Cassipourea gummiflua (PROTA)

De PlantUse Français
Aller à : navigation, rechercher
Prota logo vert.gif
Ressources végétales de l'Afrique tropicale
Introduction
Liste des espèces


Importance générale Fairytale bookmark gold.svgFairytale bookmark gold.svgFairytale bookmark gold.svgGood article star.svgGood article star.svg
Répartition en Afrique Fairytale bookmark gold.svgFairytale bookmark gold.svgFairytale bookmark gold.svgGood article star.svgGood article star.svg
Répartition mondiale Fairytale bookmark gold.svgGood article star.svgGood article star.svgGood article star.svgGood article star.svg
Médicinal Fairytale bookmark gold.svgGood article star.svgGood article star.svgGood article star.svgGood article star.svg
Bois d'œuvre Fairytale bookmark gold.svgFairytale bookmark gold.svgFairytale bookmark gold.svgGood article star.svgGood article star.svg
Ornemental Fairytale bookmark gold.svgFairytale bookmark gold.svgGood article star.svgGood article star.svgGood article star.svg


branche en fleurs (Zimbabweflora)

Cassipourea gummiflua Tul.


Protologue: Ann. Sci. Nat., Bot., sér. 4, 6 : 123 (1856).
Famille: Rhizophoraceae

Noms vernaculaires

  • Large-leaved onionwood, broad-leaved onionwood (En).
  • Msikundazi (Sw).

Origine et répartition géographique

Cassipourea gummiflua se rencontre de la Sierra Leone jusqu’au Kenya vers l’est, et vers le sud jusqu’en Afrique du Sud, ainsi qu’à Madagascar.

Usages

Le bois de Cassipourea gummiflua est un bon bois d’usages courants. Il convient pour la construction légère, les perches, les mâts, la parqueterie, la carrosserie, les meubles et l’ébénisterie, les manches d’outils, les échelles, la caisserie, les boiseries intérieures, les instruments, la menuiserie, les jouets et articles de fantaisie, le tournage, les placages et contreplaqués, ainsi que les panneaux de fibres et panneaux de particules. On l’utilise également comme bois de feu et charbon de bois. Au Mozambique, le bois de Cassipourea gummiflua de même que celui d’Anthocleista grandiflora Gilg sont connus sous le nom commercial de “mezambe”. Cassipourea gummiflua est également utilisé comme arbre ornemental et arbre d’ombrage. Son écorce est exploitée en vue d’usages médicinaux non spécifiés.

Propriétés

Le bois de cœur est grisâtre ou blanc jaunâtre et peu distinct de l’aubier. Le fil est droit, le grain moyennement fin et régulier. Le bois fraîchement scié a une forte odeur d’oignon, qui persiste dans une certaine mesure dans le bois sec. La densité du bois est de 480–720 kg/m³ à 15% de teneur en humidité. Il est moyennement dur et résistant. Il sèche lentement avec une tendance au gauchissement, et doit être séché sous abri pour éviter des fentes excessives. Il est sujet au bleuissement et sensible aux taches colorées.

Le bois est facile à scier et à travailler avec des outils à main et des machines. Il se finit en donnant une belle surface. Il se tourne, se moulure et se colle bien, et se déroule ou se tranche de manière satisfaisante. Sa durabilité est faible. Il est sujet aux attaques de termites et de térébrants marins. Le bois de cœur est extrêmement rebelle à l’imprégnation, l’aubier l’est moyennement.

On a isolé un alcaloïde, la cassipourrine, des rameaux secs et des feuilles de Cassipourea gummiflua. L’assertion fréquemment citée selon laquelle l’ingestion de copeaux de bois de Cassipourea gummiflua par des poulets produirait un changement de sexe chez les poulets femelles est erronée. Il est apparu plus tard que les copeaux en cause provenaient de Funtumia africana (Benth.) Stapf ; l’effet androgène est dû à l’infection de ces copeaux par Fusarium solani, champignon saprophyte producteur de stéroïdes.

Description

  • Arbuste ou arbre de petite à grande taille atteignant 40 m de haut, sempervirent ; fût rectiligne, jusqu’à 40(–60) cm de diamètre ; écorce gris pâle ou brune, lisse avec des lenticelles saillantes ; jeunes rameaux poilus, devenant glabres ensuite.
  • Feuilles opposées, simples, glabres ; stipules situées entre les pétioles, de 2–4 mm de long ; pétiole de (6–)8–15(–17) mm de long ; limbe elliptique à oblong ou ovale, de 5–15(–21) cm × 2.5–10.5 cm, base arrondie à cunéiforme, apex arrondi à acuminé, bord entier à sinueux ou denté.
  • Inflorescence : fascicule axillaire, dense et touffu, portant de nombreuses fleurs.
  • Fleurs bisexuées, régulières, 4–6-mères ; pédicelle de 1–4 mm de long, articulé sur la moitié supérieure ; calice tubulaire à campanulé, tube de 2–4 mm de long, lobes de 0,5–1,5 mm de long, semi-circulaires à deltoïdes ; pétales linéaires-spatulés, de 4,5–6 mm × 1 mm, profondément frangés, blancs ; étamines 8–12(–14) ; ovaire supère à semi-infère, 2(–3)-loculaire, glabre à densément poilu particulièrement sur la moitié supérieure, style de 2,5–6 mm de long.
  • Fruit : capsule ellipsoïde à sphérique ou obovoïde de 6–11 mm × 4,5–7 mm, noirâtre, glabre ou courtement poilue, déhiscente, contenant un petit nombre de graines.
  • Graines ovoïdes, de 3–6,5 mm × 1,5 mm, rouge foncé, avec un arille orange, tégument coriace.

Autres données botaniques

Le genre Cassipourea comprend quelque 70 espèces, largement réparties dans les tropiques. A l’intérieur de Cassipourea gummiflua, on distingue 4 variétés : var. gummiflua, restreinte à Madagascar ; var. mannii (Hook.f. ex Oliv.) J.Lewis (synonyme : Cassipourea glabra Alston), répartie de la Sierra Leone à l’Angola ; var. ugandensis (Stapf) J.Lewis (synonyme : Cassipourea ugandensis (Stapf) Engl.), dont l’aire de répartition s’étend du Cameroun au Kenya et à la Zambie ; var. verticillata (N.E.Br.) J.Lewis (synonyme : Cassipourea verticillata N.E.Br.), que l’on trouve depuis le Cameroun jusqu’à la Tanzanie et à l’Afrique du Sud.

L’arille des graines de Cassipourea gummiflua est mangé par les oiseaux et les singes, ce qui pourrait contribuer à disséminer les graines.

Ecologie

Cassipourea gummiflua se trouve dans la forêt ombrophile, la ripisylve, la forêt de marécage et la forêt montagnarde, jusqu’à 2600 m d’altitude.

Ressources génétiques

En raison de sa large répartition, Cassipourea gummiflua n’est pas sujet à érosion génétique.

Perspectives

Le bois de Cassipourea gummiflua restera une utile source locale de bois d’œuvre. L’information sur cette espèce est trop rare pour pouvoir juger ses potentialités.

Références principales

  • Bolza, E. & Keating, W.G., 1972. African timbers: the properties, uses and characteristics of 700 species. Division of Building Research, CSIRO, Melbourne, Australia. 710 pp.
  • Burkill, H.M., 1997. The useful plants of West Tropical Africa. 2nd Edition. Volume 4, Families M–R. Royal Botanic Gardens, Kew, Richmond, United Kingdom. 969 pp.
  • Liben, L., 1987. Rhizophoraceae. In: Bamps, P. (Editor). Flore d’Afrique centrale. Spermatophytes. Jardin botanique national de Belgique, Brussels, Belgium. 36 pp.
  • Scott, M.H., 1950. Notes on the more important African timbers imported into the Union with special reference to Portuguese East African species. Journal of the South African Forestry Association 19: 18–62.
  • Torre, A.R. & Gonçalves, A.E., 1978. Rhizophoraceae. In: Launert, E. (Editor). Flora Zambesiaca. Volume 4. Flora Zambesiaca Managing Committee, London, United Kingdom. pp. 81–99.

Autres références

  • Beentje, H.J., 1994. Kenya trees, shrubs and lianas. National Museums of Kenya, Nairobi, Kenya. 722 pp.
  • Bleher, B., Potgieter, C.J., Johnson, D.N. & Böhning-Gaese, K., 2003. The importance of figs for frugivores in a South African coastal forest. Journal of Tropical Ecology 19: 375–386.
  • Gonçalves, A.E. & Torre, A.R., 1979. Rhizophoraceae. In: Mendes, E.J. (Editor). Flora de Moçambique. No 67. Junta de Investigações Científicas do Ultramar, Lisbon, Portugal. 21 pp.
  • Lewis, J., 1955. Notes on Cassipourea Aubl. in Africa. Kew Bulletin 1955(1): 143–159.
  • Lovett, J.C., Ruffo, C.K. & Gereau, R.E., 2003. Field guide to the moist forest trees of Tanzania. [Internet] Centre for Ecology Law and Policy, Environment Department, University of York, York, United Kingdom. http://celp.org.uk/projects/tzforeco/. December 2005.
  • Smith, A.J. & Wells, J.W., 1978. The source of androgenic activity in the African wood Funtumia latifolia: a steroid hormone formed by the action of Fusarium solani. Journal of the Science of Food and Agriculture 29(9): 783–787.
  • Wright, W.G. & Warren, F.L., 1967. Rhizophoraceae alkaloids. Part 1. Four sulphur-containing bases from Cassipourea spp. Journal of the Chemical Society, Section C, Organic Chemistry, 1967: 283–284.

Auteur(s)

  • M. Brink, PROTA Network Office Europe, Wageningen University, P.O. Box 341, 6700 AH Wageningen, Netherlands

Citation correcte de cet article

Brink, M., 2006. Cassipourea gummiflua Tul. In: Louppe, D., Oteng-Amoako, A.A. & Brink, M. (Editors). PROTA (Plant Resources of Tropical Africa / Ressources végétales de l’Afrique tropicale), Wageningen, Netherlands. Consulté le 22 décembre 2024.


  • Voir cette page sur la base de données Prota4U.