Bikinia coriacea (PROTA)

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Ressources végétales de l'Afrique tropicale
Introduction
Liste des espèces


Importance générale Fairytale bookmark gold.svgFairytale bookmark gold.svgGood article star.svgGood article star.svgGood article star.svg
Répartition en Afrique Fairytale bookmark gold.svgGood article star.svgGood article star.svgGood article star.svgGood article star.svg
Répartition mondiale Fairytale bookmark gold.svgGood article star.svgGood article star.svgGood article star.svgGood article star.svg
Bois d'œuvre Fairytale bookmark gold.svgFairytale bookmark gold.svgGood article star.svgGood article star.svgGood article star.svg
Statut de conservation Fairytale bookmark gold.svgGood article star.svgGood article star.svgGood article star.svgGood article star.svg


répartition en Afrique (sauvage)
1, base du fût ; 2, rameau avec boutons floraux ; 3, fruit. Redessiné et adapté par Iskak Syamsudin

Bikinia coriacea (J.Morel ex Aubrév.) Wieringa


Protologue: Wageningen Agric. Univ. Pap. 99(4) : 204 (1999).
Famille: Caesalpiniaceae (Leguminosae - Caesalpinioideae)

Synonymes

  • Monopetalanthus coriaceus J.Morel ex Aubrév. (1968).

Noms vernaculaires

  • Andoung de Morel (Fr).

Origine et répartition géographique

Bikinia coriacea a une très petite aire de répartition, étant endémique du nord-ouest du Gabon et probablement présent également au centre du Gabon.

Usages

Le bois, vendu à partir du Gabon comme “andoung” avec d’autres Bikinia spp., Aphanocalyx spp. et quelques autres Caesalpiniaceae, est utilisé pour la construction légère, la menuiserie, l’ébénisterie, la charronnerie, les échelles, les articles de sport, les jouets, les bibelots, les manches d’outil, les boîtes, les caisses, les allumettes, les placages, le contreplaqué et la pâte à papier. Il est également adapté pour les revêtements de sol légers, les boiseries intérieures, la construction navale et les traverses de chemin de fer.

Production et commerce international

Les exportations de grumes d’ “andoung” provenant du Gabon sont passées de 2700 m³ en 1991 à 47 000 m³ en 1999. Cependant, la contribution de Bikinia coriacea était probablement faible en raison de son aire de répartition limitée. Actuellement, les exportations de bois d’œuvre “andoung” du Gabon semblent insignifiantes.

Propriétés

Le bois de cœur est brun rosé pâle à rayures étroites, s’assombrissant à l’exposition, et n’est pas distinctement démarqué de l’aubier atteignant 12,5 cm de large. Il est contrefil, le grain est fin et régulier.

C’est un bois de poids moyen, avec une densité de 530–670 kg/m³ à 12% d’humidité, et relativement tendre mais résistant. Il sèche à l’air relativement bien avec peu de dégradation, mais il faut y porter soin. Les taux de retrait sont moyens à relativement élevés, du bois vert à anhydre, ils sont de 3,7–4,5% radialement et de 7,1–9,5% tangentiellement. Une fois sec, le bois est stable en service.

A 12% d’humidité, le module de rupture est de 109–163 N/mm², le module d’élasticité de 8240–13 630 N/mm², la compression axiale de 48–55 N/mm², le cisaillement de 5–10,5 N/mm², le fendage de 13–20 N/mm et la dureté de flanc Chalais-Meudon de 2,1–4,1.

Le bois se travaille bien, aussi bien à la machine qu’à la main. Au rabotage, il peut y avoir des plages rugueuses à cause du contrefil. Le bois retient bien les vis et les clous. Les propriétés de collage sont bonnes et le bois se peint bien et prend une finition satisfaisante. Les caractéristiques de perçage et de déroulage sont bonnes. Le bois est moyennement durable, étant assez résistant aux attaques de termites, mais sensible aux attaques de scolytes et de Lyctus. Le bois de cœur est rebelle à l’imprégnation avec des produits de conservation, mais l’aubier est quant à lui perméable.

Description

  • Arbre de grande taille atteignant 53 m de haut ; fût droit, cylindrique, non ramifié sur 26 m, jusqu’à 100(–120) cm de diamètre, à contreforts atteignant 2 m de haut ; surface de l’écorce lisse à fissurée, brun grisâtre avec des lenticelles brun rougeâtre, écorce interne fibreuse, brun-orangé ; cime hémisphérique ; rameaux brun grisâtre à lenticelles brunes, à poils brun jaunâtre.
  • Feuilles disposées en spirale, composées paripennées à 19–36 paires de folioles ; stipules libres, obovales, atteignant 7 cm de long, rapidement caduques en laissant des cicatrices annulaires sur les rameaux ; pétiole de 2–7 mm de long, rachis jusqu’à 20 cm de long, légèrement cannelé au-dessus ; folioles opposées, sessiles, étroitement oblongues à linéaires, asymétriques, de 0,5–5 cm × 0,1–0,8 cm, coriaces, glabres.
  • Inflorescence : grappe composée axillaire de 3–8 cm de long, à poils bruns courts, avec jusqu’à 6 rameaux latéraux atteignant 1,5 cm de long ; bractées atteignant 1 cm de long.
  • Fleurs bisexuées ou mâles, zygomorphes, odorantes, à 2 bractéoles ovales à la base atteignant 8 mm de long ; pédicelle de 0,5–4 mm de long, poilu ; sépales 5, petits, atteignant 1 mm de long, 2 soudés en une bande 2-lobée ; pétales 3–5, blancs, dont un atteignant 6 mm de long, les autres atteignant 1 mm de long ; étamines 10, 9 soudées à la base, 1 libre, anthères violacées ; ovaire supère, à stipe d’environ 2 mm de long, poilu, 1-loculaire, style d’environ 5 mm de long, poilu à la base ; fleurs mâles à ovaire réduit.
  • Fruit : gousse obovale, plate, de 10–14 cm × 4–6 cm, à stipe de 0,5–1 cm de long, courte pointe à l’apex, étroitement ailée à la suture supérieure, avec une nervure longitudinale à peu près au milieu des côtés latéraux, contenant 1–2 graines.
  • Graines lenticulaires, d’environ 3 cm de long, à très mince tégument.
  • Plantule à germination épigée ; hypocotyle de 6–8,5 cm de long, épicotyle d’environ 15–19 cm de long ; deux premières feuilles opposées, à 14–16 paires de folioles, feuilles suivantes alternes.

Autres données botaniques

Le genre Bikinia comprend 10 espèces et est confiné à la forêt pluviale et la forêt-galerie de l’Afrique centrale occidentale. Il s’apparente étroitement à Aphanocalyx et Tetraberlinia.

Anatomie

Description anatomique du bois (codes IAWA pour les bois feuillus) :

  • Cernes de croissance : (1 : limites de cernes distinctes) ; 2 : limites de cernes indistinctes ou absentes.
  • Vaisseaux : 5 : bois à pores disséminés ; 13 : perforations simples ; 22 : ponctuations intervasculaires en quinconce ; 23 : ponctuations alternes (en quinconce) de forme polygonale ; (25 : ponctuations intervasculaires fines (4–7 μm)) ; 26 : ponctuations intervasculaires moyennes (7–10 μm) ; 29 : ponctuations ornées ; 30 : ponctuations radiovasculaires avec des aréoles distinctes ; semblables aux ponctuations intervasculaires en forme et en taille dans toute la cellule du rayon ; 42 : diamètre tangentiel moyen du lumen des vaisseaux 100–200 μm ; 46 : 5 vaisseaux par millimètre carré ; 47 : 5–20 vaisseaux par millimètre carré ; 58 : gomme ou autres dépôts dans les vaisseaux du bois de cœur.
  • Trachéides et fibres : 61 : fibres avec des ponctuations simples ou finement (étroitement) aréolées ; 66 : présence de fibres non cloisonnées ; 69 : fibres à parois fines à épaisses.
  • Parenchyme axial : 79 : parenchyme axial circumvasculaire (en manchon) ; 80 : parenchyme axial circumvasculaire étiré ; 81 : parenchyme axial en losange ; (83 : parenchyme axial anastomosé) ; (89 : parenchyme axial en bandes marginales ou semblant marginales) ; (91 : deux cellules par file verticale) ; 92 : quatre (3–4) cellules par file verticale.
  • Rayons : 96 : rayons exclusivement unisériés ; (97 : rayons 1–3-sériés (larges de 1–3 cellules)) ; 104 : rayons composés uniquement de cellules couchées ; 106 : rayons composés de cellules couchées avec une rangée terminale de cellules dressées et/ou carrées ; 113 : présence de cellules des rayons avec parois disjointes ; 115 : 4–12 rayons par mm.
  • Inclusions minérales : 136 : présence de cristaux prismatiques ; 142 : cristaux prismatiques dans les cellules cloisonnées du parenchyme axial.
(E. Ebanyenle, P. Baas & H. Beeckman)

Croissance et développement

Un taux de croissance annuel moyen de 2 cm de diamètre de fût a été estimé pour un arbre ancien de 47 ans avec un diamètre de fût de 105 cm dans un arboretum au Gabon.

Des arbres en floraison ont été répertoriés en juillet et en octobre. La pollinisation est probablement effectuée par des insectes tels que les abeilles, les mouches, les papillons et papillons de nuit, et peut-être également par les colibris. Les graines, qui ont un tégument très mince, sont sensibles au dessèchement, ce qui implique qu’elles soient mises à germer immédiatement après l’égrenage. Les jeunes plantes ont probablement besoin de champignons ectomycorhiziens pour croître convenablement.

Ecologie

Bikinia coriacea est présent en forêt pluviale sur terrains secs jusqu’à 300 m d’altitude. Il est habituellement disséminé dans la forêt, mais des peuplements importants ont été signalés dans certaines régions du nord-ouest du Gabon.

Traitement après récolte

Les grumes sont sensibles aux insectes et aux attaques fongiques après l’abattage ; elles doivent être débardées de la forêt aussi vite que possible ou traitées avec des produits de conservation. Les grumes fraîches flottent sur l’eau et peuvent donc se transporter par voie d’eau.

Ressources génétiques

Bikinia coriacea peut se trouver menacé d’érosion génétique à cause de sa petite aire de répartition. Il ne semble actuellement pas être très exploité, mais un abattage plus intensif à l’avenir pourrait facilement menacer cette espèce.

Perspectives

Bikinia coriacea fournit un bois de bonne qualité, et, comme quelques autres Bikinia spp., il peut avoir de bonnes perspectives dans des plantations de bois d’œuvre car il semble pousser relativement vite en grands fûts droits et cylindriques, même sur des sols pauvres. Cependant, il reste à mener de nombreuses recherches, en particulier sur la multiplication et la croissance en relation avec les mycorhizes.

Références principales

  • Aubréville, A., 1968. Légumineuses - Caesalpinioidées (Leguminosae - Caesalpinioideae). Flore du Gabon. Volume 15. Muséum National d’Histoire Naturelle, Paris, France. 362 pp.
  • Bolza, E. & Keating, W.G., 1972. African timbers: the properties, uses and characteristics of 700 species. Division of Building Research, CSIRO, Melbourne, Australia. 710 pp.
  • de Saint-Aubin, G., 1963. La forêt du Gabon. Publication No 21 du Centre Technique Forestier Tropical, Nogent-sur-Marne, France. 208 pp.
  • Détienne, P., 2001. Du nouveau chez les andoungs. Bois et Forêts des Tropiques 267(1): 101–103.
  • Sallenave, P., 1964. Propriétés physiques et mécaniques des bois tropicaux. Premier supplément. Centre Technique Forestier Tropical, Nogent-sur-Marne, France. 79 pp.
  • Sallenave, P., 1971. Propriétés physiques et mecaniques des bois tropicaux. Deuxième supplément. Centre Technique Forestier Tropical, Nogent-sur-Marne, France. 128 pp.
  • Takahashi, A., 1978. Compilation of data on the mechanical properties of foreign woods (part 3) Africa. Shimane University, Matsue, Japan. 248 pp.
  • Wieringa, J.J., 1999. Monopetalanthus exit: a systematic study of Aphanocalyx, Bikinia, Icuria, Michelsonia and Tetraberlinia (Leguminosae, Caesalpinioideae). Wageningen Agricultural University Papers 99(4). Wageningen Agricultural University, Wageningen, Netherlands. 320 pp.

Autres références

  • CIRAD Forestry Department, 2009. Andoung. [Internet] Tropix 6.0. http://tropix.cirad.fr/ africa/andoung.pdf. August 2010.
  • Normand, D. & Paquis, J., 1976. Manuel d’identification des bois commerciaux. Tome 2. Afrique guinéo-congolaise. Centre Technique Forestier Tropical, Nogent-sur-Marne, France. 335 pp.

Sources de l'illustration

  • Aubréville, A., 1968. Légumineuses - Caesalpinioidées (Leguminosae - Caesalpinioideae). Flore du Gabon. Volume 15. Muséum National d’Histoire Naturelle, Paris, France. 362 pp.
  • de Saint-Aubin, G., 1963. La forêt du Gabon. Publication No 21 du Centre Technique Forestier Tropical, Nogent-sur-Marne, France. 208 pp.

Auteur(s)

  • E.A. Obeng, Forestry Research Institute of Ghana (FORIG), University P.O. Box 63, KNUST, Kumasi, Ghana
  • S.B. Acquah, Forestry Research Institute of Ghana (FORIG), University P.O. Box 63, KNUST, Kumasi, Ghana

Citation correcte de cet article

Obeng, E.A. & Acquah, S.B., 2011. Bikinia coriacea (J.Morel ex Aubrév.) Wieringa. [Internet] Fiche de PROTA4U. Lemmens, R.H.M.J., Louppe, D. & Oteng-Amoako, A.A. (Editeurs). PROTA (Plant Resources of Tropical Africa / Ressources végétales de l’Afrique tropicale), Wageningen, Pays Bas. <http://www.prota4u.org/search.asp>.

Consulté le 10 février 2019.


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