Balanites maughamii (PROTA)

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Balanites maughamii Sprague




Protologue: Bull. Misc. Inform. Kew 1913 : 136, 138 (1913).
Famille: Balanitaceae (APG: Zygophyllaceae)

Synonymes

Balanites dawei Sprague (1913).

Noms vernaculaires

Y-thorned torchwood, green thorn, manduro (En). Manduro, nulo (Po). Mkonga, mguguni (Sw).

Origine et répartition géographique

Balanites maughamii est présent du sud-est du Kenya jusqu’au Swaziland et à la province de KwaZulu-Natal en Afrique du Sud, son centre de diversité étant situé au Mozambique.

Usages

L’huile qui résulte de la pression de l’amande de la graine s’emploie dans la province de Limpopo en Afrique du Sud pour apprêter les cuirs et peaux. Les fruits et l’huile des graines sont comestibles ; l’huile s’emploie en cuisine et pour faire des massages. Dans certaines régions, on brûle l’huile ou les graines dans des torches, d’où le nom commun de “torchwood” (bois à torche) ; le bois produit un bon charbon de bois. Le bois d’œuvre est utile pour des perches, des manches d’outils, des mortiers à grain, des tabourets ; il sert également en sculpture et en tournage ; au Swaziland, on s’en sert pour fabriquer des chariots. Dans le sud du Malawi, les fruits sont utilisés pour faire des grelots qui s’attachent aux jambes.

Balanites maughamii sert en magie et en médecine traditionnelle. On fait grand usage des racines et de l’écorce dans les remèdes purgatifs. Bien que le fruit soit comestible par les mammifères, l’exsudat des fruits est employé comme poison pour la pêche et il est mortel pour les escargots et les crustacés (Cyclops spp) d’eau douce vecteurs de la bilharziose et du ver de Guinée. Balanites maughamii peut contribuer à endiguer ces maladies lorsqu’il se trouve près de l’eau, et on en a planté dans ce but en Afrique du Sud. Il a parfois été planté comme arbre ornemental.

La plupart des informations sur les usages de Balanites maughamii ne renvoient avec certitude qu’à la subsp. maughamii et il se peut qu’elles ne s’appliquent pas à la subsp. acuta Sands.

Propriétés

L’amande contient une huile comestible claire de couleur jaune (environ 60%), dépourvue de saveur et d’odeur. Inflammable, l’huile convient à un usage industriel. Les fruits ont un goût et une odeur agréablement sucrés, mais deviennent amers par la suite.

Balanites maughamii peut produire de grosses grumes bien droites qui constituent un bois d’œuvre de valeur. Il est habituellement brun jaunâtre pâle et son grain fin donne un fini lisse, qui prend un excellent poli.

Les racines ont des propriétés émétiques. Des extraits des feuilles et des rameaux ont montré des effets génotoxiques in vitro, à l’origine de lésions de l’ADN. Des extraits d’écorce de la tige inhibent le parasite de la malaria Plasmodium falciparum (IC50 = 1,94 μg/ml) in vitro.

L’emploi de Balanites maughamii pour ses propriétés molluscicides fut suggéré pour la première fois dans les années 1930. On avait observé que les fruits qui tombaient dans les eaux infestées inhibaient la prolifération des escargots vecteurs de bilharziose. L’explication avancée est que la yamogénine, la sapogénine stéroïdique à laquelle est attribuée l’efficacité molluscicide de Balanites aegyptiaca (L.) Delile, est présente chez Balanites maughamii à des concentrations plus fortes. L’amande et la pulpe des fruits mûrs sont toxiques pour les escargots à des concentrations de 25 mg/ml, et l’efficacité molluscicide subsiste jusqu’à 122 jours dans la matière réduite en poudre. Les fruits sont toxiques pour certaines grenouilles et certains poissons.

Description

Arbre caducifolié ou semi-caducifolié atteignant 20(–25) m de haut, rarement arbuste ; tronc droit, souvent cannelé ; écorce lisse, brun jaunâtre, marbrée ou grise, se fissurant grossièrement ; cime arrondie, étalée, parfois à branches basses restant près du tronc sur une certaine longueur ; rameaux généralement jaunes à vert grisâtre ; épines de 3–6(–15) cm de long, situées souvent sur la partie supérieure du fût, sur les branches ainsi que sur les tiges jeunes, fréquemment ramifiées, souvent d’apparence fourchue. Feuilles disposées en spirale, 2-foliolées ; stipules triangulaires, atteignant 3 mm de long, parfois liégeuses, à poils bruns, persistantes ; pétiole et pétiolules généralement densément pubescents ; folioles habituellement asymétriques, elliptiques à largement ovales, arrondies à obtuses, aiguës ou courtement acuminées, coriaces, glabres ou diversement pubescentes sur les deux faces, finalement glabrescentes. Inflorescence : cyme axillaire semblable à un fascicule, à (1–)3–7 fleurs, indument vert jaunâtre à chamois, sessile ou à court pédoncule. Fleurs bisexuées, 5-mères, souvent parfumées ; pédicelle de 0,5–1 cm de long ; sépales ovales à obovales, d’environ 5 mm de long, réfléchis après l’anthèse, pubescents à l’extérieur mais à bords glabres ; pétales oblongs-lancéolés à oblancéolés, de (5–)7–8(–9) mm de long, réfléchis après l’anthèse, verts ou jaune verdâtre, poilus à l’intérieur ; étamines 10, libres ; disque annulaire, succulent ; ovaire supère, à poils denses et raides, 5-loculaire, style cylindrique ou effilé. Fruit : drupe à 1 graine, ellipsoïde-oblongue, comprimée aux deux extrémités, ou ovoïde, obtuse à l’apex, de 4–6(–8) cm de long, prenant une teinte brun rougeâtre à maturité, peau ferme mais mince et fragile à la fin, contenant un mésocarpe huileux et foncé, de consistance spongieuse et fibreuse ; noyau à endocarpe épais. Graines ellipsoïdes à fuselées, atteignant 2,5 cm de long, cannelées, de couleur ivoire.

Autres données botaniques

Le genre Balanites comprend 9 espèces, la plupart en Afrique, mais il existe 1 espèce en Inde et 1 espèce au Myanmar. La répartition de 2 des espèces africaines va jusqu’à la péninsule Arabique, et Balanites aegyptiaca est également présent en Jordanie. Balanites maughamii s’apparente étroitement à Balanites wilsoniana Dawe & Sprague, que l’on trouve depuis la Côte d’Ivoire jusqu’en Ouganda ; ce dernier diffère par ses stipules caduques, ses inflorescences situées au-dessus de l’aisselle des feuilles et l’indument gris argenté de son pétiole et de ses jeunes pousses. On distingue deux sous-espèces dans Balanites maughamii : subsp. maughamii et subsp. acuta, qui se distinguent avant tout par la morphologie des folioles et la pubescence. Les folioles des pousses fertiles de subsp. maughamii sont arrondies ou obtuses et pubescentes, alors que celles de subsp. acuta sont aiguës à courtement acuminées et glabres. On trouve subsp. maughamii dans toute la partie méridionale de l’aire de l’espèce, au nord jusqu’au district de Lindi, en Tanzanie, alors que subsp. acuta est cantonnée au sud-est du Kenya et à l’est de la Tanzanie.

Croissance et développement

La croissance de Balanites maughamii suit le modèle de croissance de Champagnat : une pousse s’allonge par l’activité du bourgeon apical. La croissance initiale se fait à la verticale mais la pousse ne tarde pas à ployer ou à retomber sous son propre poids. Un bourgeon latéral reprend ensuite la croissance à la verticale et le schéma de croissance et d’incurvation se répète. Subsp. maughamii fleurit de septembre à novembre et fructifie de novembre à mars ; subsp. acuta fleurit de novembre à avril et ses premiers fruits mûrs apparaissent en février.

Ecologie

Balanites maughamii se rencontre depuis le niveau de la mer jusqu’à 1000 m d’altitude ; subsp. maughamii se trouve en général dans les savanes boisées sèches, fréquemment le long des rivières, à proximité des sources et aux alentours des cuvettes, parfois sur les plaines inondables, typiquement sur les limons argileux ou sableux. On trouve surtout subsp. acuta dans les forêts sempervirentes mélangées, côtières généralement, ou dans les fourrés côtiers denses, jusqu’à 500 m d’altitude. Il est plus souvent présent sur des sols alcalins et moins bien drainés que subsp. maughamii.

Multiplication et plantation

La graine est orthodoxe, et germe bien en terre, alors que les spécimens cultivés en bacs tendent à souffrir de chlorose. On peut utiliser les drageons pour la multiplication.

Gestion

Les fruits de Balanites maughamii se récoltent seulement dans la nature.

Maladies et ravageurs

Ressources génétiques

On ne signale aucun risque d’érosion génétique.

Perspectives

Balanites maughamii n’a pas été jugé doté de propriétés suffisantes pour faire l’objet d’une exploitation commerciale, notamment à cause de la difficulté à extraire l’amande de la pulpe et de la coque fibreuse et épaisse. Mais il se peut que des méthodes de traitement modernes surmontent ces inconvénients. Etant donné les similitudes entre ses fruits et ceux de l’espèce proche Balanites aegyptiaca, dont on tire plusieurs produits naturels, Balanites maughamii a probablement un potentiel commercial similaire, qui justifie un approfondissement des recherches.

Références principales

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Autres références

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Sources de l'illustration

  • Sands, M.J.S., 2001. The Desert Date and its relatives: a revision of the genus Balanites. Kew Bulletin 56(1): 1–128.

Auteur(s)

  • O.M. Grace

PROTA Country Office United Kingdom, Royal Botanic Gardens, Kew, Richmond, Surrey TW9 3AB, United Kingdom

  • M.J.S. Sands

Royal Botanic Gardens, Kew, Richmond, Surrey TW9 3AB, United Kingdom

Consulté le 2 avril 2025.


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