Caesalpinia coriaria (PROTA)

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Ressources végétales de l'Afrique tropicale
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1, rameau en fleurs et en fruits ; 2, fleur. Source: PROSEA

Caesalpinia coriaria (Jacq.) Willd.


Protologue: Sp. pl. 2(1) : 532 (1799).
Famille: Caesalpiniaceae (Leguminosae - Caesalpinioideae)
Nombre de chromosomes: 2n = 24

Noms vernaculaires

  • Dividivi (Fr).
  • Divi-divi (En).

Origine et répartition géographique

Caesalpinia coriaria est originaire d’Amérique tropicale et des Antilles. Il a été introduit dans d’autres régions tropicales comme arbre ornemental et parfois également pour le tannage, par ex. en Inde. En Afrique tropicale, il a été signalé au Ghana, en R.D. du Congo, en Ouganda, en Tanzanie, au Mozambique et à l’île Maurice, et n’est naturalisé que très localement (par ex. à l’île Maurice).

Usages

Les gousses de Caesalpinia coriaria sont très riches en tanin et sont utilisées en tannerie. Le tanin des gousses sert généralement dans des mélanges pour le tannage des peaux, en combinaison avec d’autres produits tannants. Le dividivi est souvent employé pour le tannage rapide en tonneau de cuirs légers, ainsi qu’en mégisserie. Les gousses servent aussi à préparer une teinture noirâtre ou bleuâtre pour le coton et la laine de même qu’une encre noire, utilisée par ex. pour décorer les poteries traditionnelles et les gourdes en Amérique centrale. Elles servent parfois de mordant, utilisées avec d’autres colorants, dans la teinture des fibres végétales. En médecine, elles font office d’antipériodique et de pansement pour les blessures. Le bois aurait été employé en Andhra Pradesh (Inde) comme source de teinture rouge. Caesalpinia coriaria est utilisé comme arbre ornemental et d’ombrage et ses feuilles servent de paillage.

Production et commerce international

Caesalpinia coriaria a été utilisé en Amérique centrale depuis des siècles comme source de tanin. Les approvisionnements commerciaux de gousses de dividivi provenaient presque exclusivement d’Amérique tropicale, le Venezuela et la Colombie en étant les principaux fournisseurs. On ne dispose pas de données récentes, mais dans les années 1950 les exportations de gousses sèches étaient de l’ordre de 3000–10 000 t/an à partir du Venezuela, et de 1000–7500 t/an depuis la Colombie. L’Inde pour sa part était un producteur beaucoup moins important, puisqu’elle n’exportait que 150–400 t/an dans les années 1910 et les années 1920. Les plus gros consommateurs étaient les Etats-Unis et l’Allemagne. L’utilisation du dividivi en tannage a fortement décliné à partir de 1950 au profit d’autres produits végétaux et de tanins synthétiques.

Propriétés

Les gousses (sans les graines) de Caesalpinia coriaria contiennent 40–45% de tanins, répartis en gallotanins et ellagitanins : la corilagine, l’acide chébulagique et l’acide néo-chébulagique. Les extraits de dividivi sont susceptibles de se détériorer rapidement ; en particulier sous les climats chauds, la fermentation ne tarde pas à intervenir en raison de la présence en grande quantité de sucres, ce qui provoque souvent des taches rougeâtres sur le cuir. Les extraits de dividivi donnent un cuir à peine coloré, très sensible aux conditions atmosphériques, qui devient tour à tour mou et spongieux par temps humide et dépourvu de souplesse par temps sec. En raison de ces inconvénients, le dividivi est généralement employé en combinaison avec d’autres tanins.

Lors d’essais dans des étangs, le tanin des gousses de dividivi a montré une activité algicide. Des composés d’aucubine ont été identifiés. Le bois de Caesalpinia coriaria est très dur et brun rougeâtre. Les graines contiennent de 5–9% d’huile fixe, la moitié environ étant composée d’acides gras cyclopropénoïdes, lesquels ont des propriétés cancérogènes. Les gousses anhydres utilisées à raison de 2,5 g/l, ont été efficaces à 100% pour lutter contre les escargots d’eau douce Lymnaea luteola et Gyraulus convexiusculus dans les 24–72 heures.

Description

  • Petit arbre tordu et étalé, généralement jusqu’à 10 m de haut, mais parfois beaucoup plus.
  • Feuilles alternes, bipennées, à 3–9 paires de pennes ; 12–28 paires de folioles par penne, sessiles, oblongues-linéaires, de 4–10 mm × 1–2,5 mm, ponctuées de noir sur la face inférieure.
  • Inflorescence : grappe ou panicule axillaire de 2–4 cm de long.
  • Fleurs bisexuées, zygomorphes, 5-mères, odorantes ; sépales libres, imbriqués, généralement inégaux, le plus bas cucullé ; pétales libres, inégaux, de 3–4 mm de long, jaune pâle, le plus haut ayant une forme et une taille différentes ; étamines 10, libres, subégales, filets poilus à la base ; ovaire supère, 1-loculaire, style mince, stigmate tronqué.
  • Fruit : gousse indéhiscente, flexueuse et tordue, de (2–)5–8 cm × 1–3 cm, marron clair à foncé, contenant 1–10 graines.
  • Graines ellipsoïdes ou réniformes, de 6–7 mm de long, brun luisant.

Autres données botaniques

Le vaste genre Caesalpinia (environ 200 espèces) est pantropical, la majorité des espèces se trouvant en Amérique du Sud et centrale. En Afrique tropicale, près de 25 espèces sont indigènes, naturalisées ou cultivées.

Ecologie

Caesalpinia coriaria tolère une grande variété de sols et de climats. Il pousse sur des sols argileux riches et des sols sablonneux pauvres au pH de 4,5–8,7, et se développe bien sous des climats tempérés secs (chauds) jusqu’à tropicaux humides avec des précipitations annuelles de 600 mm jusqu’à plus de 4000 mm, et des températures annuelles moyennes de 15–28°C. Dans des conditions naturelles en Amérique centrale et du Sud, on le trouve sur des terrains ouverts semi-arides. Les arbres auraient, dit-on, un rendement inférieur dans des conditions tropicales très humides par rapport à des conditions plus sèches. A des altitudes élevées, ils ne produisent pas non plus beaucoup.

Gestion

Le dividivi se multiplie par graines. En Inde, les plants sont conservées en pépinière entre 9–15 mois, puis repiqués au champ, généralement au début de la saison des pluies, à une distance de 7–9 m. Durant les deux premières années, un arrosage est nécessaire en saison sèche. Les arbres adultes nécessitent très peu de soin, et des cultures fourragères peuvent être intercalées. C’est un arbre à croissance relativement lente dont la floraison ne débute, en général, qu’au bout de 5–7 ans après le semis. De bonnes récoltes de gousses ne sont obtenues qu’après environ 20 ans. Certains champignons sont connus pour attaquer le dividivi, parmi lesquels : Fomes lucidus, Micropeltis domingensis et Zignoella caesalpiniae. Les gousses sont ramassées avant de tomber par terre ou bien après. Un arbre produit environ 45–135 kg de gousses par an. Les gousses de dividivi étant recourbées, elles sont volumineuses, ce qui rend leur transport onéreux. D’habitude, elles sont empaquetées dans des sacs à mailles fines. Les tanins sont facilement extractibles. On les trouve essentiellement dans le tissu blanc poudreux situé juste en dessous de l’épiderme de la gousse, partie que l’on peut facilement enlever une fois que les gousses sèches ont éclaté. La poudre présente l’inconvénient d’être légèrement hygroscopique et doit être emballée dans des contenants hermétiquement fermés. Elle est susceptible de se détériorer rapidement mais on peut en limiter la fermentation grâce à des antiseptiques.

Ressources génétiques

Caesalpinia coriaria est répandu et n’est pas menacé d’érosion génétique. On n’en connaît pas de collection de ressources génétiques.

Perspectives

En Afrique, Caesalpinia coriaria n’est pas très connu en tant que plante à tanin et il y a peu de chances pour qu’il gagne du terrain à l’avenir. Toutefois, le fait qu’il soit une source de tanin correcte, notamment lorsqu’il est utilisé en mélange, de même qu’une source appréciable de teinture noire et d’encre, pourrait laisser entrevoir des possibilités puisqu’une production durable est possible, la partie de la plante utilisée étant les gousses avec les graines.

Références principales

  • Boonkerd, T., Na Songkhla, B. & Thephuttee, W., 1991. Caesalpinia L. In: Lemmens, R.H.M.J. & Wulijarni-Soetjipto, N. (Editors). Plant Resources of South-East Asia No 3. Dye and tannin producing plants. Pudoc, Wageningen, Netherlands. pp. 57–60.
  • CSIR, 1950. The wealth of India. A dictionary of Indian raw materials and industrial products. Raw materials. Volume 2: C. Council of Scientific and Industrial Research, New Delhi, India. 427 pp.
  • Duke, J.A., 1981. Handbook of legumes of world economic importance. Plenum Press, New York, United States, and London, United Kingdom. 345 pp.

Autres références

  • Bali, H.S., Sawai Singh & Pati, S.C., 1985. Preliminary screening of some plants for molluscicidal activity against two snail species. Indian Journal of Animal Sciences 55: 338–340.
  • Brenan, J.P.M., 1967. Leguminosae, subfamily Caesalpinioideae. In: Milne-Redhead, E. & Polhill, R.M. (Editors). Flora of Tropical East Africa. Crown Agents for Oversea Governments and Administrations, London, United Kingdom. 230 pp.
  • Cardon, D., 2003. Le monde des teintures naturelles. Belin, Paris, France. 586 pp.
  • Ibnu Utomo, B., 2001. Caesalpinia L. In: van Valkenburg, J.L.C.H. & Bunyapraphatsara, N. (Editors). Plant Resources of South-East Asia No 12(2): Medicinal and poisonous plants 2. Backhuys Publishers, Leiden, Netherlands. pp. 123–129.
  • Polhill, R.M., 1990. Légumineuses. In: Bosser, J., Cadet, T., Guého, J. & Marais, W. (Editors). Flore des Mascareignes. Famille 80. The Sugar Industry Research Institute, Mauritius, l’Office de la Recherche Scientifique Outre-Mer, Paris, France & Royal Botanic Gardens, Kew, Richmond, United Kingdom. 235 pp.

Sources de l'illustration

  • Boonkerd, T., Na Songkhla, B. & Thephuttee, W., 1991. Caesalpinia L. In: Lemmens, R.H.M.J. & Wulijarni-Soetjipto, N. (Editors). Plant Resources of South-East Asia No 3. Dye and tannin producing plants. Pudoc, Wageningen, Netherlands. pp. 57–60.

Auteur(s)

  • P.C.M. Jansen, PROTA Network Office Europe, Wageningen University, P.O. Box 341, 6700 AH Wageningen, Netherlands

Citation correcte de cet article

Jansen, P.C.M., 2005. Caesalpinia coriaria (Jacq.) Willd. In: Jansen, P.C.M. & Cardon, D. (Editors). PROTA (Plant Resources of Tropical Africa / Ressources végétales de l’Afrique tropicale), Wageningen, Netherlands. Consulté le 1 décembre 2020.


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