Cochlospermum tinctorium (PROTA)

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plante en fleurs
plante en fleurs

Cochlospermum tinctorium Perr. ex A.Rich.


Protologue: Fl. Seneg. tent. 1(3) : 99, t. 21 (1831).
Famille: Cochlospermaceae
Nombre de chromosomes: 2n = 12

Origine et répartition géographique

On trouve Cochlospermum tinctorium du Sénégal au sud du Soudan et à l’Ouganda.

Usages

Le rhizome de Cochlospermum tinctorium est récolté dans la nature et donne un colorant brun-jaune, utilisé pour teindre les étoffes (de coton), le fil, les nattes, la vannerie et les ornements, et plus rarement le cuir. Le rhizome frais ou séché peut être pulvérisé et réduit en une pâte dont on enduit le produit à teindre ; il peut également être concassé, mélangé à de la cendre et mis à bouillir avec les articles à teindre. On peut obtenir différentes couleurs en utilisant des mordants (par ex. Striga asiatica (L.) Kuntze) ou en ajoutant de l’indigo. En Côte d’Ivoire, les Baoulés additionnent le bain de teinture de jus de citron pour en renforcer la solidité. Au Cameroun, le rhizome réduit en poudre et mélangé à de l’eau permettent d’obtenir un masque facial jaune. Le colorant est également employé pour colorer le beurre de karité et l’huile de cuisson auxquels il apporte peut-être aussi un certain arôme. L’un comme l’autre colorerait la bouche et guérirait les brûlures. Les fruits verts sont consommés par les chasseurs pour étancher leur soif. La bourre du fruit peut servir à rembourrer les coussins ou, comme cela se fait au Togo, elle est filée en cordons pour les colliers. L’écorce des jeunes tiges produit aussi une fibre utile.

En médecine traditionnelle, le rhizome jaune constitue un des médicaments les plus respectés en Afrique de l’Ouest pour les cas de jaunisse et de maladies de foie. Il sert aussi à soigner les œdèmes, l’incontinence urinaire, la dysménorrhée, l’épilepsie, la schistosomose, la pneumonie, les affections bronchiques, la conjonctivite, les problèmes gastriques, la diarrhée, l’indigestion, les maux d’estomac et les affections de la peau. Au Burkina Faso, on consomme un extrait de rhizome en cas de malaria. Au Nigeria, on boit une potion à base de ses fruits et de tamarin pour soigner les morsures de serpent, et en Côte d’Ivoire et au Burkina Faso le rhizome en poudre est employé comme topique. En Côte d’Ivoire, on utilise la pulpe des feuilles comme pansement humide pour faire mûrir les abcès et les furoncles et on consomme une décoction de rameaux ou de rhizome, ou encore on la verse dans l’eau du bain pour traiter les troubles génito-urinaires, les douleurs rénales ou intercostales. Le corps est lavé avec un extrait aqueux du rhizome non seulement pour soigner les maladies de peau mais aussi à titre prophylactique. Au Nigeria, on mâche aussi le rhizome comme tonique. Le rhizome est également très utilisé en médecine vétérinaire. L’huile des graines sert à soigner la lèpre. En outre, ses fleurs décoratives en font une plante ornementale potentielle.

Production et commerce international

Il y a quelques exportations de colorant de Cochlospermum tinctorium à partir du Ghana..

Propriétés

Le rhizome de Cochlospermum tinctorium est riche en caroténoïdes qui sont les pigments jaunes de la teinture ; il contient également énormément de mucilages, de sucres, d’acétogénines, de tanins (acide gallique, acide ellagique et ellagitanin), d’huiles essentielles (alcools, 3-hexadécanone), d’acide arjunolique et probablement certains alcaloïdes. Des apocaroténoïdes, la cochloxanthine et la dihydrocochloxanthine, ont montré une activité antimicrobienne contre Candida albicans, Aspergillus fumigatus, Staphylococcus aureus et Escherichia coli, mais seulement à des concentrations élevées. Un extrait méthanolique de rhizome a révélé une activité antibactérienne contre certaines bactéries responsables de maladies de peau. Les tanins ont montré une remarquable activité anti-hépatotoxique et l’acide gallique notamment inhibe la production de radicaux libres d’oxygène dans les leucocytes. Un extrait à l’éthanol du rhizome a montré une activité antiplasmodiale prononcée (1–2 μg/ml), avec l’acide 3-O-E-p-coumaroylalphitolique comme composé le plus actif. Des extraits de feuilles ont révélé une activité antiplasmodiale modérée. Des essais effectués sur des souris ont montré que l’acide arjunolique isolé du rhizome avait des effets inhibiteurs considérables sur les promoteurs de tumeurs de la peau. Les feuilles et les pousses de Cochlospermum tinctorium pourraient bien être toxiques car le bétail ne brouterait pas la plante même en période de pénurie.

Description

  • Sous-arbrisseau atteignant 80 cm de haut, à rhizome souterrain ligneux produisant des pousses annuelles.
  • Feuilles alternes, (3–)5-palmatilobées ; stipules linéaires, caduques ; pétiole de 3–6 cm de long ; limbe à contour de 2–12 cm × 2–16 cm, lobes lancéolés à oblongs, connés à la base sur environ 1/4 de leur longueur, bords entiers à dentés en scie, glabrescents à pubescents en dessous. Inflorescence : panicule ou grappe portant peu de fleurs, apparaissant habituellement au niveau du sol à partir du rhizome, parfois au sommet de pousses feuillées.
  • Fleurs bisexuées, régulières, 5-mères, de 6–9 cm de diamètre ; pédicelle de 1,5–4 cm de long ; sépales elliptiques-oblongs, de 1–1,5 cm × 0,5–1 cm, veloutés à l’extérieur ; pétales obovales, de 2,5–4 cm × 2–3 cm, légèrement émarginés, jaune d’or ; étamines nombreuses, libres ; ovaire supère, généralement laineux, style simple, fin, stigmate petit.
  • Fruit : capsule fusiforme ou obovoïde de 4–6 cm × 2,5 cm, légèrement côtelée, brune, grise ou noire, contenant de nombreuses graines.
  • Graines réniformes, d’environ 5 mm de long, densément recouvertes de longs poils blancs à jaunâtres.

Autres données botaniques

Les Cochlospermaceae sont une petite famille, proche des Bixaceae, et qui comprend 15 espèces réparties en 2 genres. Cochlospermum comprend 12 espèces, dont 5 se trouvent à l’état sauvage en Afrique. Les racines des espèces africaines Cochlospermum angolense Welw. ex Oliv. et Cochlospermum planchonii Hook.f. et des espèces américaines Cochlospermum regium (Schrank) Pilg. et Cochlospermum vitifolium (Willd.) Spreng. donnent un colorant jaune qui est utilisé de la même façon que Cochlospermum tinctorium. La forme de la feuille chez Cochlospermum tinctorium étant variable, on la confond parfois avec Cochlospermum intermedium Mildbr., originaire de la république de Centrafrique. Les pousses feuillées annuelles apparaissent sur le rhizome durant la saison des pluies. La floraison a lieu en saison sèche après les feux de savanes, et les fruits sont mûrs environ un mois après la floraison. Les fleurs sont produites en général près du niveau du sol, mais dans le sud du Soudan et en Ouganda elles apparaissent souvent au sommet des pousses feuillées.

Ecologie

Cochlospermum tinctorium pousse dans les savanes sèches, avec une préférence pour les zones dévastées, rocailleuses et brûlées chaque année, entre 300–1500 m d’altitude.

Ressources génétiques

Cochlospermum tinctorium est répandu et ne semble pas menacé d’érosion génétique.

Perspectives

Cochlospermum tinctorium demeurera localement une plante tinctoriale importante. Peut-être ses vertus médicinales intéressantes en feront-elles une plante médicinale autrement plus importante.

Références principales

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  • Burkill, H.M., 2000. The useful plants of West Tropical Africa. 2nd Edition. Volume 5, Families S–Z, Addenda. Royal Botanic Gardens, Kew, Richmond, United Kingdom. 686 pp.
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Auteur(s)

  • P.C.M. Jansen, PROTA Network Office Europe, Wageningen University, P.O. Box 341, 6700 AH Wageningen, Netherlands

Consulté le 8 juillet 2021.


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