut utiliser un enduit bouche-pores si l’on souhaite obtenir une bonne finition. Un pré-perçage est recommandé pour le clouage et le vissage. Il se colle bien sauf lorsqu’il y a une grande quantité de résine. C’est un bois moyennement durable, car il ne résiste que modérément aux champignons, aux termites et aux térébrants marins. L’aubier est sensible aux foreurs du bois sec. Le bois est moyennement perméable aux produits de conservation.
Description
- Arbre de taille moyenne à très grande atteignant 60 m de haut ; fût dépourvu de branches jusqu’à 20 m, généralement rectiligne, cylindrique, jusqu’à 150(–200) cm de diamètre, présentant de petits contreforts ou bien une base légèrement renflée ; surface de l’écorce fissurée, devenant écailleuse, gris argenté à gris foncé ou brun grisâtre, écorce interne dure, fibreuse, brune à l’extérieur, rosée à l’intérieur ; cime en dôme ; rameaux glabres.
- Feuilles alternes, composées paripennées ou imparipennées avec 8–20 folioles ; stipules minuscules, rapidement caduques ; pétiolules de 5–7 mm de long ; folioles alternes, ovales à elliptiques, de 4–8 cm × 2–4,5 cm, légèrement inégales à la base, acuminées à l’apex, papyracées, à points translucides, glabres, pennatinervées avec de nombreuses nervures latérales.
- Inflorescence : panicule axillaire lâche, d’environ 8 cm de long, glabre.
- Fleurs bisexuées, légèrement zygomorphes ; pédicelle de 2–3 mm de long ; sépales 4, ovales à lancéolés, d’environ 5 mm de long, 1 légèrement plus large que les 3 autres, blanchâtres, glabres à l’extérieur, poilus à l’intérieur ; pétales absents ; étamines 10, libres, d’environ 5 mm de long ; ovaire supère, ellipsoïde, d’environ 2 mm de long, à poils denses, 1-loculaire, style d’environ 3 mm de long, cintré.
- Fruit : gousse drupacée, globuleuse à ovoïde, atteignant 7–8(–10) cm de diamètre, légèrement aplatie, indéhiscente, lisse et vert olive, pulpe vert pâle et fibreuse, noyau atteignant 6 cm de diamètre, ridé, contenant 1 seule graine.
- Plantule à germination épigée ; hypocotyle de 6–14 cm de long, épicotyle de 13–28 cm de long ; cotylédons épais et charnus, en forme de cuillère ; premières feuilles alternes, à 8–10 folioles.
Autres données botaniques
En général, les fruits arrivent à maturité pendant la saison sèche. Les éléphants les mangent et en disséminent les noyaux. Les céphalophes se nourrissent de la pulpe des fruits, mais comme ils n’avalent normalement pas les noyaux, ils ne jouent pas un rôle important dans la dissémination des graines, même s’il arrive que le céphalophe géant les avale. Les gorilles, les chimpanzés, les mandrilles et les cochons sont capables de casser l’épaisse paroi du noyau et de manger la graine.
Le genre Detarium comprend 3 espèces qui sont limitées à l’Afrique. Il est apparenté au genre Copaifera. Si les 3 espèces sont assez similaires sur le plan morphologique, elles sont différentes sur le plan écologique.
Ecologie
Detarium macrocarpum se rencontre dans la forêt humide de basses terres, ainsi que dans les forêts-galeries. En Guinée équatoriale et au Gabon, il est normalement présent à l’intérieur des terres, assez loin de la côte. La pluviométrie annuelle dans son aire de répartition est d’environ 1400 mm. On trouve Detarium macrocarpum normalement dans les endroits bien drainés.
Gestion
En général, les grands sujets de Detarium macrocarpum sont disséminés dans la forêt et en faibles densités. Dans le sud-ouest du Cameroun, la densité moyenne de fûts dépassant 60 cm de diamètre est de 0,07 par ha, avec un volume de bois moyen de 0,73 m³/ha. Au Gabon, on a signalé un volume de bois moyen de 0,08 m³/ha seulement. Les grumes récemment ramassées flotteraient sur l’eau, ce qui rend leur transport par flottage possible. La durabilité du bois dans la forêt est moyenne, c’est pourquoi il est recommandé de traiter les grumes avec des produits de conservation ou bien de les usiner sans tarder.
Les éléphants mangent souvent l’écorce de l’arbre ce qui a pour effet d’endommager le fût et de l’épaissir à la base. Cela dit, les fibres de l’écorce se brisant, ils ne peuvent arracher de grosses plaques.
Ressources génétiques
Detarium macrocarpum n’est pas très répandu et ses arbres sont disséminés dans la forêt, généralement en faibles densités, ce qui pourrait entraîner un risque d’érosion génétique ; la plus grande prudence s’impose donc si l’on souhaite développer son exploitation.
Perspectives
Detarium macrocarpum est une essence à bois d’œuvre précieuse qui se rencontre, malgré tout, en trop faibles densités pour pouvoir jouer un rôle au niveau commercial. En pratique, il n’existe aucune information technique sur de nombreux aspects, notamment sur ses taux de croissance, sa multiplication et sa conduite en forêt naturelle et en plantation, et des études s’imposent pour permettre d’évaluer ses possibilités d’exploitation de manière durable.
Etant donné la présence de fruits et de graines comestibles et les nombreuses applications médicinales qui existe chez d’autres Detarium spp., il est recommandé d’effectuer des recherches phytochimiques et pharmacologiques sur Detarium macrocarpum.
Références principales
- CIRAD Forestry Department, 2009. Amouk. [Internet] Tropix 6.0. http://tropix.cirad.fr/ africa/amouk.pdf. April 2010.
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- Vivien, J. & Faure, J.J., 1985. Arbres des forêts denses d’Afrique Centrale. Agence de Coopération Culturelle et Technique, Paris, France. 565 pp.
- White, L. & Abernethy, K., 1997. A guide to the vegetation of the Lopé Reserve, Gabon. 2nd edition. Wildlife Conservation Society, New York, United States. 224 pp.
Autres références
- Aubréville, A., 1968. Légumineuses - Caesalpinioidées (Leguminosae - Caesalpinioideae). Flore du Gabon. Volume 15. Muséum National d’Histoire Naturelle, Paris, France. 362 pp.
- Aubréville, A., 1970. Légumineuses - Césalpinioidées (Leguminosae - Caesalpinioideae). Flore du Cameroun. Volume 9. Muséum National d’Histoire Naturelle, Paris, France. 339 pp.
- Christy, P., Jaffré, R., Ntougou, O. & Wilks, C., 2003. La forêt et la filière bois au Gabon. Projet Aménagement Forestier et Environnement, Libreville, Gabon. 389 pp.
- de Saint-Aubin, G., 1963. La forêt du Gabon. Publication No 21 du Centre Technique Forestier Tropical, Nogent-sur-Marne, France. 208 pp.
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- Lewis, G., Schrire, B., MacKinder, B. & Lock, M., 2005. Legumes of the world. Royal Botanic Gardens, Kew, Richmond, United Kingdom. 577 pp.
- Normand, D. & Paquis, J., 1976. Manuel d’identification des bois commerciaux. Tome 2. Afrique guinéo-congolaise. Centre Technique Forestier Tropical, Nogent-sur-Marne, France. 335 pp.
- Tailfer, Y., 1989. La forêt dense d’Afrique centrale. Identification pratique des principaux arbres. Tome 2. CTA, Wageningen, Pays Bas. pp. 465–1271.
- Wilks, C. & Issembé, Y., 2000. Les arbres de la Guinée Equatoriale: Guide pratique d’identification: région continentale. Projet CUREF, Bata, Guinée Equatoriale. 546 pp.
Auteur(s)
- R.H.M.J. Lemmens, PROTA Network Office Europe, Wageningen University, P.O. Box 341, 6700 AH Wageningen, Netherlands
Consulté le 3 avril 2025.
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