Calodendrum capense (PROTA)

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Ressources végétales de l'Afrique tropicale
Introduction
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Huile essentielle / exsudat Fairytale bookmark gold.svgGood article star.svgGood article star.svgGood article star.svgGood article star.svg
Médicinal Fairytale bookmark gold.svgGood article star.svgGood article star.svgGood article star.svgGood article star.svg
Bois d'œuvre Fairytale bookmark gold.svgFairytale bookmark gold.svgGood article star.svgGood article star.svgGood article star.svg
Ornemental Fairytale bookmark gold.svgFairytale bookmark gold.svgGood article star.svgGood article star.svgGood article star.svg
Fourrage Fairytale bookmark gold.svgGood article star.svgGood article star.svgGood article star.svgGood article star.svg
Auxiliaire Fairytale bookmark gold.svgFairytale bookmark gold.svgGood article star.svgGood article star.svgGood article star.svg


partie de la feuille (Zimbabweflora)
branche en fleurs (Zimbabweflora)
branche en fruits (Zimbabweflora)
coupe transversale du bois
coupe tangentielle du bois
coupe radiale du bois

Calodendrum capense (L.f.) Thunb.


Protologue: Nov. gen. pl. 2: 43 (1782).
Famille: Rutaceae
Nombre de chromosomes: 2n = 54

Noms vernaculaires

  • Châtaignier du Cap (Fr).
  • Cape chestnut (En).

Origine et répartition géographique

Calodendrum capense pousse à l’état naturel du nord du Kenya jusqu’à l’est de l’Afrique du Sud. Il est quelquefois planté comme arbre ornemental et d’alignement à l’intérieur de son aire de répartition et à l’extérieur, comme en Australie.

Usages

Le bois est utilisé pour la construction de maisons et la fabrication de poteaux, de meubles, de mortiers à grains, de manches d’outils, d’instruments et de jougs. Il convient également pour la parqueterie, la menuiserie, la construction nautique, la charronnerie, les articles de sport, les jouets, les articles de fantaisie, les instruments de musique, la caisserie, les traverses de chemin de fer, le tournage, les placages, le contreplaqué et la pâte à papier. Il passe pour être un bon bois de feu et convient pour la production de charbon de bois. Calodendrum capense est planté comme arbre ornemental et d’alignement, par ex. à Nairobi et à Kampala ; il est spectaculaire lorsqu’il est en pleine floraison. Il est aussi utilisé pour son ombrage, et planté en brise-vent. Il fournit d’énormes quantités de feuilles utiles pour le paillage. C’est une bonne source de nectar pour les abeilles. En Afrique du Sud, l’écorce, qui est vendue sur les marchés locaux sous le nom de “white umemezi”, a des usages cosmétiques qui permettent de blanchir la peau. L’huile des graines, appelée “yangu oil”, est prisée en Afrique en tant que produit de soin pour la peau ; ainsi au Kenya, elle est utilisée comme émollient cutané. L’huile peut être utilisée en savonnerie et comme biocarburant.

Propriétés

Le bois de cœur est blanchâtre à jaune paille, parfois avec des marques verdâtres ou brunâtres, et il est indistinctement délimité de l’aubier. Le fil est droit, le grain fin à moyen. Les cernes de croissance sont distincts.

Le bois est moyennement lourd avec une densité de 610–740 kg/m³ à 12% d’humidité. Habituellement, le séchage s’effectue sans problèmes avec peu de déformation. Les taux de retrait, de l’état vert à anhydre, sont de 4,8% dans le sens radial et de 7,3% dans le sens tangentiel.

A 12% d’humidité, le module de rupture est de 97–99 N/mm², le module d’élasticité de 10 400–12 700 N/mm², la compression axiale de 49–52 N/mm², le cisaillement de 12–14 N/mm², la dureté Janka de flanc de 6270–6450 N et la dureté Janka en bout de 6180–7910 N.

Le bois se scie et se travaille facilement tant à la main qu’à la machine, mais les surfaces peuvent avoir tendance à pelucher légèrement. Il se finit bien en donnant une surface lisse et se polit bien. Les caractéristiques de clouage, de perçage, de collage, d’assemblage et de tournage sont toutes satisfaisantes. Les propriétés de cintrage sont excellentes. Le bois n’est pas durable et il est sujet aux attaques de termites et de Lyctus. Le bois de cœur est moyennement rebelle à l’imprégnation par des produits de préservation.

Les graines contiennent environ 60% d’huile. L’huile est jaunâtre et amère. Sa composition en acides gras est approximativement : acide palmitique 18–24%, acide stéarique près de 5%, acide oléique 33–44%, acide linoléique 29–36%, acide linolénique près de 1%, acide arachidique <1%. Des essais ont montré qu’elle a un fort potentiel comme lubrifiant et comme combustible pour les moteurs diesel. L’écorce de racine contient de la calodendrolide, dérivé du limonoïde, qui a des propriétés larvicides contre le moustique Aedes aegypti.

Description

  • Arbre semi-caducifolié de taille moyenne atteignant 20 m de haut ; fût dépourvu de branches sur une hauteur atteignant 12 m, jusqu’à 90 cm de diamètre, souvent cannelé, les arbres âgés souvent à contreforts ; surface de l’écorce grisâtre, lisse ; cime étalée mais souvent dense ; ramilles densément couvertes de poils courts.
  • Feuilles opposées, simples ; stipules absentes ; pétiole de 2–10 mm de long ; limbe elliptique, de 6–14(–18) cm × 3,5–8(–11) cm, cunéiforme à arrondi ou légèrement cordé à la base, arrondi à aigu ou courtement acuminé à l’apex, bord ondulé, ponctué de glandes, pennatinervé avec jusqu’à 20 paires de nervures latérales. Inflorescence : panicule terminale à rameaux opposés.
  • Fleurs bisexuées, régulières, 5-mères, grandes et voyantes ; pédicelle atteignant 2 cm de long ; sépales presque libres, ovales, de 3–5 mm de long, couverts de très petits poils ; pétales libres, étroitement oblancéolés, de 2–3,5 cm de long, à poils courts, blanchâtres à rose ou violet pâle ; étamines aussi longues que les pétales, alternant avec des staminodes étroitement oblancéolés, glanduleuses, légèrement plus longues que les pétales ; ovaire supère, de 2–3 mm de diamètre, 5-lobé, verruqueux-glanduleux, 5-loculaire, sur un stipe allongé de 4–6 mm de long, style de 1,5–2 cm de long.
  • Fruit : capsule globuleuse d’environ 3,5 cm de diamètre, stipitée, 5-lobée, fortement verruqueuse, brune, déhiscente à 5 valves ligneuses qui restent attachées au sommet, contenant jusqu’à 10 graines.
  • Graines semi-globuleuses à pyramidales, de 1–1,5 cm de diamètre, noires.

Autres données botaniques

Calodendrum capense pousse en général relativement lentement, mais dans des conditions optimales la croissance en hauteur peut atteindre 1 m/an. Le système racinaire n’est pas agressif. Les arbres peuvent commencer à fleurir 7–8 ans après le semis, mais 10 ans sont plus courants. Les arbres issus de boutures peuvent fleurir au bout de 4 ans. Etant donné qu’ils perdent souvent la plupart de leurs feuilles, ils en sont donc presque entièrement dépourvus pendant plusieurs mois, mais ils peuvent être sempervirents en forêt côtière. Les arbres peuvent fleurir toute l’année, mais il y a des pics de floraison, par ex. en décembre–janvier au Kenya et en octobre–décembre en Afrique australe. Les fleurs sont pollinisées par les papillons et les abeilles. Les fruits mûrissent environ 3 mois après la floraison. Les singes et les écureuils se nourrissent des fruits, tandis que les pigeons et les perroquets mangent les graines ; ces animaux peuvent disperser les graines.

Le genre Calodendrum comprend 2 espèces.

Calodendrum eickii

Calodendrum eickii Engl. est endémique des monts Usambaras occidentaux en Tanzanie, où on le rencontre dans la forêt montagnarde à Juniperus. Il s’agit d’un petit arbre jusqu’à 15 m de haut, qui se distingue de Calodendrum capense par ses petites fleurs et ses grands fruits à longues épines. On utilise le bois de Calodendrum eickii pour fabriquer des poteaux, des manches d’outils et des mortiers à grains. Il est également employé comme bois de feu. Les racines servent en médecine à traiter l’hypertension. Il est planté comme arbre d’agrément et d’ombrage. Sur la Liste rouge de l’UICN, Calodendrum eickii est classé comme en danger critique d’extinction en raison de la perte de son milieu et de la dégradation provoquées par l’installation de plantations commerciales de pins et par l’expansion de l’agriculture.

Ecologie

En Afrique de l’Est, on trouve Calodendrum capense dans la forêt sempervirente de montagne et dans la ripisylve entre 1200–2300 m d’altitude, alors qu’en Afrique australe il peut aussi être présent dans les broussailles et en forêt côtière au niveau de la mer. Il tolère une grande variété de sols, dont les vertisols secs, mais préfère les sols humides de la forêt. Cultivé, Calodendrum capense se plaît surtout sur des sols profonds, fertiles, bien compostés, très humides. Si les jeunes arbres sont sensibles aux gelées, les sujets âgés les tolèrent.

Gestion

On sépare les graines non viables des graines viables dans l’eau car elles flottent. Un traitement préliminaire des semences n’est pas nécessaire avant le semis. Le taux de germination des graines fraîches est généralement élevé, atteignant 90%. La germination prend 10–40 jours. Un kg contient 600–1000 graines. Les graines peuvent être conservées pendant un an si elles sont à l’abri des insectes. Des boutures prélevées sur les nouvelles pousses et traitées par hormone de bouturage peuvent également être utilisées pour la multiplication. Le greffage a donné de bons résultats. On a parfois recours aux sauvageons pour la plantation. Les jeunes plants peuvent être repiqués facilement. On peut élaguer les arbres, mais seuls les jeunes individus peuvent être traités en taillis.

Ressources génétiques

Bien que Calodendrum capense soit répandu et ne soit pas immédiatement menacé, il demeure peu commun dans plusieurs régions de son aire de répartition, par ex. en Ouganda, au Malawi, au Zimbabwe et au Mozambique. Il faut être vigilant et empêcher qu’il ne soit menacé par l’érosion génétique, comme c’est le cas de Calodendrum eickii.

Perspectives

Calodendrum capense mérite d’être davantage planté. Très apprécié en tant que plante ornementale, il fournit à la fois du bois d’œuvre polyvalent de même qu’une huile de graines utile. Même si les rares informations dont on dispose indiquent que ce n’est pas un arbre difficile à cultiver, il faut approfondir les recherches sur les techniques de multiplication et la gestion par rapport à ses usages.

Références principales

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  • Takahashi, A., 1978. Compilation of data on the mechanical properties of foreign woods (part 3) Africa. Shimane University, Matsue, Japan, 248 pp.

Autres références

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  • Katende, A.B., Birnie, A. & Tengnäs, B., 1995. Useful trees and shrubs for Uganda: identification, propagation and management for agricultural and pastoral communities. Technical Handbook 10. Regional Soil Conservation Unit, Nairobi, Kenya. 710 pp.
  • Kiprop, A.K., Rajab, M.S. & Wanjala, F.M.E., 2005. Isolation and characterization of larvicidal components against mosquito larvae (Aedes aegypti Linn.) from Calodendrum capense Thunb. Bulletin of the Chemical Society of Ethiopia 19(1): 145–148.
  • Lovett, J.C., Ruffo, C.K., Gereau, R.E. & Taplin, J.R.D., 2007. Field guide to the moist forest trees of Tanzania. [Internet] Centre for Ecology Law and Policy, Environment Department, University of York, York, United Kingdom. http://celp.org.uk/projects/tzforeco/. January 2008.
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  • van Wyk, B.E. & Gericke, N., 2000. People’s plants: a guide to useful plants of southern Africa. Briza Publications, Pretoria, South Africa. 351 pp.

Auteur(s)

  • R.H.M.J. Lemmens, PROTA Network Office Europe, Wageningen University, P.O. Box 341, 6700 AH Wageningen, Netherlands

Citation correcte de cet article

Lemmens, R.H.M.J., 2008. Calodendrum capense (L.f.) Thunb. In: Louppe, D., Oteng-Amoako, A.A. & Brink, M. (Editors). PROTA (Plant Resources of Tropical Africa / Ressources végétales de l’Afrique tropicale), Wageningen, Netherlands. Consulté le 19 novembre 2020.


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