Chaetachme aristata (PROTA)
Introduction |
Chaetachme aristata E.Mey. ex Planch.
- Protologue: Ann. Sci. Nat., Bot., sér. 3, 10: 341 (1848).
- Famille: Celtidaceae (APG: Cannabaceae)
- Nombre de chromosomes: n = 15
Synonymes
- Chaetachme madagascariensis Baker (1885),
- Chaetachme microcarpa Rendle (1916).
Noms vernaculaires
- Thorny elm (En).
Origine et répartition géographique
Chaetachme aristata se rencontre depuis la Côte d’Ivoire jusqu’au Soudan et au Kenya et s’étend vers le sud jusqu’en Angola, au Botswana, au Zimbabwe, au Mozambique, en Afrique du Sud et au Swaziland. On le trouve également à Madagascar.
Usages
En R.D. du Congo, le bois de Chaetachme aristata sert à fabriquer des instruments de musique comme les guitares et les tam-tams. On s’en sert, semble-t-il, au Ghana pour confectionner les “tambours parlants” ashantis. Au Kenya, le bois est utilisé pour réaliser des massues, et des harpons à Madagascar. En Afrique du Sud, on s’en sert pour confectionner des manches d’outils et de petits ornements. Au Kenya, les Massaïs utilisent les branches épineuses pour construire leurs clôtures.
En Côte d’Ivoire et à Madagascar, les feuilles et l’écorce sont prescrites en médecine traditionnelle en cas de toux, de rhumes et de problèmes de gorge. En R.D. du Congo, on boit l’infusion de racines comme purgatif. Les Zoulous d’Afrique du Sud emploient l’écorce pour soigner les hémorroïdes et les racines réduites en poudre contre les maux de dents. En Centrafrique, on boit le filtrat des jeunes feuilles broyées dans de l’eau pour traiter la tuberculose.
Propriétés
Le bois, jaune-blanc, est considéré comme lourd au Kenya, mais léger partout ailleurs. A Madagascar, il a la réputation de ne pas être durable, tout en étant apprécié car il se travaille bien. Les feuilles et les tiges contiennent 0,05% et 0,08% d’alcaloïdes respectivement. Les graines contiennent 6,4% d’huile, dont 82% d’acide linoléique.
Description
- Arbuste ou arbre de petite taille atteignant 13 m de haut, caducifolié, épineux, dioïque ou monoïque ; fût jusqu’à 30 cm de diamètre ; écorce lisse, grise, devenant fibreuse et longitudinalement sillonnée ; branches étalées, tombantes, en zigzag, à épines atteignant 3 cm de long ; rameaux couverts de poils courts à glabres.
- Feuilles alternes, simples ; stipules jusqu’à 2 cm de long, soudées, rapidement caduques ; pétiole de 3–6 mm de long ; limbe elliptique à elliptique-ovale, de 3–9 cm × 1,5–5 cm, base généralement arrondie et légèrement asymétrique, apex aigu à courtement acuminé, avec une soie distincte de 7 mm de long, bords entiers, parfois dentés, glabre, vert foncé brillant au-dessus, plus pâle et à pubescence clairsemée et courte au-dessous, pennatinervé à environ 10 paires de nervures latérales indistinctes.
- Inflorescence : cyme axillaire atteignant 1,5 cm de long, souvent ramifiée et congestionnée, comportant jusqu’à 30 fleurs.
- Fleurs unisexuées, 5-mères, blanc verdâtre ; pédicelle de 1–3 mm de long ; fleurs mâles à tépales de 2–3,5 mm × 1,5–2 mm, 5 étamines et un ovaire rudimentaire ; fleurs femelles souvent solitaires à l’aisselle des feuilles supérieures, à tépales de 1–2 mm × 1–1,5 mm et à ovaire supère à pubescence clairsemée de 3–5 mm long, styles 2, jusqu’à 2(–3) cm de long.
- Fruit : drupe ovoïde à déprimée-globuleuse atteignant 3,5 cm × 2 cm, glabre, orange jaunâtre à maturité.
Autres données botaniques
Le genre Chaetachme est monotypique. Traditionnellement, il était classé dans la famille des Ulmaceae, puis il a souvent été considéré comme appartenant à une famille à part, les Celtidaceae, alors que les dernières études en date proposent d’inclure cette dernière famille dans les Cannabaceae.
Il existe chez Chaetachme aristata une variabilité considérable en ce qui concerne la pubescence. En Afrique de l’Est, il semblerait que l’espèce soit essentiellement dioïque et en Afrique du Sud très souvent monoïque.
Ecologie
Chaetachme aristata se rencontre de la forêt sempervirente humide à la forêt décidue sèche, mais également dans la forêt côtière et ripicole, dans la savane arborée et sur les dunes de sable jusqu’à 2100 m d’altitude.
Ressources génétiques
Puisque Chaetachme aristata est très répandu et n’est pas utilisé de manière intensive, il n’est pas sujet à l’érosion génétique.
Perspectives
Chaetachme aristata est dépourvu d’intérêt pour le commerce des bois d’œuvre à cause de son fût trop petit. Des recherches visant à identifier les alcaloïdes présents dans les feuilles, la tige et les racines sont recommandées afin de définir leurs applications en médecine traditionnelle.
Références principales
- Burkill, H.M., 2000. The useful plants of West Tropical Africa. 2nd Edition. Volume 5, Families S–Z, Addenda. Royal Botanic Gardens, Kew, Richmond, United Kingdom. 686 pp.
- Hauman, L., 1948. Ulmaceae. In: Robyns, W., Staner, P., De Wildeman, E., Germain, R., Gilbert, G., Hauman, L., Homès, M., Lebrun, J., Louis, J., Vanden Abeele, M. & Boutique, R. (Editors). Flore du Congo belge et du Ruanda-Urundi. Spermatophytes. Volume 1. Institut National pour l’Étude Agronomique du Congo belge, Brussels, Belgium. pp. 39–51.
- Polhill, R.M., 1966. Ulmaceae. In: Hubbard, O.B.E. & Milne-Redhead, E. (Editors). Flora of Tropical East Africa. Crown Agents for Oversea Governments and Administrations, London, United Kingdom. 15 pp.
- Sytsma, K.J., Morawetz, J, Pires, J.C., Nepokroeff, M., Conti, E., Zjhra, M. Hall, J.C. & Chase, M.W., 2002. Urticalean rosids: circumscription, rosid ancestry, and phylogenetics based on rbcL, trnL-F, and ndhF sequences. American Journal of Botany 89: 1531–1546.
Autres références
- Bussmann, R.W., Gilbreath, G., Solio, J., Lutura, M., Lutuluo, R, Kunguru, K., Wood, N. & Mathenge, S.G., 2006. Plant use of the Maasai of Sekenani Valley, Maasai Mara, Kenya. Journal of Ethnobiology and Ethnomedecine 2: 22.
- Dale, I.R. & Greenway, P.J., 1961. Kenya trees and shrubs. Buchanan’s Kenya Estates Limited, Nairobi, Kenya. 654 pp.
- Hegnauer, R., 1973. Chemotaxonomie der Pflanzen. Band 6. Birkhäuser Verlag, Basel, Switzerland. 882 pp.
- Neuwinger, H.D., 2000. African traditional medicine: a dictionary of plant use and applications. Medpharm Scientific, Stuttgart, Germany. 589 pp.
- Noad, T. & Birnie, A., 1989. Trees of Kenya. A fully illustrated field guide. Nairobi, Kenya. 281 pp.
- Schatz, G.E., 2001. Generic tree flora of Madagascar. Royal Botanic Gardens, Kew, Richmond, United Kingdom. 477 pp.
- Sytsma, K.J., Morawetz, J, Pires, J.C., Nepokroeff, M., Conti, E., Zjhra, M. Hall, J.C. & Chase, M.W., 2002. Urticalean rosids: circumscription, rosid ancestry, and phylogenetics based on rbcL, trnL-F, and ndhF sequences. American Journal of Botany 89: 1531–1546.
- van Wyk, B.E. & Gericke, N., 2000. People’s plants: a guide to useful plants of southern Africa. Briza Publications, Pretoria, South Africa. 351 pp.
- Wilmot-Dear, C.M., 1999. FSA contributions 13: Ulmaceae. Bothalia 29(2): 239–247.
- Wilmot-Dear, C.M., 1991. Ulmaceae. In: Launert, E. & Pope, G.V. (Editors). Flora Zambesiaca. Volume 9, part 6. Flora Zambesiaca Managing Committee, London, United Kingdom. pp. 1–10.
Sources de l'illustration
- Akoègninou, A., van der Burg, W.J. & van der Maesen, L.J.G. (Editors), 2006. Flore analytique du Bénin. Backhuys Publishers, Leiden, Netherlands. 1034 pp.
Auteur(s)
- C.H. Bosch, PROTA Network Office Europe, Wageningen University, P.O. Box 341, 6700 AH Wageningen, Netherlands
Consulté le 31 mars 2025.
- Voir cette page sur la base de données Prota4U.