Cherimolia (Candolle, 1882)

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Nom accepté : Annona cherimola Miller

Cœur de bœuf
Alphonse de Candolle, Origine des plantes cultivées, 1882
Orangers et citronniers

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Cherimolia. — Anona Cherimolia, Lamarck.

Le Cherimolia, ou Chirimoya, n'est pas cultivé dans les colonies aussi généralement que les espèces précédentes, malgré l'excellence de son fruit. C'est probablement ce qui fait qu'on n'a pas encore publié du fruit même une figure moins mauvaise que celle de Feuillée (Obs. 3, pl. 17), tandis que la fleur est bien représentée dans la planche 2011 du Botanical magazine, sous le nom d'A. tripetala.

Voici comment je m'exprimais en 1855 sur l'origine de l'espèce 6 :

« Le Cherimolia est indiqué, par de Lamarck et Dunal, comme croissant au Pérou ; mais Feuillée, qui en a parlé le premier 7, le mentionne comme cultivé. Mac-Fadyen 8 le dit abondant sur les montagnes de Port-Royal, de la Jamaïque ; mais il ajoute qu'il est originaire du Pérou et doit avoir été introduit depuis longtemps, d'où il semble que l'espèce est cultivée dans les plantations des parties élevées plutôt que spontanée. Sloane n'en

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6. De Candolle, Géogr. bot. rais., p. 863.

7. Feuillée, Obs., III, p. 23, t. 17.

8. Mac-Fadyen, Fl. Jam., p. 10.


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parle pas. MM. de Humboldt et Bonpland l'ont vu cultivé dans le Venezuela et la Nouvelle-Grenade ; de Martius au Brésil 1, où les graines en avaient été obtenues du Pérou. L'espèce est cultivée aux îles du Cap-Vert et sur la côte de Guinée 2 ; mais il ne paraît pas qu'on l'ait répandue en Asie. Son origine américaine est évidente. Je n'oserais pourtant pas aller plus loin et affirmer qu'elle est du Pérou, plutôt que de la Nouvelle-Grenade ou même du Mexique. On la trouvera probablement sauvage dans une de ces régions. Meyen ne l'a pas rapportée du Pérou 3. »

Mes doutes sont diminués aujourd'hui, grâce à une communication obligeante de M. Ed. André. Je dirai d'abord que j'ai vu des échantillons du Mexique, recueillis par Botteri et par Bourgeau, et que les auteurs indiquent souvent l'espèce dans cette région, aux Antilles, dans l'Amérique centrale et la Nouvelle-Grenade. Ils ne disent pas, il est vrai, qu'elle y soit sauvage. Au contraire, ils notent qu'elle est cultivée, ou qu'elle s'échappe des jardins et se naturalise 4. Grisebach affirme qu'elle est spontanée du Pérou au Mexique, sans en donner la preuve. M. André a récolté, dans une vallée du sud-ouest de l'Equateur, des échantillons qui se rapportent bien à l'espèce, autant qu'on peut l'affirmer sans voir les fruits. Il ne dit rien de la qualité spontanée, mais le soin avec lequel il indique dans d'autres cas les plantes cultivées ou venant peut-être des cultures me fait croire qu'il a regardé ses échantillons comme spontanés. Claude Gay dit que l'espèce est cultivée au Chili depuis un temps immémorial 5. Cependant Molina, qui mentionne plusieurs arbres fruitiers des anciennes cultures du pays, n'en parle pas 6.

En résumé je regarde comme très probable que l'espèce est indigène dans l'Equateur et peut-être, dans le voisinage, au Pérou.

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1. De Martius, Fl. brasil., fasc. 3, p. 15.

2. Hooker, Fl. Nigr., p. 203.

3. Nov. act. nat. cur., XIX. suppl. 1.

4. Richard, Plant. vasc. de Cuba ; Grisebach, Fl. brit. W. Ind. islands ; Hemsley, Biologia centrali-amer., p. 118 ; Kunth, in Humb. et Bonpland. Nova Gen., 5, p. 57 ; Triana et Planchon., Prodr. fl. Novo-Granat., p. 28.

5. Gay, Flora chil., 1, p. 66.

6. Molina, traduction française.