Arachis hypogaea (PROTA)

De PlantUse Français
Aller à : navigation, rechercher
Prota logo vert.gif
Ressources végétales de l'Afrique tropicale
Introduction
Liste des espèces


Importance générale Fairytale bookmark gold.svgFairytale bookmark gold.svgFairytale bookmark gold.svgFairytale bookmark gold.svgGood article star.svg
Répartition en Afrique Fairytale bookmark gold.svgFairytale bookmark gold.svgFairytale bookmark gold.svgFairytale bookmark gold.svgFairytale bookmark gold.svg
Répartition mondiale Fairytale bookmark gold.svgFairytale bookmark gold.svgFairytale bookmark gold.svgFairytale bookmark gold.svgGood article star.svg
Céréale / légume sec Fairytale bookmark gold.svgFairytale bookmark gold.svgFairytale bookmark gold.svgGood article star.svgGood article star.svg
Légume Fairytale bookmark gold.svgFairytale bookmark gold.svgGood article star.svgGood article star.svgGood article star.svg
Oléagineux Fairytale bookmark gold.svgFairytale bookmark gold.svgFairytale bookmark gold.svgFairytale bookmark gold.svgGood article star.svg
Stimulant Fairytale bookmark gold.svgGood article star.svgGood article star.svgGood article star.svgGood article star.svg
Médicinal Fairytale bookmark gold.svgFairytale bookmark gold.svgFairytale bookmark gold.svgGood article star.svgGood article star.svg
Fourrage Fairytale bookmark gold.svgFairytale bookmark gold.svgFairytale bookmark gold.svgGood article star.svgGood article star.svg
Fibre Fairytale bookmark gold.svgFairytale bookmark gold.svgGood article star.svgGood article star.svgGood article star.svg
Sécurité alimentaire Fairytale bookmark gold.svgFairytale bookmark gold.svgFairytale bookmark gold.svgFairytale bookmark gold.svgGood article star.svg


répartition en Afrique (cultivé)
1, rameau en fleurs et en fruits ; 2, inflorescence ; 3, fruit ; 4, graines. Source: PROSEA
champ
type érigé en fleurs
gousses à différents stades de développement
gousses à différents stades de développement
fruits récoltés
fruits récoltés au Sénégal
fruits en vente au bord de la route

Arachis hypogaea L.


Protologue: Sp. pl. 2: 741 (1753).
Famille: Papilionaceae (Leguminosae - Papilionoideae, Fabaceae)
Nombre de chromosomes: 2n = 40

Noms vernaculaires

  • Arachide, cacahuète, cacahouète, pistache de terre (Fr).
  • Groundnut, peanut, earthnut, monkey nut (En).
  • Amendoim, mandobi, caranga (Po).
  • Mjugu nyasa, mnjugu nyasa, karanga (Sw).

Origine et répartition géographique

L’arachide est originaire du sud de la Bolivie et du nord-ouest de l’Argentine. C’est une ancienne espèce cultivée du Nouveau Monde, cultivée largement dans le Mexique, l’Amérique centrale et l’Amérique du Sud à l’époque précolombienne. L’arachide domestiquée avait déjà évolué en plusieurs types avant son introduction dans l’Ancien Monde par des explorateurs espagnols et portugais. Des types à deux graines originaires du Brésil ont été introduits en Afrique de l’Ouest, et des types à trois graines originaires du Pérou se sont diffusés de la côte ouest de l’Amérique du Sud vers les Philippines, d’où ils ont gagné le Japon, la Chine, l’Indonésie, la Malaisie, l’Inde, Madagascar et l’Afrique de l’Est. A la fin du XVIIIe siècle, des types “Spanish” ont été introduits du Brésil en Europe. La première introduction réussie en Amérique du Nord a été celle d’un type prostré à petites graines, probablement originaire du nord du Brésil ou des Antilles. De nos jours, l’arachide est cultivée dans la plupart des pays tropicaux, subtropicaux et tempérés situés entre 40°N et 40°S. Produite dans toute l’Afrique tropicale, c’est une très importante culture de rente au Sénégal, en Gambie, au Nigeria et au Soudan.

Usages

Les graines d’arachide s’emploient essentiellement dans l’alimentation et pour l’extraction d’huile. Elles se consomment crues, cuites à l’eau ou grillées ; on en fait du beurre de cacahuète, des confiseries et des amuse-gueule, et elles servent à épaissir les soupes ou à confectionner des sauces qui accompagnent la viande et le riz. Au nord du Nigeria, la farine d’arachide, mélangée à du “gari” (farine grossière fermentée de manioc), sert à faire des boulettes qui se mangent sur le pouce. Aux Etats-Unis et en Argentine, la production est surtout destinée à l’alimentation directe, tandis que dans la plupart des autres pays, l’usage principal de l’arachide réside dans la commercialisation de l’huile. Au niveau mondial, plus de 50% de la production d’arachide est broyée pour produire de l’huile destinée à la consommation humaine ou à des usages industriels (par ex. en cosmétologie). Dans des pays comme le Sénégal, la Gambie et le Nigeria, pendant des années, l’extraction d’huile a constitué une occupation artisanale importante. L’emploi de l’arachide en confiserie et pour la production d’huile et de farine est en augmentation, mais l’usage de l’huile et de la farine est peu à peu délaissé au profit de la confiserie, en Amérique latine et aux Caraïbes notamment. En Amérique du Sud, on fait fermenter les graines pour en obtenir des boissons alcoolisées.

Le tourteau qui résulte de l’extraction d’huile constitue un aliment du bétail riche en protéines, mais on en fait aussi une farine utilisée dans de nombreux aliments destinés aux humains. Le tourteau fermenté se consomme frit en Indonésie. Il trouve une application industrielle dans la production de colles, d’apprêts pour le papier et d’amidons destinés à la blanchisserie et à la fabrication de textiles. La protéine du tourteau d’arachide est transformée en une fibre qui ressemble à la laine et qui peut être mélangée à la laine ou la rayonne. Les coques d’arachide apportent des fibres dans les aliments du bétail, et servent de combustible, d’engrais et de paillage ; on en fait des planches d’aggloméré et des briques, et elles peuvent fournir du charbon actif, des gaz combustibles, des substances chimiques organiques, de sucres réducteurs, de l’alcool et des résines de charge.

A l’état jeune, les gousses et les feuilles d’arachide se consomment en légume ; en Afrique de l’Ouest, on ajoute les feuilles aux soupes. Le feuillage est un fourrage important, particulièrement au Sahel ; il peut se consommer frais, en foin ou ensilé. Dans le sud de l’Inde, les fanes sont parfois utilisées comme engrais vert.

L’arachide a toutes sortes d’usages en médecine traditionnelle africaine. Des extraits de gousses se prennent comme galactagogue, et sous forme de gouttes dans l’œil pour traiter la conjonctivite. Des macérations de graines décortiquées se boivent pour traiter la blennorragie, tandis que les macérations de téguments sont employées contre la syphilis et que les macérations de téguments et de coques s’appliquent contre l’ophtalmie. Le jus des feuilles et des graines broyées s’administre en goutte dans l’oreille contre les écoulements auriculaires. Des macérations de feuilles se boivent comme diurétique. Des infusions de feuilles se boivent contre la stérilité féminine et en gouttes dans les yeux pour traiter les blessures oculaires et la cataracte. La cendre de plante mêlée à du sel s’applique sur les caries. De jeunes plantes et des extraits de gousses ont la réputation d’avoir des vertus aphrodisiaques. La plante sert également à soulager la toux et on lui prête des vertus émollientes et adoucissantes ; on en prend des émulsions pour traiter la pleurésie, l’entérite (y compris la colique), et la dysurie.

Les agglutinines (lectines) tirées des graines d’arachide servent souvent dans la recherche médicale pour procéder à des investigations histochimiques.

Production et commerce international

D’après les statistiques de la FAO, la moyenne de la production mondiale d’arachide en gousses en 1999–2003 avoisinait 34,4 millions de t/an sur 24,4 millions d’ha. Les principaux pays producteurs sont la Chine (14,0 millions de t/an en 1999–2003, sur 4,9 millions d’ha), l’Inde (6,1 millions de t/an sur 6,7 millions d’ha), le Nigeria (2,8 millions de t/an sur 2,7 millions d’ha), les Etats-Unis (1,7 million de t/an sur 0,5 million d’ha), l’Indonésie (1,3 million de t/an sur 0,7 million d’ha) et le Soudan (1,1 million de t/an sur 1,7 million d’ha). La production totale en Afrique subsaharienne était de 8,2 millions de t/an sur 9,5 millions d’ha.

La moyenne des exportations mondiales de graines d’arachide s’est chiffrée à 1,1 million de t/an en 1998–2002. Les principaux exportateurs étaient la Chine (321 000 t/an), l’Argentine (201 000 t/an) et les Etats-Unis (171 000 t/an). Les exportations de graines d’arachide provenant d’Afrique subsaharienne atteignaient 64 000 t/an, la Gambie étant l’exportateur principal (26 000 t/an). Quant aux gousses d’arachide, la moyenne mondiale des exportations en 1998–2002 n’était que de 176 000 t/an, la Chine étant l’exportateur principal (73 000 t/an). Les exportations de gousses d’arachide d’Afrique subsaharienne étaient négligeables.

Pour l’huile d’arachide, la production mondiale en 1999–2003 était de 5,1 millions de t/an. Les principaux producteurs étaient la Chine (2,0 millions de t/an), l’Inde (1,4 million de t/an), le Nigeria (480 000 t/an), le Sénégal (178 000 t/an) et le Soudan (162 000 t/an). La production en Afrique subsaharienne était de 1,2 million de t/an. La production mondiale de tourteau d’arachide en 1999–2003 était de 6,9 millions de t/an, venant principalement de Chine (2,6 millions de t/an), d’Inde (1,9 million de t/an) et du Nigeria (750 000 t/an). La production en Afrique subsaharienne était de 1,6 million de t/an.

La moyenne des exportations d’huile d’arachide en 1998–2002 s’est chiffrée à 271 000 t/an, les principaux exportateurs étant le Sénégal (83 000 t/an) et l’Argentine (69 000 t/an). Le volume total d’huile exporté par l’Afrique subsaharienne était de 114 000 t/an. Les principaux importateurs étaient la France (68 000 t/an), l’Italie (46 000 t/an) et les Etats-Unis (25 000 t/an). La moyenne des exportations de tourteau s’est chiffrée à 280 000 t/an. Les principaux exportateurs étaient le Sénégal (103 000 t/an), l’Argentine (51 000 t/an), l’Inde (43 000 t/an) et le Soudan (35 000 t/an). Les exportations totales de tourteau d’arachide d’Afrique subsaharienne étaient de 143 000 t/an. Les principaux importateurs étaient la France (129 000 t/an) et la Thaïlande (53 000 t/an).

Propriétés

Les graines mûres d’arachide contiennent, par 100 g de partie comestible (moyenne de plusieurs types, qui ne font apparaître que peu de différence) : eau 6,5 g, énergie 2374 kJ (567 kcal), protéines 25,8 g, lipides 49,2 g, glucides 16,1 g, fibres alimentaires 8,5 g, Ca 92 mg, Mg 168 mg, P 376 mg, Fe 4,6 mg, Zn 3,3 mg, vitamine A 0 UI, thiamine 0,64 mg, riboflavine 0,14 mg, niacine 12,1 mg, vitamine B6 0,35 mg, folates 240 μg et acide ascorbique 0 mg. La composition en acides aminés essentiels, par 100 g de partie comestible, est : tryptophane 250 mg, lysine 926 mg, méthionine 317 mg, phénylalanine 1337 mg, thréonine 883 mg, valine 1082 mg, leucine 1672 mg et isoleucine 907 mg. Les principaux acides gras, par 100 g de partie comestible, sont : acide oléique 23,7 g, acide linoléique 15,6 g et acide palmitique 5,2 g (USDA, 2004).

Les graines d’arachide donnent 42–56% d’huile. Cette huile contient 36–72% d’acide oléique, 13–48% d’acide linoléique et 6–20% d’acide palmitique. La proportion entre l’acide oléique et l’acide linoléique a une incidence importante sur la stabilité de l’huile ; plus cette proportion est élevée, plus l’huile est stable et plus longue est sa durée de conservation. Ce ratio peut varier de 1,0 à plus de 3,0 dans les graines mûres ; s’il est supérieur à 1,3, il est généralement considéré comme satisfaisant par les transformateurs. Le tourteau contient 40–50% de protéines facilement assimilables, 20–25% de glucides et 5–15% d’huile résiduelle.

Les gousses d’arachide ont une épaisse coque ligneuse et contiennent d’ordinaire 2–3 graines. Le tégument représente environ 4–5% du poids des graines, les cotylédons 90–94% et le germe 3–4%. Les composants principaux du tégument sont des glucides, de la cellulose et des protéines. L’huile et les protéines sont les principaux éléments constitutifs du germe et des cotylédons. Le germe est associé à des composants amers.

Un important problème de la production d’arachide est la contamination à l’aflatoxine par les champignons du genre Aspergillus. L’aflatoxine a des effets immunosuppresseurs et des travaux d’épidémiologie ont montré, en Afrique également, qu’il existe une corrélation positive entre l’absorption d’aflatoxine et les cas de cancer du foie. Après extraction industrielle de l’huile, l’aflatoxine subsiste dans le tourteau, et l’huile raffinée en est exempte ; mais dans le cas d’une extraction à petite échelle, l’huile non raffinée peut être contaminée. L’arachide fait partie des aliments les plus allergènes que l’on connaisse et il peut provoquer des réactions anaphylactiques. Les graines d’arachide contiennent un facteur hémostatique qui peut servir dans les cas d’hémophilie. L’huile est modérément laxative.

Falsifications et succédanés

L’huile d’arachide peut être remplacée par d’autres huiles végétales, comme l’huile de maïs, de soja ou de tournesol.

Description

  • Plante herbacée annuelle, à tige érigée ou prostrée atteignant 70 cm de long ; système racinaire constitué d’une racine pivotante bien développée à nombreuses racines latérales s’enfonçant jusqu’à 135 cm de profondeur, mais cantonnées généralement aux couches superficielles du sol.
  • Feuilles disposées en spirale, 4-foliolées à deux paires de folioles opposées ; stipules de 1,5–4 cm de long, pourvues d’une mince extrémité libre, mais rattachées au pétiole sur la moitié de leur longueur ; pétiole de 1,5–7 cm de long ; pétiolules de 1–2 mm de long ; folioles obovales ou elliptiques, de 1–7 cm × 0,5–3 cm, cunéiformes-arrondies à la base, arrondies ou émarginées et mucronées à l’apex.
  • Inflorescence : épi axillaire, à 2–5 fleurs.
  • Fleurs bisexuées, papilionacées, sessiles ; réceptacle long et mince, ayant l’apparence d’un pédicelle, atteignant 4 cm de long ; calice à 4 lobes supérieurs soudés, lobe inférieur libre ; corolle jaune pâle à rouge orangé, rarement blanche, étendard arrondi, d’environ 1,5 cm × 1,5 cm, ailes plus courtes, carène incurvée ; étamines (8–)10, tantôt à petites anthères globuleuses tantôt à anthères plus grosses et oblongues, soudées à la base ; ovaire supère mais situé à la base du tube du réceptacle, style libre à l’intérieur du tube, très long, terminé par un minuscule stigmate en massue.
  • Fruit : gousse de 1–8 cm × 0,5–2 cm, oblongue ou en forme de saucisse, portée à l’extrémité d’un pédoncule allongé (carpophore) qui atteint 20 cm de long, à surface diversement étranglée entre les graines et à nervures réticulées, à 1–6 graines.
  • Graines cylindriques à ovoïdes, de 1–2 cm × 0,5–1 cm, à extrémités pointues ou aplaties, enfermées dans un mince tégument papyracé dont la couleur va du blanc au violet foncé.
  • Plantule à germination épigée ; cotylédons épais et charnus.

Autres données botaniques

Le genre Arachis comprend environ 70 espèces, toutes réparties en Amérique du Sud. Le centre d’origine d’Arachis est la région du Mato Grosso, au Brésil. Arachis hypogaea est de loin l’espèce la plus importante du genre sur le plan économique, mais plusieurs autres espèces ont été cultivées pour leurs graines, notamment Arachis villosulicarpa Hoehne et Arachis stenosperma Krapov. & W.C. Greg.

Des niveaux importants de résistance à de nombreuses maladies et ravageurs de l’arachide ont été trouvés chez d’autres espèces d’Arachis. Nombre de ces espèces sont étroitement apparentées à l’arachide ; parmi elles, on trouve les 26 espèces qui constituent la section Arachis avec Arachis hypogaea. Plusieurs espèces diploïdes ont été suggérées comme progéniteurs sauvages de l’arachide, mais des études moléculaires et cytogénétiques indiquent que Arachis duranensis Krapov. & W.C. Greg. et Arachis ipaensis Krapov. & W.C. Greg. sont les espèces les plus proches des progéniteurs de l’arachide domestiquée, qui est allotétraploïde. Arachis monticola Krapov. & Rigoni est la seule autre espèce tétraploïde de cette section ; très proche d’Arachis hypogaea, elle peut être la descendante directe de l’hybride originel entre les deux espèces de progéniteurs diploïdes.

Des hybrides entre Arachis hypogaea et d’autres Arachis ont été produits par hybridation directe, et en créant d’abord des autotétraploïdes ou des allotétraploides issus des espèces diploïdes, avant de réaliser les croisements. Les hybrides présentent des niveaux de stérilité élevés, dus à des différences dans les niveaux de ploïdie et à une incompatibilité des génomes.

Il existe une variabilité considérable chez Arachis hypogaea, et on a distingué deux sous-espèces : subsp. hypogaea et subsp. fastigiata Waldron. La subsp. hypogaea (type prostré) se caractérise par un port prostré, sans rameaux floraux sur la tige principale, et avec des rameaux latéraux cotylédonaires qui portent des paires alternées de rameaux secondaires végétatifs et floraux ; elle a habituellement un cycle long. Elle comprend les types d’arachide “Virginia”. La subsp. fastigiata (type érigé) se caractérise par un port érigé avec des rameaux floraux sur la tige principale, et des rameaux végétatifs et floraux n’alternant pas régulièrement ; et elle a un cycle court. Elle comprend les types “Spanish” et “Valencia”.

La plupart des cultivars d’arachide produits en Afrique de l’Ouest appartiennent à la subsp. hypogaea ; et la plupart de ceux que l’on trouve en Afrique de l’Est à la subsp. fastigiata. La subsp. hypogaea est surtout une arachide de bouche tandis que la subsp. fastigiata, qui a une plus forte teneur en huile, est surtout utilisée comme oléagineux.

Croissance et développement

Les graines des types “Virginia” ont une dormance de 1–3 mois, alors que les types “Spanish” et “Valencia” ne sont pas dormants. La température optimale du sol pour la germination des graines est de 25–30°C. Les températures basses retardent la germination et le développement et augmentent le risque de maladies des semis. Lors de la germination, la racine primaire s’allonge rapidement, atteignant 10–12 cm avant que les racines latérales n’apparaissent. Au fur et à mesure de la croissance, la couche externe de la racine primaire se détache, ce qui empêche les poils racinaires de se former. La ramification est dimorphique, présentant des rameaux végétatifs et des rameaux floraux réduits. Des rameaux secondaires et tertiaires peuvent se développer à partir des rameaux végétatifs primaires. La floraison peut débuter dès 20 jours après le semis, mais le fait plus couramment à 30–40 jours. Le nombre de fleurs produites chaque jour diminue au fur et à mesure que les graines mûrissent. Jusqu’à 50% des embryons peuvent avorter même dans des conditions de milieu idéales, mais ce pourcentage s’élève nettement en période de sécheresse ou d’autres stress écologiques. Cependant, les plantes peuvent produire une seconde récolte de graines si elles disposent encore d’assez d’humidité. L’arachide est autogame, mais il peut y avoir des allofécondations lorsque les abeilles pollinisent les fleurs. Si l’arachide produit généralement plus de fleurs en conditions de jours longs, son efficacité reproductive est meilleure par jours courts. Dans une inflorescence, les fleurs ne s’ouvrent qu’à raison d’une à la fois. Après l’anthèse, elles se flétrissent en moins de 24 heures. La fécondation intervient généralement dans les 6 heures qui suivent la pollinisation, lorsque la partie basale de l’ovaire commence à s’allonger pour former le carpophore. L’embryon amorce une phase de croissance jusqu’à atteindre un stade à 8–16 cellules. Il entre ensuite dans une période de quiescence au cours des 5–15 jours dont a besoin le carpophore pour pénétrer dans le sol. Une fois en terre, le carpophore cesse de s’allonger un ou deux jours après et l’embryon reprend alors sa croissance. Chez les espèces sauvages d’Arachis, le carpophore peut continuer à croître jusqu’à atteindre une longueur de près de 2 m.

Les graines des cultivars du type “Spanish” mûrissent d’habitude en 90–120 jours après le semis, tandis que les cultivars du type “Virginia” mettent au moins 130 jours. Des gousses de même taille peuvent présenter des différences significatives en termes de maturité et de poids des graines.

D’habitude, la nodulation de l’arachide est réalisée efficacement avec des bactéries fixatrices d’azote Bradyrhizobium. Du fait de l’absence de poils racinaires, les bactéries infectent la racine par des fissures dans l’épiderme à proximité de poils multicellulaires situés à la base de la racine.

Ecologie

La moyenne journalière optimale de températures pour la croissance de l’arachide est de 27–30°C ; la croissance s’arrête lorsque les températures tombent en dessous de 15°C. L’arachide est cultivée principalement dans les régions où la pluviométrie annuelle moyenne est de 500–1000 mm ; des précipitations de 500–600 mm, bien réparties sur toute la saison de croissance, permettent une production satisfaisante. Cependant, l’arachide est tolérante à la sécheresse et peut supporter un important manque d’eau, mais cela fait chuter son rendement. La maturation et la récolte exigent une période sans pluie. La phénologie de l’arachide est déterminée avant tout par les températures, qui lorsqu’elles sont fraîches retardent la floraison. En milieu contrôlé, on a démontré que la photopériode avait une influence sur la proportion de fleurs produisant des gousses et sur la distribution des assimilats entre les structures végétatives et reproductives (indice de récolte) chez certains cultivars. Des photopériodes longues (supérieures à 14 heures) augmentent généralement la croissance végétative tandis que les photopériodes courtes (inférieures à 10 heures) augmentent la croissance reproductive. L’arachide peut être cultivée jusqu’à 1500 m d’altitude.

Les meilleurs sols à arachide sont des limons sableux profonds (d’au moins 30–40 cm), friables, bien drainés, bien approvisionnés en calcium, ainsi qu’en matière organique mais en quantité modérée. Il importe de maintenir le pH à un niveau quasi neutre et le rapport Ca :K en dessous de 3.

Multiplication et plantation

L’arachide se multiplie par graines, mais la multiplication végétative par bouturage est possible. Le poids de 1000 graines va de 150 à plus de 1300 g. Il est essentiel pour que la culture s’établisse correctement de semer des semences de haute qualité dans un lit de semis bien travaillé et bien humide. Les graines d’arachide s’enfouissent souvent à 4–7 cm de profondeur, à raison de 60–80 kg/ha. Les gousses destinées à produire des semences sont souvent décortiquées à la main 1–2 semaines avant le semis. On ne choisit que les gousses complètement mûres. Avant semis, on peut traiter les graines avec un fongicide pour prévenir les maladies des semis. En général, un semis précoce améliore les rendements et la qualité des graines. De plus, les cultures semées tôt courent moins de risques de souffrir de maladies telles que le virus de la rosette. Toutefois, la bonne date de semis dépend de la longueur du cycle du cultivar. Les types “Spanish”, à petites graines, sont espacés de 60–75 cm entre les lignes et de 10 cm sur la ligne. Cela donne un peuplement optimal de 133 000–167 000 pieds à l’ha. Pour les types “Virginia”, à grosses graines, l’espacement est de 75 cm entre les lignes et de 15 cm sur la ligne, ce qui donne un peuplement optimal de 89 000 pieds à l’ha. La culture de l’arachide peut être pratiquée à plat, ou sur billons comme c’est souvent le cas au Malawi. Sur billons, l’arachide tend à donner des rendements plus élevés, sans doute parce qu’il y a davantage de sol meuble, ce qui favorise le développement des gousses et facilite leur arrachage.

En Afrique tropicale, l’arachide se cultive seule ou en association entre des lignes de céréales telles que maïs, sorgho ou mil.

Gestion

L’arachide ne concurrence pas bien les adventices, surtout au début de son développement. Il faut désherber à fond au cours des premiers 45 jours. Une fois que le carpophore commence à se développer, on pratique un minimum de buttage. A ce stade, les mauvaises herbes sont arrachées à la main. On peut avoir recours à des herbicides en pré- et post-levée pour éradiquer les adventices, mais pour la plupart des paysans d’Afrique ils sont trop coûteux. Dans les bons systèmes de rotation, l’arachide bénéficie de la fertilité résiduelle : en effet, on ne redonne en général pas d’engrais si on a semé sur une terre correctement cultivée et déjà traitée avec un engrais équilibré. Mais pour s’assurer que la culture s’établisse bien, qu’elle donne un rendement élevé et des graines de bonne qualité, il faut épandre un engrais contenant du Ca, comme du gypse ou du superphosphate simple. Le calcium est absorbé directement par les gousses s’il y a suffisamment d’humidité dans le sol. Un déficit en Ca à l’endroit où elles se développent donne des gousses vides, surtout chez les cultivars du type “Virginia”. L’arachide est habituellement une culture pluviale, mais au Soudan, elle se pratique sous irrigation.

De préférence, il faut éviter de cultiver l’arachide plus d’une fois sur le même terrain dans une période de trois ans pour limiter les dégâts causés par les maladies propagées par le sol, les nématodes et les adventices. Adaptée à toutes sortes de rotations, elle peut suivre n’importe quelle culture bien nettoyée, comme le maïs, le sorgho, le mil, le manioc, la patate douce ou le tournesol. Afin de réduire les cas de maladies et de ravageurs, l’arachide ne doit pas être semée après le coton ou le tabac. Elle réussit bien sur les terres vierges ou immédiatement à la suite d’une culture prairiale ou d’une espèce bien fertilisée comme le maïs.

L’intensité des soins qu’elle reçoit, extrêmement variable d’une région du monde à l’autre, dépend de son rendement économique ou du rôle que joue l’arachide dans le système agricole. Aux Etats-Unis, en Australie et dans certaines régions d’Amérique du Sud, l’arachide est une culture intensive pratiquée généralement avec beaucoup d’intrants mécaniques et chimiques. Dans de nombreux pays, l’arachide est une culture de rente destinée surtout à l’export.

Maladies et ravageurs

L’arachide est sensible à un grand nombre de maladies, telles que la cercosporose précoce (Cercospora arachidicola), la cercosporose tardive (Cercosporidium personatum, synonyme : Cercospora personata), la rouille (Puccinia arachidis), la rosette de l’arachide (provoquée par un complexe de 3 agents : le virus de la rosette de l’arachide (GRV), le virus assisteur de la rosette de l’arachide (GRAV), et un ARN satellite) et la contamination à l’aflatoxine provoquée par les champignons Aspergillus. Les maladies foliaires de l’arachide figurent parmi les plus importants facteurs limitants du rendement en production arachidière. Les cercosporoses précoce et tardive combinées à la rouille peuvent entraîner des pertes de rendement atteignant 70% ; même lorsqu’on emploie des fongicides, il y a quand même des réductions significatives de rendement. Un traitement fongicide à l’apparition de la maladie constitue un moyen de lutte efficace contre ces deux cercosporoses. Un poudrage des feuilles au soufre, en début de matinée lorsqu’il y a encore de la rosée, serait efficace aussi bien contre la cercosporose précoce que la cercosporose tardive. On a aussi observé que le recours au soufre augmentait le maintien des feuilles sur la plante, augmentant ainsi la quantité de tiges feuillées disponibles pour l’alimentation du bétail. Parmi les pratiques culturales pour lutter contre les cercosporoses, on peut citer la rotation des cultures et le brûlage des résidus de culture. Des cultivars offrant une résistance partielle aux cercosporoses ont été mis au point. La rouille apparaît en général de façon sporadique et sans gravité, mais elle peut tout de même entraîner jusqu’à 40% de pertes lorsqu’une infestation se déclare. Les pratiques culturales et les mesures de lutte fongicide conseillées pour les cercosporoses s’appliquent aussi à la rouille. Des cultivars résistants sont disponibles. Le virus de la rosette, transmise par le puceron Aphis craccivora, est endémique de l’Afrique subsaharienne et très répandu au Ghana, au Nigeria, au Malawi et en Zambie. C’est la maladie la plus destructrice de l’arachide, puisqu’elle conduit à des pertes de rendement de 30–100%. Un semis précoce à densité de plantation élevée empêche la propagation de la rosette en procurant au sol un couvert végétal complet le plus tôt possible, ce qui limite le déplacement des pucerons. On cultive couramment des cultivars résistants à la rosette en Afrique. Au Malawi, une pratique courante des paysans est d’intercaler l’arachide et le niébé pour lutter contre la rosette. Les champignons Aspergillus peuvent envahir les gousses et les graines d’arachide et produire les substances toxiques connues sous le nom d’aflatoxines. Le produit contaminé, parfois toxique pour les humains et le bétail, ne peut être exporté. La contamination à l’aflatoxine affecte aussi les semences, et entraîne un faible taux de germination et un médiocre établissement des semis. Elle peut se produire avant la récolte, lors du séchage au champ et en séchoir, ainsi que lors du stockage. La contamination avant récolte peut être très importante en cas de sécheresse. La contamination après récolte se produit si les gousses ou les graines s’humidifient ou s’abîment. On a recours à diverses méthodes pour combattre l’aflatoxine. Il s’agit notamment d’éviter que les outils endommagent les gousses ou les graines lors du désherbage, de la récolte et du stockage, de récolter dès que les gousses sont mûres, de procéder correctement au séchage au champ et au séchoir, et de conserver en coques à basse température à l’abri de l’humidité.

Les nématodes à galles (Meloidogyne spp.) peuvent quant à eux provoquer des pertes considérables de rendement chez l’arachide ; on peut lutter contre eux en pratiquant la rotation des cultures.

A l’échelle mondiale, les insectes ravageurs les plus importants sont notamment des pucerons (Aphis craccivora), des thrips (Frankliniella spp.), des cicadelles (Empoasca dolichi et Hilda patruelis), des vers blancs (larves de différents coléoptères) et des termites (surtout Microtermes sp.). Les ténébrions et les mille-pattes semblent moins fréquents. En général, les ravageurs du sol sont responsables de dégâts plus importants que les insectes suceurs ou phyllophages. Toutefois, les pucerons sont particulièrement nuisibles car ce sont eux qui transmettent le virus de la rosette. En Asie et en Afrique, les vers blancs, les termites, les mille-pattes, et les fourmis sont d’importants ravageurs ; aux Etats-Unis la petite pyrale du maïs (Elasmopalpus lignosellus) et la chrysomèle des racines du maïs (Diabrotica undecimpunctata) sont les principaux insectes ravageurs de l’arachide. Parmi les ravageurs qui s’attaquent aux gousses et aux graines stockées figurent des bruches (Caryedon serratus, Callosobruchus spp., Acanthoscelides spp.) et des vers de la farine (Tribolium spp.).

On a observé enfin que des plantes parasites (Alectra vogelii Benth. et Striga spp.) provoquaient des dégâts à l’arachide dans différents pays africains.

Récolte

Le modèle de floraison indéterminé de l’arachide rend difficile la prévision de la date de récolte, pourtant d’autant plus cruciale que le rendement et la qualité en dépendent. Une récolte effectuée au bon moment garantit qu’un maximum de gousses ait atteint le poids le plus élevé et évite qu’elles ne tombent. Il existe des méthodes pour déterminer le meilleur moment pour récolter l’arachide, mais certaines dépendent des conditions de milieu ou bien leur coût est prohibitif. A l’heure actuelle, seules les méthodes de l’écossage et du grattage de la gousse sont couramment utilisées pour déterminer la maturité de l’arachide. La méthode de l’écossage s’appuie sur des changements de couleur à l’intérieur de la paroi de la gousse (coque) qui surviennent au cours de la maturation de la gousse. Chez la plupart des cultivars, la surface interne de la paroi de la gousse, d’abord blanche, se couvre en grande partie de taches brunes ou noires. Au même moment, la couleur du tégument de la graine passe du blanc au rose foncé ou au marron. On prélève un échantillon de plantes et on ouvre les gousses. On détermine le pourcentage de gousses dont l’intérieur de la paroi est de couleur foncée. Il faut commencer à récolter lorsqu’on atteint 60–80%, mais les préconisations diffèrent. La méthode de l’écossage est employée partout parce qu’on peut la mettre en œuvre au champ sans manipuler davantage les gousses, qu’elle ne demande aucun outillage et qu’elle apporte une réponse immédiate. La méthode du grattage de la gousse, mise au point au début des années 1990, est aujourd’hui acceptée comme le moyen le plus fiable pour évaluer la maturité des types prostrés. Elle repose sur le fait que le mésocarpe de la cosse (zone située juste en dessous de la couche externe brun pâle de la cosse) passe successivement du blanc au jaune, puis à l’orange, au brun et au noir au cours de la maturation. Il faut disposer de référentiels de couleurs et d’un couteau de poche pour gratter la surface de la cosse.

Dans la plupart des pays africains, ainsi qu’en Asie, la récolte est effectuée manuellement. Aux Etats-Unis, la récolte se fait normalement à l’aide d’une machine qui soulève, secoue et retourne les plantes. Lorsqu’on récolte à la main, on dégage les plantes à la houe, on les arrache, puis on les retourne afin d’exposer les gousses au soleil pour faciliter leur séchage. Une fois sèches, on arrache les gousses des plantes. Avec les moissonneuses mécaniques, les plantes sont soulevées proprement du sol et déposées retournées en andains. Les gousses doivent rester en andains jusqu’à ce que l’humidité soit de 18–24% en moyenne. Elles sont ensuite ramassées à l’aide d’une moissonneuse-batteuse. Les précipitations pendant l’andainage peuvent favoriser le développement de moisissures qui réduisent la qualité des graines pour la transformation.

Rendement

En Afrique tropicale, le rendement moyen en gousses d’arachide au début des années 2000 avoisinait les 850 kg/ha, chiffre à peine supérieur à la moyenne de rendement des années 1970 (730 kg/ha). La moyenne des rendements en gousses dans les pays d’Afrique tropicale va de 300–1000 kg/ha. La moyenne mondiale quant à elle a augmenté, passant de 0,9 t/ha de gousses dans les années 1970 à 1,4 t/ha au début des années 2000. Avec de bonnes pratiques culturales et des moyens de lutte appropriés contre les maladies, on peut arriver à des rendements atteignant 5 t/ha. En moyenne, 100 kg de gousses produisent 70 kg de graines, contenant 35 kg d’huile.

Traitement après récolte

La qualité du produit est étroitement liée à la date et à la méthode de récolte ainsi qu’au séchage ; chaque étape est décisive pour obtenir cette qualité ou la maintenir. On fait sécher les gousses d’arachide jusqu’à ce qu’elles ne contiennent plus que 10% d’humidité environ. Se débarrasser des impuretés tôt aide à maintenir la qualité au cours du stockage. Du matériel de nettoyage destiné à l’élimination de ces impuretés a été mis au point, et fait appel à des cribles ou des grilles à bande.

Le stockage des gousses se fait au grenier, en bidons, en bacs, en silos de béton, dans des entrepôts ou à l’air libre. Lors du stockage, la ventilation est déterminante pour empêcher l’accumulation d’humidité susceptible de favoriser le développement de moisissures et la production d’aflatoxine. Les excès de chaleur doivent être évités. Les sites de stockage doivent être fréquemment inspectés pour vérifier qu’il n’y a pas d’humidité ou d’insectes, ceux-ci pouvant entraîner une forte baisse de la qualité. Les graines peuvent être protégées des dégâts mécaniques en les conservant et en les transportant en gousses. Dans de nombreuses régions, l’arachide n’est décortiquée que lorsqu’elle est sur le point d’être utilisée ou vendue ; sur les marchés locaux, ce sont surtout des gousses entières qui sont proposées à la vente. Le décorticage mécanique et le décorticage manuel sont aussi courants l’un que l’autre.

Depuis le lieu de stockage, les arachides sont transportées à des centres de décorticage où les gousses sont calibrées, nettoyées et décortiquées, puis les graines sont séparées selon leur calibre commercial. Le décorticage peut endommager les graines. 100 kg de gousses produisent 60–80 kg de graines. La plupart du temps, les graines d’arachide se conservent un an à 1–5°C et à 50–70% d’humidité relative sans perte de qualité. Elles ont tendance à absorber les gaz et les goûts étrangers, ce qui est à éviter.

L’extraction d’huile se fait par pression-extraction, par pression hydraulique, par extraction par solvant, ou une combinaison de ces méthodes. Mais c’est la pression-extraction qui est la plus courante.

Ressources génétiques

L’Institut international de recherche sur les plantes cultivées des zones tropicales semi-arides (ICRISAT) de Patancheru, en Inde, détient la collection la plus importante de types d’arachide, avec plus de 15 000 entrées, qui diffèrent par leur nombreux caractères végétatifs, reproductifs, physiologiques et biochimiques, dont la réaction aux stress biotiques et abiotiques. Un double de cette collection est maintenu dans une banque de gènes régionale à Niamey, au Niger. D’autres grandes collections de ressources génétiques d’arachide sont détenues aux Etats-Unis (Southern Regional Plant Introduction Station, à Griffin, en Géorgie, 9000 entrées), en Inde (National Research Centre for Groundnut (NRCG), Junagadh, 8000 entrées) et en Chine (Institute of Crop Germplasm Resources (CAAS), Pékin, 5400 entrées ; Institute of Oil Crops Research, de Wuhan, 5700 entrées). En Afrique tropicale, d’importantes collections de ressources génétiques sont détenues au Sénégal (Centre national de recherche agronomique de Bambey, 900 entrées), en Ouganda (Serere Agricultural and Animal Production Research Institute, Serere, 900 entrées) et au Malawi (Plant Genetic Resources Centre, Chitedze Agricultural Research Station, à Lilongwe, 500 entrées). L’ARC Grain Crops Institute de Potchefstroom, en Afrique du Sud, a une collection de 850 entrées. Les collections réduites (“core collections”) qui ont été mises en place sont utiles pour mettre au point des modèles destinés à l’acquisition future de ressources génétiques et à l’évaluation de la résistance aux maladies. Des prospections supplémentaires sont nécessaires pour la plupart des régions de production arachidière, dont les variétés locales se voient rapidement remplacées par des cultivars modernes.

Sélection

Les travaux d’amélioration de l’arachide ont beaucoup augmenté lorsque le programme de l’ICRISAT a été instauré en 1976. Diverses populations de sélection sont en cours d’expérimentation dans des programmes régionaux d’Afrique subsaharienne et d’Asie. La plupart de ces programmes sont menés par des instituts publics. Les objectifs d’amélioration de l’arachide ont porté surtout sur son adaptation aux marchés régionaux et aux systèmes de production. Tous les programmes visent à améliorer la productivité de l’espèce et sa résistance aux maladies. Les travaux entrepris à grande échelle pour évaluer les ressources génétiques des Arachis sauvages ont abouti à l’identification de sources de résistance utiles à de nombreuses maladies. Il y a eu récemment des initiatives destinées à améliorer le goût et la qualité de la graine. Les travaux de sélection pour la résistance à la contamination à l’aflatoxine ont fait l’objet d’une attention accrue, et la sélection de cultivars à cycle court et résistants à la sécheresse a la priorité dans de nombreux programmes. Les méthodes courantes d’amélioration de l’arachide sont la sélection généalogique normale ou différée et la filiation monograine. L’amélioration par rétrocroisement n’a pas été beaucoup utilisée étant donné que la plupart des caractères de l’arachide d’importance économique sont hérités de façon quantitative. Parmi les principales contraintes qui s’opposent à une amélioration génétique rapide, citons : le lien étroit entre les gènes de résistance aux maladies et les locus conférant aux gousses et aux graines des caractéristiques indésirables ; le cycle plus long, la moindre allocation des assimilats aux graines et la sensibilité à la photopériode plus élevée du matériel génétique résistant aux maladies par rapport au matériel d’élite d’un point de vue agronomique, qui sont sensibles aux maladies ; les fortes interactions génotype × environnement pour les caractères d’importance économique ; et l’introgression limitée des gènes des espèces sauvages d’Arachis vers l’arachide cultivée.

Des cartes de liaison génétique de l’arachide ont été dressées à l’aide de divers marqueurs, mais le niveau de saturation est insuffisant pour procéder à une application de routine en sélection moléculaire. Un système efficace de culture de tissus et de transformation de l’arachide a été mis au point et des plantes transgéniques ont été produites à l’aide de méthodes biolistiques et au moyen d’Agrobacterium.

Perspectives

L’arachide reste une espèce cultivée extrêmement utile, puisqu’elle procure aussi bien des aliments, de l’huile et des aliments du bétail que du combustible pour la maison, et qu’elle constitue également une ressource complémentaire de revenus en tant que culture de rente. Mais les faibles rendements et la sensibilité de l’arachide aux maladies posent de gros problèmes à sa culture en Afrique tropicale. De nombreux cultivars restent sensibles aux cercosporoses précoce et tardive et à la rouille, la résistance semblant être liée à un cycle long et à des caractéristiques indésirables de la gousse et de la graine. Le développement de cultivars à haut rendement dotés de résistance aux maladies (en particulier les cercosporoses et la rouille) et d’une adaptation aux systèmes de production africains reste par conséquent le grand défi à relever par les sélectionneurs. L’utilisation des marqueurs ADN pourra leur permettre d’associer la résistance aux stress biotiques et abiotiques à une productivité accrue et une meilleure qualité des graines. Le recours aux outils de la biotechnologie va s’intensifier pour effectuer la caractérisation à grande échelle des ressources génétiques et venir à bout de certaines des contraintes qui pèsent sur la production de l’arachide (comme les problèmes de maladies).

Références principales

  • Dwivedi, S.L., Crouch, J.H., Nigam, S.N., Ferguson, M.E. & Paterson, A.H., 2003. Molecular breeding of groundnut for enhanced productivity and food security in the semi-arid tropics: opportunities and challenges. Advances in Agronomy 80: 153–221.
  • Knauft, D.A. & Ozias-Akins, P., 1995. Recent methodologies for germplasm enhancement and breeding. In: Patte, H.E. & Stalker, H.T. (Editors). Advances in peanut science. American Peanut Research and Education Society, Stillwater, Oklahoma, United States. pp. 54–94.
  • Knauft, D.A. & Wynne, J.C., 1995. Peanut breeding and genetics. Advances in Agronomy 55: 393–445.
  • Kokalis-Burelle, N., Porter, D.M., Rodríguez-Kábana, R., Smith, D.H. & Subrahmanyam, P. (Editors), 1997. Compendium of peanut diseases. 2nd Edition. APS Press American Phytopathological Society, St. Paul, Minnesota, United States. 94 pp.
  • Krapovickas, A. & Gregory, W.C., 1994. Taxonomia del genero Arachis (Leguminosae). Bonplandia 8(1-4): 1–186.
  • Melouk, H.A. & Shokes, F.M. (Editors), 1995. Peanut health management. APS Press American Phytopathological Society, St. Paul, Minnesota, United States. 117 pp.
  • Shorter, R. & Patanothai, A., 1989. Arachis hypogaea L. In: van der Maesen, L.J.G. & Somaatmadja, S. (Editors). Plant Resources of South-East Asia No 1. Pulses. Pudoc, Wageningen, Netherlands. pp. 35–39.
  • Smartt, J. (Editor), 1994. The groundnut crop: a scientific basis for improvement. Chapman and Hall, London, United Kingdom. 734 pp.
  • Stalker, H.T., 1997. Peanut (Arachis hypogaea L.). Field Crops Research 53: 205–217.
  • Wynne, J.C., Beute, M.K. & Nigam, S.N., 1991. Breeding for disease resistance in peanut. (Arachis hypogaea L). Annual Review of Phytopathology 29: 279–303.

Autres références

  • Burkill, H.M., 1995. The useful plants of West Tropical Africa. 2nd Edition. Volume 3, Families J–L. Royal Botanic Gardens, Kew, Richmond, United Kingdom. 857 pp.
  • Clavel, D., 2002. Biotechnologies et arachide. Oléagineux, Corps Gras, Lipides 9(4): 206–211.
  • Clavel, D. & Gautreau, J., 1997. L’arachide. In: Charrier, A., Jacquot, M., Hamon, S. & Nicolas, D. (Editors). L’amélioration des plantes tropicales. Centre de coopération internationale en recherche agronomique pour le développement (CIRAD) & Institut français de recherche scientifique pour le développement en coopération (ORSTOM), Montpellier, France. pp. 61–82.
  • de Waele, D. & Swanevelder, C.J., 2001. Groundnut. In: Raemaekers, R.H. (Editor). Crop production in tropical Africa. DGIC (Directorate General for International Co-operation), Ministry of Foreign Affairs, External Trade and International Co-operation, Brussels, Belgium. pp. 747–763.
  • Gillett, J.B., Polhill, R.M., Verdcourt, B., Schubert, B.G., Milne-Redhead, E., & Brummitt, R.K., 1971. Leguminosae (Parts 3–4), subfamily Papilionoideae (1–2). In: Milne-Redhead, E. & Polhill, R.M. (Editors). Flora of Tropical East Africa. Crown Agents for Oversea Governments and Administrations, London, United Kingdom. 1108 pp.
  • ILDIS, 2005. World database of Legumes, Version 9,00. International Legume Database & Information Service. [Internet] http://www.ildis.org/. June 2005.
  • Isleib, T.G. & Wynne, J.C., 1992. Use of plant introductions in plant improvement. In: Shads, H.L. & Weiser, L.E. (Editors). Use of plant introductions in cultivar development. Part 2. CSSA Special Publication No 20. Crop Science Society of America, Madison, Wisconsin, United States. pp. 77–116.
  • Kochert, G., Stalker, H.T., Gimenes, M., Galgaro, L., Romero Lopes, C. & Moore, K., 1996. RFLP and cytogenetic evidence on the origin and evolution of allotetraploid domesticated peanut, Arachis hypogaea (Leguminosae). American Journal of Botany 83(10): 1282–1291.
  • Lynch, R.E. & Mack, T.P., 1995. Biological and biotechnical advances for insect management in peanut. In: Patte, H.E. & Stalker, H.T. (Editors). Advances in peanut science. American Peanut Research and Education Society, Stillwater, Oklahoma, United States. pp. 95–159.
  • McDonald, D., Reddy, D.V.R., Sharma, S.B., Mehan, V.K. & Subrahmanyam, P., 1998. Diseases of groundnut. In: Allen, D.J. & Lenné, J.M. (Editors). The pathology of food and pasture legumes. CAB International, Wallingford, United Kingdom. pp. 63–124.
  • Neuwinger, H.D., 2000. African traditional medicine: a dictionary of plant use and applications. Medpharm Scientific, Stuttgart, Germany. 589 pp.
  • Norden, A., Smith, O.D. & Gorbet, D.W., 1982. Breeding of the cultivated peanut. In: Patte, H. & Young, C. (Editors). Peanut science and technology. American Peanut Research and Education Society, Yaokum, Texas, United States. pp. 21–49.
  • Popelka, J.C., Terryn, N. & Higgins, T.J.V., 2004. Gene technology for grain legumes: can it contribute to the food challenge in developing countries? Plant Science 167: 195–206.
  • Purseglove, J.W., 1968. Tropical Crops. Dicotyledons. Longman, London, United Kingdom. 719 pp.
  • Sherwood, J.L., Beute, M.K., Dickson, D.W., Elliott, J.V., Nelson, R.S., Opperman, C.H. & Shew, B.B., 1995. Biological and biotechnological control advances in Arachis diseases. In: Patte, H.E. & Stalker, H.T. (Editors). Advances in peanut science. American Peanut Research and Education Society, Stillwater, Oklahoma, United States. pp. 160–206.
  • Singh, A.K., 1995. Groundnut. In: Smartt, J. & Simmonds, N.W. (Editors). Evolution of crop plants. 2nd Edition. Longman, London, United Kingdom. pp. 246–250.
  • Singh, A.K. & Nigam, S.N., 1997. Groundnut. In: Fuccillo, D., Sears, L. & Stapleton, P. (Editors). Biodiversity in trust: conservation and use of plant genetic resources in CGIAR Centres. Cambridge University Press, Cambridge, United Kingdom. pp. 114–127.
  • Steinman, H.A., 1996. ‘Hidden’ allergens in foods. The Journal of Allergy and Clinical Immunology 98(2): 241–250.
  • USDA, 2004. USDA national nutrient database for standard reference, release 17. [Internet] U.S. Department of Agriculture, Agricultural Research Service, Nutrient Data Laboratory, Beltsville Md, United States. http://www.nal.usda.gov/fnic/foodcomp. May 2005.
  • Wynne, J.C. & Gregory, W.C., 1981. Peanut breeding. Advances in Agronomy 34: 39–72.

Sources de l'illustration

  • Shorter, R. & Patanothai, A., 1989. Arachis hypogaea L. In: van der Maesen, L.J.G. & Somaatmadja, S. (Editors). Plant Resources of South-East Asia No 1. Pulses. Pudoc, Wageningen, Netherlands. pp. 35–39.

Auteur(s)

  • B.R. Ntare, International Crops Research Institute for Semi-Arid Tropics (ICRISAT), B.P. 320, Bamako, Mali

Citation correcte de cet article

Ntare, B.R., 2007. Arachis hypogaea L. In: van der Vossen, H.A.M. & Mkamilo, G.S. (Editors). PROTA (Plant Resources of Tropical Africa / Ressources végétales de l’Afrique tropicale), Wageningen, Netherlands. Consulté le 13 avril 2019.


  • Voir cette page sur la base de données Prota4U.