Concombre (Vilmorin-Andrieux, 1904)

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Cochléaria officinal
Vilmorin-Andrieux, Les plantes potagères, 1904
Concombre serpent

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CONCOMBRE
Cucumis sativus L.
Famille des Cucurbitacées.
SYNONYME : Cocombre.
NOMS ÉTRANGERS : ANGL. Cucumber. — ALL. Gurke, Kukummer. — FLAM. et HOLL. Komkommer. — DAN. Agurken. — SUÉD. Gurka. — ITAL. Cetriuolo. — ESP. Cohombro, Pepino. — PORT. Pepino. — RUSSE Agourets (Agourci). — POL. Ogúrek.


De l'Inde. — Annuel. — Plante rampante, à tiges herbacées, flexibles, anguleuses dès le commencement de la végétation, rudes au toucher et garnies de vrilles ; feuilles alternes, opposées aux vrilles, cordiformes-anguleuses, découpées en dents obtuses, rudes comme la tige, d'un vert foncé en dessus, grisâtres en dessous ; fleurs axillaires, courtement pédonculées, d'un jaune plus ou moins verdâtre, les unes mâles, les autres femelles, ces dernières surmontant l'ovaire, déjà renflé avant la floraison et qui doit devenir le fruit. La floraison est longuement successive, et l'intervention de l'homme ou des insectes paraît être nécessaire à la fécondation. Fruits oblongs, plus ou moins cylindriques, tantôt lisses, tantôt garnis de broderies ou de protubérances terminées en pointe munie d'une épine caduque ; chair abondante, très aqueuse.

Graines d'un blanc jaunâtre, très aplaties, ovales-allongées, renfermées au centre du fruit dans trois loges allongées, remplies d'une matière pulpeuse et presque aussi longues que le fruit lui-même ; en moyenne, un gramme contient 35 graines, et le litre pèse 500 grammes ; la durée germinative baisse rarement avant la dixième année.


CULTURE EN PLEINE TERRE. - Les premiers semis se font en Mars-Avril, en pépinière, en pots ou godets, sur couche et sous châssis ; on repique le plant en pépinière, ou bien en pots ou godets, également sur couche et sous châssis, puis on met les plants en place avec une bonne motte, en plein air, en Avril-Mai, à 0m50 ou 0m6o d'écartement les uns des autres, sur des rangs espacés d'environ 1m30. On couvre le plant avec des cloches aussi longtemps que des gelées sont à craindre ; pendant les premiers jours de la plantation, il ne faut pas donner d'air, pour faciliter la reprise ; on recommande aussi d'ombrer la cloche, en la badigeonnant en dedans, jusqu'au tiers inférieur qui doit rester clair, avec du blanc d'Espagne délayé dans de l'eau.

Dans le but de hâter la production, certains jardiniers mettent en place sur des couches sourdes établies dans des tranchées larges de 0m35 à 0m40, profondes d'autant, que l'on remplit de fumier à moitié consommé ; celui-ci est recouvert de terre extraite des tranchées, qui forme ainsi un véritable ados de 0m25 à 0m30 au sommet duquel on ouvre, tous les 50 ou 60 centimètres, des trous que l'on comble avec du terreau neuf dans lequel on place le plant. — Pour simplifier, on peut se contenter de creuser, tous les 80 centimètres, des trous de 0m35 à 0m40 de diamètre, sur une profondeur à peu près égale, que l'on remplit de fumier recouvert de terre comme il est dit ci-dessus.

Dans tous les cas, le plant doit être enterré jusqu'à la hauteur des cotylédons, et on a soin de ménager tout autour une petite cuvette qui retiendra l'eau des arrosages et qui sera garnie de paillis.

Une fois le plant bien repris, on l'habitue progressivement à l'air en soulevant les cloches pendant le jour, puis quand la température extérieure devient suffisamment élevée, on enlève définitivement les cloches et on paille toute la surface de l'ados.

En dehors de la taille, qui sera indiquée plus loin, les soins de culture se résument en arrosages qui devront être donnés à propos, sans excès, en évitant autant que possible de répandre l'eau sur les plants, et en désherbages suffisamment fréquents pour que le terrain soit toujours en parfait état de propreté.


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La production commence dès le mois de Juin pour les premiers semis. Pour récolter de beaux fruits, il est nécessaire d'en limiter le nombre : chaque pied ne devra pas en porter plus de deux ou trois à la fois ; puis lorsque ceux-ci seront aux deux tiers développés, on en élèvera à nouveau deux ou trois autres, et ainsi de suite jusqu'à épuisement de la plante, qui peut fournir de la sorte une moyenne de dix à quinze fruits.

Depuis la fin d'Avril jusqu'en Juin, on peut semer directement en place, dans des trous espacés de 0m50 à 0m60, sur des lignes écartées d'environ 1m30. Ces trous, auxquels on donne une largeur et une profondeur de 0m50, sont remplis de 0m30 de fumier ayant jeté son feu et de 0m20 de bonne terre tranche mélangée de terreau. On sème au centre cinq ou six graines, et on abrite le semis avec une cloche tant qu'on redoute les gelées, en donnant de l'air graduellement aux jeunes plants. Quand ceux-ci sont bien levés, on garde les deux ou trois plus vigoureux, et on enlève les autres. On se contente le plus souvent de les étêter à deux feuilles, sans autre taille par la suite.

Dans la culture en grand en plein champ, comme on la fait dans certaines localités aux environs de Paris, on sème vers la fin de Mai ou au commencement de Juin, en place, sans fumier, dans des poquets espacés de 0m50, sur des lignes distantes de 1m50 à 2 mètres, à raison de cinq à six graines par poquet ; on laisse ordinairement trois pieds par poquet à l'éclaircissage.

On utilise habituellement les interlignes par des cultures d'autres légumes, principalement de Haricots nains.

Il faut arroser régulièrement au début, pour que la graine lève vite et que le plant parte bien ; dans les terrains secs, les arrosages doivent être continués pendant la plus grande partie de la végétation ; des binages fréquents, ou à défaut le paillage du sol, permettent de restreindre les arrosages dans une certaine mesure.

La récolte a lieu à partir du mois d'Août et peut se prolonger jusqu'à fin-Septembre.


Culture du Cornichon. — La culture du Concombre à cornichons ne diffère pas sensiblement de celle du Concombre en plein champ :

On sème de la fin d'Avril en Juin-Juillet, en place, dans des trous espacés de 1 mètre en tous sens et remplis de fumier recouvert de terreau ; on abrite contre les gelées tardives. On met généralement 5 à 6 graines par trou, et à l'éclaircissage on laisse seulement 3 plants dans chacun d'eux. Le Concombre à cornichons ne subit d'ordinaire aucune taille. La cueillette peut commencer dès le mois de juillet et se renouvelle tous les deux ou trois jours jusqu'en Septembre.

Dans les potagers d'amateurs, pour hâter la production, on sème quelquefois en Mars-Avril, en pépinière ou en pots, sur couche et sous châssis, et on met le plant en place en Avril-Mai, en abritant de cloches au début.


CULTURE FORCÉE SOUS CHÂSSIS. — Certains maraîchers font dès le mois de Décembre leurs premiers semis de concombres, mais plus généralement, ils commencent à semer sur couche chaude en Janvier ou dans les premiers jours de Février. Quelquefois, les semis se font en godets à raison de deux graines par godet, et on ne conserve que le sujet le plus vigoureux. Lorsque les cotylédons sont bien développés, on repique le plant en pépinière à raison de 100 à 150 environ par châssis, également sur couche chaude, ou bien, on repique en petits godets de 0m09 qu'on enfonce à même la couche. Trois semaines après ce repiquage, le plant a pris sa deuxième feuille ; c'est le moment de pratiquer l'étêtage, et huit à dix jours après cette opération, on procède à la mise en place sur une nouvelle couche chaude établie à cet effet.

On ne plante ordinairement que deux pieds par châssis, que l'on recouvre aussitôt de paillassons pendant plusieurs jours pour assurer la reprise. Lorsque les plants recommencent à se développer, ces paillassons sont enlevés pendant le jour ; toutefois, lorsque le soleil se montre avec assez de force au début de la plantation, il est bon de laisser les paillassons pliés en deux sur les châssis, de façon à défendre le jeune plant contre les rayons solaires, tout en laissant entrer suffisamment de lumière pour éviter l'étiolement. On donne aussi de l'air chaque fois que le temps le permet.

Le sol étant paillé, on conduit les deux branches maîtresses, qui ont poussé à l'aisselle des feuilles après l'étêtement, l'une vers le haut du coffre, l'autre vers le bas ; puis, lorsque


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leur développement est suffisant, on les taille à trois ou quatre feuilles, et les bras latéraux qui surviennent sont tous taillés à deux feuilles. Les ramifications qui se produisent après cette dernière taille portent à la fois des fleurs mâles et des fleurs femelles ; lorsque ces dernières ont noué, on choisit sur chaque rameau ou maille la plus belle et la mieux située ; on supprime toutes les autres et on pince l'extrémité de ces branches fruitières à une ou deux feuilles au-dessus du fruit. On a de la sorte quatre fruits par pied ; lorsque ces fruits sont à peu près au tiers de leur grosseur, on en laisse venir deux autres et ainsi de suite jusqu'à épuisement des plantes, qui peuvent facilement produire, en moyenne, douze à quatorze concombres pendant le cours de leur végétation.

La production commence à donner en plein six semaines environ après la mise en place, et peut se maintenir pendant deux mois si l'on a eu soin de ne laisser nouer les fruits que successivement.

Certains spécialistes font entrer les jeunes fruits dans des verres de lampes à gaz, qu'ils enlèvent lorsque les concombres ont grossi au point de les remplir. Ce procédé a pour effet de hâter le développement du fruit qui, en outre, se maintient très droit et prend une coloration uniforme.

A partir du moment où la plante commence à fructifier, il est nécessaire d'arroser abondamment tous les deux jours avec de l'eau ayant autant que possible la même température que l'air de l'intérieur des coffres. Il faut également veiller à ce que le feuillage ne s'emporte pas, ce qu'on évitera par des pincements ; les feuilles jaunies devront également être enlevées avec soin. Il est aussi très important d'effectuer l'étêtement, les pincements, en un mot les diverses opérations de la taille, avec un instrument bien tranchant, de façon à éviter des meurtrissures qui se cicatrisent mal et sont souvent le point de départ de maladies plus ou moins graves.

Les variétés les plus recommandables pour la culture forcée sont : C. blanc long parisien, C. vert long parisien, C. vert long maraîcher, C. vert long anglais, et C. vert long Rollisson's Telegraph.


CULTURE EN SERRE. - C'est surtout en Angleterre et en Russie, pays de grande consommation pour les concombres, que cette culture se pratique sur une grande échelle, et cela pendant toute l'année, la culture en plein air, telle qu'elle est décrite plus haut, n'y ayant jamais donné de résultats bien satisfaisants.

Toute serre exposée au plein Midi, et par conséquent bien éclairée, convient pour cette culture et, des différents systèmes de chauffage employés, c'est celui du thermosiphon qui a toujours donné les meilleurs résultats. La chaleur à maintenir doit être de 18° pendant le jour et de 22° pendant la nuit. Il arrive que durant les belles journées de Juillet-Août, le thermomètre monte jusqu'à 38° et 40°, ce qui n'incommode nullement les plantes.

Les concombres cultivés en serre n'ont pas besoin de chaleur de fond pour pousser vigoureusement, il n'est donc pas nécessaire d'établir une couche de fumier sous la terre qui doit les porter ; on plante simplement à demeure dans un compost formé de un tiers de terre franche, un tiers de terre de gazon grossièrement tamisée et un tiers de terreau de fumier.

Les forceurs anglais emploient assez fréquemment le bouturage pour la multiplication, surtout lorsqu'ils tiennent à une variété particulière ; mais, c'est encore le semis qui permet d'obtenir les sujets les plus vigoureux.

Il existe plusieurs méthodes et époques de semis ; les premiers se font à partir de Janvier et se succèdent jusqu'en Mai-Juin. Quelques spécialistes sèment en terrines dans la serre à multiplication, repiquent en boîtes ou en terrines, et, deux ou trois semaines après, ils mettent les jeunes plants en pots de 0m15, bien drainés et remplis du compost ou mélange de terre que nous venons d'indiquer. Les plantes sont munies ensuite de petits tuteurs de 0m50, après lesquels elles s'accrochent par leurs vrilles et sont mises en place lorsqu'elles ont atteint le sommet des tuteurs.

Mais le procédé le plus en faveur consiste à semer sur couche dans des pots de 12 centimètres à moitié remplis de terreau de feuilles et de sable, à raison de deux ou trois graines par pot, en recouvrant peu les graines ; après la levée, le plant le plus fort est seul conservé, puis, lorsqu'il a poussé deux feuilles et que l'on voit des racines se développer à la surface de la terre, on remplit le pot jusqu'à 0m01 du bord et on le munit d'un tuteur, ensuite la mise en place s'effectue comme précédemment.


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Quel que soit le procédé employé, il faut pendant ce temps veiller aux arrosages et aux bassinages, surtout pendant les journées chaudes et ensoleillées, pour empêcher les feuilles de se flétrir.

Au lieu de laisser les concombres ramper sur le sol comme dans la culture en pleine terre ou sous châssis, on fait grimper les plantes sur des fils de fer placés verticalement et horizontalement à 0m40 en tous sens. Lors de la mise en place, on creuse, en face des fils verticaux, des trous que l'on remplit du mélange de terre déjà indiqué au commencement de cette culture, et dans lesquels on place les plants, en ayant soin de ne pas enterrer les cotylédons ; on termine l'opération par un bon arrosage. Une fois la plantation bien reprise, on aère lorsque le soleil a fait monter le thermomètre au-dessus de 25°, et on tient soigneusement fermé dès qu’il ne donne plus, de manière à conserver le plus de chaleur possible.

On ne conserve à chaque pied qu'une seule tige que l'on palisse sur le fil de fer, au fur et à mesure de son accroissement, et qu'on pince seulement lorsqu'elle a atteint le sommet de la serre. Les branches latérales qui se développent tout le long de la tige sont taillées à deux ou trois feuilles, de même que les pousses qui se produisent sur ces branches après la taille. Tous les rameaux devront être soigneusement fixés sur le treillage ; on tendra au besoin des fibres de Raphia entre les mailles, pour permettre aux vrilles de trouver des points d'appui.

Au début, on ne gardera seulement qu'un fruit ou deux par plante ; par la suite on pourra laisser jusqu'à quatre fruits en même temps. Il arrive assez souvent qu'un certain nombre de fleurs avortent en serre ; pour éviter cet avortement, on aura recours à la fécondation artificielle ou bien on se contentera de secouer chaque jour le treillage, de façon à provoquer la chute du pollen.

Les jeunes fruits ne sont pas palissés, mais naturellement attachés au treillage par leur propre pédoncule qui se contourne en forme de crochet. Leur développement est rapide ; ils sont ordinairement bons à cueillir six à huit jours après que les fleurs ont noué.

La production dure, en plein, environ deux mois pendant lesquels chaque plante donne en moyenne une vingtaine de fruits.

Afin d'avoir de beaux fruits bien droits, certains producteurs les introduisent, lorsqu'ils sont jeunes, dans des manchons de verre tubulaires longs de 0m80 à 0m90.

Pendant la période de fructification, les soins consistent surtout en arrosages copieux, donnés de façon à maintenir la terre constamment humide au pied des plantes ; deux fois par semaine il est même indispensable de mouiller à fond. Lorsque les fruits commencent à se former, on donne chaque semaine un arrosage supplémentaire contenant un engrais organique quelconque, par exemple du tourteau pulvérisé riche en azote, ou mieux, un mélange de poudrette et de sang desséché. On bassine également le feuillage deux fois par jour : le matin et dans l'après-midi ; ces arrosages et bassinages doivent se faire avec de l’eau à la température de la serre. Les autres opérations consistent à maintenir l'équilibre dans la végétation en supprimant les tiges et feuilles inutiles, à donner de l'air, à ombrer d'une manière méthodique suivant la saison et la température extérieure.

La production des concombres d'hiver demande quelques précautions : les plants ne doivent pas être mis en place plus tard que la fin d'Août ou le commencement de Septembre, de façon à être bien installés avant l'arrivée des froids ; pendant les mois de Novembre et de Décembre, alors que le soleil est le plus rare et moins vif, il faut tout disposer pour profiter de toute la chaleur et de la lumière qu'il peut donner ; il est alors rarement nécessaire d'ouvrir les ventilateurs, sauf quand il ne gèle pas ; les arrosages doivent être soigneusement mesurés, de même que les seringages, à moins que la température extérieure ne soit exceptionnellement douce.


CULTURE MÉRIDIONALE. - Le semis en place a lieu en Mars-Avril ; si l'on désire des primeurs, on sème sous châssis et sur couche en Décembre-Janvier pour repiquer en pleine terre, à bonne exposition, en Février-Mars ; on couvre les jeunes plants de cloches ou de paillassons reposant sur des piquets, lorsque la température est trop basse. On plante dans des fosses remplies de fumier bien consommé et de terreau. Les soins d'entretien et de taille ne diffèrent pas de ceux indiqués pour la culture en pleine terre.

Le Concombre à cornichons se sème en place, en Mars-Avril, et se cultive comme il a été dit précédemment (page 182).


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ENGRAIS. — Les fumures organiques abondantes conviennent au Concombre. On a préconisé pour la culture en grand, en sol de fertilité moyenne, la fumure minérale suivante, pour un hectare :

Nitrate de soude 250 kilog. à répandre en trois fois : immédiatement avant le semis, quinze jours après la levée et quinze jours plus tard ; — à l'automne : Superphosphate de chaux 550 kilog. ; Chlorure de potassium 200 kilog.

INSECTES NUISIBLES ET MALADIES. — Les Pucerons vert et noir sont souvent abondants sur les concombres ; on s'en débarrasse par des saupoudrages de soufre précipité ou des aspersions au jus de Tabac dilué.

Deux petits acariens, l’Acarus cucumeris et le Tetranychus telarius, connus des jardiniers sous le nom de « grise », se tiennent ordinairement sous les feuilles, entre les nervures desquelles ce dernier insecte tisse de petites toiles très fines qui lui servent d'abri ; par ses piqûres réitérées, il finit par altérer les feuilles, qui deviennent jaunes et se couvrent de taches pâles sur la face supérieure. On les combat au moyen de nitrate de potasse à 1 %, employé en pulvérisation, que l'on fait suivre d'un bon arrosage à l'eau pure.

Le « chancre », qui attaque les branches, provient ordinairement de coupes mal faites au moment de la taille ; il suffit le plus souvent de nettoyer la plaie et de la sécher avec de la poussière de chaux.

Le « blanc des courges », dû à une cryptogame, le Spharoteca castagnei, se voit aussi quelquefois sur le Concombre ; on le combat et on arrive à le prévenir par des saupoudrages de fleur de soufre.

La « nuile », qui est causée par le Scolecotrichum melophtorum, apparaît le plus souvent en Juin, quand le temps est humide et froid, et se reconnaît à la présence sur les tiges, les feuilles et les fruits, de taches brunâtres qui s'étendent en largeur et gagnent surtout en profondeur, corrodant et détruisant les tissus. Un autre parasite, le Colletotrichum oligochætum, produit des lésions de même apparence et désignées également sous le nom de « nuile ». — Dans l'un et l'autre cas, la suppression et la destruction par le feu des parties atteintes, est le seul traitement efficace que l'on connaisse pour enrayer et éviter le développement ultérieur de la maladie.

La pourriture de la base de la tige du Concombre est causée par l’Hypochnus cucumeris ; aussitôt que le mal est constaté, il faut, sans plus tarder, arracher les plantes attaquées et les brûler.

Les concombres cultivés en serre sont assez souvent attaqués par deux cryptogames : le Cercospora melonis et l’Ustilago cucumeris. — L'invasion du premier se reconnaît à l'apparition, sur la face supérieure des feuilles, de petites taches vert pâle qui ne tardent pas à croître en nombre et en dimensions. Comme traitement préventif de la maladie, on recommande l'aspersion des plantes avec la solution suivante :

Sulfure de potassium
Savon noir
Eau

6o grammes.
6o —
15 litres.

Cette solution peut être également employée pour les plantes attaquées ; dans ce cas, il convient en outre d'arroser le sol avec la même solution et d'arracher pour les brûler les feuilles atteintes.

L’Ustilago cucumeris provoque la formation sur les racines, de nodosités de la grosseur d'un pois. On conseille de retirer la terre contaminée après l'enlèvement de la récolte, et d'arroser les bâches avec une solution à 8 % de sulfate de fer. En outre, les plantes atteintes pourront être arrosées avec une solution à 4 % du même sel au moment de l'invasion.

Cette dernière maladie peut être confondue avec une autre causée par un ver de la famille des anguillules : l’Heterodora radicicola, qui, en se fixant sur les racines aux dépens desquelles il vit, détermine également l'apparition de nodosités. Quand ce parasite a malheureusement été constaté dans une exploitation, il est nécessaire de procéder à la désinfection de la terre à l'aide du formol à raison de 50 grammes par mètre carré.

USAGE. — Les fruits du Concombre se mangent crus, cuits ou confits au vinaigre.


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CONCOMBRE DE RUSSIE.
SYNONYMES : Concombre à bouquet, C. d'Italie, C. mignon, Petit concombre, C. de Pologne.
NOMS ÉTRANGERS : ANGL. Early small Russian cucumber or gherkin. - ALL. Russische kleine Treib-Gurke.

Véritable concombre en miniature ; tige grêle de 0m50 à 0m60 de long : feuilles petites, d'un vert gai. Plante convenant parfaitement à la culture sous châssis et donnant sur chaque pied jusqu'à six ou huit fruits courts, ovales, jaunes, lisses et un peu plus gros qu'un œuf de poule.

Cette variété, la plus précoce de toutes, mûrit complètement en moins de trois mois ; elle n'a pas besoin d'être taillée. Les fruits ont la chair peu épaisse et légèrement amère, mais leur extrême précocité fait facilement pardonner ces petits défauts.

En Russie, on en distingue plusieurs races dont la plus précoce, qui ne donne généralement qu'un fruit par pied, accomplit, dit-on, toute sa végétation en dix ou onze semaines.


CONCOMBRE BRODÉ DE RUSSIE.
SYNONYMES : Agourci (Agourets) de Russie, Concombre écrit.
NOMS ÉTRANGERS : ANGL. Russian netted cucumber, Khiva C., Brown netted C. — ALL. Braune genetzte Chiwa Trauben-Gurke, Braune genetzte Trauben-G., Braune genetzte Lucas'sche Trauben-Gurke.

Les concombres très hâtifs à petits fruits réussissant mieux en Russie que toutes les autres variétés, on en cultive dans ce pays un grand nombre de formes distinctes. Toutes ne sont pas également connues en France. Nous voulons toutefois signaler, à côté de la précédente qui se distingue par son extrême précocité, une autre race qui, tout en s'en rapprochant sous certains rapports, s'en distingue néanmoins très nettement par la couleur et l'apparence de son écorce.

La variété dont nous nous occupons ici ne prend pas en mûrissant la teinte jaune commune à un grand nombre de concombres, mais sa peau devient brune et se couvre d'une multitude de petites lignes plus pâles qui s'entre-


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croisent et lui donnent un aspect fendillé : l'effet est exactement celui d'une peinture dont le vernis s'est écaillé, ou celui d'une porcelaine ou faïence craquelée. Cette variété est d'une grosseur un peu plus forte et d'une précocité un peu moindre que celles du C. de Russie ordinaire.


CONCOMBRE LONG DE TURQUIE.
SYNONYME : C. long de Sikkim.

Plante à végétation extrêmement vigoureuse. Feuillage ample, conservant sa couleur vert foncé jusqu'après la maturation des fruits ; ceux-ci sont longs, légèrement recourbés, mesurant de 0m35 à 0m40 de longueur, sur 0m07 de diamètre, d'un vert clair lorsqu'ils sont jeunes, ils passent au jaune foncé, puis au brun ; à maturité, les fines craquelures de leur peau forment comme une broderie blanche, ressemblant par ce caractère au C. brodé de Russie.

Cette variété, introduite par M. Paillieux, se signale par la durée de sa production ; chaque pied porte généralement cinq ou six beaux fruits.

Le Concombre japonais Fushinari ou Japanese climbing cucumber se rapproche beaucoup de cette variété ; son fruit est cependant un peu plus court, plus épineux et plus finement craquelé.


CONCOMBRE BLANC HÂTIF.
NOMS ÉTRANGERS : ANGL. Early white cucumber. — ALL. Weisse frühe Gurke.

Variété à fruit franchement allongé, presque cylindrique, au moins trois fois aussi long que large, d'abord vert pâle, et prenant, à mesure qu'il s'approche de la maturité, une couleur blanc de faïence.

Maturité hâtive, mais arrivant notablement après celle du C. de Russie.

Le Concombre blanc long, très voisin du précédent comme forme et comme couleur, s'en distingue principalement par son volume un peu plus fort et sa maturité un peu plus tardive ; il convient bien pour la culture en pleine terre.


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CONCOMBRE BLANC LONG PARISIEN.
NOMS ÉTRANGERS : ANGL. White Parisian long ridge or New giant white cucumber.

Superbe variété à fruit lisse, régulièrement cylindrique et atteignant aisément une longueur de 0m50, sur 0m07 à 0m08 de diamètre, blanc, depuis sa formation jusqu'à complète maturité. Le feuillage est vigoureux et abondant, d'un vert foncé. La plante, très robuste, peut porter jusqu'à 4 ou 5 fruits, si elle reçoit une abondante nourriture.

Bien que ce concombre ne soit pas à proprement parler une variété de serre, il réussit toujours beaucoup plus sûrement et donne de bien plus beaux fruits cultivé sur couche qu'en pleine terre. Au point de vue de la beauté des fruits, il l'emporte de beaucoup sur tous les autres concombres blancs.


CONCOMBRE BLANC TRÈS GROS DE BONNEUIL.
SYNONYME : Concombre blanc gros.

Ce concombre, qui n'est guère employé que pour la culture en pleine terre, se distingue assez nettement de toutes les autres variétés. Au lieu d'être presque régulièrement cylindrique, son fruit est ovoïde, renflé vers le milieu, et de plus assez sensiblement aplati sur trois ou quatre faces, ce qui lui donne autant d'angles plus ou moins arrondis ; il est très volumineux et atteint facilement le poids de 2 kilogrammes. Comme celui du C. blanc hâtif, le fruit est d'abord vert pâle et blanchit ensuite peu à peu en grossissant.

Le C. blanc de Bonneuil est celui que l'on cultive le plus généralement aux environs de Paris pour la parfumerie, qui en emploie des quantités très considérables.


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CONCOMBRE JAUNE HÂTIF DE HOLLANDE.
NOMS ÉTRANGERS : ANGL. Early yellow Dutch cucumber. — ALL. Gelbe Holländische frühe Gurke. — HOLL. Lange gele komkommer.

Plante ordinairement ramifiée, à tiges assez grêles ; feuilles d'un vert franc, à angles bien marqués. Fruit plus long et moins hâtif que celui du C. de Russie, mais convenant bien néanmoins à la culture forcée. Les fruits, longs et minces, sont d'abord d'un vert jaunâtre, et deviennent d'un jaune un peu orangé quand ils sont complètement mûrs ; écorce presque lisse ; côtes très peu marquées. — A cause de sa couleur, on lui préfère souvent le C. blanc hâtif. Un pied ne porte ordinairement que deux ou trois fruits.

Le Concombre jaune gros est une race à fruits courts et volumineux, à peu près de même précocité que le C. blanc long ; on ne le rencontre plus que rarement dans les cultures.

Le Concombre jaune long serpent d'Amsterdam est une variété à fruit plus long, du C. jaune hâtif de Hollande.


CONCOMBRE VERT DEMI-LONG ORDINAIRE.
NOM ÉTRANGER : ANGL. Green half long common cucumber.

Plante vigoureuse, demi-hâtive. Tige vert clair, peu ramifiée ; feuilles grandes, à angles modérément accusés. Fruit un peu épineux, vert rayé de jaune quand il est jeune, jaune à la maturité et mesurant en moyenne 0m26 de long sur 0m07 de diamètre. C'est une variété très répandue et très productive.


CONCOMBRE VERT LONG ORDINAIRE.
NOMS ÉTRANGERS : ANGL. Long green common cucumber. — ALL. Grüne lange volltragende Gurke.

Plante assez grande et vigoureuse. Fruits minces et effilés comme ceux du C. jaune hâtif de Hollande, mais encore plus longs et plus pointus aux deux extrémités, couverts d'excroissances épineuses assez marquées et assez abondantes. Ils restent d'un vert foncé jusqu'au moment de la maturité complète où ils prennent une teinte jaune brunâtre.

La chair de cette variété est épaisse, ferme et croquante, ce qui la fait apprécier tout particulièrement pour être consommée crue en salade avant maturité, quand les fruits ont atteint seulement la moitié ou les trois quarts de leur développement.


CONCOMBRE FOURNIER.
SYNONYME : C. vert long fin hâtif.

Variété hâtive, tige grêle ; feuilles pointues. Fruits longs, mesurant en moyenne 0m42 de long sur 0m08 de diamètre à l'extrémité inférieure, cette dernière étant sensiblement plus renflée que la partie voisine du point d'attache.


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Très vert et très légèrement épineux lorsqu'il est jeune, ce concombre devient jaune et complètement lisse à la maturité.

Le Concombre Fournier est une variété précoce, vigoureuse, très productive et s'accommodant bien de la culture en plein air, quoique plus fertile et plus généreuse si on la cultive sur couche plutôt qu'en terre ordinaire. Les fruits, longs et peu épineux, se conservent longtemps verts et tendres ; ils ont la chair abondante, épaisse et la cavité contenant les graines très réduite.


CONCOMBRE VERT TRÈS LONG GÉANT.
SYNONYME : Concombre très long de Quedlimbourg.
NOMS ÉTRANGERS : ANGL. Green giant very long ridge cucumber. — ALL. Sehr lange grüne Quedlinburger Riesen-Gurke.

Belle variété très productive de concombre vert long pouvant convenir, à la rigueur, à la culture en pleine terre, bien que sous le climat de Paris elle réussisse toujours mieux sur couche qu'en terre ordinaire ; ce qui est, nous pouvons le dire, du reste, le cas pour tous les concombres, excepté pour les concombres à cornichons.

Le feuillage est assez grand, vigoureux, les fruits, remarquablement longs, dépassent ordinairement 0m40 de longueur ; ils sont verts dans la jeunesse, puis passent graduellement au jaune en mûrissant ; ils sont assez mamelonnés, peu épineux, généralement droits et bien faits. C'est, en somme, une belle variété pour les amateurs et même en certains cas pour la culture maraîchère.


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CONCOMBRE VERT LONG MARAÎCHER.
NOM ÉTRANGER : ANGL. Stourbridge long green cucumber.

Plante productive et vigoureuse. Feuilles amples et pointues. Fruits presque sans épines, très verts, passant ensuite au jaune pâle, cylindriques, obtus aux deux extrémités ; mesurant 0m36 à 0m40 de long sur 0m05 à 0m06 de diamètre. Ce concombre exige la culture sur couche, grâce à laquelle il donne, comme primeur, un produit remarquablement beau et abondant.


CONCOMBRE VERT LONG PARISIEN.
NOM ÉTRANGER : ANGL. Green Parisian long ridge cucumber.

Plante vigoureuse. Feuilles larges, très pointues d'abord, arrondies plus tard. Fruits longs et cylindriques, mesurant 0m40 sur 0m06 à 0m07 de diamètre et atteignant souvent le poids de 2 à 3 kilog. ; très verts au moment où ils atteignent leur développement, ils passent au jaune verdâtre, puis au jaune franc. Chair blanche, ferme et croquante.

Cette variété peut, avec des soins bien entendus, se contenter de la culture en plein air. Elle réussit, toutefois, beaucoup mieux sur couche qu'en terre ordinaire et, tant au point de vue de la qualité qu'à celui du beau développement des fruits, il y a avantage à la cultiver à la manière des Melons d'été.


CONCOMBRE VERT LONG ANGLAIS.
NOMS ÉTR. : ANGL. Green long English prickly C. — ALL. Englische stachlige Treib-Gurke.

En Angleterre, la culture du Concombre vert long est fort en faveur ; elle se fait le plus souvent dans des serres spéciales et avec de très grands soins. Dans ces circonstances, la race ne pouvait manquer de s'améliorer beaucoup


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au point de vue de la beauté et du volume des fruits : la précocité et la rusticité des plantes devenant des qualités tout à fait secondaires. C'est ce qui est arrivé, et l'on cultive maintenant en Angleterre au moins dix ou douze variétés différentes du Concombre vert long, toutes à longs fruits presque cylindriques, plus ou moins épineux, à chair très pleine et qui grènent extrêmement peu.


CONCOMBRE VERT LONG ROLLISSON'S TELEGRAPH.
NOM ÉTRANGER : ANGL. Rollisson's Telegraph cucumber.

De toutes les nombreuses variétés issues du Concombre vert long anglais, la plus remarquable est le C. Rollisson's Telegraph.

Un peu plus long que le précédent, ce concombre se prête très bien à la culture sur couche et en serre. Il est extrêmement productif : chaque pied pouvant produire aisément 6 ou 8 fruits, surtout si on les cueille avant qu'ils aient atteint leur entier développement. La longueur en varie, suivant les circonstances, de 0m40 à 0m60. La surface en est tout à fait lisse et pour ainsi dire vernissée ; la chair blanche, ferme et très pleine. La portion du fruit qui est voisine du point d'attache est amincie et il arrive assez fréquemment qu'elle se recourbe en col de cygne. Les fruits sont plus beaux et de meilleure apparence si l'on a la précaution de les redresser aussitôt la floraison pour les empêcher de prendre cette mauvaise forme.

Le Concombre Souvenir de l'Exposition nous paraît être une variété extrêmement voisine du C. Rollisson's Telegraph.


En outre du C. vert long Rollisson's Telegraph, qui est aujourd'hui fréquemment cultivé en France, il convient de citer encore quelques variétés moins répandues du Concombre vert long anglais, qui sont également très méritantes :

Blue gown. — Fruit très long, pouvant dépasser 0m60, cylindrique, revêtu d'une pruine glauque ; épines blanchâtres à pointe noire.

Cardiff Castle long green (Concombre vert long de Cardiff). — Fruit long, très lisse ; plante demi-hâtive, de bonne production.

Duke of Bedford. — Fruit très long, très peu épineux ; ne réussit qu'en serre ou en bâche chauffée.


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Hamilton Market favourite. — Fruit de 0m35 à 0m40 de long, mince, très faiblement sillonné ; épines blanchâtres, à pointe noire.

Marquis of Lorne. — Beau et long fruit, s'amincissant vers l'extrémité ; épines blanches, assez clairsemées.

Tender and true. — Fruit de 0m50 et plus de longueur, cylindrique ; épines très peu nombreuses, blanchâtres, à pointe noire.

On fait encore grand cas en Angleterre des variétés suivantes : Long gun, Duke of Edinburgh, Manchester prize, Dr Livingstone, Jarman's Improved Telegraph, Stourbridge gem, Sutton's Pearless, Lord Roberts, Triumph, — toutes à beaux et longs fruits.

Ces variétés exigent, pour bien réussir, d'être cultivées en serre ou en bâches chauffées au thermosiphon.

Les variétés suivantes, au contraire, bien que gagnant à l'emploi de la chaleur artificielle, peuvent néanmoins s'en passer et se cultiver simplement en pleine terre. Les Anglais leur donnent, pour cette raison, le nom général de ridge cucumbers :

Bedfordshire ridge. — Jolie race productive et précoce, se rapprochant du C. Pike's Defiance mentionné ci-dessous, mais avec le fruit un peu moins long.

Coleman's ridge Best of all. — Fruit a peu près identique à celui du C. vert long anglais épineux.

Gladiator. — Fruit long de 0m30 environ, de forme presque cylindrique, droit, aminci du côté du pédoncule et plus brusquement terminé à l'extrémité. Chair blanche, ferme et pleine.

King of the ridge. — Beau concombre, long, droit, mamelonné, ressemblant au C. vert très long géant.

Pike's Defiance. — Le fruit ne diffère guère du précédent que par sa teinte plus claire ; la plante est toutefois un peu plus hâtive, plus rustique et remarquablement productive. C'est certainement une des meilleures variétés anglaises de pleine terre.


CONCOMBRE VERT LONG D'ATHÈNES.
SYNONYME : Concombre grec.
NOMS ÉTRANGERS : ANGL. Grecian or Athenian green long ridge cucumber. ALL. Griechische sehr lange glatte Walzen-Gurke.

Plante vigoureuse, mais plutôt trapue que très grande ; tiges fortes, à nœuds assez rapprochés, ne dépassant pas une longueur totale de 1m40 à 1m60 ; feuilles d'un vert foncé, grandes, entières, ou à trois lobes légèrement marqués, dentés sur les bords, diminuant rapidement d'ampleur depuis la base jusqu'à l'extrémité des tiges. Fruits toujours solitaires à l'aisselle de la feuille, au nombre de 3 ou 4 sur une même plante quand elle est vigoureuse, de forme presque cylindrique, longs de 0m25 à 0m30, quelquefois amincis au voisinage du pédoncule. La surface du fruit est lisse et tout à fait dépour-


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vue d'épines ; la peau est d'un vert foncé uni, jusque vers la maturité, où sa couleur se change en jaune bronzé. La chair est blanche, ferme, épaisse, remplissant bien l'intérieur du fruit et ne laissant pour les graines qu'une cavité centrale très étroite. Cueilli un peu avant maturité, ce concombre se conserve frais et ferme pendant plusieurs jours.

Le Concombre vert long d'Athènes est une variété d'excellente qualité, productive, de précocité moyenne, rustique et convenant très bien à la culture en pleine terre.


CONCOMBRE VERT TRÈS LONG DE CHINE.
NOMS ÉTRANGERS : ANGL. Green long China cucumber. — ALL. Grüne lange Chinesische glatte Schlangen-Gurke.

Feuilles le plus souvent entières, quelquefois à trois ou cinq lobes assez marqués. Fruit légèrement aplati sur trois faces, long de 0m25 à 0m35, d'un vert assez pâle, marqué de lignes longitudinales blanchâtres et portant quelques épines entièrement blanches, courtes et peu adhérentes à la peau. La couleur devient encore plus pâle à la maturité et se change en un blanc jaunâtre conservant à peine une petite nuance verte. Chair blanche, tendre, à peu près aussi épaisse que celle du Concombre blanc hâtif.

C'est une variété très fertile et de production soutenue ; elle est de maturité demi-tardive.


De cette variété, on peut rapprocher les suivantes, qui sont d'ailleurs assez peu répandues :

C. de Koenigsdorf, C. Bijou de Koppitz, C. cou de cygne, C. Indischer Reisen netz.


Parmi les autres races de concombres de pleine terre, qui ne sont pas d'origine anglaise, on peut encore citer les variétés suivantes, bien moins cultivées que celles déjà décrites :

Vert Goliath. — Semble n'être qu'une variété du C. vert très long géant, un peu plus tardive et à fruit à peine plus long.

Vert plein de Toscane. — A beau fruit long, lisse, presque cylindrique, devenant bronzé en approchant de la maturité.

Extra-long white spine (AM.). — A fruit vert foncé, long, cylindrique, à épines blanches ; chair tendre et très blanche. Variété vigoureuse et productive.

Arlington or Improved white spine. — Cultivé aux États-Unis ; c'est une sous-variété du précédent à fruit assez court, vert foncé, plus pointu aux deux extrémités ; il convient aussi bien à la culture forcée qu'à celle de pleine terre.

Cool and crisp (AM.). — Variété très hâtive, productive, à fruit vert clair, cylindrique, de 0m15 à 0m20 de long, à épines blanches.


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Concombres à Cornichons. — Les variétés ci-après étant presque exclusivement cultivées en vue de la production du cornichon, on les désigne couramment sous ce dernier nom. Leurs fruits, petits comparativement à ceux des concombres qui précèdent, sont cueillis à l'état jeune pour être mis en conserve dans le vinaigre :


CORNICHON VERT PETIT DE PARIS.
NOMS ÉTRANGERS : ANGL. Small Paris gherkin or Small green pickling cucumber. — ALL. Pariser Trauben-Gurke. — ITAL. Cetriuolo a cetriuoli, Cocomerini.

Plante vigoureuse et fertile, à tiges atteignant 1m50 et 2 mètres de long. Fruits oblongs, intermédiaires entre le C. de Russie et le C. jaune hâtif de Hollande. On les cueille presque toujours peu de temps après la floraison, lorsqu'ils ont atteint la grosseur du doigt, et on les emploie confits au vinaigre : ils sont pour cet usage l'objet d'une culture considérable.

Cornichon court du Midi. — Cette race, particulière à la région méridionale, est plutôt un petit concombre jaune, productif et à développement assez rapide. Les fruits, cueillis à point pour être mis en conserves, sont plus gros, mais proportionnellement plus courts que ceux de la variété précédente.

L’Early frame or Early short cucumber, cultivé aux États-Unis, est un beau cornichon court, hâtif, rustique, bien moins ample de feuillage que la race du Midi.

L’Early cluster Cucumber des Américains est un Cornichon de Paris, vert foncé, productif, à fruits un peu allongés, réunis par grappes au nombre de deux ou trois.


CORNICHON FIN DE MEAUX.
NOM ÉTRANGER : ANGL. Meaux green pickling cucumber.

Variété réellement distincte du Cornichon vert petit de Paris, elle en diffère surtout par la longueur presque double de ses fruits, qui sont à peu près cylindriques, d'un beau vert et dépourvus de protubérances épineuses sur un tiers environ de leur longueur.

Le C. de Meaux est vigoureux et rustique, et supporte parfaitement d'être cultivé en pleine terre comme le Cornichon de Paris. Il est d'une végétation rapide et d'une grande fertilité.


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CORNICHON AMÉLIORÉ DE BOURBONNE.
NOMS ÉTRANGERS : ANGL. Prolific pickling cucumber ; (AM.) Paris pickling C.

C'est un véritable concombre à fruit long et mince, à chair bien ferme, qui, cueilli peu de temps après être noué, donne des cornichons d'une finesse et d’une beauté remarquables. La surface en est couverte d'épines plus nombreuses mais beaucoup plus fines que celles des autres cornichons, épines qui ressemblent plutôt à des poils courts et raides. Plus fin, plus long et d'un vert plus intense que le Cornichon de Meaux, celui-ci en est tout à fait distinct.

Ce qui rend le Concombre de Bourbonne tout spécialement propre à être cultivé comme cornichon, c'est l'abondance remarquable de ses fruits qui se succèdent pendant plusieurs semaines et pour ainsi dire de jour en jour, à condition qu'ils soient cueillis peu après leur formation.

La figure ci-contre, dessinée d'après nature, donne une idée bien exacte de leur longueur et de leur finesse à l'état où on les cueille d'ordinaire pour les confire au vinaigre, usage pour lequel ils sont, nous le répétons, tout à fait excellents.


CORNICHON DE TOULOUSE.

Plante vigoureuse, à feuillage arrondi, vert clair. Le fruit mûr est gros, ovoïde, de couleur jaune, mesurant environ 0m22 sur 0m09. Le fruit à demi formé, tel qu'on le cueille pour être employé comme cornichon, est gros et court, assez épineux et à section nettement triangulaire.

Cette race, très appréciée dans le sud-ouest de la France, est assez hâtive et très productive.


CORNICHON GROS VERT HÂTIF.
NOM ÉTRANGER : ANGL. Early White spine cucumber.

Variété vigoureuse et productive, remarquable par sa grande précocité. Tige grêle, ayant en moyenne 1m20 de longueur. Fruits bien verts, courts et renflés, un peu plus volumineux que ceux du Cornichon de Paris, et portant des épines blanches assez nombreuses qui disparaissent à l'approche de la maturité. Lorsqu'ils sont complètement développés, ces fruits deviennent presque blancs et atteignent 0m20 de long, sur 0m08 de diamètre.

Cette variété est particulièrement recommandable pour la culture en pleine terre en grand, en vue de l'approvisionnement des marchés.


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Le Cornichon gros vert hâtif est une amélioration du Cornichon vert gros, introduit il v a une quinzaine d'années tout au plus et qui est maintenant presque complètement abandonné.

Le Boston pickling or Green prolific C. des Américains est une race de cornichon à fruit lisse, court, d'un vert gai, intermédiaire entre le Concombre de Russie et le Cornichon de Paris, mais se rapprochant davantage du premier. Il est très employé, en Amérique, par les fabricants de conserves.

Le Cornichon chinois (Howang Kona) est une jolie race vigoureuse, trapue et courant peu, à fruit plus long et plus cylindrique que les races européennes.