Calpocalyx brevibracteatus (PROTA)
Introduction |
Importance générale | |
Répartition en Afrique | |
Répartition mondiale | |
Céréale / légume sec | |
Médicinal | |
Bois d'œuvre | |
Calpocalyx brevibracteatus Harms
- Protologue: Bull. Soc. Bot. France 58, mém. 8 : 155 (1912).
- Famille: Mimosaceae (Leguminosae - Mimosoideae)
Origine et répartition géographique
Calpocalyx brevibracteatus se rencontre de la Sierra Leone au Cameroun.
Usages
Le bois est localement employé pour la construction de maisons, par ex. pour les poteaux et madriers, pour les manches d’outils et les pirogues, et comme bois de feu. L’écorce est employée en médecine traditionnelle ; macérée dans de l’eau, elle est utilisée en bain de bouche pour traiter les affections buccales, et l’écorce interne est employée contre les maux d’estomac. La cendre des gousses est employée pour faire du savon ou pour saler les aliments. Les graines sont comestibles après cuisson.
Propriétés
Le bois de cœur est brun foncé, souvent bigarré de rouge et de noir, et nettement distinct de l’aubier grisâtre. Le fil est irrégulier, le grain moyennement grossier. Le bois est lourd, avec une densité d’environ 830 kg/m³ à 15% de teneur en humidité, et dur. A 12% de teneur en humidité, le module de rupture est d’environ 135 N/mm², le module d’élasticité de 16 650 N/mm², la compression axiale de 59 N/mm², et la dureté Janka de flanc de 11 365 N. Le bois est difficile à travailler, mais a un bel aspect lorsqu’il est convenablement fini. Il est durable. Sa qualité comme bois de feu est médiocre ; il crépite lors de la combustion.
Les feuilles et l’écorce contiennent des tanins.
Description
- Arbre de taille moyenne à assez grande pouvant atteindre 30(–40) m de hauteur, mais généralement moins grand ; fût rectiligne, cylindrique, jusqu’à 50(–80) cm de diamètre, sans contreforts ou avec des contreforts courts ; écorce grise à brun foncé ; cime dense, arrondie.
- Feuilles alternes, composées bipennées avec une seule paire de pennes ; stipules linéaires, caduques ; pétiole court, avec une grosse glande au sommet sur le dessus ; axes des pennes de 15–20 cm de long ; folioles en 5–6 paires par penne, opposées, elliptiques, de 7–15 cm × 2–6 cm, acuminées, coriaces, glabres.
- Inflorescence : épi axillaire ou terminal pendant de 6–10 cm de long, disposé en panicules, contenant de nombreuses fleurs ; bractées très petites.
- Fleurs bisexuées, régulières, 5-mères, petites, sessiles, poilues ; calice campanulé, d’environ 2 mm de long, courtement denté ; pétales soudés à la base, d’environ 4 mm de long, orange rosé à brunâtre ; étamines 10, soudées à la base, beaucoup plus longues que les pétales, avec des glandes à l’apex ; ovaire supère, légèrement stipité, poilu, 1-loculaire, style long et mince.
- Fruit : gousse obliquement oblongue jusqu’à 17 cm × 4,5 cm, fortement aplatie, longuement atténuée à la base, arrondie au sommet, ligneuse, à 2 valves, renfermant 5–10 graines.
- Graines anguleuses, aplaties.
- Plantule à germination épigée ; hypocotyle de 4–5 cm de long, à fine pubescence roussâtre, épicotyle de 3–4 cm de long ; cotylédons épais, charnus, oblongs, émarginés, violacés.
Autres données botaniques
Le genre Calpocalyx comprend 11 espèces et est cantonné dans les types de forêts les plus humides d’Afrique occidentale et de l’ouest de l’Afrique centrale. Il est apparenté au genre Xylia, qui en diffère par ses inflorescences en capitules. On en trouve 9 espèces dans l’ouest de l’Afrique centrale, 2 en Afrique de l’Ouest.
Calpocalyx aubrevillei
Calpocalyx aubrevillei Pellegr. se rencontre de la Sierra Leone à la Côte d’Ivoire, et est localement commun dans la forêt sempervirente sur les sols humides et le long des cours d’eau, notamment au Liberia. Son bois est employé pour la construction, les madriers et les pirogues, mais il est beaucoup plus léger, non durable et sujet au gauchissement. La cendre du bois sert de sel végétal, les graines sont comestibles après cuisson, et pilées et mélangées à de l’huile de palme elles servent à soulager les douleurs des seins chez les femmes. Calpocalyx aubrevillei est un assez grand arbre atteignant 32 m de haut, qui diffère de Calpocalyx brevibracteatus par ses folioles généralement plus grandes, qui ont des nervures plus visibles et sont courtement poilues, et par ses bractées plus grandes, un calice cylindrique et des gousses plus grandes.
Les branches de Calpocalyx brevibracteatus sont creuses et peuvent héberger des fourmis. Les fruits ont une déhiscence explosive durant la saison sèche, ce qui disperse les graines. En Sierra Leone, la floraison a lieu en septembre–décembre, et la fructification en janvier–avril.
Ecologie
Calpocalyx brevibracteatus se rencontre en général dans la forêt sempervirente, parfois dans la forêt semi-décidue et les forêts-galeries. Sa fréquence maximale se trouve dans des zones recevant environ 2500 mm de pluies par an. C’est une essence de sous-étage assez commune, en particulier au Liberia et au Ghana. On peut le trouver sur des sols limono-sableux, argilo-sableux et latéritiques.
Gestion
La régénération naturelle apparaît souvent de manière grégaire sous l’ombrage, mais dans la forêt sempervirente sur des endroits relativement exposés. Un kilogramme contient approximativement 3000 graines. Les graines ont un taux de germination élevé, et la germination démarre après 6–15 jours. Les grumes fraîchement abattues coulent dans l’eau et ne peuvent être transportées par flottage sur les cours d’eau.
Ressources génétiques
Calpocalyx brevibracteatus est répandu et localement commun, et n’est pas menacé d’érosion génétique.
Perspectives
Les sujets de Calpocalyx brevibracteatus sont souvent de trop petite taille pour avoir une importance commerciale comme bois d’œuvre, les fûts étant souvent courts et d’un diamètre inférieur au diamètre minimal d’abattage. L’essence gardera une certaine importance locale pour la construction d’habitations en raison de la durabilité de son bois.
Références principales
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Autres références
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- Keay, R.W.J., 1958. Mimosaceae. In: Keay, R.W.J. (Editor). Flora of West Tropical Africa. Volume 1, part 2. 2nd Edition. Crown Agents for Oversea Governments and Administrations, London, United Kingdom. pp. 484–504.
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- Takahashi, A., 1978. Compilation of data on the mechanical properties of foreign woods (part 3) Africa. Shimane University, Matsue, Japan, 248 pp.
Auteur(s)
- R.H.M.J. Lemmens, PROTA Network Office Europe, Wageningen University, P.O. Box 341, 6700 AH Wageningen, Netherlands
Citation correcte de cet article
Lemmens, R.H.M.J., 2006. Calpocalyx brevibracteatus Harms. In: Louppe, D., Oteng-Amoako, A.A. & Brink, M. (Editors). PROTA (Plant Resources of Tropical Africa / Ressources végétales de l’Afrique tropicale), Wageningen, Netherlands. Consulté le 3 avril 2025.
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