Baillonella toxisperma (PROTA)

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Ressources végétales de l'Afrique tropicale
Introduction
Liste des espèces


Importance générale Fairytale bookmark gold.svgFairytale bookmark gold.svgFairytale bookmark gold.svgGood article star.svgGood article star.svg
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Fruit Fairytale bookmark gold.svgGood article star.svgGood article star.svgGood article star.svgGood article star.svg
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Médicinal Fairytale bookmark gold.svgGood article star.svgGood article star.svgGood article star.svgGood article star.svg
Bois d'œuvre Fairytale bookmark gold.svgFairytale bookmark gold.svgFairytale bookmark gold.svgGood article star.svgGood article star.svg
Bois de feu Fairytale bookmark gold.svgGood article star.svgGood article star.svgGood article star.svgGood article star.svg
Ornemental Fairytale bookmark gold.svgGood article star.svgGood article star.svgGood article star.svgGood article star.svg
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Statut de conservation Fairytale bookmark gold.svgFairytale bookmark gold.svgFairytale bookmark gold.svgGood article star.svgGood article star.svg


répartition en Afrique (sauvage)
1, port de l'arbre ; 2, branche en fleurs ; 3, fruit ; 4, graine. Redessiné et adapté par Iskak Syamsudin
plantation de 67 ans
fût
branches feuillées
fruits
plantule
grume
bois (face tangentielle)
bois (face radiale)
coupe transversale du bois
coupe tangentielle du bois
coupe radiale du bois
bois

Baillonella toxisperma Pierre


Protologue: Not. bot. 1 : 14 (1890).
Famille: Sapotaceae
Nombre de chromosomes: 2n = 24

Synonymes

  • Mimusops djave Engl. (1897).

Noms vernaculaires

  • Moabi (Fr).
  • Moabi, African pearwood (En).
  • Muabi (Po).

Origine et répartition géographique

Le moabi se trouve du sud du Nigeria au Gabon, au Congo et au sud-ouest de la R.D. du Congo.

Usages

Le bois du moabi est utilisé pour les menuiseries et charpentes extérieures telles que portes, fenêtres, mobilier de jardin et pour la construction marine. Sa couleur brun rougeâtre uniforme et son fil fin sont très appréciés en placage, pour l’ameublement, la décoration et la parqueterie.

La pulpe du fruit est mangée fraîche malgré la présence de latex. L’amande de la graine contient une huile utilisée pour la cuisine, en cosmétique et en médecine traditionnelle. L’huile est appliquée en pommade pour les cheveux, et utilisée pour la fabrication de savon et, en usage externe, à soigner les douleurs rhumatismales. Les résidus d’extraction sont employés parfois comme poison de pêche. Les décoctions d’écorce soignent les maux de reins, les douleurs dentaires, le rachitisme, les infections vaginales et les affections des voies respiratoires et digestives. L’arbre a plusieurs usages rituels.

Production et commerce international

L’exploitation commerciale du moabi a débuté au milieu des années 1960. En 1960, le commerce total de grumes s’élevait à 3000 m³, en 1973 il atteignait déjà 47 300 m³ de grumes et près de 1000 m³ de bois transformé. En 2003, le Cameroun a exporté 16 000 m³ de bois transformé et le Gabon 54 000 m³ de grumes.

L’écorce du moabi est vendue régulièrement sur les marchés du Cameroun à des fins médicinales ; en 2000, on estime ce commerce à 3,2 t. L’huile des graines est vendue sur les marchés locaux, mais aucune statistique n’est disponible.

Propriétés

Le bois de cœur est brun-rosé à brun rougeâtre et nettement démarqué de l’aubier blanc-rosé ou brun grisâtre. Le fil est droit ou légèrement ondulé, le grain est fin. Bois à aspect satiné sur les débits sur quartier. Cernes plus ou moins distincts.

La densité est de 820–940 kg/m³ à 12% d’humidité. Le bois sèche lentement mais, mené avec soin, sans qu’il se gerce ou se gauchisse. Les taux de retrait sont modérés : du bois vert à anhydre, le retrait radial est de 5,8–6,5% et le retrait tangentiel de 6,9–8,6%. Un séchage lent jusqu’à une humidité de 10–12% est nécessaire pour l’utilisation en menuiserie ou en charpentes. Une fois sec, le bois est stable.

A 12% d’humidité, le module de rupture est de 148–218 N/mm², le module d’élasticité de 15 100 N/mm², la compression axiale de 57–84 N/mm², le fendage de 18–24 N/mm, et la dureté de flanc Chalais-Meudon de 5,6–7,0.

Le bois se travaille difficilement en raison de la présence de silice (0,2–0,3%) et de sa dureté. Il nécessite l’utilisation de lames stellitées. Le bois se colle, se cloue et se finit bien, et il se cintre bien à la vapeur. Il se peint et se vernit sans difficulté avec les principaux produits industriels. Après un étuvage de 48–60 heures, le déroulage et le tranchage fournissent des placages et des contreplaqués de bonne qualité.

Le bois du moabi est durable. Il est résistant aux champignons, aux coléoptères Lyctus et aux termites. Il résiste assez bien aux tarets marins. L’imprégnation avec des produits de préservation est difficile voire impossible.

Un composé allélopathique, la 3-hydroxyuridine, a été isolé des feuilles, du tronc et des racines du moabi ; il inhibe la croissance des semis de certaines plantes tests.

Falsifications et succédanés

Le bois du moabi peut être confondu avec celui d’autres Sapotaceae à bois très dense et brun rougeâtre, comme le mukulungu (Autranella congolensis (De Wild.) A.Chev.), le makoré (Tieghemella heckelii (A.Chev.) Roberty) et le douka (Tieghemella africana Pierre). L’huile extraite des graines du moabi est comparable à celle de Tieghemella ou de karité (Vitellaria paradoxa C.F.Gaertn.) et utilisée à des fins similaires.

Description

  • Très grand arbre de 60(–70) m de haut ; fût atteignant 300(–500) cm de diamètre, droit et cylindrique, parfois élargi dans la partie inférieure, atteignant une hauteur de 30 m sous les premières branches, sans contreforts ; écorce épaisse de 4–5 cm, brun-rouge à gris foncé, profondément fissurée longitudinalement, à tranche brun-rouge dans la partie extérieure, jaune-rosé dans la partie intérieure, peu fibreuse, exsudant un latex gluant ; cime en forme de parasol, très grande, jusqu’à 50 m de diamètre, grosses branches étalées et sinueuses ; rameaux terminaux très épais, à nombreuses cicatrices foliaires.
  • Feuilles disposées en spirale et en touffes à l’extrémité des branches, simples ; stipules lancéolées, grandes, persistantes ; pétiole de 3–4 cm de long, mince ; limbe étroitement obovale, de 15–30 cm × 5–10 cm, cunéiforme à la base, courtement acuminé à l’apex, bord entier, initialement à poils rougeâtres en dessous, glabrescent, à nombreuses nervures latérales, distinctes, arquées et réunies près du bord.
  • Fleurs en fascicules denses à l’extrémité des branches, bisexuées, régulières ; pédicelle de 2–3 cm de long, pubescent ; calice à 2 verticilles de 4 lobes d’environ 1 cm de long, pubescent extérieurement ; corolle à tube d’environ 2,5 mm de long et 8 lobes d’environ 4 mm de long, chacun d’eux muni de 2 grands segments latéraux d’environ 5,5 mm de long, blanc crème ; étamines 8, insérées sur le tube de la corolle en face des lobes de la corolle, libres, à filets courts, 8 staminodes plus grands, alternes avec les étamines ; ovaire supère, à longs poils, 8-loculaire, chaque loge à 1 ovule, style court.
  • Fruit : baie grosse et globuleuse, lisse, de 5–8 cm de diamètre, gris-vert, devenant jaune verdâtre à maturité, à 1–2(–3) graines dans une pulpe jaunâtre pâle.
  • Graines ellipsoïdes, légèrement comprimées latéralement, d’environ 4 cm long, tégument mince, lisse et luisant sur la partie dorsale, rugueux et bosselé sur la partie ventrale (cicatrice) ; albumen fin ou absent.
  • Plantule à germination épigée, hypocotyle court, de 0,5–1,5 cm de long, épicotyle 15–26 cm de long, à poils brun rougeâtre à brun grisâtre, cotylédons épais, sessiles, d’environ 4 cm × 1 cm, verts.

Autres données botaniques

Le genre Baillonella est monotypique et ressemble à Tieghemella et à Mimusops, le premier différant par l’absence de stipules et par ses graines au tégument plus épais, le dernier par la cicatrice de la graine, qui est petite et basale.

Anatomie

Description anatomique du bois (codes IAWA pour les bois feuillus) :

  • Cernes de croissance : (1 : limites de cernes distinctes) ; (2 : limites de cernes indistinctes ou absentes).
  • Vaisseaux : 5 : bois à pores disséminés ; (7 : vaisseaux en lignes, ou plages, obliques et/ou radiales) ; (10 : vaisseaux accolés radialement par 4 ou plus) ; 13 : perforations simples ; 22 : ponctuations intervasculaires en quinconce ; (23 : ponctuations alternes (en quinconce) de forme polygonale) ; 26 : ponctuations intervasculaires moyennes (7–10 μm) ; 27 : ponctuations intervasculaires grandes ( 10 μm) ; 30 : ponctuations radiovasculaires avec des aréoles distinctes ; semblables aux ponctuations intervasculaires en forme et en taille dans toute la cellule du rayon ; 31 : ponctuations radiovasculaires avec des aréoles très réduites à apparemment simples : ponctuations rondes ou anguleuses ; 32 : ponctuations radiovasculaires avec des aréoles très réduites à apparemment simples : ponctuations horizontales (scalariformes) à verticales (en balafres) ; 33 : ponctuations radiovasculaires de deux tailles distinctes ou de deux types différents dans la même cellule du rayon ; 42 : diamètre tangentiel moyen du lumen des vaisseaux 100–200 μm ; 47 : 5–20 vaisseaux par millimètre carré ; 56 : thylles fréquents.
  • Trachéides et fibres : 61 : fibres avec des ponctuations simples ou finement (étroitement) aréolées ; 66 : présence de fibres non cloisonnées ; 69 : fibres à parois fines à épaisses.
  • Parenchyme axial : (77 : parenchyme axial en chaînettes) ; 86 : parenchyme axial en lignes minces, au maximum larges de trois cellules ; 87 : parenchyme axial en réseau ; 93 : huit (5–8) cellules par file verticale ; (94 : plus de huit cellules par file verticale).
  • Rayons : 97 : rayons 1–3-sériés (larges de 1–3 cellules) ; (100 : rayons avec des parties multisériées aussi larges que les parties unisériées) ; 106 : rayons composés de cellules couchées avec une rangée terminale de cellules dressées et/ou carrées ; 107 : rayons composés de cellules couchées avec 2 à 4 rangées terminales de cellules dressées et/ou carrées ; 108 : rayons composés de cellules couchées avec plus de 4 rangées terminales de cellules dressées et/ou carrées ; 115 : 4–12 rayons par mm.
  • Inclusions minérales : 159 : présence de corpuscules siliceux ; 160 : corpuscules siliceux dans les cellules des rayons ; (161 : corpuscules siliceux dans les cellules du parenchyme axial).
(P. Détienne & E.A. Wheeler)

Croissance et développement

La germination demande 1–4 semaines. L’ombre est nécessaire pour la germination, et les graines germent en grand nombre sous les arbres mères ou à proximité. Cependant, les jeunes plants de plus de 1 m de haut sont rares en raison de la prédation des animaux, principalement des éléphants ; le taux de survie des semis de moabi à 18 mois est pratiquement nul sous l’arbre mère et très faible (moins de 2%) ailleurs. En sous-bois, les semis croissent de 4–5 cm/an. Ils répondent rapidement à l’ouverture du couvert forestier et à un ensoleillement direct, et dans ces circonstances peuvent croître jusqu’à 40 cm/an. En forêt naturelle, les arbres de moabi de 10 cm de diamètre présentent une augmentation moyenne en diamètre de 1 mm/an. Lorsque le fût a 1 m de diamètre et que les cimes ont atteint ou dépassé la canopée de la forêt, la croissance en diamètre atteint 9,5 mm/an. Par des analyses de cernes et par la datation au C14, on a estimé qu’un arbre de 1 m de diamètre est âgé d’environ 260 ans et qu’un arbre de 2,8 m de diamètre aurait 600–700 ans. Dans une plantation de 11 ans à Ekouk (Gabon), les arbres en plein ensoleillement ont une croissance annuelle moyenne en hauteur de 130 cm, et de 165 cm sous un ombrage partiel. Une plantation dense (570 tiges/ha) de 67 ans, près de Libreville, a montré une augmentation annuelle moyenne de diamètre de 3,5 mm, l’arbre le plus vigoureux atteignant 9 mm ; l’accroissement annuel en volume était estimé à 4,2 m³/ha, la hauteur moyenne de fût net à 15 m, et 23% des arbres avait un fût droit et cylindrique.

L’arbre commence à fleurir vers 50–70 ans, quand il accède à la lumière dans l’étage supérieur de la forêt, mais les fructifications régulières sont plus tardives, lorsque le fût a atteint 70 cm de diamètre. La fructification est annuelle, mais avec une production massive une année sur trois. Environ 6000 fruits par arbre sont produits par cycle de 3 ans ; un seul arbre a produit 2460 kg de fruits, soit 327 kg d’amandes.

Au Cameroun, la floraison survient à la fin de la grande saison sèche et au début de la petite saison des pluies, entre février et avril. Elle s’accompagne d’une défoliation complète de l’arbre ; lorsque l’arbre ne fleurit pas, il garde une partie de ses feuilles. Les fruits mûrissent juste avant la grande saison des pluies, entre juin et août. La fructification d’un seul arbre s’étale sur 4 semaines, mais peut durer 3 mois pour l’ensemble de la population. Au Gabon, les fruits sont mûrs entre décembre et février. L’éléphant est le principal disséminateur des graines. Il mange les fruits et des graines intactes se retrouvent dans les fèces. Le transit dans l’intestin de l’éléphant n’est pas nécessaire à la germination mais l’accélère légèrement. D’autres mammifères frugivores dont le rat de Gambie (Cricetomys emini) et les singes dispersent les graines, tout comme l’homme.

Ecologie

Le moabi pousse en forêt tropicale humide primaire sous des climats chauds et humides, avec une température annuelle moyenne de 23–26°C et des précipitations annuelles moyennes de 1500–3000 mm. Il est généralement disséminé, avec environ 1 arbre adulte pour 20 ha, mais parfois on le trouve en groupes lâches de 5–50 individus. Certaines forêts sont riches en moabi, par ex. la forêt du Dja au Cameroun avec 0,6 moabi de plus de 70 cm de diamètre par hectare en moyenne. La structure diamétrique du moabi dans la forêt du Dja montre un maximum absolu entre 10–40 cm et un maximum secondaire entre 160–190 cm. Au Cameroun, à la limite nord de la grande forêt primaire congolaise, les grands moabis sont abondants, mais il n’y a pas de régénération. Le moabi se trouve sur tous les types de sols sauf les marécageux.

Multiplication et plantation

Le pouvoir germinatif des graines fraîches est élevé (> 85%) mais chute rapidement à 5% après 6 semaines de conservation à cause d’une dégradation rapide des acides gras. Néanmoins, les graines fraîches stockées à 4°C et en conditions humides montrent encore un taux de germination d’environ 50% après 11 mois.

En pépinière, les graines sont semées en les enterrant à moitié, la cicatrice vers le bas. La mortalité des semis en pépinière est très faible. Un ombrage partiel favorise le développement des semis. Dans des conditions optimales en pépinière, les semis peuvent atteindre 35 cm de haut après 6 semaines, 45 cm après 3 mois et 1,5 m à 18 mois. La plante forme un pivot et il est recommandé de semer les graines en pots de polyéthylène. Au Cameroun, au début de la petite saison des pluies, les jeunes moabis de 4–5 mois sont plantés au champ sous l’ombre légère d’arbres adultes conservés (une dizaine par ha). Cet ombrage est éliminé progressivement dès qu’on observe un ralentissement de la croissance en diamètre du moabi.

Gestion

Actuellement en forêt naturelle, la seule mesure de gestion est la définition d’un diamètre minimum d’exploitabilité : 70 cm au Gabon, 80 cm au Congo et 100 cm au Cameroun. Les Pygmées attachent une grande valeur aux grands arbres de moabi pour leurs fruits, et cela a créé des conflits au Cameroun entre les Pygmées et les compagnies forestières titulaires de permis d’état pour exploiter le bois. Ceci a eu pour conséquence la promulgation d’une loi qui donne au chef de village le pouvoir d’autoriser l’abattage d’un moabi dans un rayon de 5 km autour du village.

Maladies et ravageurs

L’aubier est sensible aux attaques d’insectes et de champignons. Sur les grumes abattues, certains insectes qui s’attaquent à l’aubier (par ex. Platypes et Scolytes spp.) peuvent affecter le bois de cœur.

Les fruits encore sur l’arbre sont parasités par les larves du coléoptère Carpophilus sp. et du papillon de nuit Mussidia sp. Lorsque l’embryon est atteint, la graine ne germe pas ou le développement de la plantule est fortement ralenti. Le potamochère et le porc-épic mangent les graines. Le potamochère et les antilopes détruisent les semis en mangeant les cotylédons charnus et les jeunes pousses.

Récolte

Au Cameroun, l’exploitation commerciale implique l’abattage de 90% des arbres de plus de 100 cm de diamètre, et ceux qui restent sont généralement mal formés. On a estimé qu’après 300 ans 84% de l’effectif exploité sera reconstitué et 92% après 500 ans. Pour cette raison, une production durable de moabi en forêt naturelle est impossible. Les exploitations successives avec une rotation de 30 ans, comme cela se pratique couramment, menacent gravement les populations de moabi.

Au Cameroun, la récolte des fruits commence en juillet ou août. Les familles pygmées se déplacent vers les bouquets de moabis et y séjournent entre 2–8 semaines. Au Gabon, localement, les gens rejoignent des campements temporaires de janvier à février quand les moabis fructifient. Les fruits ramassés sont dépulpés et les amandes séchées. Après chauffage, l’huile est extraite avec une presse traditionnelle en bois. L’huile est autoconsommée ou vendue. Elle peut se conserver 1–2 ans.

Rendement

Le volume commercial de bois est d’environ 3 m³ chez un arbre de 50 cm de diamètre et d’environ 26 m³ si le diamètre est de 1,8 m.

En 1992, année de fructification importante, la production d’huile a été estimée à 135–165 l par arbre adulte, équivalant à US$ 165–200. Le prix de vente sur les marchés de Yaoundé et Douala (Cameroun) dépasse US$ 3 per l, car la demande est supérieure à l’offre.

Traitement après récolte

La sciure de bois peut provoquer une irritation de la gorge, du nez et des yeux, ainsi que des dermatites.

Ressources génétiques

Selon la classification de l’UICN, le moabi est vulnérable à cause de sa surexploitation et de la dégradation de son milieu. Sa croissance lente et sa régénération naturelle généralement peu abondante accroissent le risque d’érosion génétique voire d’extinction dans les forêts exploitées pour le bois.

Perspectives

Des techniques appropriées de multiplication et de plantation ont été mises au point pour le moabi ; il est donc possible d’inclure cette espèce dans les systèmes agroforestiers. Même si la croissance d’arbres plantés est plus rapide qu’en forêt naturelle, l’exploitation pour le bois ne peut s’envisager qu’après un siècle. Les moabis sont importants pour les populations autochtones à cause de la valeur de leurs fruits et les arbres proches des villages doivent être protégés, en tenant compte qu’ils ne commencent à fructifier que plusieurs décennies après la germination. Le moabi mérite également d’être protégé parce qu’il est le plus grand et peut-être le plus impressionnant des arbres de la forêt africaine.

Références principales

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Sources de l'illustration

  • Aubréville, A., 1961. Sapotacées. Flore du Gabon. Volume 1. Muséum National d’Histoire Naturelle, Paris, France. 162 pp.
  • White, L. & Abernethy, K., 1997. A guide to the vegetation of the Lopé Reserve, Gabon. 2nd edition. Wildlife Conservation Society, New York, United States. 224 pp.

Auteur(s)

  • D. Louppe, CIRAD, Département Environnements et Sociétés, Cirad es-dir, Campus international de Baillarguet, TA C-DIR / B (Bât. C, Bur. 113), 34398 Montpellier Cedex 5, France

Citation correcte de cet article

Louppe, D., 2005. Baillonella toxisperma Pierre. In: Louppe, D., Oteng-Amoako, A.A. & Brink, M. (Editors). PROTA (Plant Resources of Tropical Africa / Ressources végétales de l’Afrique tropicale), Wageningen, Netherlands. Consulté le 11 avril 2019.


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