Ctenolophon englerianus (PROTA)

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Ressources végétales de l'Afrique tropicale
Introduction
Liste des espèces


Importance générale Fairytale bookmark gold.svgFairytale bookmark gold.svgGood article star.svgGood article star.svgGood article star.svg
Répartition en Afrique Fairytale bookmark gold.svgGood article star.svgGood article star.svgGood article star.svgGood article star.svg
Répartition mondiale Fairytale bookmark gold.svgGood article star.svgGood article star.svgGood article star.svgGood article star.svg
Bois d'œuvre Fairytale bookmark gold.svgFairytale bookmark gold.svgGood article star.svgGood article star.svgGood article star.svg
Bois de feu Fairytale bookmark gold.svgGood article star.svgGood article star.svgGood article star.svgGood article star.svg


Ctenolophon englerianus Mildbr.


répartition en Afrique (sauvage)
1, base du fût ; 2, rameau en fleurs ; 3, fleur. Redessiné et adapté par Iskak Syamsudin
Protologue: Notizbl. Bot. Gart. Berlin-Dahlem 8: 706 (1924).
Famille: Ctenolophonaceae

Origine et répartition géographique

L’aire de Ctenolophon englerianus s’étend du sud du Nigeria jusqu’au Gabon et au nord de l’Angola.

Usages

Le bois, connu sous le nom d’ “okip” au Gabon, est employé pour la construction lourde comme les habitations, mais également les poteaux et les pirogues. Avec les contreforts, on confectionne des crosses de fusil. Le bois se prête à la parqueterie lourde, aux étais de mines, à la charronnerie, aux traverses de chemin de fer, aux articles de sport et aux instruments agricoles. On l’utilise comme bois de feu. L’écorce sert à fabriquer des murs de cases.

Production et commerce international

Le bois de Ctenolophon englerianus est utilisé localement et n’est que rarement vendu sur le marché international.

Propriétés

Le bois de cœur, brun rougeâtre, parfois à bandes pourpres, ne se distingue pas de l’aubier. Le fil est généralement droit, le grain fin. Le bois contient des dépôts huileux et des thylles.

C’est un bois lourd, avec une densité de 920–970 kg/m³ à 12% d’humidité, dur et résistant. Sa tendance au gauchissement, aux gerces et aux fentes pendant le séchage est élevée, c’est pourquoi il est conseillé de le sécher soigneusement et lentement. Les taux de retrait sont assez élevés, de l’état vert à anhydre ils sont de 5,9–6,5% dans le sens radial et de 9,0–9,3% dans le sens tangentiel. Une fois sec, le bois est moyennement stable en service. A 12% d’humidité, le module de rupture est de 182–240 N/mm², le module d’élasticité de 14 600–16 850 N/mm², la compression axiale de 71–96 N/mm², le cisaillement de 9,5–10,5 N/mm², le fendage de 14–27 N/mm et la dureté de flanc Chalais-Meudon de 7,5–18,2.

Le bois est assez difficile à scier et à travailler tant à la main qu’à la machine. Il émousse sérieusement les dents de scie et les lames de coupe. Le mortaisage, le moulurage et le rabotage sont difficiles, même si les résultats sont habituellement satisfaisants. Il est nécessaire de faire des avant-trous pour le clouage et le vissage. Le bois est durable, car il résiste aux attaques des termites et des Lyctus, mais il est sujet à celles des térébrants marins. Il est rebelle au traitement avec des produits de conservation.

Description

  • Arbre de taille petite à moyenne atteignant 25(–30) m de haut ; fût normalement droit, atteignant 80 cm de diamètre, cannelé à la base et à contreforts raides ; surface de l’écorce lisse, brune, devenant écailleuse avec de petites écailles irrégulières qui se détachent, écorce interne rosée ; cime arrondie, irrégulière ; rameaux recouverts de poils étoilés.
  • Feuilles opposées, simples et entières ; stipules interpétiolaires, caduques ; pétiole de 3–6 mm de long, légèrement sillonné ; limbe ovale à elliptique, de 3,5–8,5 cm × 2–5 cm, cunéiforme à la base, courtement acuminé à l’apex, coriace, glabre, pennatinervé à 6–8 paires de nervures latérales.
  • Inflorescence : panicule terminale, à pubescence courte avec des poils étoilés.
  • Fleurs bisexuées, régulières, 5-mères, parfumées ; pédicelle d’environ 2 mm de long ; sépales libres, arrondis, de 2–4 mm de diamètre, recouverts de poils minuscules ; pétales libres, oblongs, de 1–1,5 cm de long, à pubescence minuscule à l’extérieur, jaune verdâtre à rosés ; étamines 10, libres, de 1–1,5 cm de long, blanchâtres ; ovaire supère, allongé, densément poilu, 2-loculaire, style long, 2-lobé.
  • Fruit : capsule cylindrique de 1,5–2 cm de long, rayée longitudinalement, d’un brun brillant, déhiscente par 2 valves, contenant 1 seule graine.
  • Graines atteignant 1,5 cm de long, pourvues d’un arille fibreux semblable à un peigne.

Autres données botaniques

Ctenolophon est un petit genre qui comprend 2 espèces très distantes, l’une présente en Afrique tropicale et l’autre en Asie tropicale. Autrefois, il était classé dans la famille des Linaceae.

Anatomie

Description anatomique du bois (codes IAWA pour les bois feuillus) :

  • Cernes de croissance : 2 : limites de cernes indistinctes ou absentes.
  • Vaisseaux : 5 : bois à pores disséminés ; 9 : vaisseaux exclusivement solitaires (à 90% ou plus) ; 14 : perforations scalariformes ; 16 : perforations scalariformes avec 10–20 barreaux ; 17 : perforations scalariformes avec 20–40 barreaux ; (21 : ponctuations intervasculaires opposées) ; 22 : ponctuations intervasculaires en quinconce ; 25 : ponctuations intervasculaires fines (4–7 μm) ; 30 : ponctuations radiovasculaires avec des aréoles distinctes ; semblables aux ponctuations intervasculaires en forme et en taille dans toute la cellule du rayon ; 41 : diamètre tangentiel moyen du lumen des vaisseaux 50–100 μm ; 48 : 20–40 vaisseaux par millimètre carré ; 58 : gomme ou autres dépôts dans les vaisseaux du bois de cœur.
  • Trachéides et fibres : 61 : fibres avec des ponctuations simples ou finement (étroitement) aréolées ; 62 : fibres à ponctuations distinctement aréolées ; (63 : ponctuations des fibres fréquentes sur les parois radiales et tangentielles) ; 66 : présence de fibres non cloisonnées ; 70 : fibres à parois très épaisses.
  • Parenchyme axial : 76 : parenchyme axial en cellules isolées ; 77 : parenchyme axial en chaînettes ; 78 : parenchyme axial juxtavasculaire ; 92 : quatre (3–4) cellules par file verticale ; 93 : huit (5–8) cellules par file verticale.
  • Rayons : 97 : rayons 1–3-sériés (larges de 1–3 cellules) ; (98 : rayons couramment 4–10-sériés) ; (102 : hauteur des rayons > 1 mm) ; 107 : rayons composés de cellules couchées avec 2 à 4 rangées terminales de cellules dressées et/ou carrées ; 108 : rayons composés de cellules couchées avec plus de 4 rangées terminales de cellules dressées et/ou carrées ; 113 : présence de cellules des rayons avec parois disjointes ; 115 : 4–12 rayons par mm.
  • Inclusions minérales : 136 : présence de cristaux prismatiques ; 137 : cristaux prismatiques dans les cellules dressées et/ou carrées des rayons ; 138 : cristaux prismatiques dans les cellules couchées des rayons ; (140 : cristaux prismatiques dans les cellules cloisonnées, dressées et/ou carrées des rayons) ; 142 : cristaux prismatiques dans les cellules cloisonnées du parenchyme axial.
(E.E. Mwakalukwa, P. Baas & H. Beeckman)

Croissance et développement

Au Nigeria, Ctenolophon englerianus fleurit de mars à avril et d’août à septembre, au Gabon de mars à août. Les fruits mûrissent peu de temps après la floraison, et il arrive que l’on trouve à la fois des fleurs et des fruits mûrs sur le même arbre.

Ecologie

Ctenolophon englerianus se rencontre dans les forêts marécageuses d’eau douce et dans les ripisylves de basse altitude.

Gestion

Ctenolophon englerianus est localement grégaire. Dans certaines forêts de l’ouest du Gabon, on a relevé un volume de bois moyen de 1,1 m³/ha.

Ressources génétiques

L’aire de répartition de Ctenolophon englerianus est certes limitée, mais il n’en demeure pas moins commun localement, dans les milieux qui lui conviennent. Il n’est pas commercialement exploité et ne semble guère menacé d’érosion génétique pour l’instant.

Perspectives

Ctenolophon englerianus est une précieuse source de bois au niveau local qui est particulièrement prisée grâce à sa durabilité. Il ne semble pas avoir d’avenir en tant que bois d’œuvre commercial car il ne prospère que par endroits et son fût présente souvent une forme médiocre marquée de profonds sillons.

Références principales

  • Badré, F., 1973. Ctenolophonaceae. Flore du Gabon. Volume 21. Muséum National d’Histoire Naturelle, Paris, France. pp. 43–44.
  • Bolza, E. & Keating, W.G., 1972. African timbers: the properties, uses and characteristics of 700 species. Division of Building Research, CSIRO, Melbourne, Australia. 710 pp.
  • Burkill, H.M., 1985. The useful plants of West Tropical Africa. 2nd Edition. Volume 1, Families A–D. Royal Botanic Gardens, Kew, Richmond, United Kingdom. 960 pp.
  • de Saint-Aubin, G., 1963. La forêt du Gabon. Publication No 21 du Centre Technique Forestier Tropical, Nogent-sur-Marne, France. 208 pp.
  • Keay, R.W.J., 1989. Trees of Nigeria. A revised version of Nigerian trees (1960, 1964) by Keay, R.W.J., Onochie, C.F.A. & Stanfield, D.P. Clarendon Press, Oxford, United Kingdom. 476 pp.
  • Raponda-Walker, A. & Sillans, R., 1961. Les plantes utiles du Gabon. Paul Lechevalier, Paris, France. 614 pp.
  • Tailfer, Y., 1989. La forêt dense d’Afrique centrale. Identification pratique des principaux arbres. Tome 2. CTA, Wageningen, Pays Bas. pp. 465–1271.
  • Takahashi, A., 1978. Compilation of data on the mechanical properties of foreign woods (part 3) Africa. Shimane University, Matsue, Japan. 248 pp.

Autres références

  • Badré, F., 1972. Ctenolophonaceae. Flore du Cameroun. Volume 14. Muséum National d’Histoire Naturelle, Paris, France. p. 46.
  • Keay, R.W.J., 1958. Ctenolophonaceae. In: Keay, R.W.J. (Editor). Flora of West Tropical Africa. Volume 1, part 2. 2nd Edition. Crown Agents for Oversea Governments and Administrations, London, United Kingdom. p. 357.
  • Normand, D. & Paquis, J., 1976. Manuel d’identification des bois commerciaux. Tome 2. Afrique guinéo-congolaise. Centre Technique Forestier Tropical, Nogent-sur-Marne, France. 335 pp.
  • Sallenave, P., 1955. Propriétés physiques et mécaniques des bois tropicaux de l’Union française. Centre Technique Forestier Tropical, Nogent sur Marne, France. 129 pp.
  • Sallenave, P., 1964. Propriétés physiques et mécaniques des bois tropicaux. Premier supplément. Centre Technique Forestier Tropical, Nogent-sur-Marne, France. 79 pp.

Sources de l'illustration

  • de Saint-Aubin, G., 1963. La forêt du Gabon. Publication No 21 du Centre Technique Forestier Tropical, Nogent-sur-Marne, France. 208 pp.
  • Keay, R.W.J., 1989. Trees of Nigeria. A revised version of Nigerian trees (1960, 1964) by Keay, R.W.J., Onochie, C.F.A. & Stanfield, D.P. Clarendon Press, Oxford, United Kingdom. 476 pp.

Auteur(s)

  • E.A. Obeng, Forestry Research Institute of Ghana (FORIG), University P.O. Box 63, KNUST, Kumasi, Ghana

Citation correcte de cet article

Obeng, E.A., 2011. Ctenolophon englerianus Mildbr. [Internet] Fiche de PROTA4U. Lemmens, R.H.M.J., Louppe, D. & Oteng-Amoako, A.A. (Editeurs). PROTA (Plant Resources of Tropical Africa / Ressources végétales de l’Afrique tropicale), Wageningen, Pays Bas.

Consulté le 29 mars 2020.


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