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Cenchrus biflorus (PROTA)

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Ressources végétales de l'Afrique tropicale
Introduction
Liste des espèces


Importance générale Fairytale bookmark gold.svgFairytale bookmark gold.svgFairytale bookmark gold.svgGood article star.svgGood article star.svg
Répartition en Afrique Fairytale bookmark gold.svgFairytale bookmark gold.svgFairytale bookmark gold.svgFairytale bookmark gold.svgGood article star.svg
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Légume Fairytale bookmark gold.svgGood article star.svgGood article star.svgGood article star.svgGood article star.svg
Médicinal Fairytale bookmark gold.svgGood article star.svgGood article star.svgGood article star.svgGood article star.svg
Fourrage Fairytale bookmark gold.svgFairytale bookmark gold.svgFairytale bookmark gold.svgGood article star.svgGood article star.svg
Sécurité alimentaire Fairytale bookmark gold.svgFairytale bookmark gold.svgGood article star.svgGood article star.svgGood article star.svg
Changement climatique Fairytale bookmark gold.svgFairytale bookmark gold.svgGood article star.svgGood article star.svgGood article star.svg


Cenchrus biflorus Roxb.


Protologue: Fl. ind. 1 : 238 (1820).
Famille: Poaceae (Gramineae)
Nombre de chromosomes: n = 15, 16, 17, 18, 24

Noms vernaculaires

  • Cram-cram (Fr).
  • Cram-cram, Indian sandbur (En).

Origine et répartition géographique

On trouve Cenchrus biflorus dans toute l’Afrique tropicale, et il s’étend vers l’est à travers l’Arabie et l’Iran jusqu’au Pakistan et à l’Inde. Il a été introduit ailleurs, par ex. en Amérique du Nord et en Australie.

Usages

Le grain de Cenchrus biflorus est comestible et très nutritif. Dans les zones où les gens ont à peine de quoi vivre, les graines sont régulièrement récoltées ; ailleurs, il est considéré comme un aliment de famine. Au Sahel, il est ramassé comme une céréale sauvage, par ex. par les Touaregs. Les grains sont écrasés et consommés crus, transformés en bouillie, ou bien mélangés et cuits avec d’autres aliments. Ils servent aussi à préparer une boisson. Au Soudan, on fabrique une galette plate (“kisra”) avec les grains et en Mauritanie des gâteaux à partir des grains moulus. Les grains de Cenchrus biflorus servent aussi d’aliment de famine en Inde, où ils sont consommés crus ou bien utilisés, mélangés à du mil, pour la fabrication du pain. En temps normal, ils sont consommés, mélangés avec du sucre et du “ghee”, comme aliment pour les enfants.

Cenchrus biflorus est considéré comme une plante fourragère très utile au Sahel ; elle est broutée essentiellement lorsqu’elle est jeune et une fois que les grains sont tombés. On peut la faucher à plusieurs reprises pendant la saison des pluies pour en faire du foin ou de l’ensilage. Les involucres épineux sont suffisamment ramollis par l’ensilage pour rendre possible la consommation de la plante entière. Cenchrus biflorus persiste jusqu’à la fin de la saison sèche, ce qui contribue à en faire une source sûre de fourrage. En Inde également, la plante sert de fourrage et elle est semée pour lutter contre la désertification ; dans le nord de l’Australie, on la cultive comme plante fourragère. Ses feuilles sont consommées en période de famine dans le désert du Thar en Inde.

La racine de Cenchrus biflorus est un ingrédient qui figure dans les ordonnances aphrodisiaques traditionnelles.

Propriétés

La composition des grains décortiqués de Cenchrus biflorus par 100 g est : eau 9,8 g, énergie 1549 kJ (370 kcal), protéines 17,8 g, lipides 8,5 g, glucides 62,3 g, Ca 144 mg, P 270 mg et Fe 22 mg (Leung, Busson & Jardin, 1968). La composition en acides aminés essentiels par 100 g de grains décortiqués est : lysine 214 mg, méthionine 393 mg, phénylalanine 926 mg, thréonine 658 mg, valine 1052 mg, leucine 2745 mg et isoleucine 892 mg (FAO, 1970). Les teneurs en protéines et lipides sont élevées par rapport à d’autres céréales.

Les plantes de Cenchrus biflorus au Sahel contiennent : protéines brutes 10,0%, fibres brutes 34,6%, lipides bruts 1,5%, extrait sans azote 42,8%, P 0,35%, K 4,18%, Ca 0,28%, Mg 0,21% et Na 0,01%.

En dépit de son utilité, Cenchrus biflorus passe souvent pour une adventice nuisible ; ses inflorescences épineuses peuvent blesser les hommes ainsi que le bétail et causer des infections.

Description

  • Graminée annuelle, en touffes lâches, à tiges (chaumes) ascendantes jusqu’à 1 m de haut. Feuilles alternes, simples et entières ; ligule constituée d’une ligne de poils ; limbe linéaire, plat, de 2–25(–35) cm × 2–7(–10) mm, apex filiforme.
  • Inflorescence : panicule spiciforme de 2–15 cm × 9–12 mm, avec 1–3 épillets enserrés par un involucre de soies hérissées ; rachis anguleux, sinueux ; involucre ovoïde, de 4–11 mm de long, portant de nombreuses épines, épines internes érigées, soudées à la base, à poils dirigés vers le bas sur l’apex piquant et recourbé, épines externes plus courtes, étalées.
  • Epillet lancéolé de 3,5–6 mm de long, aigu, composé de 2 glumes et généralement de 2 fleurs ; glumes plus courtes que l’épillet ; fleur inférieure mâle ou stérile, à lemme aussi longue que l’épillet, membraneuse, fleur supérieure bisexuée, à lemme aussi longue que l’épillet, légèrement coriace ; étamines 3, ovaire supère, glabre, à 2 stigmates poilus.
  • Fruit : caryopse (grain) comprimé dorsalement, de 2–2,5 mm × 1,5–2 mm.

Autres données botaniques

Le genre Cenchrus comprend environ 20 espèces dans les régions tropicales et tempérées chaudes, essentiellement en Afrique et aux Amériques. Il est très proche de Pennisetum, qui se distingue par ses soies involucrales internes non épineuses et libres jusqu’à la base.

Les épillets épineux de Cenchrus biflorus s’accrochent aux poils des animaux et aux vêtements, facilitant ainsi amplement leur dispersion. Cenchrus biflorus a une photosynthèse en C4.

Ecologie

On trouve habituellement Cenchrus biflorus dans les régions semi-arides et arides où les précipitations annuelles atteignent 250–650 mm, jusqu’à 1300 m d’altitude, généralement sur des sols sableux secs et dans des zones cultivées, surpâturées ou autrement perturbées. Il est extrêmement abondant au Sahel et au sud du Sahara, où il peut former des peuplements massifs. Une étude menée dans l’ouest du Niger a montré qu’il était devenu beaucoup plus abondant et dominant à la fin des années 1980 qu’il ne l’était au début des années 1960.

Gestion

Cenchrus biflorus peut être multiplié par graines. La température optimale pour la germination des graines est de 35°C. En Afrique tropicale, les graines sont récoltées dans la nature. Les épillets épineux s’égrènent facilement à maturité et on attend souvent qu’ils tombent, avant d’en faire des tas à l’aide d’une poignée de paille, ou bien de les ratisser avec un grand “peigne” muni d’un manche. Les plantes peuvent être battues avec un bâton au cas où tous les épillets ne seraient pas tombés. Les épillets sont pilés au mortier et les grains sont séparés par vannage. Dans la région du lac Tchad, les inflorescences sont coupées au couteau, puis les grains sont séchés, battus et vannés. Au Kordofan (Soudan), les grains sont décortiqués en les frottant entre deux morceaux de cuir.

Ressources génétiques

L’Institut international de recherche sur le bétail (ILRI), Addis Abeba, Ethiopie, conserve 10 entrées de Cenchrus biflorus. Etant donné l’ampleur de sa répartition et son abondance, Cenchrus biflorus n’est certainement pas menacé d’érosion génétique.

Perspectives

Cenchrus biflorus produit un grain très nutritif, ayant une teneur exceptionnellement élevée en protéines et lipides. Autrefois, il était important en tant que céréale sauvage, mais à l’heure actuelle son rôle dans l’alimentation humaine semble se limiter aux périodes de disette. Il a toutefois conservé une certaine importance comme fourrage, en particulier grâce à sa persistance du début à la fin de la saison sèche. Il y a peu de chances pour que Cenchrus biflorus gagne du terrain à l’avenir, essentiellement à cause du caractère épineux de ses épillets qui s’accrochent aux vêtements, blessant ainsi hommes et bêtes, et qui font souvent passer la plante pour une adventice nuisible.

Références principales

  • Burkill, H.M., 1994. The useful plants of West Tropical Africa. 2nd Edition. Volume 2, Families E–I. Royal Botanic Gardens, Kew, Richmond, United Kingdom. 636 pp.
  • Clayton, W.D. & Renvoize, S.A., 1982. Gramineae (part 3). In: Polhill, R.M. (Editor). Flora of Tropical East Africa. A.A. Balkema, Rotterdam, Netherlands. pp. 451–898.
  • Naegele, A.F.G., 1977. Plantes fourragères spontanées d’Afrique tropicale seche: données techniques. Aménagement écologique des pâturages arides et semi arides d’Afrique, du Proche et du Moyen Orient (EMASAR phase 2). Volume 3. FAO, Rome, Italy. 510 pp.
  • National Research Council, 1996. Lost crops of Africa. Volume 1: grains. National Academy Press, Washington D.C., United States. 383 pp.
  • Phillips, S., 1995. Poaceae (Gramineae). In: Hedberg, I. & Edwards, S. (Editors). Flora of Ethiopia and Eritrea. Volume 7. Poaceae (Gramineae). The National Herbarium, Addis Ababa University, Addis Ababa, Ethiopia and Department of Systematic Botany, Uppsala University, Uppsala, Sweden. 420 pp.

Autres références

  • Bartha, R., 1970. Fodder plants in the Sahel zone of Africa. Weltforum Verlag, München, Germany. 306 pp.
  • Batello, C., Marzot, M. & Touré, A.H., 2004. The future is an ancient lake: traditional knowledge, biodiversity and genetic resources for food and agriculture in Lake Chad Basin ecosystems. FAO, Rome, Italy. 307 pp.
  • Bhandari, M.M., 1974. Famine foods in the Rajasthan desert. Economic Botany 28: 73–81.
  • Bouwman, L., 1979. Een onderzoek naar de groei en ontwikkeling van de Sahel grassen: Pennisetum pedicellatum, Eragrostis tremula, Loudetia togoensis, Cenchrus biflorus, aangevuld met: Aristida mutabilis, Cassia tora, Zornia glochidiata. Doctoraalverslag Rijksuniversiteit Utrecht. Centrum voor Agrobiologisch Onderzoek (CABO), Wageningen, Netherlands. 91 pp.
  • Clayton, W.D., 1989. Gramineae (Paniceae, Isachneae and Arundinelleae). In: Launert, E. & Pope, G.V. (Editors). Flora Zambesiaca. Volume 10, part 3. Flora Zambesiaca Managing Committee, London, United Kingdom. 231 pp.
  • Cope, T.A., 1995. Poaceae (Gramineae). In: Thulin, M. (Editor). Flora of Somalia. Volume 4. Angiospermae (Hydrocharitaceae-Pandanaceae). Royal Botanic Gardens, Kew, Richmond, United Kingdom. pp. 148–270.
  • FAO, 1970. Amino-acid content of foods and biological data on proteins. FAO Nutrition Studies No 24, Rome, Italy. 285 pp.
  • Harlan, J.R., 1989. Wild grass seed harvesting in the Sahara and sub Sahara of Africa. In: Harris, D.R. & Hillman, G.C. (Editors). Foraging and farming: the evolution of plant exploitation. Unwin Hyman, London, United Kingdom. pp. 79–98.
  • Leung, W.-T.W., Busson, F. & Jardin, C., 1968. Food composition table for use in Africa. FAO, Rome, Italy. 306 pp.
  • Peyre de Fabrègues, B., 1992. Observations on the ebb and flow of native grasses in the area of the Ekrafane Ranch, Sahel. In: Chapman, G.P. (Editor). Desertified grasslands: their biology and management. Papers presented at an international symposium organized by the Linnean Society of London and Wye College, University of London, held at the Linnean Society’s Rooms, London, 27, 28 February and 1 March 1991. Academic Press, London, United Kingdom. pp. 37–46.

Auteur(s)

  • M. Brink, PROTA Network Office Europe, Wageningen University, P.O. Box 341, 6700 AH Wageningen, Netherlands

Citation correcte de cet article

Brink, M., 2006. Cenchrus biflorus Roxb. In: Brink, M. & Belay, G. (Editors). PROTA (Plant Resources of Tropical Africa / Ressources végétales de l’Afrique tropicale), Wageningen, Netherlands. Consulté le 4 avril 2025.


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