Chrozophora plicata (PROTA)

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Ressources végétales de l'Afrique tropicale
Introduction
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Chrozophora plicata (Vahl) A.Juss. ex Spreng.


Protologue: Syst. veg. 3: 850 (1826).
Famille: Euphorbiaceae
Nombre de chromosomes: 2n = 22

Synonymes

  • Chrozophora rottleri (Geiseler) A.Juss. ex Spreng. (1826).

Origine et répartition géographique

Chrozophora plicata est présent du Sénégal jusqu’en Somalie, et vers le sud dans toute l’Afrique de l’Est jusqu’au nord de l’Afrique du Sud. Il est également présent depuis l’Egypte et l’Arabie saoudite jusqu’en Asie tropicale.

Usages

Au Soudan, les tiges ou les plantes entières écrasées s’appliquent sur les plaies pour parfaire la cicatrisation. En Ethiopie, l’infusion de graines et de feuilles se prend comme laxatif. La plante a aussi des usages médicinaux en Arabie saoudite, au Pakistan et en Inde, par ex. contre la jaunisse et pour purifier le sang.

Au Sénégal, la plupart des animaux domestiques ne broutent pas cette plante, à l’exception parfois des moutons et des chèvres, car elle provoque des vomissements et des diarrhées. Mais au Kenya, les chameaux la broutent. Le fruit produit un colorant bleu violacé, utilisé en Afrique de l’Est pour teindre les nattes.

Propriétés

En Nubie, des chèvres et des moutons du désert que l’on a forcé à manger des pousses fraîches de Chrozophora plicata sont tous morts ; les principaux signes d’intoxication ont été une salivation, une dyspnée, des ballonnements, une perte d’appétit, une absence de réaction sensorielle, de la diarrhée, une paralysie des membres postérieurs et une déviation latérale de la tête et du cou. Les principales lésions constatées étaient des hémorragies pulmonaires, cardiaques et rénales, ainsi qu’une cyanose et des œdèmes pulmonaires et une atrophie sérieuse du tissu adipeux cardiaque et du pelvis rénal. Des modifications hématologiques indiquaient le développement d’une anémie.

L’huile des graines s’apparente à celle des graines de coton de par ses proportions en acide linoléique, acide oléique et acides saturés. La teneur totale en acide linolénique et linoléique est de 60–75%. Aucune analyse chimique des parties aériennes de Chrozophora plicata n’a été effectuée, mais des parties aériennes de l’espèce apparentée Chrozophora tinctoria (L.) Raf. (synonyme : Chrozophora obliqua (Vahl) A.Juss. ex Spreng.), que l’on trouve depuis le nord-ouest de l’Inde jusqu’en Méditerranée, on a isolé plusieurs composés toxiques, des glucosides diterpènes de dolabellane, des diterpénoïdes de dollabellane et des hétérosides phénylpropanoïdes de dollabellane. Malgré le faible taux de croissance, des fèces molles par moments, des lésions des organes internes et des modifications au niveau du sang et de l’urée constatés sur des rats dont l’alimentation comprenait 10% de feuilles, aucun décès n’est survenu chez eux.

Description

Plante herbacée annuelle ou vivace, monoïque, atteignant 50 cm de haut ; tige anguleuse, fortement ramifiée à partir de la base, à denses poils étoilés, jaunâtre ou rosâtre. Feuilles alternes, simples ; stipules petites ; pétiole de 1–4(–7) cm de long ; limbe largement ovale à rhombique-ovale, de 1,5–7 cm × 1–5,5 cm, base cunéiforme à faiblement cordée à 2 glandes violettes, apex arrondi à obtus, bords entiers ou faiblement dentés, à denses poils étoilés, 3–5-nervé à la base. Inflorescence : grappe axillaire condensée de 1,5–4 cm long, à fleurs mâles situées en haut et fleurs femelles situées à la base ; bractées petites. Fleurs unisexuées, régulières, 5-mères ; calice à poils étoilés ; fleurs mâles à court pédicelle, calice à lobes lancéolés d’environ 3 mm de long, pétales elliptiques-oblongs d’environ 3 mm de long, orange jaunâtre ou rosâtres, étamines 15, filets réunis en colonne ; fleurs femelles à long pédicelle, faisant jusqu’à 2(–3) cm chez le fruit, sépales linéaires-lancéolés, de 1,5–2 mm de long, pétales minuscules ou absents, ovaire supère, 3-loculaire, à courts poils denses, styles 3, de 1,5–2 mm de long, fusionnés à la base, profondément 2-fides, rouges. Fruit : capsule 3-lobée de 4–5 mm × 7–9 mm, à denses poils étoilés, rougeâtre ou violet bleuté à maturité, à 3 graines. Graines ovoïdes, d’environ 3,5 mm de long, lisses ou finement ponctuées, brun pâle ou foncé à noirâtres.

Autres données botaniques

Le genre Chrozophora comprend 7–8 espèces et est réparti en Afrique, en Europe méridionale et en Asie.

Chrozophora oblongifolia

Une autre espèce de Chrozophora à usages médicinaux en Afrique est Chrozophora oblongifolia (Delile) A.Juss. ex Spreng., présent au nord-est de l’Afrique, dans la péninsule Arabique et au Pakistan. Au Soudan, l’extrait de tige ou de feuilles se prend pour traiter la gonorrhée. Les extraits au chloroforme et au méthanol montrent une activité antibactérienne considérable.

Ecologie

Chrozophora plicata est présent sur les plaines fluviales inondables, le long des canaux de drainage, généralement sur les sols argileux noirs humides ou asséchants et sur les sols alluviaux, sur les vasières et les bancs de sables, jusqu’à 1200 m d’altitude. C’est aussi une adventice des cultures.

Ressources génétiques

Chrozophora plicata a une vaste aire de répartition, et l’espèce est relativement commune. Elle n’est donc pas menacée d’érosion génétique.

Perspectives

Chrozophora plicata n’a pas beaucoup d’usages médicinaux, et il est toxique pour le bétail. C’est pourquoi il n’aura jamais qu’une importance locale.

Références principales

  • Burkill, H.M., 1994. The useful plants of West Tropical Africa. 2nd Edition. Volume 2, Families E–I. Royal Botanic Gardens, Kew, Richmond, United Kingdom. 636 pp.
  • Farouk, A., Bashir, A.K. & Salih, A.K.M., 1983. Antimicrobial activity of certain Sudanese plants used in folkloric medicine. Screening for antibacterial activity. 1. Fitoterapia 54(1): 3–7.
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  • Radcliffe-Smith, A., 1987. Euphorbiaceae (part 1). In: Polhill, R.M. (Editor). Flora of Tropical East Africa. A.A. Balkema, Rotterdam, Netherlands. 407 pp.

Autres références

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  • Radcliffe-Smith, A., 1996. Euphorbiaceae, subfamilies Phyllantoideae, Oldfieldioideae, Acalyphoideae, Crotonoideae and Euphorbioideae, tribe Hippomaneae. In: Pope, G.V. (Editor). Flora Zambesiaca. Volume 9, part 4. Royal Botanic Gardens, Kew, Richmond, United Kingdom. pp. 1–337.

Auteur(s)

  • G.H. Schmelzer, PROTA Network Office Europe, Wageningen University, P.O. Box 341, 6700 AH Wageningen, Netherlands

Citation correcte de cet article

Schmelzer, G.H., 2007. Chrozophora plicata (Vahl) A.Juss. ex Spreng. In: Schmelzer, G.H. & Gurib-Fakim, A. (Editors). PROTA (Plant Resources of Tropical Africa / Ressources végétales de l’Afrique tropicale), Wageningen, Netherlands. Consulté le 3 décembre 2020.


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