Chasmanthera welwitschii (PROTA)
Introduction |
Importance générale | |
Répartition en Afrique | |
Répartition mondiale | |
Fruit | |
Glucides / amidon | |
Médicinal | |
Fibre | |
Sécurité alimentaire | |
Chasmanthera welwitschii Troupin
- Protologue: Fl. Congo Belge 2: 241 (1951).
- Famille: Menispermaceae
Noms vernaculaires
- Njinde (Po).
Origine et répartition géographique
Chasmanthera welwitschii est présent dans les régions humides, du Cameroun et de la Centrafrique jusqu’en R.D. du Congo et au nord de l’Angola.
Usages
Des préparations d’écorce se prennent comme tonique, contre l’épuisement physique et nerveux. Le jus de feuilles, mélangé avec du beurre de karité, se frictionne sur le corps contre les douleurs et les raideurs des membres. Un pansement humide confectionné avec les feuilles s’applique sur les furoncles et les abcès. On prépare un poison de pêche à partir des feuilles mélangées avec celles de Tephrosia vogelii Hook.f. Les racines servent de poison d’arbitrage, et le jugement se fait en fonction de la constipation ou de la diarrhée qu’elles provoquent, le premier symptôme indiquant l’innocence et l’autre la culpabilité. Les racines servent à la préparation de vin de palme pour lui donner plus de force.
Les fruits et les racines sont consommés par les Turumbus en R.D. du Congo. Les Balumbas du Gabon se servent des tiges comme cordes dans la construction de maisons et pour faire des filets de pêche et des cadres.
Propriétés
Les propriétés médicinales ou chimiques n’ont pas été étudiées, mais la présence d’alcaloïdes quaternaires de type berbérine, comme chez Chasmanthera dependens Hochst., est probable.
Description
Liane dioïque atteignant 30 m de long ; rameaux retombants, finement cannelés, poilus. Feuilles alternes, simples, densément poilues ; stipules absentes ; pétiole de 12–14 cm de long ; limbe presque rond à largement pentagonal, de 10–16 cm × 10–22 cm, base cordée, apex acuminé ou obtus, bords recourbés, finement coriace, 6–7-palmatinervé. Inflorescence : grappe ou fausse grappe axillaire, retombante ; inflorescence mâle : fausse grappe de 30–60 cm de long, composée de glomérules de 3–5 fleurs ; inflorescence femelle : grappe de 15–22 cm de long ; bractées filiformes, persistantes. Fleurs unisexuées, régulières ; pédicelle d’environ 2,5 mm de long ; sépales 6, les 3 externes linéaires-lancéolés, atteignant 2 mm de long, les 3 internes obovales, d’environ 2,5 mm de long, garnis d’une touffe de poils à l’apex ; pétales 6, obovales, d’environ 1,5 mm × 1 mm, charnus, glabres, jaune verdâtre ; fleurs mâles à 6 étamines d’environ 1,5 mm de long, filets largement soudés ; fleurs femelles à ovaire supère constitué de 3 carpelles ovoïdes réunis à l’apex par les stigmates recourbés, staminodes 6, d’environ 1,2 mm de long. Fruit composé de 3 drupéoles ellipsoïdes à côtés inégaux d’environ 1,2 cm × 1 cm, contenant chacune 1 graine. Graines ovoïdes, d’environ 1 cm de long, arquées.
Autres données botaniques
Le genre Chasmanthera s’apparente étroitement à Tinospora et Jateorhiza ; ces genres ont été associés par le passé. Chasmanthera est un genre africain qui comprend deux espèces : Chasmanthera welwitschii et Chasmanthera dependens. Il semble qu’il s’agisse d’espèces différentes du point de vue écologique, bien que leurs aires de répartition se recoupent en Centrafrique, où l’on a découvert des intermédiaires. Un approfondissement des recherches est nécessaire pour déterminer si les 2 espèces doivent être réunies en une seule.
Ecologie
Chasmanthera welwitschii est présent dans les forêts denses sempervirentes et semi-décidues humides, les forêts-galeries, les forêts secondaires humides et les jachères embroussaillées à basse et moyenne altitudes.
Gestion
Chasmanthera welwitschii ne se récolte que dans la nature.
Ressources génétiques
Bien que le milieu de Chasmanthera welwitschii se réduise, rien n’indique qu’il soit menacé d’érosion génétique.
Perspectives
Les propriétés pharmacologiques de Chasmanthera welwitschii sont inconnues et méritent que des recherches exploratoires leur soient consacrées.
Références principales
- Liengola, I.B., 2001. Contribution à l’étude des plantes alimentaires spontanées chez les Turumbu et Lokele du District de la Tshopo, Province Orientale, R.D. Congo. Systematics and Geography of Plants 71(2): 687–698.
- Raponda-Walker, A. & Sillans, R., 1961. Les plantes utiles du Gabon. Paul Lechevalier, Paris, France. 614 pp.
- Troupin, G., 1951. Menispermaceae. In: Robyns, W., Staner, P., Demaret, F., Germain, R., Gilbert, G., Hauman, L., Homès, M., Jurion, F., Lebrun, J., Vanden Abeele, M. & Boutique, R. (Editors). Flore du Congo belge et du Ruanda-Urundi. Spermatophytes. Volume 2. Institut National pour l’Étude Agronomique du Congo belge, Brussels, Belgium. pp. 202–255.
- Troupin, G., 1962. Monographie des Menispermaceae africaines. Mémoires in-8. Académie Royale des Sciences d’Outre-Mer, Classe des Sciences Naturelles et Médicales, Nouvelle série 8(2), Brussels, Belgium. 313 pp.
Autres références
- Bouquet, A., 1969. Féticheurs et médecines traditionnelles du Congo (Brazzaville). Mémoires ORSTOM No 36. Office de la Recherche Scientifique et Technique Outre-Mer. Paris, France. 282 pp.
- Burkill, H.M., 1997. The useful plants of West Tropical Africa. 2nd Edition. Volume 4, Families M–R. Royal Botanic Gardens, Kew, Richmond, United Kingdom. 969 pp.
- Lubini, A., 1986. Végétation adventice et postculturale de Kisangani et de la Tshopo (Haut-Zaïre). Bulletin du Jardin Botanique National de Belgique 56(3/4): 315–348.
Auteur(s)
- L.P.A. Oyen, PROTA Network Office Europe, Wageningen University, P.O. Box 341, 6700 AH Wageningen, Netherlands
Citation correcte de cet article
Oyen, L.P.A., 2008. Chasmanthera welwitschii Troupin. In: Schmelzer, G.H. & Gurib-Fakim, A. (Editors). PROTA (Plant Resources of Tropical Africa / Ressources végétales de l’Afrique tropicale), Wageningen, Netherlands. Consulté le 3 avril 2025.
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