Combretum mucronatum (PROTA)

De PlantUse Français
Aller à : navigation, rechercher
Prota logo vert.gif
Ressources végétales de l'Afrique tropicale
Introduction
Liste des espèces


Importance générale Fairytale bookmark gold.svgFairytale bookmark gold.svgGood article star.svgGood article star.svgGood article star.svg
Répartition en Afrique Fairytale bookmark gold.svgFairytale bookmark gold.svgGood article star.svgGood article star.svgGood article star.svg
Répartition mondiale Fairytale bookmark gold.svgGood article star.svgGood article star.svgGood article star.svgGood article star.svg
Glucides / amidon Fairytale bookmark gold.svgGood article star.svgGood article star.svgGood article star.svgGood article star.svg
Colorant / tanin Fairytale bookmark gold.svgGood article star.svgGood article star.svgGood article star.svgGood article star.svg
Médicinal Fairytale bookmark gold.svgFairytale bookmark gold.svgGood article star.svgGood article star.svgGood article star.svg


Combretum mucronatum Schumach. & Thonn.


répartition en Afrique (sauvage)
Protologue: Schumach., Beskr. Guin. pl. : 184 (1827).
Famille: Combretaceae

Synonymes

  • Combretum smeathmannii G.Don (1827).

Origine et répartition géographique

Combretum mucronatum se rencontre du Sénégal jusqu’en R.D. du Congo, au Gabon et à l’ouest de l’Ouganda.

Usages

En Afrique de l’Ouest, le jus des feuilles ou les feuilles écrasées sont appliqués sur les blessures comme hémostatique, et également sur d’anciennes blessures, furoncles et brûlures. En Côte d’Ivoire, les Wes utilisent le jus des feuilles comme collyre pour traiter les infections oculaires. On baigne les bébés dans une décoction de feuilles pour les calmer. Au Ghana, la décoction de racines finement coupées, avec du piment Capsicum ou de la cendre de bois, se prend pour traiter les douleurs de la poitrine et la gonorrhée, et l’infusion de jeunes feuilles avec du natron se prend comme vermifuge. Les feuilles de Combretum mucronatum et Mitragyna stipulosa (DC.) Kuntze sont données au bétail pour traiter le ver de Guinée. Au Nigeria, les feuilles cuites sont consommées pour prévenir les maladies. Au Cameroun, on applique des feuilles écrasées pour panser les plaies. Au Gabon, les feuilles broyées sont appliquées dans le vagin pour traiter les douleurs post-partum. En R.D. du Congo, les cendres d’écorce de rameau sont frottées sur des scarifications sur le front pour traiter la psychose.

Les fleurs produisent beaucoup de nectar et sont de bonnes mellifères. En R.D. du Congo, on fabrique un colorant noir à partir du jus de feuilles.

Production et commerce international

Combretum mucronatum est seulement utilisé localement.

Propriétés

Un extrait de feuilles brut a montré une activité modérée contre Trypanosoma brucei rhodesiense. Un essai clinique préliminaire sur 44 personnes infectées par le ver de Guinée et ayant absorbé une décoction de racine comme boisson, a donné des résultats prometteurs.

Des extraits aqueux et à l’éthanol de feuilles augmentaient l’activité mitochondriale des fibroblastes et des kératinocytes à 10 μg/ml de façon significative, alors que des concentrations plus élevées ont eu un effet inhibiteur. L’extrait à l’éthanol a également montré une activité significative de piégeage de radicaux libres in vitro.

Description

Arbuste grimpant ou liane atteignant 13 m de long ; jeunes rameaux densément couverts de poils courts rougeâtres. Feuilles opposées, simples et entières ; stipules absentes ; pétiole de 4–8 mm de long, à poils courts ; limbe obovale, atteignant 16 cm × environ 8 cm, base arrondie à presque cordée, apex brusquement acuminé, légèrement poilu à poils courts au-dessous, à points translucides, pennatinervé à 7–11 paires de nervures latérales prononcées. Inflorescence : panicules axillaires et terminales atteignant 9 cm de long, en groupes à l’apex des rameaux, pédoncule de 2–4 cm de long. Fleurs bisexuées, régulières, 4-mères, blanches ; réceptacle constitué de 2 parties, partie inférieure de 2–3 mm de long, partie supérieure en coupe, d’environ 1,5 mm × 2 mm, à denses poils rouges ; sépales minuscules, pétales transversalement elliptiques à obtriangulaires, de 2–3 mm de long, bords finement ciliés ; étamines 8, d’environ 4 mm de long ; ovaire infère, 1-loculaire, style d’environ 4 mm de long. Fruit : nucule à 4 ailes, à contour presque orbiculaire à largement obovale, de 1–1,8 cm de long, à stipe de 1–2 mm de long, ailes papyracées, couleur paille, parfois teintées de violet, à fins poils courts. Plantule à germination hypogée.

Autres données botaniques

Combretum est un genre très vaste, comprenant environ 250 espèces réparties dans le monde entier dans les régions tropicales et subtropicales. Environ 140 espèces existent en Afrique tropicale ; environ 20 espèces sont endémiques de Madagascar.

Plusieurs autres espèces de Combretum sont utilisées en médecine en Afrique centrale. Combretum carringtonianum Exell & J.G.Garcia est présent du Gabon jusqu’en R.D. du Congo. En R.D. du Congo, de la poudre de graines est appliquée sur les blessures et frictionnée dans des scarifications de la peau pour traiter les douleurs sévères.

Combretum cintereopetalum Engl. & Diels est présent du Cameroun jusqu’au Soudan méridional et vers le sud jusqu’en Angola. Au Gabon, le jus des feuilles s’applique sur les brûlures pour accélérer la guérison. L’infusion ou la décoction de feuilles se boit pour traiter la diarrhée, comme diurétique et pour traiter les douleurs après une fausse couche. En R.D. du Congo, on boit la décoction de tige feuillée pour traiter les ulcères peptiques. On boit aussi la macération de feuilles et de racines écrasées pour traiter l’inflammation du pelvis chez les femmes.

Ecologie

Combretum mucronatum se rencontre en forêt secondaire, en lisière de forêt et en ripisylve, ainsi que dans les savanes boisées, souvent dans des endroits relativement marécageux, du niveau de la mer jusqu’à 800 m d’altitude.

Multiplication et plantation

Combretum mucronatum peut se multiplier par graines et par boutures de tige de 10–15 cm de long.

Récolte

On récolte les parties de la plante au fur et à mesure des besoins. Les racines sont principalement récoltées pendant la saison des pluies.

Ressources génétiques

Combretum mucronatum a une grande aire de répartition et ne semble rare à aucun endroit. Il n’est donc pas menacé d’érosion génétique.

Perspectives

Combretum mucronatum semble avoir du potentiel comme vermifuge, en particulier pour le traitement du ver de Guinée. Des études biochimiques et pharmacologiques comprenant des études d’innocuité et de formulation sont nécessaires pour évaluer son potentiel.

Références principales

  • Agyare, C., Asase, A., Lechtenberg, M., Niehues, M., Deters, A. & Hensel, A., 2009. An ethnopharmacological survey and in vitro confirmation of ethnopharmacological use of medicinal plants used for wound healing in Bosomtwi-Atwima-Kwanwoma area, Ghana. Journal of Ethnopharmacology 125(3): 393–403.
  • Atindehou, K.K., Schmid, C., Brun, R., Koné, M.W. & Traoré, D., 2004. Antitrypanosomal and antiplasmodial activity of medicinal plants from Côte d’Ivoire. Journal of Ethnopharmacology 90(2): 221–227.
  • Burkill, H.M., 1985. The useful plants of West Tropical Africa. 2nd Edition. Volume 1, Families A–D. Royal Botanic Gardens, Kew, Richmond, United Kingdom. 960 pp.
  • Neuwinger, H.D., 2000. African traditional medicine: a dictionary of plant use and applications. Medpharm Scientific, Stuttgart, Germany. 589 pp.
  • Wickens, G.E., 1973. Combretaceae. In: Polhill, R.M. (Editor). Flora of Tropical East Africa. Crown Agents for Oversea Governments and Administrations, London, United Kingdom. 99 pp.

Autres références

  • Betti, J.-L. & Lejoly, J., 1999. Importance en médecine traditionnelle de Combretum mucronatum Schum. & Thonn. (Combretaceae) dans le Dja (Cameroun). In : Nasi, R., Amsallem, I. & Drouineau, S (Editors). La gestion des forêts denses africaines d’aujourd’hui. Séminaire FORAFRI, Libreville, Gabon. pp. 1–16.
  • Atindehou, K.K., Koné, M., Terreaux, C., Traoré, D., Hostettmann, K. & Dosso, M., 2002. Evaluation of the antimicrobial potential of medicinal plants from the Ivory Coast. Phytotherapy Research 16(5): 497–502.
  • Liben, L., 1983. Combretaceae. Flore du Cameroun. Volume 25. Muséum National d’Histoire Naturelle, Paris, France. 97 pp.
  • Sofowora, A., 1996. Plantes médicinales et médecine traditionelle d’Afrique. Karthala, Paris, France. 378 pp.
  • Tchoumboué, J., Mpoame M. & Akamba, M.D.G., 1996. Essai comparé de traitement de nématodes de poulet au “Sodivermyl” -Baird et à l’écorce de Combretum sp. (Combretaceae). Tropicultura 14 (1): 4–5.
  • Tona, L., Ngimbi, N.P., Tsakala, M., Mesia, K., Cimanga, K., Apers, S., de Bruyne, T., Pieters, L., Totté, J. & Vlietinck, A.J., 1999. Antimalarial activity of 20 crude extracts from nine African medicinal plants used in Kinshasa, Congo. Journal of Ethnopharmacology 68: 193–203.

Auteur(s)

  • A.J. Bagué Serrano, Cmdte. Mariano Hernández 100 altos / Julio A. Mella y Marti, Sancti Spiritus C.P. 60100, Cuba

Citation correcte de cet article

Bagué Serrano, A.J., 2011. Combretum mucronatum Schumach. & Thonn. In: Schmelzer, G.H. & Gurib-Fakim, A. (Editeurs). PROTA (Plant Resources of Tropical Africa / Ressources végétales de l’Afrique tropicale), Wageningen, Pays-Bas. Consulté le 31 mars 2025.


  • Voir cette page sur la base de données Prota4U.