Anagyre (Cazin 1868)

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Ammi
Cazin, Traité des plantes médicinales, 1868
Ancolie
PLANCHE IV : 1. Anagyre. 2. Anémone S. 3. Aneth. 4. Ancolie. 5. Argentine.


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Nom accepté : Anagyris foetida


ANAGYRE FÉTIDE. Anagyris fœtida. L.

Anagyris fœtida. Bauh., T. — Bois-puant, anagyre.

LÉGUMINEUSES. — PODALYRIÉS. Fam. nat. — DÉCANDRIE MONOGYNIE.


Cet arbuste (Pl. IV), qu'on trouve en abondance sur les montagnes de la Grèce, de l'Italie et de l'Espagne, croît aussi dans les contrées méridionales de la France, en Languedoc, en Provence, dans le bassin de la Méditerranée.

Description. — Tige droite, rameuse, recouverte d’une écorce cendrée, s'élevant jusqu'à la hauteur de 3 mètres.— Feuilles alternes, pétiolées, trifoliées, oblongues, sessiles, mucronées ; stipules opposés aux pétioles et bifides à leur sommet. — Fleurs naissant trois ou quatre ensemble par petites grappes latérales et axillaires, portées chacune sur un pédoncule plus court qu'elle (mai), d'un jaune pâle, excepté le pétale supérieur qui est taché en dessus d'un jaune-brun. — Calice monophylle, campanulé,


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persistant, ayant le bord partagé en cinq dents pointues et couvert de poils. — Corolle papilionacée, remarquable par sa carène fort allongée, ainsi que son pavillon très-court et un peu réfléchi au-dessus. — Etamines au nombre de dix et libres. — Ovaire oblong, chargé d’un style de la longueur des étamines. — Stigmate simple et pubescent, terminant l’ovaire. — Fruit : gousse de la longueur du doigt, presque cylindrique, recourbée à son extrémité et renfermant trois à cinq graines réniformes, violettes, qui deviennent blanches en mûrissant.

Parties usitées. — Les feuilles et les semences.

[Culture. — Peu cultivée à cause de son odeur désagréable, elle vient en pleine terre par semis ; il vaut mieux les faire sous châssis et sur couche à une bonne exposition ; on repique à un an, et elle peut être plantée à demeure à la quatrième ou à la cinquième année.]

Propriétés physiques et chimiques. — Toutes les parties de l'anagyre exhalent une odeur fétide quand on les froisse entre les doigts ; les feuilles ont une saveur amère très-prononcée. Tous les animaux s'en éloignent. Du fromage fait avec le lait de brebis ou de chèvre qui, pressées par la faim, avaient brouté cette plante, a produit de violents vomissements et même l'empoisonnement. Il n'y a aucune analyse chimique de l'anagyre.


PRÉPARATIONS PHARMACEUTIQUES ET DOSES.

Infusion des feuilles, 12 à 16 grammes pour 150 à 200 grammes d'eau bouillante, édulcorée avec du sirop, du sucre ou du miel.


Pline et Dioscoride regardaient les semences de l'anagyre comme vomitives. Matthioli a vu des bergers qui en avaient mangé vomir jusqu'au sang. Peyrilhe leur attribue la même propriété, ainsi qu'aux feuilles, qu'il considère aussi comme purgatives. « Faut-il, dit Chaumeton, rejeter le bois-puant comme une substance toujours inutile et même dangereuse ? Non, sans doute ; et je pense, au contraire, que l’anagyre, administrée par un praticien habile, peut rendre de grands services à la thérapeutique ; car c’est surtout parmi les végétaux suspects qu'il convient de chercher les remèdes héroïques. » Loiseleur-Deslongchamps a constaté les propriétés purgatives des feuilles. Elles purgent doucement, dit-il, à la dose de 8 à 16 gr. Elles peuvent, suivant Wauters, comme celles de globulaire turbith, être substituées au séné. L'anagyris, dit Biett[1], est le purgatif dont on pourrait se servir avec le plus d'avantage pour la classe indigente ou dans les hôpitaux.

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  1. Dictionnaire des sciences médicales, t. II, p. 14.