Les témoins (cookies) nous aident à fournir nos services. En utilisant nos services, vous acceptez notre utilisation des témoins.

Cynoglossum coeruleum (PROTA)

Prota logo vert.gif
Ressources végétales de l'Afrique tropicale
Introduction
Liste des espèces


Importance générale Fairytale bookmark gold.svgFairytale bookmark gold.svgGood article star.svgGood article star.svgGood article star.svg
Répartition en Afrique Fairytale bookmark gold.svgFairytale bookmark gold.svgFairytale bookmark gold.svgGood article star.svgGood article star.svg
Répartition mondiale Fairytale bookmark gold.svgGood article star.svgGood article star.svgGood article star.svgGood article star.svg
Médicinal Fairytale bookmark gold.svgFairytale bookmark gold.svgGood article star.svgGood article star.svgGood article star.svg
Fourrage Fairytale bookmark gold.svgGood article star.svgGood article star.svgGood article star.svgGood article star.svg


Cynoglossum coeruleum A.DC.


Protologue: Prodr. 10 : 148 (1846).
Famille: Boraginaceae
Nombre de chromosomes: 2n = 24

Synonymes

  • Cynoglossum geometricum Baker & C.H.Wright (1905).

Origine et répartition géographique

Cynoglossum coeruleum est passablement répandu en Afrique centrale, orientale et australe.

Usages

Au Kenya, on inhale la vapeur de feuilles écrasées de Cynoglossum coeruleum pour traiter la fièvre et la grippe, et on frotte les feuilles broyées sur les piqûres de scorpion. On donne à boire une décoction de feuilles aux femmes parturientes pour hâter l’élimination du placenta. Une décoction préparée à partir de racines broyées et macérées est bue par les femmes enceintes pour calmer les douleurs abdominales. En Afrique australe, on applique les plantes broyées comme emplâtre sur les blessures, et la plante entière est utilisée comme remède contre les coliques. En R.D. du Congo, on l’emploie comme vermifuge, spécifiquement contre le ténia. Au Kenya, on signale que la plante est broutée par le bétail.

Propriétés

Les alcaloïdes du groupe des pyrrolizidines sont des constituants communs des Boraginaceae et des Asteracea e, ainsi que du genre Crotalaria parmi les Papilionaceae. Ils sont dérivés d’acides aminés tels que l’ornithine. De nombreuses pyrrolizidines ont une toxicité hépatique prononcée, mais les poumons et autres organes peuvent être également affectés. On a signalé des actions mutagènes et cancérigènes de ces alcaloïdes.

On ne connaît aucune analyse spécifique des propriétés de Cynoglossum coeruleum. Plusieurs autres espèces de Cynoglossum sont hautement toxiques pour les chevaux et les bovins, principalement au stade rosette, en raison de la présence de pyrrolizidines. Deux pyrrolizidines ont été signalées chez une autre espèce africaine, Cynoglossum lanceolatum Forssk. : la cynaustraline et la cynaustine, et cinq chez l’espèce asiatique et américaine, Cynoglossum amabile Stapf & J.R.Drumm. : la supinine, l’amabiline, la rindérine, l’échinatine, et la 3’-O-acétyléchinatine. Cynoglossum officinale L., indigène d’Europe et d’Asie occidentale tempérée et mauvaise herbe introduite aux Etats-Unis, est de loin la plus étudiée des espèces du genre.

Description

Plante herbacée pérenne, bisannuelle ou annuelle, atteignant 120 cm de hauteur, très densément poilue sur les parties jeunes, en général avec une forte racine pivotante lignifiée. Feuilles alternes, simples et entières ; stipules absentes ; pétiole de 2–10 cm de long sur les feuilles de la base, feuilles supérieures sessiles ; limbe étroitement ovale, elliptique-oblong, linéaire-oblong ou oblancéolé, mesurant à la base de la plante 8–21(–30) cm × 1–6 cm, rugueux avec de courts poils apprimés émergeant de cystolithes blancs ponctuels, apex aigu. Inflorescence : cyme scorpioïde axillaire ou terminale, simple, dichasiale ou trifide, dépourvue de bractées. Fleurs bisexuées, régulières, 5-mères ; corolle bleue ou mauve rosé, tube d’environ 2 mm de long. Fruit constitué de 4 nucules ovoïdes comprimées, de (2,5–)3,5–4 mm de long, rougeâtres, entièrement couvertes de poils barbelés.

Autres données botaniques

Le genre Cynoglossum comprend une cinquantaine d’espèces, réparties dans le monde entier. Cynoglossum coeruleum est une espèce variable, dans laquelle on distingue plusieurs sous-espèces. On trouve des intermédiaires entre Cynoglossum coeruleum et Cynoglossum lanceolatum, ce qui rend malaisée la distinction entre ces espèces.

Cynoglossum lanceolatum

Cynoglossum lanceolatum est employé en Ethiopie comme fébrifuge, et au Nigeria on ajoute ses feuilles dans la soupe. Au Vietnam, on le considère comme diurétique.

Cynoglossum monophlebium

Cynoglossum monophlebium Baker est endémique de Madagascar et est employé comme antirhumatismal.

Cynoglossum amabile

Cynoglossum amabile a été introduit en Afrique de l’Est comme plante ornementale, et s’est naturalisé dans certaines parties de la Tanzanie. On l’emploie en médecine traditionnelle chinoise pour traiter la toux et les scrofules, et comme hémostatique sur les blessures.

Ecologie

Cynoglossum coeruleum se rencontre dans une large gamme de milieux tels que savanes herbeuses (surpâturées), brousses, forêts sempervirentes, et comme adventice dans les cultures, à 750–3150(–3650) m d’altitude.

Ressources génétiques

Il n’existe pas de collections de ressources génétiques de Cynoglossum. Cette espèce passablement répandue dans divers habitats n’est pas menacée d’érosion génétique.

Perspectives

On connaît peu de chose des propriétés de Cynoglossum coeruleum. Les études d’espèces voisines mentionnent d’intéressantes propriétés, telles que la guérison des blessures et des actions antibactériennes. Une recherche sur ces aspects en Afrique est désirable, et elle pourrait augmenter son importance médicinale dans la région. Une amélioration de la classification taxinomique n’est considérée comme possible qu’après une étude détaillée des taxons tant en Afrique qu’en Inde.

Références principales

  • Burkill, H.M., 1985. The useful plants of West Tropical Africa. 2nd Edition. Volume 1, Families A–D. Royal Botanic Gardens, Kew, Richmond, United Kingdom. 960 pp.
  • Giday, M., Asfaw, Z., Elmqvist, T. & Woldu, Z., 2003. An ethnobotanical study of medicinal plants used by the Zay people in Ethiopia. Journal of Ethnopharmacology 85: 43–52.
  • Lugt, Ch.B. & Lemmens, R.H.M.J., 2003. Cynoglossum L. In: Lemmens, R.H.M.J. & Bunyapraphatsara, N. (Editors). Plant Resources of South-East Asia No 12(3). Medicinal and poisonous plants 3. Backhuys Publishers, Leiden, Netherlands. pp. 148–150.
  • van Dam, N.M., Verpoorte, R. & van der Meijden, E., 1994. Extreme differences in pyrrolizidine alkaloid levels between leaves of Cynoglossum officinale L. Phytochemistry 37(4): 1013–1016.
  • Verdcourt, B., 1991. Boraginaceae. In: Polhill, R.M. (Editor). Flora of Tropical East Africa. A.A. Balkema, Rotterdam, Netherlands. 125 pp.

Autres références

  • Boiteau, P. & Allorge-Boiteau, L., 1993. Plantes médicinales de Madagascar. Agence de Coopération Culturelle et Technique, Paris, France. 135 pp.
  • Chifundera, K., 2001. Contribution to the inventory of medicinal plants from the Bushi area, South Kivu Province, Democratic Republic of Congo. Fitoterapia 72: 351–368.
  • Iwu, M.M., 1993. Handbook of African medicinal plants. CRC Press, Boca Raton, Florida, United States. 464 pp.
  • Jansen, P.C.M., 1981. Spices, condiments and medicinal plants in Ethiopia, their taxonomy and agricultural significance. Agricultural Research Reports 906. Centre for Agricultural Publishing and Documentation, Wageningen, Netherlands. 327 pp.
  • Kokwaro, J.O., 1993. Medicinal plants of East Africa. 2nd Edition. Kenya Literature Bureau, Nairobi, Kenya. 401 pp.
  • Suri, K.A., Sawhney, R.S. & Atal, C.K., 1975. Pyrrolizidine alkaloids from Cynoglossum lanceolatum, C. glochidiatum and Lindelofia angustifolia. Indian Journal of Pharmacy 37(3): 69–70.
  • Taton, A., 1971. Boraginaceae. In: Flore du Congo, du Ruanda et du Burundi. Spermatophytes. Jardin botanique national de Belgique, Brussels, Belgium. 82 pp.

Auteur(s)

  • C.H. Bosch, PROTA Network Office Europe, Wageningen University, P.O. Box 341, 6700 AH Wageningen, Netherlands

Citation correcte de cet article

Bosch, C.H., 2006. Cynoglossum coeruleum DC. In: Schmelzer, G.H. & Gurib-Fakim, A. (Editors). PROTA (Plant Resources of Tropical Africa / Ressources végétales de l’Afrique tropicale), Wageningen, Netherlands. Consulté le 3 avril 2025.


  • Voir cette page sur la base de données Prota4U.
Lire dans une autre langue