Cakile (Cazin 1868)

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Caille-lait
Cazin, Traité des plantes médicinales, 1868
Calament


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Nom accepté : Cakile maritima


CAKILE MARITIME. Bunias maritima. L.

Cakile maritima. Scop. — Bunias cakile. L. — Eruca marina. Ger. — Eruca marina anglica. Park. — Cakile quibusdam, aliis eruca marina et raphanus marinus. J. Bauhin. — Eruca maritima Italica siliquâ hastæ cupidi simili. C. Bauhin.

Roquette maritime, — roquette de mer, — caquiller.

Crucifères. — Cakilinées. Fam. nat. — Tétradydamie siliculeuse. L.


Le cakile, plante annuelle, croît abondamment sur les plages sablonneuses ; il existe en grande quantité sur celles du Pas-de-Calais, et notamment sur les dunes de Berck, Crotoy, Cayeux, Etaples, Boulogne, Calais, Dunkerque.

[Description. — Linné avait placé les cakiles, établis par Tournefort, dans le genre bunias ; Scopoli, dans sa Flore de Carniole, rétablit le genre de Tournefort et son exemple fut suivi par Desfontaines, Wildenow, Lamarck, Brown, etc. ; de Candolle en fit le type de la sixième tribu des crucifères qu'il appelle cakilidées. Cette plante est caractérisée par un calice dressé à deux bosses à la base. — Corolle à quatre pétales, à limbe oboval — Six étamines tétradynames. — Fruit : silicule lomentacée, comprimée, dont l’articulation inférieure a la forme d’un cône tronqué, renversé, à deux dents, la supérieure est uniforme et couronnée par le stigmate sessile ; chaque loge ne renferme qu'une graine à cotylédons accombants.

Parties usitées. — Toute la plante ; on doit la préférer fraîche.]

(Propriétés physiques et chimiques. — D'une odeur excessivement pénétrante, qui rappelle celle de l'iode et du brome, le cakile a une saveur styplique, saline et amère très-désagréable.)


PRÉPARATIONS PHARMACEUTIQUES ET DOSES.


Décoction à vase clos, 30 à 50 gr. par kilogramme d'eau.
Suc exprimé de l'herbe fraîche, 30 gr.

Ces préparations ont un goût tellement prononcé qu'elles sont par trop répugnantes à prendre.


(Mangenest, pharmacien à Berck-sur-Mer, en a préparé un extrait et un sirop. Le sirop, la plus facile à administrer de toutes les préparations, se donne à la dose de trois cuillerées à bouche par jour.)

(Lemery dit que cette plante est apéritive, diurétique, propre à dissoudre la pierre, etc. Dans les Antilles, une espèce analogue est employée comme antiscorbutique ; et vraiment il suffit de porter à la bouche une feuille de cakile pour se convaincre qu'elle réunit au plus haut degré les caractères d'une plante antiscorbutique. Perrochaud, de Montreuil-sur-Mer, qui dirige avec tant de talent l'hospice des scrofuleux de Berck, n'a pas manqué de l'expérimenter. C'est à son instigation que le pharmacien de l'établissement a exécuté les préparations dont nous venons de parler. Elles ont amené des résultats excessivement remarquables dans les affections scrofuleuses, ganglionnaires et osseuses. Pour notre savant confrère, c'est le meilleur adjuvant de la balnéothérapie marine. (Communication verbale.) Il est à espérer que l'usage de cette plante se répandra bientôt dans l'intérêt des nombreuses victimes de la scrofule. Mon père l'avait aussi mise en usage avec succès dans les mêmes cas et dans les cachexies paludéennes.)