Chrysobalanaceae (Rollet, Antilles)

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Chloranthaceae
Bernard Rollet, Arbres des petites Antilles, 2006
Clusiaceae



CHRYSOBALANACEAE


  • F. simple alt. distique ; stipules linéaires fugaces (persistantes chez Hirtella). Les F. toutes sempervirentes distinguent bien les esp. mais la famille est difficile à caractériser en tant que telle sauf par le bois (par contre les genres sont indiscernables par le bois).
  • Forêt denses seulement (exception : Chrysobalanus icaco en arrière-mangrove sur sable, en jeunes forêts secondaires de l’intérieur et fourrés marécageux).

Plantules : Les espèces observées ont en commun des stipules développées et une pilosité variable mais toujours manifeste. Leur germination appartient au type VII. Leur croissance se réalise par la superposition d’unités de croissance. Dès le stade plantulaire l’épicotyle s’infléchit au niveau des premières feuilles, qui se disposent approximativement dans un plan horizontal. Un bourgeon axillaire, inférieur à la première feuille formera un nouvel article identique au premier, constitué d’un axe d’abord vertical et pourvu de cataphylles, puis feuillé et courbé. Dans la flore arborescente antillaise, il est rare qu’un tel mode de croissance (sympode) s’exprime dès le premier stade assimilateur.


Chrysobalanus cuspidatus

Planche 45 : CHRYSOBALANACEAE. I. Chrysobalanus icaco. A. avec fruits et fleurs. B. Feuille. II. Chrysobalanus cuspidatus. C. Rameau avec fleur et fruit D. Feuille.

Chrysobalanus cuspidatus Griseb. ex Duss Fl. Phan. Antill. Franc. : 258 (1897). Griseb., Fl. Brit. W. Ind. : 711 (1864), nom. nud.

Synonymes : Licania oligantha AC. Smith (1947).

Noms vernaculaires : Fr : Icaque montagne, Icaque grand bois (Guade-loupe) ; Zicaque montagne (Martinique) ; Zicaque à poils (Guadeloupe), ce nom vernaculaire à réserver de préférence à Hirtella triandra.

Description : Petit arbre de sous-bois atteignant 10 m de haut et 20 cm de diamètre. Pied : quelquefois racines aériennes jusqu’à 1 m de haut, fines en arcs-boutants (sur diamètre de 10 cm), sur une tranche d’écorce violacée à vieux rose ou chocolat ; en général pattes aliformes ou à large dos rond. Écorce : épaisseur totale 2-3 mm pour un diamètre de 19 cm. Aspect externe : brun rougeâtre, sublisse, très nombreuses lenticelles fines. Écorce vivante : tranche hématite, chocolat ou violacée, sèche ; partie interne mince pourpre, plutôt grumeleuse, cassante. Aubier : blanc jaunâtre ou rougeâtre mince, coeur carminé. Rameaux : lenticelles blanches à beige clair, fines. Feuilles : alternes, distiques ; rameaux à aspect penné ; pétiole court ; limbe de 4-10 × 2-4 cm, elliptique, acuminé, coriace ; stipules très tôt caduques. Fleurs : sessiles, jaunâtres ; pétales blancs, étamines orange ; inflorescences axillaires à court pédoncule, 1-4- flores. Fruits : violet foncé, presque noirs, oblong, généralement à 6 côtes, 15-30 × 6-10 mm. Phénologie : sempervirent. Fleurs presque toute l’année ; surtout novembre à mars, aussi septembre. Fruits : septembre à mars. Habitat : cà et là en forêt d’altitude entre 450 m et 1000 m (Bains Jaunes, Trace Victor Hugues, Guadeloupe) ; descend jusqu’à 300 m (Ste-Lucie). Tempérament : hygro-sciaphile.

Distribution générale : Endémique des Petites Antilles.

Distribution aux Petites Antilles : St Kitts, Guadeloupe (Basse-Terre), Dominique, Martinique, Ste-Lucie.

Matériel examiné : G : BARRIER 3068, Trace des Crêtes, 550 m (GUAD) ; BÉNA s.n., Citerne (P) ; HUC 1115, Saut du Galion, 900 m (GUAD) ; JÉRÉMIE 989, Étang Zombi, 400 m (P) ; ROLLET 924, pente et sommet Mamelle Petit-Bourg, 600-700 m (GUAD) ; ROLLET 1048, 1012, Trace Karukera (Chutes du Carbet), 570-850 m (GUAD) ; ROLLET 1364, parking Chutes du Carbet, 570 m (GUAD). M : STEHLÉ 6805, Deux Choux, 780 m (P). D : EGGERS 618, Laudat, 700 m (P). Peu commun en forêt, env. 700 m (NICOLSON). Observations : SL : Est de Castries, 300 m ; Quilesse, Edmond Forest (ROLLET). M : Piton Gelé ; Champflore ; Hauteurs de Case Pilote ; Morne Jacob, 600 m ; Morne Manroy, 600 m ; entre Absalon et Morne Duclos, 550-600 m ; de 450 m, montée du Grand Plateau à 900 m, Morne Chapeau Nègre (FIARD).

Bibliographie : (**Iconographie couleur). BEARD 1944 ; DUSS 1897 ; FIARD** 1992 ; FOURNET 1978 ; HOWARD 1988 ; NICOLSON and al. 1991.


Chrysobalanus icaco

Planche 45 : CHRYSOBALANACEAE. I. Chrysobalanus icaco. A. avec fruits et fleurs. B. Feuille. II. Chrysobalanus cuspidatus. C. Rameau avec fleur et fruit D. Feuille.

Chrysobalanus icaco L. Sp. Pl. 1 : 513 (1753).

Synonymes : Chrysobalanus pellocarpus G. Meyer (1818) ; Chrysobalanus icaco L. var. pellocarpa (G. Meyer) C. Mart. (1867).

Noms vernaculaires : Caraïbes : Icaco ; Ikaku, Nalubulu. Créole : Pomm zizak (Ste-Lucie). Fr : Icaque, Zicaque (Guadeloupe, Martinique) ; Pomme zicaque, Prune zicaque, Icaque blanc, Gros icaque (Guadeloupe, Martinique) ; Zicaque (Dominique, Ste-Lucie) ; Zecark (Ste-Lucie) ; Zicaque (Haïti) ; Prune de Guyane (Guyane française). A : Coco plum, (Barbade) ; Fat pork (Dominique, Antigua, Ste-Lucie, Barbade). Esp : Icaco (St Domingue) ; Hicaco (Puerto Rico).

Description : Arbuste ou petit arbre à tendance grégaire atteignant 6 m de haut et 15 cm de diamètre, souvent arbustif, à plusieurs tiges à la base. La variété pellocarpa est quelquefois considérée comme espèce séparée (C. pellocarpus), à feuilles et fruits plus petits. Écorce : épaisseur totale 4 mm pour un diamètre de 10 cm. Aspect externe : noirâtre sublisse. Écorce vivante : tranche carmin foncé, couleur sang caillé. Aubier : coeur carmin, grain fin. Feuilles : simples, alternes, entières, orbiculaires, 3-10 × 3-5 cm ; pétiole court ; limbe coriace, bord révoluté, apex rond ou émarginé. Fleurs : blanches, axillaires et terminales ; étamines 15-25, pubescentes ainsi que l’ovaire. Fruits : 10-20 × 6-8 mm, côtelés si jeunes ; noirs, elliptiques comme une petite prune ; le fruit mûr peut avoir plusieurs couleurs, noir, blanc, rouge, mauve et plusieurs tailles ; 1 seule graine, comme un noyau de prune, souvent avorté. Phénologie : sempervi rent. Fleurs : mars à mai (FOURNET), aussi novembre et presque toute l’année ainsi que les fruits. Habitat : pieds isolés ou petits peuplements purs ; commun en forêt dégradée et fourrés secondaires hygro- ou xérophiles, zones marécageuses sur tourbe, transition mangrove-Pterocarpus ou mangrove-marais à cypéracées ; aussi sur sables bord de mer, falaises volcaniques bord de mer ; grande amplitude écologique ; entre 0 et 600 m. ADAMS donne même entre 0 et 900 m pour la Jamaïque. Restingas en bord de mer (Brésil). Tempérament : pionnier très héliophile ; très plastique ; colonisateur, souvent grégaire (mais très localement aux Antilles).

Usages : Fruit comestible crû, à faible odeur de rose, ou en compotes, confitures ; huile, chandelles, gelées, astringent (LITTLE and al.) ; huile (à partir des graines) en émulsion contre la dysenterie (Mac Faydyen) cité in FAWCETT & RENDLE, ou en faisant bouillir les feuilles et fruits (in ASPREY & THORNTON, cité par HONYCHURCH). Toutes les parties de la plante contiennent du tanin (écorce en infusion contre la dysenterie, DUSS) ; confitures (QUESTEL 1951). Bois pilé pour faire des mèches et des torches avec de la résine de gommier chez les Caraïbes (HODGE & TAYLOR).

Distribution générale : Carolines, Sud Floride ; Bahamas ; Grandes Antilles ; Petites Antilles ; du Mexique au Brésil et à l’Equateur. Etendue par la culture. Une espèce très voisine en Afrique de l’Ouest.

Distribution aux Petites Antilles : Toutes les îles des Petites Antilles.

Matériel examiné : SB : QUESTEL 124, terres sablonneuses de St Jean et de Grande Saline (P). BT : Bena 2224, Grand-Étang, 400 m (P) ; FOURNET 4488, Petit-Bourg, Montebello (P) ; LE GALLO 2841, Gourbeyre, 200 m (P) ; RODRIGUEZ 3218, Houelmont (P) ; RODRIGUEZ 3882, Bananier (P) ; RODRIGUEZ 4712, Capesterre, 320 m (P) ; ROLLET 1521, en fourrés presque purs marécageux, entre Baie Mahault et Ste Rose (GUAD). GT : QUENTIN 431, Abymes, 200 m (P). MG : ROLLET 426, Folle Anse, bord de mer, sur sable (GUAD) D : Très commun (NICOLSON : 22 spécimens cités). M : HAHN 191, Case Pilote (P) ; HAHN 951, forêt de Ste Luce (P) ; ROLLET 531, base du Plateau Concorde, 300 m (GUAD). SV : EGGERS 6722, Liberty Lodge, 240-680 m (P).

Observations : SM : 0 m et basses terres (BOLDINGH, Suringar, STOFFERS). SB : Morne des Petites Salines, de Vittel, Anse des Cailles (LE GALLO & MONACHINO). S : entre 200 et 600 m (BOLDINGH, Suringar, STOFFERS) SE : pentes et sommet du Quill, 400 m (BOLDINGH, Suringar, STOFFERS). SL : Bois d’orange River et Anse la Sorcière, 25 m ; Ravine Poisson (Slane). B : sommet Turner’s Hall, 250-300 m (ROLLET). SV : Wallibou, bord de mer sur alluvions et cendres de l’éruption de 1902 (ROLLET). Gs : Sud Carriacou (HOWARD 1952).

Bibliographie : (*Iconographie ; **Couleur). ADAMS 1972 ; ASPREY & THORNTON 1953-54 ; BARKER & DARDEAU 1930 ; BEARD 1944 ; BRETON 1665 ; BRITTON* 1908 ; BRITTON & WILSON 1924 ; DESCOURTILZ** 1821-1830 ; DUSS 1897 ; FAWCETT & RENDLE* 1914 ; FOUQUÉ* 1972 ; FOURNET 1976** , 1978* ; GOODING and al. 1965 ; HODGE & TAYLOR 1957 ; HONYCHURCH 1980 ; HOWARD 1952, 1988* ; HOYOS** 1983 ; HUGHES 1750 ; JACQUIN 1763* , 1780** ; LE GALLO & MONACHINO 1956 ; LIOGIER* 1983 ; LITTLE and al.* 1974 ; NICHOLSON 1979 ; NICOLSON and al. 1991 ; PLUMIER* 1758 ; QUESTEL 1941, 1951 ; SARGENT 1892* , 1905* ; STOFFERS 1973 ; TOMLINSON* 1980 ; TUSSAC** 1808-1827.


Hirtella pendula

Planche 46 : CHRYSOBALANACEAE. III. Hirtella pendula. A. Rameau fructifié. B. Fruit. C. Plantule. IV. Licania leucosephala. D. Rameau. E. Feuille.

Hirtella pendula Sol. ex Lam. Encycl. 3 : 134 (1789).

Noms vernaculaires : Créole : Pan zowey (Ste-Lucie). Fr : Icaque grand bois, Icaque poilu (Guadeloupe) ; Caca rat (Guadeloupe) ; Icaque pendant [nom vernaculaire préférable à icaque poilu à réserver à Hirtella triandra] ; Pend oreille (Ste-Lucie), aussi Zicaque France.

Description : Arbuste ou petit arbre atteignant 12 m de haut et 15 cm de diamètre. Écorce : mince, tranche pourpreviolacée. Feuilles : alternes, oblongues-lancéolées, ± cordées à la base, acuminées au sommet, 6-12 × 2-5 cm, poilues dessous, presque sessiles (pétiole d’env. 3 mm), stipules linéaires, longues d’env. 3 mm. Fleurs : sépales rouges, 5 pétales blancs, étamines pourpres ; inflorescences en racèmes pendants, de 15-45 cm de long. Fruits : sépales persistants à la base du fruit avec les étamines grêles sèches ; fruit rouge vineux, long de 2-3 cm. Phénologie : sempervirent. Fleurs janvier et mars à mai. Habitat : disséminé en forêt dense entre 150 et 500 m ; abondant localement. Tempérament : probablement héliophile ; plastique quant à l’humidité mais plutôt hygrophile. Plantule : Type VII. La germination affecte souvent la graine entourée du péricarpe, le fruit entier noir et pubescent. Les cataphylles et les feuilles développées sont stipulées. Les pétioles sont très courts, l’épicotyle pubescent. Le bourgeon apical et les ébauches foliaires sont couverts de poils beige clair qui demeurent plus longtemps remarquables le long des marges foliaires. Espèce plus grande que l’espèce précédente.

Usages : Arbre de chasse.

Distribution générale : Endémique des Petites Antilles.

Distribution aux Petites Antilles : Guadeloupe (Basse-Terre), Ste-Lucie.

Matériel examiné : BT : DUSS 364, Ste Rose, Bois de Sofaia (P) ; FOURNET 4366, Petit-Bourg, au-dessus de Duclos (P) ; LE GALLO 2844, Caféière, Petit-Bourg (P) ; ROLLET 1301, Morne Mazeau, 450 m (GUAD) ; STEHLÉ 8056, Petit- Bourg, 380 m (P) ; STEHLÉ, s.n., Goyave, 400 m (P). SL : HUC 1320, Castries Waterworks Reserve, 230 m (GUAD).

Observations : SL : Ravine Poisson (Slane). Très abondant sur les hauteurs de Castries (DUSS).

Bibliographie : (**Iconographie couleur). BEARD 1944, 1949 ; DUSS 1897 ; FIARD** 1992 ; FOURNET 1978 ; GOODING and al. 1965 ; QUESTEL 1941.


Hirtella triandra

Planche 47 : CHRYSOBALANACEAE. V. Hirtella triandra. A. Rameau fleuri. B. Feuille. C. Fruit. D. Plantule.

Hirtella triandra Sw. Prodr. : 51 (1788).

Synonymes : Hirtella americana Jacq. (1763).

Noms vernaculaires : Fr : Icaque à poils, Icaque poileux (Guadeloupe) ; Icaque poileux, Bouis poileux, Icaque grand bois (Martinique) ; Bois poils, Zi crab, Zicaque (Dominique). A : Hairy plum (Saba) ; Pigeon berry (St Kitts, Nevis). Esp : Fruta paloma (Trinidad) ; Teta de Burra (Puerto Rico). Description : Petit arbre atteignant 15 m de haut et 23 cm de diamètre (jusqu’à 30 cm à Trinidad). Pied : pas de pattes. Écorce : épaisseur totale 2-3 mm pour un diamètre de 20 cm. Aspect externe : gris cendré, rugueuse. Écorce vivante : carmin, grumeleuse. Aubier : jaunâtre, rosé ; pores visibles, petits, nombreux ; rayons invisibles. Rameaux : à lenticelles blanches. Feuilles : alternes, elliptiques-oblongues, presque sessiles (pétiole 1-3 mm), 5-15 × 2,5-5 cm, base en coin, poilues dessous ; stipules linéaires, longues de 3-6 mm. Fleurs : 5 pétales blancs, 3 étamines à filet violacé ; en panicules, axillaires et terminaux longs de 5-10 cm. Fruits : oblongs-ellipsoides, d’env. 2 × 1 cm, plus ou moins cannelés, tomenteux avec calice et étamines persistants à la base ; fruit mûr, noir, pulpeux, à 1 graine. Phénologie : sempervirent. Fleurs et fruits presque toute l’année (DUSS). Habitat : disséminé mais assez commun en sous-bois, toutes formations non inondables entre 100 et 800 m ; aussi bord de rivières (FOURNET). Tempérament : sciaphile ; assez plastique quant à l’humidité (ravine Oubliée, 50 m, Marie- Galante ; Beausoleil, 700 m, Guadeloupe). Plantule : Type VII. La germination affecte souvent la graine entourée du péricarpe, le fruit entier noir et pubescent. Les cataphylles et les feuilles développées sont stipulées. Les pétioles sont très courts, l’épicotyle pubescent. Le bourgeon apical et les ébauches foliaires sont couverts de poils beige clair qui demeurent plus longtemps remarquables le long des marges foliaires.

Usages : Arbre de chasse (fruit mangé par les oiseaux) ; fruits consommés aussi par les enfants (NICOLSON) ; bois dur, lourd, rougeâtre ; charronnage (QUESTEL 1951) ; constructions intérieures et extérieures (DUSS) ; bois brun clair, dur et lourd (BRITTON & WILSON).

Distribution générale : Grandes Antilles ; Petites Antilles ; Trinidad ; Mexique ; Amérique centrale et du sud.

Distribution aux Petites Antilles : Saba, St Eustache, St Kitts, Nevis, Montserrat, Guadeloupe (Basse-Terre), Dominique, Martinique, Ste-Lucie, St Vincent, Grenade.

Matériel examiné : SK : EGGERS 1015bis, 1549, s.loc. (P). Flancs Sud South Range, 100-400 m (FIARD & ROLLET). G : DUSS 363, QUENTIN 987, Vauchelet, 500 m (P) ; FOURNET 4312, Petit-Bourg, bord rivière, Goyave (P) ; QUENTIN 618, Baillif, Rivière des Pères (P) ; QUESTEL 4089, Petite Montagne (P) ; RODRIGUEZ 2843, St Claude, 700 m (P) ; ROLLET 58, ROUSTEAU 645, Soufrière, 700-800 m (GUAD) ; ROLLET 571, Sarcelle, 250 m (GUAD) ; ROLLET 1327, entrée Bois Mahler, 100 m (GUAD). D : EGGERS 639, Rosehill 700 m (P) ; JÉRÉMIE 1126, entre Providence et Sylvania Estate (P). Commun jusqu’à 700 m (NICOLSON). M : BÉLANGER 592, Champflore (P) ; HAHN 213, Prêcheur Littoral (P) ; HAHN 973, Rivière Chapelle (P) ; HAHN 1247, Forêt du Grand Fond (P) . SL : VERNA SLANE 813A, Gros Piton Choiseul (Herbier Ste-Lucie).

Observations : S : de 0 à 600 m (STOFFERS). SE : fond du cratère du Quill (STOFFERS). MG : Ravines St Louis et oubliée, 20-70 m (ROLLET). SV : Hermitage , 250 m (ROLLET). Bibliographie : (*Iconographie ; **Couleur). ADAMS 1972 ; ALLEN 1956 ; BEARD 1944, 1949 ; BRITTON & WILSON 1924 ; DUSS 1897 ; FIARD** 1992 ; FOURNET* 1978 ; GOODING and al. 1965 ; HOWARD 1952, 1988* ; LIOGIER* 1983 ; LITTLE and al.* 1974 ; MARSHALL 1939 ; NICOLSON and al. 1991 ; QUESTEL 1941, 1951 ; STOFFERS 1973.

Note : D’après BEARD (1944), il existerait à St Vincent deux autres espèces de Hirtella absentes des Grandes Antilles et des autres Petites Antilles, mais présentes en Amérique tropicale continentale, en particulier à Trinidad (MARSHALL 1939) : Hirtella paniculata Sw. et Hirtella racemosa Lam. (nom vernaculaire Cocochat). Hirtella paniculata a été introduit au Jardin Botanique par Anderson et a disparu depuis ; Hirtella racemosa n’a pas été vu en herbier (HOWARD 1988) mais existe aussi en Jamaïque (FAWCETT & RENDLE 1914) et à Trinidad (WILLIAMS 1932).


Genre Licania

Plantules : Type VII. La graine au sol garde sa couverture de fibres tordues brunes. Les cotylédons se séparent et permettent l’allongement de l’épicotyle pourvu de cataphylles remarquablement développées. Les feuilles ont des stipules longues de 4-5 mm. Avant de s’exposer définitivement, elles pendent rose beige. La présence de poils blanchâtres couchés sur les marges et les nervures à la face supérieure des feuilles caractérisent les feuilles exposées jeunes (stade illustré). Les nervures saillent à la face inférieure.


Licania leucosephala

Planche 46 : CHRYSOBALANACEAE. III. Hirtella pendula. A. Rameau fructifié. B. Fruit. C. Plantule. IV. Licania leucosephala. D. Rameau. E. Feuille.

Licania leucosephala Griseb. Abh. Königl. Ges. Wiss. Göttingen 7 : 198 (1857).

Synonymes : Moquilea leucosepala (Griseb.) R.O. Williams (1932).

Description : Arbre atteignant 15 m de haut et 50 cm de diamètre. Écorce : épaisseur totale 5 mm. Aspect externe : sublisse ; liège inférieur à 1 mm. Écorce vivante : tranche hématite clair à brun violacé, plutôt grumeleuse ; vagues trainées radiales plus ou moins sineuses ; partie interne jaune d’or, 1 mm. Aubier : blanc rose, inodore ; pores très visibles ; rayons subvisibles. Feuilles : simples, alternes, elliptiquesoblongues, 5-15 × 3-5 cm ; net acument d’env. 10 mm de long ; stipules tôt caduques, linéaires, ciliées, orange, env. 4 mm de long, déjà nettes sur la plantule ; pétiole long de 3-7 mm ; base du pétiole boudinée sans glande (différence avec L. pyrifolia). Jeunes feuilles jaune verdâtre pâle, pendantes, molles, poilues sur les 2 faces. Fleurs : blanchâtres ; 5 sépales longs de 3-4 mm, poilus à l’intérieur ; 25-35 étamines soudées à la base ; inflorescences en panicules axillaires et terminaux. Fruits : ellipsoides à ovoïdes, beige orangé chagriné de marron, d’env. 4 cm de long. Phénologie : sempervirent. Fleurs en avril-mai. Fruits en novembre. Habitat : forêt dense entre 150 et 400 m. Tempérament : sciaphile, endroits frais ou rivulaires.

Distribution générale : Petites Antilles ; Trinidad, Tobago, Vénézuéla.

Distribution aux Petites Antilles : Guadeloupe (Basse-Terre), Dominique, Martinique, Ste-Lucie, St Vincent.

Matériel examiné : BT : ROLLET 1292, rivière Bras DAVID, Maison de la Forêt, 250 m (GUAD) ; QUESTEL 754, Ravine Chaude (P). D : rare, jusqu’à 450 m (NICOLSON and al. citent : DUSS 153, Mahaut ; ERNST 1203, 1954 W Pointe Lolo ; EGGERS 753, Sugar Loaf). M : ROLLET 727, Rivière rouge, Pierre Denis (GUAD). SV : ROLLET 2205, South Rivers (GUAD) ; ROLLET 2165, Hermitage, 250 m (GUAD).

Observations : SL : Chassin à l’E de Castries, 300 m ; Quilesse Forest Reserve, 400 m (ROLLET). Bibliographie : (**Iconographie couleur). FIARD** 1992 ; FOURNET 1978 ; HOWARD 1988 ; NICOLSON and al. 1991.

Note : Licania pyrifolia Griseb., cultivé et rare à la Martinique et non retrouvé par FIARD, a peut-être disparu ; serait cultivé aussi à la Dominique ; le pétiole a 2 petites glandes au sommet (à la différence de L. leucosepala) ; 20 à 30 étamines. L’espèce existe dans les savanes et forêts sèches du delta de l’Orénoque, Vénézuéla

Bibliographie - Iconographie : HOYOS** 1983. Voir L. ternatensis, note.


Licania ternatensis

Planche 48 : CHRYSOBALANACEAE. VI. Licania ternatensis. A. Rameau fleuri. B. Feuille. C. Plantule. D. Écorce (coupe transversale).

Licania ternatensis Hook. f. ex Duss Fl. Phan. Antill. Franc. : 259 (1897) ; Hook. f., Kew Bull. 1893 : 251 (1893), nom. nud.

Synonymes : Licania hypoleuca sensu Griseb. (1860) non Benth.

Noms vernaculaires : Créole : Bwadimas (Ste-Lucie). Fr : Bois diable, Bois gris, Bois de fer (Guadeloupe) ; Bois de fer, Bois gris (Martinique) ; Bois résolu ( ? ) ; Bois diable (Dominique, Ste-Lucie) ; Bois de masse (Ste-Lucie) ; Bois gris, Cassé (Trinidad) ; Bois djab (St Vincent) ; Bois gris (Grenade). A : Break nail (St Vincent).

Note : Licania est l’anagramme de Calinia, nom de l’arbre de la Guyane.

Description : Grand arbre atteignant 35 m de haut et 70 cm de diamètre (1 m de diamètre signalé en Martinique par FIARD) Pied : pattes à dos larges, ronds, ou aliformes, jusqu’à 0,7 m de hauteur (pour diamètre de 40-60 cm). Écorce : épaisseur totale 6-9 mm pour un diamètre de 40-60 cm. Aspect externe : grisâtre à marron foncé, rugueux par nombreuses lenticelles rondes, blanches, 2 mm de diamètre. Rhytidome : 0,2 mm à face interne noir brillant. Tranche marron. Écorce vivante : structure confuse en section transversale ; partie externe vieux rose violacé, 2-3 mm, grumeleuse ; grossièrement stratifiée ; partie intermédiaire pourpre, rayons non élargis séparant un empilement de massifs de phloème arrondis ; partie interne à peine distincte, mince, violacée. En section tangentielle : carmin noirâtre à carminé vieux rose vergeté rose clair (comme du corned beef) ; grumeleuse, cassante, sèche. Aubier : jaune d’or à blanc jaunâtre. Feuilles : simples alternes, oblongues-elliptiques ; 5-15 × 3-7 cm, acuminées à l’apex, arrondies à la base, coriaces ; face inférieure blanche ; stipules linéaires longues de 1-3 mm, caduques ; poussée de végétation jaune verdâtre. Fleurs : inflorescence en racèmes axillaires et terminaux longs de 5-10 cm ; 4-5 étamines ; odeur de miel. Fruits : en massue, roux à pourpre hématite, de 18-22 × 6-7 mm ; l’abondance des fruits donne au houppier un aspect pourpre remarquable. Phénologie : sempervirent. Fleurs : mai à août, aussi en octobre. Fruits : octobre à mars. Habitat : assez commun en forêt dense et d’altitude entre 80 m et 850 m ; très commun par places, souvent en crêtes. Tempérament : espèce sciaphile (MARSHALL) ; régénération assez abondante en sous-bois (hygro sciaphile). Plantule : Type VII. Le fruit séché reste au sol, les cotylédons restant prisonniers. L’axe épicotylé produit des cataphylles alternes (10-12), puis des feuilles simples alternes à très petites stipules linéaires. La face inférieure des limbes est couverte d’un duvet ras blanchâtre. Les nervures brunes sont très visibles. Axe, pétioles et nervures sont aussi pilifères. Les poils sont rares sur la face supérieure des feuilles. Dès que le semis porte 3-4 feuilles, sa croissance apparaît courbée (plagiotrope) et les limbes des feuilles s’orientent dans un plan horizontal. Parfois, plusieurs plantules germent d’un même fruit.

Usages : Fournit un des meilleurs charbons de la Guadeloupe (GRÉBERT). Bois lourd, difficile à travailler (non aimé par les anciens scieurs de long). Travaux hydrauliques (STEHLÉ). Constructions lourdes ; bateaux, ponts, planchers, poteaux. Bois pilé pour faire des torches avec la résine de gommier (HODGE & TAYLOR). Fruits comestibles (NICOLSON).

Distribution générale : HOWARD (1988) considère que l’espèce est endémique des Petites Antilles.

Distribution aux Petites Antilles : Guadeloupe (Basse-Terre), Dominique, Martinique, Ste-Lucie, St Vincent, Grenade.

Matériel examiné : G : BÉNA 2233, Capesterre (P) ; DUSS 361, Houëlmont (P) ; FOURNET 4396, Petit-Bourg (P) ; FOURNET 4403, Sarcelle (P) ; ROLLET 21, Morne Mazeau, 470 m (GUAD) ; ROLLET 1033, Trace des Crêtes, 550 m (GUAD). HOWARD (1988) cite DUSS 1903 et 2868, syntypes. D : EGGERS 742, Sugar Loaf (P) ; NICOLSON 4065, St Joseph, d’Leau Gommier, 510 m (P) ; WILBUR 7786, Pont Cassé à Rosalie (P). Commun de 100 à 1000 m d’altitude (NICOLSON). M : ROLLET 716, Morne Rose, 550 m (GUAD). SL : HUC 1316, Castries Waterworks Res., 210 m (GUAD). SV : ROLLET 491, Buccament Valley Vermont (GUAD). Gr : ROLLET 489, Grand-Étang, 570 m (GUAD). Observations : M : Absalon à Crête Duclos, 550-600 m ; Anse Couleuvre, 500 m ; Morne Jeannette, 450 m ; Trace St Cyr vers Plateau Concorde, 500 m (FIARD & ROLLET). SL : Chassin, 250-300 m ; Quilesse, 450 m (ROLLET). SV : Hermitage, 250-300 m (ROLLET).

Bibliographie : (*Iconographie). BEARD 1944, 1949 ; DUSS 1897 ; FOURNET 1978 ; Fraser 1957 ; GOODING and al. 1965 ; GRÉBERT 1935 ; HODGE & TAYLOR 1957 ; HOWARD 1952, 1988* ; Lang 1954 ; LONGWOOD 1962 ; MARSHALL 1939 ; NICOLSON and al. 1991 ; QUESTEL 1941, 1951 ; STEHLÉ 1941.

Note : Les deux espèces L. leucosepala et L. pyrifolia ont plus de 10 étamines (et la face inférieure des feuilles non blanche) contrairement à L. ternatensis qui en a 5 au plus ; Licania pyrifolia Griseb. (Fl. Brit. W. Ind. : 230 1860) existerait en Dominique seulement (BEARD 1944) mais pas de spécimen vu en herbier ; introduit en Martinique d’après DUSS ; non retrouvé par FIARD en Martinique. L’espèce a-t-elle été introduite et est-elle cultivée ?, ou a-t-elle disparu ? L. pyrifolia a 2 petites glandes au sommet du pétiole, bien visibles sur les jeunes feuilles, plus obscurément sur les vieilles. Cette espèce est probablement synonyme de Licania biglandulosa Griseb. ex Urb. (Symb. Antill. 5 : 354, 1908) [Noms vernaculaires : Wild Debasse, Wild cocoa, Wild Gasparee] décrite à Trinidad par MARSHALL comme un grand arbre atteignant 50 cm de diamètre, à inflorescence en grand panicule poilu de 30 cm de long environ. Les Licania semblent absents de Barbade et des Grenadines.