Courges (Vilmorin-Andrieux, 1904)

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Corne-de-cerf
Vilmorin-Andrieux, Les plantes potagères, 1904
Cucurbita maxima

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COURGES
Cucurbita L.
Fam. des Cucurbitacées.
NOMS ÉTR.: ANGL. Gourd ; (AM.) Squash. — ALL. Speise-Kürbiss. — FLAM. et HOLL. Pompoen. — DAN. Grœskar. — SUÉD. Pumpa. — ITAL. Zucca. — ESP. Zapallo, Calabaza. — PORT. Abobora. — RUSSE Tykva. — POL. Dynia, Arbuz.

Les Courges peuvent être comptées parmi les légumes les plus anciennement et les plus généralement cultivés. Les variétés presque innombrables qui se rencontrent dans nos cultures ont été jugées depuis fort longtemps ne pouvoir provenir d'un seul type primitif ; néanmoins, c'est à M. Charles Naudin que revient l'honneur d'avoir, le premier, apporté la lumière dans le chaos des espèces et des variétés, et d'avoir déterminé scientifiquement l'origine et la parenté des diverses formes, en les ramenant à trois espèces bien distinctes : Cucurbita maxima Duch., Cucurbita moschata Duch., et Cucurbita Pepo L.

Nous décrirons successivement les variétés qui dérivent de chacun des différents types botaniques en suivant la classification établie par lui. Nous ne connaissons pas de forme de courge qu'on doive nécessairement regarder comme le résultat d'un croisement entre deux de ces espèces.

Quoique les diverses courges cultivées aient pour origine, comme nous venons de le dire, des plantes différentes par leurs caractères botaniques et par leur patrie, elles présentent néanmoins, au point de vue de la végétation et du produit, des ressemblances frappantes, qui font comprendre qu'on les ait considérées longtemps comme de simples variétés d'une même espèce. Ce sont des plantes annuelles, grimpantes et pourvues de vrilles ; tiges complètement herbacées, très longues, très souples et très tenaces, anguleuses, rudes ; feuilles larges, à pétioles fistuleux, à lobes orbiculaires ou réniformes, quelquefois plus ou moins incisés, déchiquetés ; fleurs grandes, jaunes, monoïques. Fruits ronds ou allongés, presque toujours pourvus de côtes et renfermant les graines dans une cavité centrale entourée de chair généralement épaisse.

La végétation des courges est très rapide, mais la chaleur est absolument indispensable pour leur développement. Originaires des pays tropicaux, elles ne peuvent pas être semées en France ou sous les climats similaires avant le mois de Mai sans le secours de la chaleur artificielle, et leur végétation est complètement suspendue par les premières gelées, qui désorganisent toutes leurs parties vertes.

CULTURE. — Les Courges se sèment habituellement en pleine terre dans le courant du mois de Mai. Pour en avancer et en activer la végétation, on a coutume de faire en terre des trous ronds ou carrés plus ou moins larges et d'environ 0m50 de profondeur, qu'on remplit de fumier, recouvert lui-même de 0m15 ou 0m20 de terre ou de terreau. C'est dans cette terre qu'on sème les graines, généralement au nombre de deux ou trois par trou, pour ne laisser ensuite que le plant le plus vigoureux ; l'espacement à observer entre les plantes varie selon qu'on cultive une variété coureuse ou non ; il est ordinairement de 1 mètre à 1m50.

Quand on veut avancer la végétation des courges, on peut, soit les semer sur couche à partir de Mars et les repiquer également sur couche avant de les mettre en place ; soit les semer sur couche dans des pots, où on les laisse jusqu'au moment de les planter en pleine terre. La mise en place se fait en disposant un plant au centre des emplacements réservés ; on ménage autour une cuvette garnie de fumier et destinée à recevoir les arrosages ; on mouille ensuite et, pendant quelques jours, on couvre de cloches pour faciliter la reprise et abriter les plants

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contre les gelées tardives. On pince ordinairement à deux ou trois feuilles au-dessus des cotylédons, après quoi on laisse les plantes se développer librement, en ayant soin de sarcler et d'arroser chaque fois que cela est nécessaire.

Quand on veut obtenir de très gros fruits, on n'en laisse qu'un, deux, ou trois par pied suivant les espèces, en choisissant naturellement ceux qui sont les mieux conformés et entaillant les branches à quelques feuilles au delà du dernier fruit. Toutefois, dans les variétés à fruits de petites dimensions et lorsque l'on veut récolter à demi-développement, le nombre de fruits à conserver peut être porté à cinq, six, sept et même huit par pied.

On met aussi à profit, dans le même but, la tendance qu'ont les tiges des courges à prendre racine : pour cela, on recouvre de terre de place en place et à l'endroit des nœuds les tiges qui portent les plus beaux fruits ; les racines ne tardent pas à s'y former, surtout si l'on a soin d'arroser de temps en temps en cas de besoin : il en résulte pour le fruit un surcroît de nourriture très profitable à son accroissement.

INSECTES NUISIBLES ET MALADIES. - Les Courges sont exposées aux attaques des mêmes ennemis que les Concombres ; nous renvoyons donc à ce qui est dit à cet article (Voy. page 185).

USAGE. - Les fruits se cuisent et se consomment sous une infinité de formes, soit jeunes, soit complètement développés ; il y a même des variétés dont les fruits s'emploient crus à la manière des concombres.