Combretum schumannii (PROTA)

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Ressources végétales de l'Afrique tropicale
Introduction
Liste des espèces


Importance générale Fairytale bookmark gold.svgFairytale bookmark gold.svgGood article star.svgGood article star.svgGood article star.svg
Répartition en Afrique Fairytale bookmark gold.svgFairytale bookmark gold.svgGood article star.svgGood article star.svgGood article star.svg
Répartition mondiale Fairytale bookmark gold.svgGood article star.svgGood article star.svgGood article star.svgGood article star.svg
Glucides / amidon Fairytale bookmark gold.svgGood article star.svgGood article star.svgGood article star.svgGood article star.svg
Médicinal Fairytale bookmark gold.svgGood article star.svgGood article star.svgGood article star.svgGood article star.svg
Bois d'œuvre Fairytale bookmark gold.svgFairytale bookmark gold.svgGood article star.svgGood article star.svgGood article star.svg
Bois de feu Fairytale bookmark gold.svgFairytale bookmark gold.svgGood article star.svgGood article star.svgGood article star.svg
Ornemental Fairytale bookmark gold.svgGood article star.svgGood article star.svgGood article star.svgGood article star.svg
Fourrage Fairytale bookmark gold.svgGood article star.svgGood article star.svgGood article star.svgGood article star.svg
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Combretum schumannii Engl.


répartition en Afrique (sauvage)
1, port de l'arbre ; 2, rameau feuillé ; 3, fleur en section longitudinale ; 4, fruit. Redessiné et adapté par Achmad Satiri Nurhaman
coupe transversale du bois
coupe tangentielle du bois
coupe radiale du bois
Protologue: Pflanzenw. Ost-Afrikas C : 289 (1895).
Famille: Combretaceae
Nombre de chromosomes: 2n = 26

Synonymes

  • Combretum engleri Schinz (1901).

Noms vernaculaires

  • Forest tree combretum, sand bushwillow (En).
  • Mgurure, mpera-mwitu, mgongolo (Sw).

Origine et répartition géographique

Combretum schumannii se rencontre depuis le sud de la Somalie et le Kenya jusqu’en Namibie, au Botswana, au Zimbabwe, au Mozambique et au nord de l’Afrique du Sud.

Usages

Le bois est utilisé pour la construction lourde, la parqueterie, la confection de pilons, de peignes et d’objets sculptés. Il convient pour les boiseries intérieures, la construction navale, la charronnerie, les étais de mine, les manches, les échelles, les articles de sport, les instruments de musique, les blocs de poulie, les jouets et les articles de fantaisie, les équipements de précision et le tournage. En Namibie, les branches des arbustes de Combretum schumannii servent à fabriquer des arcs aux enfants pour qu’ils s’entraînent à chasser ; en revanche, elles ne conviennent pas pour les arcs des adultes car elles se brisent trop facilement. Le bois est également utilisé comme bois de feu et pour la production de charbon de bois.

L’écorce et les feuilles sont employées en médecine traditionnelle. On applique la pulpe d’écorce de racine sur les œdèmes et les feuilles chauffées sur la poitrine pour soigner la pneumonie ; les feuilles servent également à soigner l’épilepsie et les maux de tête. Les fleurs sont une source de nectar et de pollen pour les abeilles. L’arbre fournirait un paillis de bonne qualité.

Production et commerce international

Au Kenya, Combretum schumannii est l’une des quatre espèces les plus utilisées en sculpture, au même titre que Dalbergia melanoxylon Guill. & Perr., Brachylaena huillensis O.Hoffm. et Olea europaea L. subsp. cuspidata (Wall ex G.Don) Cif. Cependant, aucune information n’est disponible concernant les volumes et les prix du bois commercialisé.

Propriétés

Le bois de cœur est brun pourpré foncé lorsqu’il est fraîchement scié, mais fonce petit à petit pour devenir presque noir avec le temps ; il se distingue nettement de l’aubier étroit et blanchâtre. Le fil est droit, le grain moyennement fin à fin, mais pas toujours régulier.

C’est un bois lourd, avec une densité de 1040–1120 kg/m³ à 12% d’humidité. Il sèche bien à l’air mais lentement, avec peu d’altération. Les taux de retrait sont relativement faibles, de l’état vert à 12% d’humidité ils sont d’environ 1% dans le sens radial et de 2–3% dans le sens tangentiel. Le bois se travaille facilement dès lors que l’on utilise des outils bien affûtés, et donne un très joli poli. Les caractéristiques de tournage sont excellentes. Il est nécessaire de faire des avant-trous pour le clouage. Le bois s’assemble bien. Il est passablement durable, même lorsqu’il est en contact avec le sol, résistant assez bien aux attaques de termites et de térébrants marins. En revanche, il est très rebelle à l’imprégnation avec des produits de préservation.

Falsifications et succédanés

Le bois de Combretum schumannii est assez semblable à celui de Dalbergia melanoxylon, également très utilisé en sculpture. L’ébène, le bois de Diospyros spp., est lui aussi employé pour les mêmes usages que Combretum schumannii.

Description

  • Arbuste ou arbre de taille petite à moyenne atteignant 20(–30) m de haut, caducifolié ; fût souvent tortueux ou cannelé, jusqu’à 60(–80) cm de diamètre ; surface de l’écorce brun jaunâtre pâle à brune, se desquamant en grandes écailles allongées, écorce interne rosée à stries plus pâles, exsudant un jus épais blanchâtre ; cime ouverte ; rameaux minces, presque glabres.
  • Feuilles opposées, simples et entières ; stipules absentes ; pétiole jusqu’à 1 cm de long, mince ; limbe elliptique à oblong-elliptique, ovale ou obovale, de (2–)6–12(–15) cm × (1–)2–4,5 (–7,5) cm, cunéiforme à arrondi à la base, arrondi à obtus ou courtement acuminé à l’apex, papyracé, légèrement verruqueux et écaillé, pennatinervé à 3–8 paires de nervures latérales.
  • Inflorescence : court épi axillaire atteignant 1,5 cm de long, poisseux.
  • Fleurs bisexuées, régulières, 4-mères, jaune pâle, parfumées, sessiles ; réceptacle constitué de 2 parties, la partie inférieure de 1–1,5 mm de long, la partie supérieure de 1,5–2,5 mm de long, à 4 renflements en forme de sac ; sépales superficiellement triangulaires, indistincts ; pétales libres, presque orbiculaires, de 1,5–2 mm de long, glabres ; étamines 8, libres, d’environ 5 mm de long ; ovaire infère, 1-loculaire, style d’environ 5 mm de long.
  • Fruit : nucule à 4 ailes, à contour ovoïde à presque orbiculaire, de 3–4 cm de long, à stipe de 1–2 cm de long et à ailes d’environ 1 cm de large, verte devenant brun pâle, indéhiscente, renfermant 1 seule graine.
  • Plantule à germination épigée, à cotylédons réniformes sessiles.

Autres données botaniques

Le genre Combretum, très vaste, comprend environ 250 espèces et a une répartition cosmopolite dans les régions tropicales et subtropicales. On en dénombre près de 140 en Afrique tropicale. Dans plusieurs flores africaines, Combretum engleri Schinz, originaire de la partie occidentale de l’Afrique australe, a été classé comme synonyme de Combretum schumannii, bien que le premier ne soit qu’un arbuste atteignant 4 m de haut, à feuilles et à fruits de plus petite taille. Des travaux supplémentaires sont indispensables pour clarifier le statut de Combretum engleri ; il pourrait s’agir d’un taxon séparé (soit au niveau spécifique soit au niveau infra-spécifique), ou bien les différences pourraient être dues aux conditions climatiques.

Combretum kraussii

Combretum kraussii Hochst. se rencontre à l’est de l’Afrique du Sud et au Swaziland, bien que quelques spécimens aient été récoltés au sud du Mozambique. Il s’agit d’un arbuste ou d’un arbre de petite taille qui atteint 12 m de haut. Son bois jaune, à fil généralement droit et à grain fin, convient pour la parqueterie, la menuiserie, les étais de mine, la construction navale, la charronnerie, le mobilier, l’ébénisterie, les manches, les échelles, les articles de sport, les jouets et les articles de fantaisie, les ustensiles agricoles et le tournage ; il sert aussi de bois de feu. A 12% d’humidité, la densité du bois est d’environ 770 kg/m³, le module de rupture de 110 N/mm², le module d’élasticité de 13 230 N/mm² et la compression axiale de 63 N/mm². Bien que dur et résistant, le bois se travaille assez facilement ; il se polit bien. Il n’est que moyennement durable et rebelle à l’imprégnation par des produits de préservation. Les racines de Combretum kraussii servent en médecine traditionnelle à soigner les plaies, d’antalgique, de tonique et de stimulant de l’appétit. Les jeunes tiges, flexibles, sont utilisées en vannerie.

Anatomie

  • Cernes de croissance : 2 : limites de cernes indistinctes ou absentes.
  • Vaisseaux : 5 : bois à pores disséminés ; (7 : vaisseaux en lignes, ou plages, obliques et/ou radiales) ; 9 : vaisseaux exclusivement solitaires (à 90% ou plus) ; 13 : perforations simples ; 22 : ponctuations intervasculaires en quinconce ; 23 : ponctuations alternes (en quinconce) de forme polygonale ; 26 : ponctuations intervasculaires moyennes (7–10 mm) ; 29 : ponctuations ornées ; 30 : ponctuations radiovasculaires avec des aréoles distinctes ; semblables aux ponctuations intervasculaires en forme et en taille dans toute la cellule du rayon ; 41 : diamètre tangentiel moyen du lumen des vaisseaux 50–100 mm ; (45 : vaisseaux de deux classes de diamètre distinctes, bois sans zones poreuses) ; 47 : 5–20 vaisseaux par millimètre carré ; 58 : gomme ou autres dépôts dans les vaisseaux du bois de cœur.
  • Trachéides et fibres : 60 : présence de trachéides vasculaires ou juxtavasculaires ; 61 : fibres avec des ponctuations simples ou finement (étroitement) aréolées ; 66 : présence de fibres non cloisonnées ; 70 : fibres à parois très épaisses.
  • Parenchyme axial : 83 : parenchyme axial anastomosé ; 92 : quatre (3–4) cellules par file verticale.
  • Rayons : 97 : rayons 1–3-sériés (larges de 1–3 cellules) ; (104 : rayons composés uniquement de cellules couchées) ; (109 : rayons composés de cellules couchées, carrées et dressées en mélange) ; 115 : 4–12 rayons par mm ; 116 : 12 rayons par mm.
  • Inclusions minérales : 156 : cristaux dans des cellules dilatées (idioblastes).
(P. Détienne & P. Baas)

Croissance et développement

En Namibie, les fleurs ne durent qu’environ 3 semaines, de la mi-septembre au début octobre, lorsque l’arbuste est presque défeuillé. Elles sont pollinisées par des insectes comme les abeilles. Les fruits mûrissent près de 7 mois après la floraison. Les singes s’en nourriraient, servant ainsi à disperser les graines.

Ecologie

On trouve Combretum schumannii dans un grand nombre de milieux différents, allant de la forêt pluviale de basse altitude à la ripisylve, la forêt sèche décidue et la savane arborée, depuis le niveau de la mer jusqu’à 1150(–1600) m d’altitude. En Afrique australe, on le rencontre couramment sur le sable du Kalahari et sur les affleurements rocheux.

Multiplication et plantation

Les graines doivent être semées lorsqu’elles sont encore fraîches. La germination peut être rapide et son taux élevé. Les fruits entiers peuvent être conservés quelques semaines seulement sans que la capacité de germination des graines n’en soit altérée. Il est recommandé d’ôter les ailes du fruit avant le semis. Il arrive que les arbres produisent des drageons utilisables pour la multiplication.

Gestion

Les arbres peuvent être traités par recépage et ébranchage.

Traitement après récolte

Les fûts sont généralement courts et souvent cannelés, ce qui limite les possibilités d’usage pour des sciages.

Ressources génétiques

Etant répandu et commun au moins localement, Combretum schumannii n’est guère sujet à l’érosion génétique. Toutefois, dans certaines régions comme dans les régions côtières du Kenya, les arbres de Combretum schumannii font l’objet d’un abattage sélectif pour leur bois qui est fort prisé en sculpture, ce qui évidemment touche les peuplements de grands individus. Il faudrait effectuer des travaux sur la variabilité génétique qui couvriraient les peuplements de toute l’aire de répartition, et qui permettraient aussi de clarifier le statut de Combretum engleri.

Perspectives

Nous ne disposons d’aucune information sur les taux de croissance et la régénération naturelle de Combretum schumannii. Des études seraient nécessaires pour mettre au point des modèles d’exploitation durable de son bois. Mais, il semble que ce ne soit pas le bon candidat si l’on souhaite le planter avec l’ambition d’obtenir une production de bois d’œuvre économiquement viable car son fût est souvent de trop petite taille et de forme médiocre, et sa croissance probablement lente.

Références principales

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  • Mbuya, L.P., Msanga, H.P., Ruffo, C.K., Birnie, A. & Tengnäs, B., 1994. Useful trees and shrubs for Tanzania: identification, propagation and management for agricultural and pastoral communities. Technical Handbook 6. Regional Soil Conservation Unit/SIDA, Nairobi, Kenya. 542 pp.
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Autres références

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  • Kokwaro, J.O., 1993. Medicinal plants of East Africa. 2nd Edition. Kenya Literature Bureau, Nairobi, Kenya. 401 pp.
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  • Neuwinger, H.D., 2000. African traditional medicine: a dictionary of plant use and applications. Medpharm Scientific, Stuttgart, Germany. 589 pp.
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  • Thulin, M., 1993. Combretaceae. In: Thulin, M. (Editor). Flora of Somalia. Volume 1. Pteridophyta; Gymnospermae; Angiospermae (Annonaceae-Fabaceae). Royal Botanic Gardens, Kew, Richmond, United Kingdom. pp. 247–254.
  • Wickens, G.E., 1973. Combretaceae. In: Polhill, R.M. (Editor). Flora of Tropical East Africa. Crown Agents for Oversea Governments and Administrations, London, United Kingdom. 99 pp.

Sources de l'illustration

  • Exell, A.W., 1978. Combretaceae. In: Launert, E. (Editor). Flora Zambesiaca. Volume 4. Flora Zambesiaca Managing Committee, London, United Kingdom. pp. 100–183.
  • Maundu, P. & Tengnäs, B. (Editors), 2005. Useful trees and shrubs for Kenya. World Agroforestry Centre - East and Central Africa Regional Programme (ICRAF-ECA), Technical Handbook 35, Nairobi, Kenya. 484 pp.

Auteur(s)

  • D. Dongock Nguemo, Département des Sciences Biologiques, Faculté des Sciences, Université de Ngaoundéré, B.P. 454, Ngaoundéré, Cameroon

Consulté le 3 avril 2025.


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