Chrysophyllum perpulchrum (PROTA)

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Ressources végétales de l'Afrique tropicale
Introduction
Liste des espèces


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Médicinal Fairytale bookmark gold.svgFairytale bookmark gold.svgGood article star.svgGood article star.svgGood article star.svg
Bois d'œuvre Fairytale bookmark gold.svgFairytale bookmark gold.svgGood article star.svgGood article star.svgGood article star.svg


écorce et tranche
branche feuillée et fruits
diverses parties de l'arbre (The Virtual Field Herbarium)
coupe transversale du bois
coupe tangentielle du bois
coupe radiale du bois

Chrysophyllum perpulchrum Mildbr.


Protologue: Fl. W. trop. Afr. 2: 10 (1931).
Famille: Sapotaceae
Nombre de chromosomes: 2n = 28

Synonymes

  • Gambeya perpulchra (Mildbr. ex Hutch. & Dalziel) Aubrév. & Pellegr. (1960).

Noms vernaculaires

  • Aninguéri rouge (Fr).
  • Red asanfena, monkey star apple, bird-lime tree (En).

Origine et répartition géographique

Chrysophyllum perpulchrum est largement réparti depuis la Guinée jusqu’à l’Ouganda et la Tanzanie.

Usages

Le bois (nom commercial : mululu) convient pour la construction, la parqueterie, les meubles, l’ébénisterie, la menuiserie, les jouets et articles de fantaisie, les instruments de musique, le tournage, la caisserie, les cuves, la sculpture, les placages et les contreplaqués. En Tanzanie, il est également employé pour confectionner des mortiers à grains et des ruches.

En Côte d’Ivoire, on absorbe une décoction d’écorce comme tonique, antalgique, galactagogue et aphrodisiaque, et pour traiter la jaunisse, l’asthme et autres affections respiratoires, et la folie. Le fruit est parfois consommé. Le latex est employé comme substitut du caoutchouc et comme glu.

Production et commerce international

Le bois de Chrysophyllum perpulchrum est commercialisé internationalement en petites quantités, mais on ne dispose pas de données du fait qu’il est mélangé avec d’autres espèces de Sapotaceae.

Propriétés

Le bois de cœur est blanc jaunâtre ou rosé à jaune brunâtre, et peu distinct de l’aubier. Le fil est généralement droit, le grain fin et régulier. Le bois est lustré. En Sierra Leone, il est considéré comme trop gommeux pour être utile.

C’est un bois assez lourd, avec une densité de 660–820 kg/m³ à 12% d’humidité. Les taux de retrait de l’état vert à anhydre sont élevés : 5,9–6,3% dans le sens radial et 9,7–10,7% dans le sens tangentiel ; le retrait de l’état vert à 12% d’humidité est de 2,0–3,0% dans le sens radial et de 7,2–8,5% dans le sens tangentiel. En dépit du retrait élevé, le séchage est rapide, avec peu de fentes ou de gerçures. Après séchage le bois n’est pas stable.

A 12% d’humidité, le module de rupture est de 143–189 N/mm², le module d’élasticité de 14 120 N/mm², la compression axiale de 69–72 N/mm², le fendage de 15,5 N/mm et la dureté Chalais-Meudon de 5,9. Le bois est moyennement résistant aux chocs.

Il est assez facile à scier, se travaille bien avec les outils à main et à la machine, et peut se raboter en donnant un fini lisse. Des avant-trous sont nécessaires avant de le clouer, et la tenue des clous et des vis est bonne. Les caractéristiques de collage et de cintrage à la vapeur sont bonnes, de même que celles de tranchage.

Le bois n’est pas durable, et il est sujet aux attaques d’insectes. L’aubier est très sensible aux attaques de Lyctus. Il est assez perméable aux produits d’imprégnation, tandis que le bois de cœur est moyennement résistant.

Le noyau de la graine contient 4% d’huile, avec acide oléique 39%, acide linoléique 31%, acide palmitique 20%, acide stéarique 9%, acide linolénique 1%, et des traces d’acides laurique, myristique et arachidique. Un alcaloïde, la cardiochrysine, a été signalé dans l’écorce ; ce composé a montré une action dépressive sur le thalamus et l’hypothalamus, et une action hypotensive et cardiotonique.

Description

  • Grand arbre atteignant 40 m de haut ; fût jusqu’à 100 cm de diamètre, rectiligne et cylindrique, légèrement cannelé ou pourvu de contreforts à la base ; surface de l’écorce brun grisâtre, lisse avec des fissures longitudinales, écorce interne fibreuse, brun pâle, exsudant un latex blanc visqueux ; jeunes rameaux à pubescence dense brun roux.
  • Feuilles disposées en spirale, simples et entières ; stipules absentes ; pétiole de 1–3,5 cm de long, sillonné sur le dessus ; limbe elliptique à obovale-oblong, de 8–25(–40) cm × 3–9(–14) cm, légèrement cunéiforme à arrondi à la base, aigu à l’apex, coriace, à poils veloutés denses brun rougeâtre sur la face inférieure, pennatinervé à (11–)14–21(–25) paires de nervures latérales.
  • Fleurs en fascicules axillaires, bisexuées ou parfois fonctionnellement unisexuées, régulières, 5-mères ; pédicelle jusqu’à 1,5 mm de long ; sépales libres, largement ovales, d’environ 4 mm de long, pubescents à l’extérieur ; corolle à tube d’environ 2,5 mm de long et à lobes arrondis d’environ 1,5 mm de long, poilus sur les bords, blanc cassé ; étamines insérées près de la base du tube de la corolle, à l’opposé des lobes ; ovaire supère, conique à globuleux, à longs poils, 5-loculaire, style jusqu’à 1,5 mm de long.
  • Fruit : baie globuleuse de 2–4 cm de long, à pubescence dense brun roux, renfermant jusqu’à 5 graines.
  • Graines ellipsoïdes, aplaties, jusqu’à 2 cm × 1,5 cm, brun luisant.
  • Plantule à germination épigée ; hypocotyle de 6–7 cm de long, épicotyle d’environ 2 mm de long ; cotylédons largement ovales, de 2–5 cm de long, foliacés.

Autres données botaniques

Le genre Chrysophyllum comprend quelque 70 espèces, et se rencontre dans toutes les régions tropicales. L’Amérique tropicale est la plus riche en espèces (environ 45), suivie par l’Afrique continentale (environ 15), Madagascar (environ 10), et l’Asie tropicale et l’Australie (2 au total). Le genre a été divisé en 6 sections, dont 2 (section Aneuchrysophyllum et section Donella) comprennent les espèces africaines. Chrysophyllum perpulchrum appartient à la section Aneuchrysophyllum.

Chrysophyllum perpulchrum produit des fruits en abondance lorsque son fût atteint 60 cm de diamètre, mais certains arbres de 20 cm de diamètre peuvent déjà commencer à produire des fruits. En Sierra Leone, la floraison a lieu au début de la saison sèche, et on peut trouver des fruits mûrs en février–mars. Au Ghana, la floraison a lieu en mars–avril, et les fruits sont mûrs en septembre–décembre.

Ecologie

En Afrique de l’Ouest, Chrysophyllum perpulchrum se rencontre dans la forêt semi-décidue, en plus grande abondance dans les types de forêt sèche, en particulier sur pentes. Il peut être localement dominant. En Afrique de l’Est, on le trouve dans la forêt pluviale à 800–1200 m d’altitude. Les semis ont besoin d’ombre pour se développer normalement. La régénération n’est pas abondante dans la forêt sèche qui est régulièrement brûlée, et les semis sont plus abondants dans les forêts moins perturbées.

Gestion

Les poids indiqués de 1000 graines sont de 0,6–1,2 kg. Les graines germent en 12–30 jours. Les plants effeuillés se transplantent bien. L’exploitation de sujets de Chrysophyllum perpulchrum d’un diamètre de fût inférieur à 60 cm réduit notablement la régénération, parce que de nombreux arbres ne produisent de fruits en abondance que lorsqu’ils ont dépassé ce diamètre. La hauteur des arbres dans une parcelle expérimentale de 12 ans au Ghana était de 3–6 m.

Ressources génétiques

Chrysophyllum perpulchrum n’est pas menacé d’érosion génétique, parce qu’il est très répandu, et commun dans de nombreuses régions.

Perspectives

On sait très peu de chose sur Chrysophyllum perpulchrum, et il faudrait des recherches pour évaluer son intérêt comme essence à bois d’œuvre. Cependant, les caractéristiques de son bois n’ont rien de remarquable en comparaison d’autres espèces de Sapotaceae.

Références principales

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  • Burkill, H.M., 2000. The useful plants of West Tropical Africa. 2nd Edition. Volume 5, Families S–Z, Addenda. Royal Botanic Gardens, Kew, Richmond, United Kingdom. 686 pp.
  • Hawthorne, W.D., 1995. Ecological profiles of Ghanaian forest trees. Tropical Forestry Papers 29. Oxford Forestry Institute, Department of Plant Sciences, University of Oxford, United Kingdom. 345 pp.
  • Takahashi, A., 1978. Compilation of data on the mechanical properties of foreign woods (part 3) Africa. Shimane University, Matsue, Japan, 248 pp.
  • Voorhoeve, A.G., 1979. Liberian high forest trees. A systematic botanical study of the 75 most important or frequent high forest trees, with reference to numerous related species. Agricultural Research Reports 652, 2nd Impression. Centre for Agricultural Publishing and Documentation, Wageningen, Netherlands. 416 pp.

Autres références

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  • Aubréville, A., 1964. Sapotacées. Flore du Cameroun. Volume 2. Muséum National d’Histoire Naturelle, Paris, France. 143 pp.
  • Bouquet, A. & Debray, M., 1974. Plantes médicinales de la Côte d’Ivoire. Travaux et Documents No 32. ORSTOM, Paris, France. 231 pp.
  • Bryce, J.M., 1967. The commercial timbers of Tanzania. Tanzania Forest Division, Utilisation Section, Moshi, Tanzania. 139 pp.
  • CTFT (Centre Technique Forestier Tropical), 1961. Résultats des observations et des essais effectués au CTFT sur Daboigni (Guinée), Aningueri rouge (Côte d’Ivoire). Information technique No 98. Centre Technique Forestier Tropical, Nogent-sur-Marne, France. 4 pp.
  • Neuwinger, H.D., 2000. African traditional medicine: a dictionary of plant use and applications. Medpharm Scientific, Stuttgart, Germany. 589 pp.
  • Oteng-Amoako, A.A. (Editor), 2006. 100 tropical African timber trees from Ghana: tree description and wood identification with notes on distribution, ecology, silviculture, ethnobotany and wood uses. 304 pp.
  • Plumptre, A.J., 1995. The importance of ‘seed trees’ for the natural regeneration of selectively logged tropical forest. Commonwealth Forestry Review 74(3): 253–258.
  • Savill, P.S. & Fox, J.E.D., 1967. Trees of Sierra Leone. Forest Department, Freetown, Sierra Leone. 316 pp.
  • Taylor C.J., 1960. Synecology and sylviculture in Ghana. Thomas Nelson and Sons, Edinburgh, United Kingdom. 418 pp.

Auteur(s)

  • R.H.M.J. Lemmens, PROTA Network Office Europe, Wageningen University, P.O. Box 341, 6700 AH Wageningen, Netherlands

Citation correcte de cet article

Lemmens, R.H.M.J., 2007. Chrysophyllum perpulchrum Mildbr. ex Hutch. & Dalziel. In: Louppe, D., Oteng-Amoako, A.A. & Brink, M. (Editors). PROTA (Plant Resources of Tropical Africa / Ressources végétales de l’Afrique tropicale), Wageningen, Netherlands. Consulté le 22 décembre 2024.


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