Brachystegia longifolia (PROTA)

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Ressources végétales de l'Afrique tropicale
Introduction
Liste des espèces


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Médicinal Fairytale bookmark gold.svgGood article star.svgGood article star.svgGood article star.svgGood article star.svg
Bois d'œuvre Fairytale bookmark gold.svgGood article star.svgGood article star.svgGood article star.svgGood article star.svg
Bois de feu Fairytale bookmark gold.svgFairytale bookmark gold.svgGood article star.svgGood article star.svgGood article star.svg
Fourrage Fairytale bookmark gold.svgGood article star.svgGood article star.svgGood article star.svgGood article star.svg
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Fibre Fairytale bookmark gold.svgFairytale bookmark gold.svgGood article star.svgGood article star.svgGood article star.svg


Brachystegia longifolia Benth.


Protologue: Hooker’s Icon. Pl. 14: t. 1359 (1881).
Famille: Caesalpiniaceae (Leguminosae - Caesalpinioideae)

Origine et répartition géographique

Brachystegia longifolia se rencontre en R.D. du Congo, en Tanzanie, au Malawi, en Zambie, en Angola et au Mozambique.

Usages

L’écorce interne est employée pour la confection de cordages ; elle était autrefois utilisée pour faire du tissu d’écorce. En Zambie, l’écorce et la racine sont utilisées pour faire des filets de pêche et des paniers.

L’arbre est une importante source locale de bois de feu, et est utilisé pour faire du charbon de bois. Le bois est également utilisé pour les manches d’outil, les constructions temporaires, les clôtures et les étais de mine. L’arbre fournit du fourrage pour le bétail. Il est également une source de nourriture pour les abeilles et les chenilles comestibles, et il fournit de l’ombrage.

En médecine traditionnelle, la décoction de racine se prend pour le traitement des problèmes biliaires et les maux d’estomac. L’écorce est mise à macérer dans de l’eau froide pendant une demi-heure et on boit le liquide comme vermifuge ou pour d’autres problèmes d’estomac ; l’écorce est aussi mise à macérer pendant une nuit et utilisée en lavement. Les feuilles sont écrasées dans de l’eau pour donner en bain aux enfants malades.

Propriétés

C’est un bois moyennement lourd, d’une densité d’environ 710 kg/m³ à 12% d’humidité. Il est moyennement dur. A 12% d’humidité, le module de rupture est de 86 N/mm², le module d’élasticité de 9900 N/mm², la compression axiale de 48 N/mm², le cisaillement radial de 13,7 N/mm², le cisaillement tangentiel de 12,6 N/mm², le fendage radial de 9,7 N/mm et le fendage tangentiel de 9,5 N/mm. Le bois est sensible aux xylophages et n’est pas très durable. Lors de tentatives de fabrication du papier le bois a donné une pulpe de qualité médiocre.

Des pousses broutées après recépage en Zambie contenaient par 100 g de matière sèche : protéines brutes 12,1 g, P 190 mg, Ca 480 mg et Mg 270 mg. L’écorce contient 7–9% de tanins.

Botanique

Arbre caducifolié, de taille petite à moyenne atteignant 30 m de haut, parfois arbustif ; fût droit, souvent à bosses arrondies très visibles ; écorce externe profondément ou faiblement fissurée longitudinalement, souvent grossièrement réticulée, se desquamant en écailles épaisses et irrégulières, gris foncé ou brun foncé ; cime étalée, arrondie à obconique ou plate ; principaux rameaux sub-érigés à étalés. Feuilles alternes, de 7–25 cm de long, composées paripennées à (5–)6–18 paires de folioles, l’espacement des paires étant très variable ; stipules intrapétiolaires, courtement connées à la base, filiformes, linéaires, lancéolées-falciformes à subfoliacées, de 10–35 mm × 1–5 mm, caduques, à auricules réniformes à subcirculaires de 1–17 mm × 0,5–9 mm, les auricules caduques indépendamment des stipules ; pétiole de 1–5 cm de long, pulviné ; rachis profondément canaliculé à bords saillants et ailés ; folioles de forme, de taille et d’indument extrêmement variables, étroitement triangulaires, ovales à oblongues, parfois falciformes, la foliole centrale ou celle à côté de la foliole proximale étant la plus grande, la paire de folioles proximales de 1–5 cm × 1–2 cm, la paire de folioles centrales de 2,5–8 cm × 1–3 cm, à base obliquement arrondie, cordée ou tronquée, à apex aigu ou arrondi, minces, coriaces, glabres ou pubescentes. Inflorescence : panicule terminale ou axillaire atteignant 10 cm de long, glabre ou à poils foncés ou rouille ; pédoncule habituellement mince et cylindrique, rarement cannelé ; bractées ovales à oblongues, de 2,5–4 mm × 1,5–3 mm, aiguës à l’apex. Fleurs bisexuées, blanc verdâtre ; pédicelle atteignant 2,5 mm de long ; bractéoles 2, valvées, obovales ou orbiculaires, de 6–8 mm × 3–4 mm ; sépales 5, oblongs, obovales, lancéolés ou imbriqués, de 2–4 mm × 0,5–5 mm, les sépales proximal et latéraux souvent soudés ; pétales 0–4, linéaires à spatulés, de 2,5–3 mm × 0,5 mm ; étamines 10, réunies sur 1 mm à la base, filets de 10–20 mm de long ; ovaire supère, style atteignant environ 12 mm de long. Fruit : gousse oblongue à obovale de 7–20 cm × 2,5–5 cm, arrondie à obtuse à l’apex avec un long bec de 4–8 mm de long, aplatie, ligneuse, lisse ou écailleuse, brun pâle à brun foncé, à 2–6 graines, à déhiscence explosive. Graines oblongues à ovoïdes, de 12–15 mm × 10–15 mm, aplaties, marron.

En Zambie, Brachystegia longifolia fleurit principalement en septembre–décembre et les fruits mûrissent en juin–septembre.

Brachystegia est un genre difficile du point de vue taxinomique, et comprend environ 30 espèces réparties en Afrique tropicale. Brachystegia taxifolia Harms est un arbuste ou petit arbre atteignant 12(–16) m de haut, présent en R.D. du Congo, en Tanzanie, au Malawi et en Zambie. Son écorce est utilisée comme matériau de ligature, par exemple dans la construction de huttes. Ce n’est pas un bois durable, mais il fournit du bon charbon de bois. L’arbre est également une source de nourriture pour les abeilles et les chenilles comestibles.

Ecologie

Brachystegia longifolia est présent à 200–2100 m d’altitude en forêt claire décidue. Il est dominant ou co-dominant par endroits.

Gestion

La plante peut se multiplier par semis ou sauvageons. Elle peut être conduite en taillis, en têtard ou élaguée. Pour la production de tissu d’écorce au Malawi, l’écorce était arrachée, trempée et battue. Des couvertures ont été confectionnées en assemblant plusieurs bandes.

Ressources génétiques

Brachystegia longifolia ayant une aire de répartition relativement vaste et étant localement abondant, il ne semble pas menacé d’érosion génétique.

Perspectives

Brachystegia longifolia est une source locale de fibres, mais on manque de précisions sur les propriétés des fibres, ce qui rend difficile l’évaluation des perspectives de cette espèce en tant que plante à fibres. L’arbre fournit une gamme d’autres produits, dont le bois de feu est probablement le plus important.

Références principales

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Autres références

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Auteur(s)

  • M. Brink, PROTA Network Office Europe, Wageningen University, P.O. Box 341, 6700 AH Wageningen, Netherlands

Consulté le 20 février 2019.


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