Azima tetracantha (PROTA)

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Ressources végétales de l'Afrique tropicale
Introduction
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Azima tetracantha Lam.


Protologue: Encycl. 1(1) : 343 (1783).
Famille: Salvadoraceae
Nombre de chromosomes: 2n = 22

Synonymes

  • Azima spinosissima Engl. (1894).

Noms vernaculaires

  • Bee sting bush, fire thorn, needle bush (En).
  • Mdunga ndewe, mswaki ndume, mpilipili tawa (Sw).

Origine et répartition géographique

Azima tetracantha est présent à l’état naturel en Afrique centrale, orientale et australe ainsi que dans les îles de l’océan Indien, et s’étend jusqu’à l’Asie tropicale en passant par l’Arabie.

Usages

En Afrique de l’Est, on applique les racines écrasées d’Azima tetracantha directement sur les morsures de serpent, que l’on traite par ailleurs avec une infusion prise par voie orale ; au Zimbabwe, c’est un mélange de racines et de feuilles qui a le même usage. Les Bajuns, peuple de la côte kenyane, emploient une décoction de racine pour traiter les troubles d’estomac. A Madagascar, l’infusion de feuilles sert à traiter les maladies vénériennes. Dans la province du Cap en Afrique du Sud, on verse le jus des baies directement dans l’oreille pour traiter le mal d’oreille ; la racine séchée, moulue et additionnée d’eau froide, est administrée aux vaches pour faciliter des vêlages difficiles. En Afrique du Sud, les Zoulous appliquent directement le jus de la plante pour traiter les maux de dents et les gencives qui saignent suite à une extraction dentaire, ainsi que comme désinfectant. En Inde et au Sri Lanka, on ajoute la racine, l’écorce de racine et les feuilles dans la nourriture, comme remède contre les rhumatismes. Créditée de vertus diurétiques, la plante sert aussi à traiter l’hydropisie, la dyspepsie et la diarrhée chronique ; c’est aussi un tonique stimulant. En Inde occidentale, le jus des feuilles s’emploie en gouttes contre l’otalgie et on met les feuilles pressées sur les dents douloureuses.

Le fruit est comestible. Azima tetracantha est brouté par le bétail. A Bangalore, en Inde, il se plante en haies vives. En Malaisie, les feuilles confites servent d’amuse-gueule et s’emploient contre les rhumes. Aux Etats-Unis, on vante ses qualités de plante ornementale.

Propriétés

Des alcaloïdes pipéridiques dimères, l’azimine, l’azcarpine et la carpaïne, ont été isolés dans toutes les parties de la plante. Des terpénoïdes sont présents dans les racines et les feuilles ; quant à la graine, elle contient un ensemble complexe d’environ 25 flavonoïdes, essentiellement des hétérosides et des acylhétérosides, dont les plus importants sont la quercétine, l’isorhamnétine, la rhamnétine et la rhamnazine. Toutes les parties contiennent des glucosinolates, qui sont hydrolysés en thiocyanates et isothiocyanates, et les composés qui en résultent ont des activités antioxydantes et parfois anticarcinogènes. Si les graines et les racines d’Azima tetracantha renferment des concentrations élevées de N-méthoxy- 3-indolylméthyl-glucosinolate, la tige et les jeunes feuilles présentent des concentrations plus faibles. L’huile des graines contient les acides gras suivants : 0,2% d’acide myristique, 5% d’acide palmitique, 15% d’acide stéarique, 7% d’acide arachidique, 2% d’acide béhénique, 32% d’acide oléique, 18% d’acide linoléique et 21% d’acide eicosénoïque, ce qui signifie que l’huile pourrait constituer une bonne huile de table. Démentant les usages traditionnels, les feuilles d’Azima tetracantha ont eu des résultats négatifs lors de tests antibactériens et antifongiques. L’activité anti-inflammatoire de la poudre de feuille a été confirmée lors d’expérimentations sur les œdèmes chez les rats, l’activité vulnéraire d’un extrait au méthanol a été confirmée aussi bien en pommade que par injection chez les rats.

Lorsque le bétail consomme de l’Azima tetracantha, cela confère un goût très prononcé au lait et au beurre. Les piqûres causées par les épines procurent des sensations désagréables de brûlure, comparables à des piqûres d’abeille. On évite de se servir du bois comme combustible, sa fumée étant réputée toxique.

Description

Arbuste érigé dioïque, atteignant 90 cm de haut et garni de (1–)2 épines de 0,5–5 cm de long à l’aisselle de chaque feuille, parfois grimpant à tiges atteignant 8 m de long ; rameaux cylindriques ou carrés, glabres à densément poilus. Feuilles opposées décussées, simples et entières ; stipules absentes ou rudimentaires ; pétiole court ; limbe elliptique-oblong à ovale-oblong ou orbiculaire, de 1,5–5,5 cm × 0,5–4,5 cm, base arrondie ou un peu rétrécie, apex mucroné, pennatinervé avec une paire de nervures latérales naissant près de la base. Inflorescence : épi ou cyme axillaire, parfois terminal, atteignant 3 cm de long, ou bien fleurs solitaires ; bractées ovales, souvent pourvues d’un mucron long et épineux. Fleurs unisexuées, régulières, 4-mères, habituellement sessiles ; calice campanulé, de 2–4 mm de long, à lobes triangulaires ; pétales linéaires-oblongs à oblongs, verdâtres à jaunâtres, la partie supérieure réfléchie au-dessus du calice, de 2–5 mm de long ; fleurs mâles à étamines insérées à la base de l’ovaire rudimentaire, saillantes ; fleurs femelles pourvues de staminodes et d’un ovaire supère, atteignant 4,5 mm de long, à large stigmate sessile. Fruit : baie globuleuse, de 0,5–1 cm de diamètre, à 1–2 graine(s), vert tirant sur le blanc, à stigmate persistant. Graines en forme de disque, brunes à noires.

Autres données botaniques

Le genre Azima comprend environ 4 espèces sur le continent africain, à Madagascar et en Asie, et se caractérise par ses longues épines axillaires. Sur toute son aire de répartition, Azima tetracantha varie considérablement, ce qui ne l’empêche pas d’être une espèce distincte et facilement reconnaissable. En Afrique australe, les plantes mâles n’ont pas d’épines, ou alors ce sont des épines peu développées, tandis que sur les individus femelles elles sont longues.

Croissance et développement

Le port grimpant et zigzaguant d’Azima tetracantha et ses épines en font une espèce utile pour les haies. La haie a tendance à se trouer en dessous, mais sa forme se conserve si on la taille. La plante recèpe bien et se diffuse grâce à des drageons souterrains.

Ecologie

Azima tetracantha se rencontre dans la brousse, le maquis et en forêt, le long des rivières et en bord de mer, jusqu’à 1100 m d’altitude. En Afrique de l’Est, il est fréquent sur les berges des rivières saisonnières, dans les endroits où le sol est salin, notamment à la lisière des mangroves. En Afrique du Sud, Azima tetracantha est présent sur le flanc des collines, dans la savane arbustive, souvent sur les termitières, ainsi que sur la côte.

Multiplication et plantation

Il existe aux Etats-Unis quelques pépiniéristes disposant d’une offre en graines pour Azima tetracantha, qu’ils commercialisent à des fins ornementales. La multiplication par bouturage est possible.

Gestion

Le South African Department of Agriculture considère la présence d’Azima tetracantha comme le signe que la brousse gagne du terrain. Dans certaines régions, on demande aux exploitants agricoles de lutter contre la prolifération de l’espèce afin d’empêcher que les pâturages ne se détériorent et de maintenir leur productivité. Le surpâturage est la principale cause de cette invasion.

Lorsqu’on l’utilise comme haie ou comme barrière végétale, il faut la tailler régulièrement pour qu’elle conserve une forme compacte.

Ressources génétiques

Azima tetracantha est une espèce pionnière commune et répandue, et par conséquent elle ne court aucun risque d’être récoltée en trop grande quantité par l’homme dans l’immédiat.

Perspectives

Il semble que l’usage d’Azima tetracantha soit limité et occasionnel en Afrique. Mais étant donné que toutes ses parties contiennent des glucosinolates, il est justifié d’approfondir les recherches sur ses applications médicinales.

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Sources de l'illustration

  • Vickery, A.R., 1983. Salvadoraceae. In: Launert, E. (Editor). Flora Zambesiaca. Volume 7, part 1. Flora Zambesiaca Managing Committee, London, United Kingdom. pp. 374–380.

Auteur(s)

  • A.P. Dold, Selmar Schonland Herbarium, Albany Museum, P.O. Box 101, Grahamstown 6140, South Africa

Citation correcte de cet article

Dold, A.P., 2006. Azima tetracantha Lam. In: Schmelzer, G.H. & Gurib-Fakim, A. (Editors). PROTA (Plant Resources of Tropical Africa / Ressources végétales de l’Afrique tropicale), Wageningen, Netherlands. Consulté le 21 février 2019.


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