Introduction |
Cynometra hankei Harms
- Protologue: Notizbl. Bot. Gart. Berlin-Dahlem, App. 21(2) : 39 (1911).
- Famille: Caesalpiniaceae (Leguminosae - Caesalpinioideae)
Origine et répartition géographique
L’aire de répartition de Cynometra hankei s’étend depuis le sud-est du Nigeria et l’ouest du Cameroun jusqu’à la R.D. du Congo.
Usages
Le bois, connu au Cameroun sous le nom de “nkokom” ou de “nganga”, est utilisé pour la construction lourde, la construction de ponts, la parqueterie lourde, la menuiserie, les traverses de chemin de fer, les manches d’outils et les placages tranchés. Il se prête à la construction navale, à la charronnerie, à la fabrication d’étais de mines, d’articles de sport, de jouets et d’articles de fantaisie, d’instruments agricoles, à la sculpture et au tournage.
Propriétés
Le bois de cœur, brun rougeâtre, qui présente souvent des taches rubanées légèrement brillantes sur les surfaces sciées sur quartier, se distingue nettement de l’aubier, brun pâle et de 3 cm de large. Le fil est droit ou contrefil, le grain est fin.
C’est un bois lourd, d’une densité de (740–)870–980 kg/m³ à 12% d’humidité. Il sèche à l’air lentement avec une tendance aux gerces et aux fentes en bout. Le séchage doit donc s’effectuer avec soin. Les taux de retrait sont élevés, de l’état vert à anhydre ils sont de 5,1–5,7% dans le sens radial et de 9,9–11,0% dans le sens tangentiel. Une fois sec, le bois n’est pas stable en service.
A 12% d’humidité, le module de rupture est de 150–213 N/mm², le module d’élasticité de 15 500 N/mm², la compression axiale de 75 N/mm², le fendage de 21–24 N/mm et la dureté de flanc Chalais-Meudon de 7, 2–10,3.
C’est un bois qui se scie lentement mais assez bien. Lors du rabotage, il est recommandé d’utiliser un angle de coupe de 15° pour obtenir un beau fini, et d’employer des lames de coupe bien affûtées. Les avant-trous sont nécessaires pour le clouage et le vissage, mais le bois tient bien les clous comme les vis. Grâce au ponçage, on obtient des surfaces lisses et le bois se polit et se tourne bien. Il est durable, résiste aux attaques des champignons, des termites, des Lyctus et des térébrants marins, mais peut parfois être attaqué par les scolytes. Le bois de cœur est rebelle à l’imprégnation avec des produits de conservation, contrairement à l’aubier qui est moyennement perméable. La sciure peut provoquer une irritation des voies respiratoires et des yeux.
Des alcaloïdes imidazoliques ont été isolés de l’écorce et des graines.
Description
- Arbre sempervirent de taille moyenne à grande atteignant 45 m de haut ; fût dépourvu de branches sur 22 m, habituellement droit et cylindrique, atteignant 150 cm de diamètre, à fins contreforts atteignant 8 m de haut ; surface de l’écorce se desquamant en petites écailles, grise à marques brun rougeâtre, écorce interne brune, virant au brun rougeâtre à l’exposition ; cime en dôme, à branches ascendantes ; rameaux garnis de poils courts, à lenticelles rougeâtres.
- Feuilles disposées en spirale, composées paripennées à 7–15 paires de folioles ; stipules linéaires, d’environ 0,5 cm de long, caduques ; pétiole et rachis mesurant ensemble 2–10 cm de long, sillonnés au-dessus et souvent légèrement ailés, à poils courts ; folioles opposées, sessiles, oblongues, de 0,5–3 cm × 0,2–1 cm, arrondies à légèrement émarginées à l’apex, glabres ou légèrement pubescentes au-dessous.
- Inflorescence : panicule axillaire ou terminale atteignant 12 cm de long, garnie de poils courts ; bractées de petite taille.
- Fleurs bisexuées, presque régulières, blanchâtres ; pédicelle de 0,5–1,5 cm de long, à pubescence courte, articulé à proximité de l’apex et persistant après la chute des fleurs ; sépales 4, ovales à arrondis, de 3–3,5 mm de long, réfléchis ; pétales 5, libres, obovales à lancéolés, de 3–4 mm de long ; étamines 10, libres, de 5–6 mm de long, légèrement inégales ; ovaire supère, ellipsoïde, d’environ 2 mm de long, à stipe court, pubescent, 1-loculaire, style de 2,5–3 mm de long.
- Fruit : gousse aplatie un peu obliquement oblongue-obovale, de 6–9 cm × 3–4 cm, à stipe court, à courte pointe à l’apex, lisse et brune, déhiscente par 2 valves ligneuses qui se vrillent, contenant 1–2 graines. Graines arrondies, brun foncé.
- Plantule à germination épigée ; hypocotyle de 2,5–3,5 cm de long, épicotyle de 3–6,5 cm de long ; cotylédons oblongs, épais et charnus, ridés ; les 2 premières feuilles opposées, à nombreuses folioles, feuilles subséquentes alternes.
Autres données botaniques
Les plantes décrites comme Cynometra hankei en R.D. du Congo diffèrent légèrement de celles du Nigeria et du Cameroun et en cela pourraient constituer une autre espèce non répertoriée. Les folioles sont souvent plus petites et complètement glabres, le rachis est légèrement ailé entre les paires de folioles, et les pédicelles sont plus longs.
Le genre Cynometra comprend quelque 90 espèces présentes dans toutes les régions tropicales. On en trouve à peu près 25 en Afrique continentale tropicale et une dizaine à Madagascar. L’Asie tropicale et l’Amérique tropicale en comptent environ 25 chacune.
Cynometra mannii
L’aire de répartition de Cynometra mannii Oliv. est dans une large mesure semblable à celle de Cynometra hankei, puisqu’elle s’étend du sud-est du Nigeria au sud-ouest de la R.D. du Congo, souvent en bord de rivières. Il s’agit d’un arbre de taille petite à moyenne atteignant 17 m de haut, à fût court et irrégulier. Le bois, brun rougeâtre et dur, sert parfois par exemple à confectionner des nasses à poisson. Au Congo, la décoction d’écorce soigne la toux ; l’écorce a la réputation d’être purgative et émétique.
Ecologie
Cynometra hankei se rencontre dans la forêt sempervirente jusqu’à 1000 m d’altitude, normalement sur des sols bien drainés et sablonneux. On le trouve souvent par petits groupes.
Gestion
Dans l’ouest du Cameroun, la densité moyenne d’arbres de Cynometra hankei ayant un diamètre de fût supérieur à 60 cm est de 0,4–0,5 par ha, et le volume moyen de bois d’œuvre de 2,6–3,5 m³/ha. Le diamètre minimal de fût pour l’abattage est de 60 cm au Cameroun. En R.D. du Congo, un arbre de 35 m de haut ayant un fût de 18 m de long et un diamètre de 60 cm a produit 3,5 m³ de bois.
Ressources génétiques
Etant assez largement réparti et commun, Cynometra hankei ne semble guère menacé d’érosion génétique. Pourtant, les peuplements du sud-ouest du Nigeria et de l’ouest du Cameroun pourraient facilement être mis en danger par la déforestation qui sévit actuellement.
Perspectives
Son bois dur et lourd et ses contreforts souvent hauts sont autant d’inconvénients majeurs qui freinent la commercialisation de Cynometra hankei. Néanmoins, sa durabilité naturelle et sa résistance à l’abrasion, toutes les deux importantes, laissent entrevoir des possibilités pour la production commerciale de bois d’œuvre destinée à des fins spécifiques comme les parquets résistants, à condition que les cycles de rotation soient acceptables. Il est préconisé d’effectuer des recherches sur les taux de croissance en conditions favorables et sur des modes de conduite judicieux. Il conviendrait d’étudier la biosystématique des peuplements du Nigeria et du Cameroun d’une part, et de la R.D. du Congo d’autre part car il n’est pas impossible qu’ils correspondent à deux espèces différentes.
Références principales
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- Fouarge, J., Sacré, E. & Mottet, A., 1950. Appropriation des bois congolais aux besoins de la métropole. Série Technique No 38. Institut National pour l’Étude Agronomique du Congo belge (INEAC), Brussels, Belgium. 17 pp.
- Takahashi, A., 1978. Compilation of data on the mechanical properties of foreign woods (part 3) Africa. Shimane University, Matsue, Japan. 248 pp.
- Vivien, J. & Faure, J.J., 1985. Arbres des forêts denses d’Afrique Centrale. Agence de Coopération Culturelle et Technique, Paris, France. 565 pp.
Autres références
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- Aubréville, A., 1970. Légumineuses - Césalpinioidées (Leguminosae - Caesalpinioideae). Flore du Cameroun. Volume 9. Muséum National d’Histoire Naturelle, Paris, France. 339 pp.
- Burkill, H.M., 1995. The useful plants of West Tropical Africa. 2nd Edition. Volume 3, Families J–L. Royal Botanic Gardens, Kew, Richmond, United Kingdom. 857 pp.
- Neuwinger, H.D., 2000. African traditional medicine: a dictionary of plant use and applications. Medpharm Scientific, Stuttgart, Germany. 589 pp.
- Raponda-Walker, A. & Sillans, R., 1961. Les plantes utiles du Gabon. Paul Lechevalier, Paris, France. 614 pp.
- Tailfer, Y., 1989. La forêt dense d’Afrique centrale. Identification pratique des principaux arbres. Tome 2. CTA, Wageningen, Pays Bas. pp. 465–1271.
- Waterman, P.G. & Faulkner, D.F., 1981. Imidazole alkaloids from Cynometra hankei. Phytochemistry 20(12): 2765–2767.
- Wilczek, R., Léonard, J., Hauman, L., Hoyle, A.C., Steyaert, R., Gilbert, G. & Boutique, R., 1952. Caesalpiniaceae. In: Robyns, W., Staner, P., Demaret, F., Germain, R., Gilbert, G., Hauman, L., Homès, M., Jurion, F., Lebrun, J., Vanden Abeele, M. & Boutique, R. (Editors). Flore du Congo belge et du Ruanda-Urundi. Spermatophytes. Volume 3. Institut National pour l’Étude Agronomique du Congo belge, Brussels, Belgium. pp. 234–554.
Auteur(s)
- R.H.M.J. Lemmens, PROTA Network Office Europe, Wageningen University, P.O. Box 341, 6700 AH Wageningen, Netherlands
Citation correcte de cet article
Lemmens, R.H.M.J., 2011. Cynometra hankei Harms. [Internet] Fiche de PROTA4U. Lemmens, R.H.M.J., Louppe, D. & Oteng-Amoako, A.A. (Editeurs). PROTA (Plant Resources of Tropical Africa / Ressources végétales de l’Afrique tropicale), Wageningen, Pays Bas.
Consulté le 3 avril 2025.
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