Copaifera religiosa (PROTA)
Introduction |
Importance générale | |
Répartition en Afrique | |
Répartition mondiale | |
Huile essentielle / exsudat | |
Médicinal | |
Bois d'œuvre | |
Bois de feu | |
Fibre | |
Copaifera religiosa J.Léonard
- Protologue: Bull. Jard. Bot. Etat 19: 398 (1949).
- Famille: Caesalpiniaceae (Leguminosae - Caesalpinioideae)
Origine et répartition géographique
Copaifera religiosa est réparti du Cameroun à la R.D. du Congo.
Usages
Le bois, commercialisé sous le nom de “n’téné”, et parfois aussi de “anzem”, convient pour la construction légère, les parquets à usage peu intensif, la menuiserie, les boiseries intérieures, la charronnerie, les jouets et les articles de fantaisie, les caisses et les cageots, les placages, le contreplaqué, les panneaux durs et les panneaux de particules. Il se prête également à la pâte à papier.
L’écorce et la résine de l’écorce et du bois servent localement de parfum. La résine est aussi utilisée pour les torches et pour calfater les pirogues. Au Gabon, l’écorce de jeunes arbres sert à fabriquer des boîtes utilisées à des fins cérémonielles. En médecine traditionnelle au Gabon, la macération d’écorce se prend pour soigner la toux et les maux d’estomac, la décoction d’écorce pour traiter les maladies cardiovasculaires, alors que l’écorce elle-même s’utilise dans des fumigations contre les maux de tête et les douleurs rénales. Des préparations à base d’écorce traitent aussi le paludisme. L’écorce s’ajoute avec d’autres ingrédients aux bains pour le traitement de la lèpre. Au Cameroun et au Gabon, l’arbre est réputé avoir des propriétés magiques et il est utilisé à des fins cérémonielles.
Production et commerce international
Dans les années 1960, le Gabon et le Congo ont exporté de petites quantités de grumes. Selon les données de l’ATIBT, le Congo a exporté 165 m³ de grumes de “n’téné” en 2006.
Propriétés
Le bois de cœur, brun pâle à rouge-brun, marbré, virant au brun plus foncé à l’exposition, se démarque nettement de l’aubier épais, jaune-blanc à rosé pâle. Le fil est droit à légèrement contrefil, le grain moyen à fin, rarement irrégulier. Le bois contient une résine transparente, collante, et des vaisseaux résineux noirâtres sont visibles. Les sciages ont une odeur d’amande amère.
C’est un bois plus léger et plus mou que celui d’autres espèces de Copaifera. Il a une densité d’environ 550–750 kg/m³ à 12% d’humidité. Le bois se sèche rapidement, avec un risque limité de déformations et de gerces. Pendant le séchage, la résine dans le bois se solidifie et forme des caillots blanchâtres si la température au séchoir dépasse 70°C. Les taux de retrait sont assez bas, de l’état vert à anhydre ils sont de 3,8% dans le sens radial et de 4,5% dans le sens tangentiel. Une fois sec, le bois est stable en service. A 12% d’humidité, le module de rupture est d’environ 117 N/mm², le module d’élasticité de 10 000 N/mm², la compression axiale de 46 N/mm², le cisaillement de 21 N/mm et la dureté de flanc Chalais-Meudon de 2,3.
Le bois se scie bien, n’ayant que peu d’effets d’usure sur les dents de scie et les lames de coupe. Il se travaille bien avec la majorité des outils et se rabote bien en général, bien que le fil irrégulier puisse causer parfois des problèmes lorsque on utilise des outils mécaniques. Il se déroule de façon satisfaisante. Les propriétés de collage sont bonnes. Le vernissage et la peinture peuvent présenter des difficultés en raison de la présence de résine. Le bois est modérément durable, étant résistant aux Lyctus, mais sensible aux attaques des champignons, des termites et des térébrants marins. Le bois de cœur est extrêmement rebelle à l’imprégnation avec des produits de conservation, l’aubier quant à lui étant modérément rebelle.
Le bois contient 43% de cellulose, 29% de lignine, 17% de pentosanes et 0,8% de cendres. La solubilité est d’environ 4,0% dans l’alcool-benzène, 3,0% dans l’eau chaude et 18,6% dans une solution de NaOH à 1%.
L’écorce et les racines contiennent du tanin. L’extrait de l’écorce au dichlorométhane a fait ressortir une activité antiplasmodium in vitro contre Plasmodium falciparum, alors que l’extrait au méthanol était inactif. L’extrait d’écorce au dichlorométhane a montré également une cytotoxicité considérable in vitro.
Description
- Arbre de grande taille, atteignant 45 m de haut ; fût dépourvu de branches sur 30 m, droit et cylindrique, jusqu’à 200 cm de diamètre, épaissi à la base, sans contreforts ; surface de l’écorce lisse ou finement écailleuse, orange à brun rougeâtre, écorce interne fibreuse, cassante, jaune pâle, aromatique ; cime ombelliforme ; rameaux courtement poilus mais devenant rapidement glabres.
- Feuilles alternes, composées pennées à 10–16 folioles ; stipules minuscules, rapidement caduques ; pétiole et rachis de 10–20 cm de long, sillonnés au-dessus ; pétiolules de 2–5 mm de long, tordus ; folioles alternes, oblongues à elliptiques ou obovales, de 2,5–6,5 cm × 1,5–3,5 cm, base légèrement asymétrique et arrondie ou cunéiforme, apex arrondi à émarginé, coriaces, presque glabres, à ponctuations translucides, pennatinervées à 20 paires de nervures latérales.
- Inflorescence : grappe axillaire jusqu’à 19 cm de long, à branches spiciformes de 2(–6) cm de long, à pubescence dense.
- Fleurs bisexuées, zygomorphes, blanches, presque sessiles, à 2 petites bractéoles caduques ; sépales 4, ovales-lancéolés, d’environ 4 mm × 2–3 mm, l’un plus large que les 3 autres, à pubescence dense ; pétales absents ou parfois présents au nombre de 4 et de 1–2 mm de long ; étamines 8–10, libres, d’environ 5 mm de long ; ovaire supère, sessile, poilu à la base et sur les côtés, 1-loculaire, style d’environ 3 mm de long.
- Fruit : gousse ellipsoïde à presque globuleuse, de 3–5 cm × 2–3,5 cm, légèrement aplatie, coriace, rugueuse, glabre à poilue, noirâtre, un peu brillante, couverte de petites gouttelettes résineuses, déhiscente par 2 valves, à 1 graine.
- Graines oblongues, munies d’un arille rouge.
Autres données botaniques
Le genre Copaifera comprend une quarantaine d’espèces, dont environ 35 se rencontrent en Amérique tropicale, 4 en Afrique et 1 en Asie tropicale. Copaifera semble étroitement apparenté aux genres Baikiaea, Detarium, Sindora et Tessmannia.
Ecologie
Copaifera religiosa est présent à l’état très disseminé dans la forêt pluviale primaire dense des basses terres. On le trouve sur des endroits bien drainés, tandis qu’il évite les sites marécageux ou temporairement inondés.
Gestion
Au Gabon, le diamètre de fût minimum pour l’abattage est de 70 cm.
Ressources génétiques
On ne sait pas dans quelle mesure Copaifera religiosa est menacé d’érosion génétique. Au Cameroun, il est considéré comme une espèce vulnérable, du fait qu’il a une aire écologiquement limitée et qu’il se rencontre dans des régions où les forêts sont défrichées en terrains qui serviront à d’autres fins.
Perspectives
Le bois de Copaifera religiosa est plus léger et plus mou que celui d’autres espèces de Copaifera, et seulement modérément durable. La gamme d’usages potentiels est donc limitée. De petites quantités de son bois d’œuvre sont commercialisées sur le marché international, mais on en ignore l’utilisation ultime. On manque aussi d’informations sur l’utilisation du bois d’œuvre en Afrique tropicale, mais l’arbre sert localement comme source de résine (parfum, calfatage, combustible) et l’écorce fournit plusieurs médicaments.
Références principales
- ATIBT (Association Technique Internationale des Bois Tropicaux), 1986. Tropical timber atlas: Part 1 – Africa. ATIBT, Paris, France. 208 pp.
- Aubréville, A., 1970. Légumineuses - Césalpinioidées (Leguminosae - Caesalpinioideae). Flore du Cameroun. Volume 9. Muséum National d’Histoire Naturelle, Paris, France. 339 pp.
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- Lekana-Douki, J.-B., Oyegue Liabagui, S.L., Bongui, J.B., Zatra, R., Lebibi, J. & Toure-Ndouo, F.S., 2011. In vitro antiplasmodial activity of crude extracts of Tetrapleura tetraptera and Copaifera religiosa. BMC Research Notes 2011, 4: 506. 5 pp.
- Vivien, J. & Faure, J.J., 1985. Arbres des forêts denses d’Afrique Centrale. Agence de Coopération Culturelle et Technique, Paris, France. 565 pp.
Autres références
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Auteur(s)
- M. Brink, PROTA Network Office Europe, Wageningen University, P.O. Box 341, 6700 AH Wageningen, Netherlands
Citation correcte de cet article
Brink, M., 2012. Copaifera religiosa J.Léonard. [Internet] Fiche de PROTA4U. Lemmens, R.H.M.J., Louppe, D. & Oteng-Amoako, A.A. (Editeurs). PROTA (Plant Resources of Tropical Africa / Ressources végétales de l’Afrique tropicale), Wageningen, Pays Bas.
Consulté le 3 avril 2025.
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