Chamaecrista absus (PROTA)

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Ressources végétales de l'Afrique tropicale
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Chamaecrista absus (L.) Irwin & Barneby


Protologue: Mem. New York Bot. Gard. 35 : 664 (1982).
Famille: Caesalpiniaceae (Leguminosae - Caesalpinioideae)
Nombre de chromosomes: 2n = 28

Synonymes

  • Cassia absus L. (1753).

Noms vernaculaires

  • Casse absus (Fr).
  • Four-leaved senna, black grain, pig’s senna, tropical sensitive-pea (En).

Origine et répartition géographique

Chamaecrista absus est présent à l’état naturel dans tous les tropiques de l’Ancien Monde ; il a été introduit en Amérique tropicale et s’y est naturalisé.

Usages

Les feuilles séchées et réduites en poudre, un extrait de feuilles ou, à l’occasion, les fruits mûrs écrasés de Chamaecrista absus s’emploient couramment pour traiter l’eczéma, la teigne, les blessures, les plaies, les abcès, les ulcères et les inflammations dues aux maladies vénériennes. L’infusion de feuilles est créditée de vertus dépuratives. Dans de nombreuses régions d’Afrique et d’Asie, les graines réduites en poudre ou les extraits de graines sont saupoudrés sur l’œil pour traiter des maladies oculaires comme la conjonctivite et la cataracte. Au Sénégal, les graines réduites en poudre se prennent aussi pour traiter le diabète et la chlorose, et la plante fraîche, écrasée et mélangée à du beurre, s’utilise comme suppositoire contre les hémorroïdes. Au Ghana, une décoction de racines, associée à du vin de palme et des piments, sert de purgatif pour expulser les vers. Au Congo, les feuilles sont mélangées à Heterotis rotundifolia (Sm.) Jacq.-Fél. et réduites en une pâte que l’on dilue avec du vin de palme pour aider les femmes à concevoir. Une partie de ce mélange est ingéré et l’autre est appliquée sur le bas-ventre en frictions. Différentes parties de la plante se prennent également en infusion comme aphrodisiaque. Au Kenya et en Tanzanie, l’infusion de racines se prend pour traiter les maux d’estomac.

Les sources qui attribuent à Chamaecrista absus une valeur comme espèce pâturable se contredisent. Au Sahel, il est bien apprécié par le bétail et sert à faire de l’ensilage. Les feuilles persistent pendant la première partie de la saison sèche, ce qui en fait un pâturage de valeur. Il est apprécié au Nigeria, où il a la réputation de favoriser la croissance du bétail ; il possède d’ailleurs une valeur vétérinaire, par ex. pour traiter la diarrhée. Dans d’autres régions d’Afrique, les jeunes plantes sont consommées par le bétail, mais les plantes plus âgées, poisseuses, semblent immangeables. Au Malawi, Chamaecrista absus s’emploie comme engrais vert dans le maïs. Les feuilles produisent un colorant d’un jaune peu intense.

Production et commerce international

Les graines de Chamaecrista absus sont commercialisées en Inde, mais on ne dispose d’aucune donnée sur ce commerce pour l’Afrique.

Propriétés

Toutes les parties de Chamaecrista absus contiennent des alcaloïdes monoterpénoïdes imidazoles, la chaksine et l’isochaksine. La chaksine supprime le centre respiratoire, le centre vasomoteur et le centre thermo-régulateur, et elle inhibe l’activité musculaire et le sens de l’équilibre. Elle a également des effets hypotenseurs et antibactériens. Lors d’un test de son activité antifongique, l’iodure de chaksine à 0,5% a inhibé tous les champignons testés. L’isochaksine a des activités similaires à celles de la chaksine mais à des doses généralement plus élevées. Des extraits aqueux des parties aériennes ont des effets allélopathiques sur la formation des nodules racinaires de l’arachide et du haricot mungo.

Des anthraquinones, le chrysophanol et l’émodine, ont été isolées à partir des racines, et des flavonoïdes, la quercétine et la rutine, ont été isolés à partir des feuilles. Le chrysophanol et l’émodine ont une activité laxative.

Les graines de Chamaecrista absus contiennent environ 4,5% d’huile, dont 52% est constitué d’acide 9-ketooctadec-cis- 15-enoïque. L’huile contient également 25% d’acide linoléique, 12% d’acide palmitique, 7% d’acide oléique, 2,5% d’acide stéarique et 1,5% d’acide arachidique. D’autres analyses ont révélé la présence d’acide gentisique, d’acide 5-O-D-glucopyranosyl gentisique, d’éthyl-α- D-galactopyranoside, et des flavonoïdes : apigénine, lutéoline, hydnocarpine et iso-hydnocarpine. Ces flavonoïdes ont montré une activité antitumorale in vitro, et certains d’entre eux également in vivo. Parmi les sucres contenus dans les graines, on trouve du galactomannane, qui induit les propriétés mucilagineuses de l’albumen.

Description

Plante herbacée annuelle atteignant 60(–100) cm de haut, ramifiée vers le haut, garnie de longs poils glandulaires rigides sur toutes ses parties, à odeur de citron. Feuilles alternes, paripennées, de 3–7 cm de long, à 2 paires de folioles ; stipules linéaires, atteignant 8 mm de long ; pétiole dépourvu de grosse glande, mais rachis avec une glande entre chaque paire de folioles ; folioles presque sessiles, elliptiques, atteignant 4,5 cm × 3 cm, plus larges chez la paire supérieure, apex obtus. Inflorescence : grappe terminale ou axillaire, atteignant 13 cm de long, à 4–6 fleurs. Fleurs bisexuées, presque régulières, 5-mères ; pédicelle de 3–5 cm de long ; sépales obtus, d’environ 4 mm de long, pubescents ; pétales obovales, atteignant 8 mm de long, crème à jaune orangé, parfois rouges à l’extérieur ; étamines 5, filets droits ; ovaire supère, 1-loculaire, style courbe. Fruit : gousse plate d’environ 5 cm × 0,5 cm, se séparant en 2 valves minces et légèrement spiralées, contenant 5–7 graines. Graines obovales à légèrement rhombiques, d’environ 5 mm de long, brun foncé à noires, brillantes.

Autres données botaniques

Le genre Chamaecrista (inclus auparavant dans le genre Cassia) est présent dans toutes les régions tropicales et subtropicales et comprend environ 250 espèces. C’est en Afrique tropicale et en Amérique tropicale que sa diversité est la plus importante. Sur le continent africain, il en existe près de 40 espèces ; 10 espèces se trouvent à Madagascar dont 6 endémiques. Chamaecrista présente une très grande variabilité morphologique, ce qui rend un traitement taxinomique exhaustif extrêmement difficile. Chamaecrista absus est variable du point de vue morphologique, ce qui n’est guère surprenant étant donné l’étendue de sa répartition.

Ecologie

On trouve Chamaecrista absus dans les milieux rudéraux, dans les anciens champs, le long des routes, dans les savanes herbeuses, dans les zones ouvertes de brousse décidue, sur les affleurements granitiques et sur les dunes de sable, depuis le niveau de la mer jusqu’à 1700 m d’altitude. Au Sénégal, il est abondant à proximité du bord de mer. Il est bien adapté aux tropiques semi-arides.

Multiplication et plantation

Pour augmenter le taux de germination, il est recommandé de procéder à un entaillage ou à une abrasion des graines de Chamaecrista absus. Une température de 24°C est idéale pour la germination.

Gestion

En Afrique, Chamaecrista absus se récolte dans la nature. Au Pakistan, on le cultive pour ses feuilles et ses graines.

Récolte

Chamaecrista absus se récolte en arrachant les plantes lorsque les gousses sont mûres.

Traitement après récolte

Etant donné que Chamaecrista absus a des gousses déhiscentes, il faut procéder au séchage sur une aire de battage ferme et propre. Un stockage au sec est préférable.

Ressources génétiques

Chamaecrista absus étant une espèce adventice, elle n’est pas menacée d’érosion génétique. Il n’en existe aucun échantillon dans les banques de graines.

Perspectives

Certains des usages traditionnels de Chamaecrista absus ont été validés par la recherche, mais les activités antimicrobiennes et antitumorales nécessitent encore des études. La chaksine et l’isochaksine semblent être les composés chimiques les plus intéressants à commercialiser. Une meilleure compréhension de la culture de cette plante et de sa rentabilité pourrait servir de base aux travaux à mener. Il faut prendre en compte le risque que l’espèce devienne une adventice dans les régions où elle n’est pas présente à l’état naturel.

Références principales

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Sources de l'illustration

  • Brenan, J.P.M., 1967. Leguminosae, subfamily Caesalpinioideae. In: Milne-Redhead, E. & Polhill, R.M. (Editors). Flora of Tropical East Africa. Crown Agents for Oversea Governments and Administrations, London, United Kingdom. 230 pp.

Auteur(s)

  • L.J.G. van der Maesen, Biosystematics Group, Wageningen University, Gen. Foulkesweg 37, 6703 BL Wageningen, Netherlands

Citation correcte de cet article

van der Maesen, L.J.G., 2006. Chamaecrista absus (L.) H.S.Irwin & Barneby. In: Schmelzer, G.H. & Gurib-Fakim, A. (Editors). PROTA (Plant Resources of Tropical Africa / Ressources végétales de l’Afrique tropicale), Wageningen, Netherlands. Consulté le 31 mars 2025.


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