Crotalaria lachnophora (PROTA)
Introduction |
Importance générale | |
Répartition en Afrique | |
Répartition mondiale | |
Céréale / légume sec | |
Médicinal | |
Auxiliaire | |
Sécurité alimentaire | |
Changement climatique | |
Crotalaria lachnophora A.Rich.
- Protologue: Tent. fl. abyss. 1 : 151 (1847).
- Famille: Papilionaceae (Leguminosae - Papilionoideae, Fabaceae)
- Nombre de chromosomes: n = 8
Noms vernaculaires
- Crotalaire à toison (Fr).
Origine et répartition géographique
Crotalaria lachnophora est répandu en Afrique tropicale, depuis le Sénégal jusqu’à l’Ethiopie et vers le sud jusqu’à l’Angola et au Zimbabwe. Il a récemment été introduit à Madagascar à partir du Rwanda.
Usages
Les graines de Crotalaria lachnophora sont réputées comestibles en R.D. du Congo. La culture de Crotalaria lachnophora est encouragée au Rwanda en tant qu’engrais vert dans des systèmes de rotation, avec le pois cajan (Cajanus cajan (L.) Millsp.) et Tephrosia vogelii Hook.f. A Madagascar, il est utilisé de façon expérimentale comme plante de couverture pour les jachères et en haies suivant les courbes de niveau. Au Guatemala, on l’a préconisé comme plante d’ombrage pour les caféières, et pour préserver le sol. On met des gouttes de jus de feuilles dans l’oreille pour traiter l’otite.
Propriétés
Divers alcaloïdes et acides aminés non protéiques (γ-glutamyltyrosine, isowillardiine, acide 2-pipérudinecarboxylique) ont été détectés dans les graines de Crotalaria lachnophora et pourraient provoquer une toxicité. Cependant, des acides aminés reconnus toxiques pour les mammifères et les oiseaux, présents chez de nombreuses espèces de Crotalaria, n’ont pas été détectés chez Crotalaria lachnophora.
Description
- Plante herbacée vivace ou arbuste atteignant 3 m de haut, fortement ramifiée dans sa partie supérieure ; rameaux densément poilus.
- Feuilles alternes, 3-foliolées ; stipules oblongues-falciformes, de 1–2,5 cm × 2–8 mm, caudées ; pétiole de 0,5–3,5(–5) cm de long ; pétiolules de 1–2,5 mm de long ; folioles oblancéolées à obovales, de 3–7,5(–10) cm × 0,5–3,5 cm, base cunéiforme, apex aigu à arrondi, à poils densément couchés en dessous.
- Inflorescence : grappe terminale lâche de 10–30 cm de long, à fleurs peu nombreuses à nombreuses.
- Fleurs bisexuées, papilionacées ; pédicelle de 5–11 mm de long ; calice de 11–15(–18) mm de long, à poils étalés, lobes deux fois plus longs que le tube ; corolle jaune, passant à rouge orangé, étendard circulaire, d’environ 20 mm × 20–30 mm, ailes largement oblongues, de 20–30 mm × 10–12 mm, carène brusquement arrondie dans sa moitié inférieure, de (13–)20–24(–26) mm × 11 mm, à bec assez court, obtus, légèrement incurvé ; étamines 10, toutes soudées ; ovaire supère, 1-loculaire, style de 20–23 mm de long.
- Fruit : gousse largement cylindrique, de 2–4,5 cm × 1–2 cm, poilu, à 16–18 graines.
- Graines oblongues à réniformes, de 4,5–5 mm de long, granulées, jaune orangé.
Autres données botaniques
Le genre Crotalaria comprend environ 600 espèces réparties dans toutes les régions tropicales et subtropicales, dont près de 500 espèces se trouvent en Afrique tropicale. Crotalaria lachnophora appartient à la section Chrysocalycinae, sous-section Stipulosae.
Ecologie
Crotalaria lachnophora est présente dans les savanes herbeuses et boisées, parfois dans les maquis épineux ; on le trouve également aux abords de routes et dans les endroits perturbés ou cultivés, à 900–2200 m d’altitude. Au Nigeria, il est présent dans les régions où la pluviométrie annuelle moyenne est de 500–1300 mm, sur des sols acides et ferrugineux.
Ressources génétiques
Une seule entrée de Crotalaria lachnophora, originaire du Kenya, est conservée au National Genebank of Kenya, Crop Plant Genetic Resources Centre, KARI, à Kikuyu. Crotalaria lachnophora est largement réparti et n’est pas menacé d’érosion génétique.
Perspectives
Même si les graines de Crotalaria lachnophora ont la réputation d’être comestibles, des substances qui pourraient être toxiques ont été détectées dans les graines. On a besoin d’en savoir davantage sur la toxicité des graines et sur les méthodes qui conviennent pour éliminer les composés toxiques. Crotalaria lachnophora offre un certain potentiel comme engrais vert.
Références principales
- Beentje, H.J., 1994. Kenya trees, shrubs and lianas. National Museums of Kenya, Nairobi, Kenya. 722 pp.
- Burkill, H.M., 1995. The useful plants of West Tropical Africa. 2nd Edition. Volume 3, Families J–L. Royal Botanic Gardens, Kew, Richmond, United Kingdom. 857 pp.
- Gillett, J.B., Polhill, R.M., Verdcourt, B., Schubert, B.G., Milne-Redhead, E., & Brummitt, R.K., 1971. Leguminosae (Parts 3–4), subfamily Papilionoideae (1–2). In: Milne-Redhead, E. & Polhill, R.M. (Editors). Flora of Tropical East Africa. Crown Agents for Oversea Governments and Administrations, London, United Kingdom. 1108 pp.
- Pilbeam, D.J. & Bell, E.A., 1979. Free amino acids in Crotalaria seeds. Phytochemistry 18: 973–985.
- Polhill, R.M., 1982. Crotalaria in Africa and Madagascar. A.A. Balkema, Rotterdam, Netherlands. 389 pp.
Autres références
- Berhaut, J., 1976. Flore illustrée du Sénégal. Dicotylédones. Volume 5. Légumineuses Papilionacées. Gouvernement du Sénégal, Ministère du Développement Rural et de l’Hydraulique, Direction des Eaux et Forêts, Dakar, Senegal. 658 pp.
- du Puy, D.J., Labat, J.N., Rabevohitra, R., Villiers, J.-F., Bosser, J. & Moat, J., 2002. The Leguminosae of Madagascar. Royal Botanic Gardens, Kew, Richmond, United Kingdom. 750 pp.
- Hepper, F.N., 1958. Papilionaceae. In: Keay, R.W.J. (Editor). Flora of West Tropical Africa. Volume 1, part 2. 2nd Edition. Crown Agents for Oversea Governments and Administrations, London, United Kingdom. pp. 505–587.
- Husaini, S.W.H. & Gill, L.S., 1985. Cytomorphological studies of the genus Crotalaria L. (Leguminosae) from Nigeria. Boletim da Sociedade Broteriana, Série 2, 58(2): 149–172.
- ILDIS, 2005. World database of Legumes, Version 9,00. International Legume Database & Information Service. [Internet] http://www.ildis.org/. June 2005.
- Moller, K., 1990. Manuel des techniques agroforestières pour la conservation et amélioration biologique des sols: la jachère. Centre FAFIALA, Antananarivo, Madagascar. 15 pp.
- Neuwinger, H.D., 2000. African traditional medicine: a dictionary of plant use and applications. Medpharm Scientific, Stuttgart, Germany. 589 pp.
- Thulin, M., 1989. Fabaceae (Leguminosae). In: Hedberg, I. & Edwards, S. (Editors). Flora of Ethiopia. Volume 3. Pittosporaceae to Araliaceae. The National Herbarium, Addis Ababa University, Addis Ababa, Ethiopia and Department of Systematic Botany, Uppsala University, Uppsala, Sweden. pp. 49–251.
- Toussaint, L., Wilczek, R., Gillett, J.B. & Boutique, R., 1953. Papilionaceae (première partie). In: Robyns, W., Staner, P., Demaret, F., Germain, R., Gilbert, G., Hauman, L., Homès, M., Jurion, F., Lebrun, J., Vanden Abeele, M. & Boutique, R. (Editors). Flore du Congo belge et du Ruanda-Urundi. Spermatophytes. Volume 4. Institut National pour l’Étude Agronomique du Congo belge, Brussels, Belgium. 314 pp.
- Wiedenroth, E.-M., 1991. Florenschutz durch Florennutzung in Rwanda. Gleditschia 19(2): 379–384.
Auteur(s)
- M. Brink, PROTA Network Office Europe, Wageningen University, P.O. Box 341, 6700 AH Wageningen, Netherlands
Citation correcte de cet article
Brink, M., 2006. Crotalaria lachnophora Hochst. ex A.Rich. In: Brink, M. & Belay, G. (Editors). PROTA (Plant Resources of Tropical Africa / Ressources végétales de l’Afrique tropicale), Wageningen, Netherlands. Consulté le 4 avril 2025.
- Voir cette page sur la base de données Prota4U.