Asteranthe asterias (PROTA)

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Ressources végétales de l'Afrique tropicale
Introduction
Liste des espèces


Importance générale Fairytale bookmark gold.svgFairytale bookmark gold.svgGood article star.svgGood article star.svgGood article star.svg
Répartition en Afrique Fairytale bookmark gold.svgGood article star.svgGood article star.svgGood article star.svgGood article star.svg
Répartition mondiale Fairytale bookmark gold.svgGood article star.svgGood article star.svgGood article star.svgGood article star.svg
Épice / condiment Fairytale bookmark gold.svgGood article star.svgGood article star.svgGood article star.svgGood article star.svg
Médicinal Fairytale bookmark gold.svgFairytale bookmark gold.svgGood article star.svgGood article star.svgGood article star.svg
Bois d'œuvre Fairytale bookmark gold.svgGood article star.svgGood article star.svgGood article star.svgGood article star.svg
Statut de conservation Fairytale bookmark gold.svgFairytale bookmark gold.svgGood article star.svgGood article star.svgGood article star.svg


répartition en Afrique (sauvage)
fleur

Asteranthe asterias (S.Moore) Engl. & Diels


Protologue: Engl., Monogr. afrik. Pflanzen-Fam. 6: 30, t. 8B (1901).
Famille: Annonaceae

Noms vernaculaires

  • Msaluti (Sw).

Origine et répartition géographique

La répartition d’Asteranthe asterias est limitée aux régions côtières du Kenya et de la Tanzanie.

Usages

Les tiges sont utilisées comme poteaux de construction. Au Kenya, les feuilles et l’écorce aromatiques sont utilisées localement pour relever les aliments. Une pâte faite de racines écrasées s’applique sur les œdèmes.

Propriétés

L’écorce des tiges et des racines a montré une activité in vitro contre Plasmodium falciparum et Trypanosoma brucei rhodesiense, les parasites responsables l’un du paludisme et l’autre de la maladie du sommeil. Deux indoles diprénylés, la 2’, 3’-époxyastéranthine et la 2’,3’-dihydroxyastéranthine, ont été isolés de l’écorce de tige et de l’écorce de racine. Ces composés ont fait preuve d’une remarquable activité antifongique contre Saprolegnia et Rhizoctonia spp., comparable avec celle de l’agent antimycosique de référence, la naftifine.

Description

  • Arbuste ou petit arbre sempervirent atteignant 8 m de haut ; fût atteignant 20 cm de diamètre ; surface de l’écorce finement rayée, gris-brun à noirâtre ; rameaux à lenticelles, à poils veloutés.
  • Feuilles alternes, simples et entières ; stipules absentes ; pétiole de 2–7 mm de long ; limbe obovale à oblong, de (1–)4–18 cm × (0,5–)2–6 cm, arrondi à légèrement cordé à la base, acuminé à l’apex, papyracé, glabre ou poilu au-dessous, pennatinervé.
  • Fleurs groupées par 1–2 à l’extérieur de l’aisselle des feuilles, bisexuées, régulières, 3-mères, retombantes, parfumées ; pédicelle de 3–8 mm de long ; sépales libres, triangulaires, 0,5–1 cm de long, densément poilus ; pétales 6, réunis à la base, linéaires-oblongs à linéaires-lancéolés, de 2,5–6 cm de long, finement poilus, blanc crème à marques rouge-violet, base épaissie et jaunâtre ; étamines nombreuses, de 1,5–2,5 mm de long, à très courts filets ; carpelles 10–22, libres, de 2–2,5 mm de long, densément poilus.
  • Fruit constitué de jusqu’à 6 follicules indéhiscents de 2–4 cm × environ 1 cm, à poils veloutés bruns, légèrement étranglés entre les graines, chacun contenant 3–10 graines.
  • Graines ellipsoïdes, de 7–8 mm × 4–5 mm, jaune-brun, à albumen ruminé.

Autres données botaniques

On a émis l’hypothèse que les fleurs sont pollinisées par des coléoptères. Au Kenya, on trouve des fruits en octobre–novembre. Il se pourrait que la civette africaine (Civettictis civetta) dissémine les graines.

Deux sous-espèces ont été distinguées chez Asteranthe asterias. Subsp. triangularis Verdc. se distingue de subsp. asterias par ses feuilles généralement plus petites à poils persistants au-dessous et ses pétales étroitement triangulaires, souvent légèrement plus courts ; il est endémique du nord-est de la Tanzanie.

Le genre Asteranthe ne comprend que 2 espèces. Il s’apparente à Hexalobus et Uvariastrum.

Asteranthe lutea

Asteranthe lutea Vollesen est un arbuste ou petit arbre atteignant 10 m de haut, originaire de l’est de la Tanzanie. Il diffère d’Asteranthe asterias par ses grandes bractéoles et ses fleurs aux pétales jaunâtres charnus dont la base est rouge foncé et non épaissie.

Ecologie

Asteranthe asterias se rencontre en forêt sempervirente de basses terres et en savane arbustive jusqu’à 650 m d’altitude. Il est commun par endroits, et parfois dominant dans la couche arbustive. On le rencontre généralement le long des cours d’eau et sur les sols calcaires.

Ressources génétiques

Bien que les deux espèces d’Asteranthe aient une aire de répartition restreinte et soient présentes dans des types de milieu soumis à de fortes pressions en raison des activités humaines, rien n’indique encore qu’elles soient menacées. Leur exploitation pour le bois d’œuvre ou à des fins médicinales semble ne se faire qu’à petite échelle, mais il est recommandé d’exercer une surveillance des peuplements.

Perspectives

L’utilisation du bois pour la construction des habitations locales conservera une importance limitée. Les propriétés médicinales de l’écorce méritent davantage d’attention, surtout son activité antipaludique, antitrypanosome et antifongique.

Références principales

  • Beentje, H.J., 1994. Kenya trees, shrubs and lianas. National Museums of Kenya, Nairobi, Kenya. 722 pp.
  • Nkunya, M.H.H., Jonker, S.A., Mdee, L.K., Waibel, R. & Achenbach, H., 1996. New diprenylated indoles from Asteranthe asterias (Annonaceae). Natural Product Letters 9: 71–78.
  • Verdcourt, B., 1971. Annonaceae. In: Milne-Redhead, E. & Polhill, R.M. (Editors). Flora of Tropical East Africa. Crown Agents for Oversea Governments and Administrations, London, United Kingdom. 131 pp.

Autres références

  • Couvreur, T.L.P., 2008. Revealing the secrets of African Annonaceae. Systematics, evolution and biogeography of the syncarpous genera Isolona and Monodora. PhD thesis Wageningen University, Netherlands. 296 pp.
  • Engel, T.R., 2000. Seed dispersal and forest regeneration in a tropical lowland biocoenosis (Shimba Hills, Kenya). PhD thesis, Faculty of Biology, Chemistry and Geosciences, University of Bayreuth, Germany. Logos Verlag, Berlin, Germany. 345 pp.
  • Freiburghaus, F., Jonker, S.A., Nkunya, M.H.H., Mwasumbi, L.B. & Brun, R., 1997. In vitro trypanocidal activity of some rare Tanzanian medicinal plants. Acta Tropica 67: 181–185.
  • Kokwaro, J.O., 1993. Medicinal plants of East Africa. 2nd Edition. Kenya Literature Bureau, Nairobi, Kenya. 401 pp.
  • Vollesen, K., 1980. Notes on Annonaceae from Tanzania. Botaniska Notiser 133(1): 53–62.

Auteur(s)

  • R.H.M.J. Lemmens, PROTA Network Office Europe, Wageningen University, P.O. Box 341, 6700 AH Wageningen, Netherlands

Citation correcte de cet article

Lemmens, R.H.M.J., 2009. Asteranthe asterias (S.Moore) Engl. & Diels. In: Lemmens, R.H.M.J., Louppe, D. & Oteng-Amoako, A.A. (Editors). PROTA (Plant Resources of Tropical Africa / Ressources végétales de l’Afrique tropicale), Wageningen, Netherlands. Consulté le 21 février 2019.


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