Amaranthus thunbergii (PROTA)

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Ressources végétales de l'Afrique tropicale
Introduction
Liste des espèces


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Légume Fairytale bookmark gold.svgFairytale bookmark gold.svgGood article star.svgGood article star.svgGood article star.svg
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Fourrage Fairytale bookmark gold.svgGood article star.svgGood article star.svgGood article star.svgGood article star.svg
Sécurité alimentaire Fairytale bookmark gold.svgFairytale bookmark gold.svgGood article star.svgGood article star.svgGood article star.svg


répartition en Afrique (sauvage)
port

Amaranthus thunbergii Moq.


Protologue: DC., Prodr. 13(2) : 262 (1849).
Famille: Amaranthaceae

Noms vernaculaires

  • Amarante sauvage (Fr).
  • Wild amaranth, wild spinach, pigweed (En).
  • Amaranto, bredo (Po).
  • Mchicha (Sw).

Origine et répartition géographique

Amaranthus thunbergii est indigène en Afrique centrale, en Afrique de l’Est et en Afrique australe, où il a été identifié comme adventice dans de nombreux pays, du Congo à l’Erythrée et à la Somalie vers l’est, et à l’Afrique du Sud vers le sud. Il a été introduit comme adventice en Australie et en Europe, probablement avec les moutons.

Usages

Amaranthus thunbergii est principalement utilisé comme herbe potagère de cueillette. Au Botswana, c’est un légume-feuilles populaire consommé frais ou séché ; on le consomme avec du lait ou des matières grasses en association avec du sorgho ou du maïs. En Namibie, on le consomme avec une bouillie de mil. Les feuilles sont plutôt amères lorsqu’on les compare à d’autres espèces d’amarantes. C’est également un légume apprécié par la communauté asiatique vivant en Afrique du Sud. Il est utilisé comme fourrage pour le bétail. Au Zimbabwe, les inflorescences broyées et séchées sont utilisées pour adoucir le tabac à priser.

Production et commerce international

Amaranthus thunbergii n’est pas cultivé commercialement. On le vend parfois sur les marchés au Botswana et en Namibie comme légume bon marché.

Propriétés

La composition des feuilles d’Amaranthus thunbergii est comparable à celle d’autres amarantes. Les feuilles d’amarantes contiennent en moyenne par 100 g de partie comestible : eau 84,0 g, énergie 176 kJ (42 kcal), protéines 4,6 g, lipides 0,2 g, glucides 8,3 g, fibres 1,8 g, Ca 410 mg, P 103 mg, Fe 8,9 mg, β-carotène 5716 μg, thiamine 0,05 mg, riboflavine 0,42 mg, niacine 1,2 mg, acide ascorbique 64 mg (Leung, W.-T.W., Busson, F. & Jardin, C., 1968). Les feuilles et les tiges contiennent du nitrate (surtout les tiges) et également de l’oxalate à un niveau comparable à d’autres légumes-feuilles verts. La plupart des gens cuisent l’amarante dans un grand volume d’eau et jettent l’eau de cuisson contenant le nitrate et l’oxalate solubles. Afin de réduire l’amertume, on peut également cuire les feuilles deux fois. La teneur relativement élevée en acides cyanhydrique et oxalique rend l’amarante moins propre à la consommation humaine à l’état cru ainsi qu’à l’alimentation animale. Cependant, dans un essai chez des moutons, on n’a trouvé aucun effet toxique pour des rations importantes d’Amaranthus thunbergii.

Falsifications et succédanés

Dans les mets contenant des légumes-feuilles verts ou des herbes potagères, Amaranthus thunbergii peut être remplacé par n’importe quelle autre amarante-légume.

Description

Petite plante herbacée annuelle jusqu’à 55 cm de haut, érigée ou ascendante, simple ou ramifiée dès la base et souvent aussi plus haut ; tige et ramifications trapues, anguleuses, glabres ou légèrement poilues au-dessous, de plus en plus couvertes vers le haut de poils longs, frisés, multicellulaires et plutôt floconneux. Feuilles disposées en spirale, simples, sans stipules ; pétiole jusqu’à 4 cm de long, parfois plus long que le limbe ; limbe étroitement elliptique à rhomboïde ou spatulé, de (0,5–)1,5–4,5(–6) cm × (0,5–)1–3(–4) cm, cunéiforme à atténué à la base, obtus ou rétus à l’apex, entier, glabre ou finement poilu au-dessous des nervures primaires, parfois avec une tache violet foncé. Inflorescence : glomérule axillaire jusqu’à 1,5 cm de diamètre, à fleurs mâles et femelles mélangées, les fleurs mâles étant plus fréquentes à l’extrémité des glomérules supérieurs ; bractées jusqu’à 6 mm de long, munies d’une longue arête. Fleurs unisexuées, subsessiles, à 3 tépales jusqu’à 6 mm de long, munis d’une longue arête fine ; fleurs mâles à 3 étamines ; fleurs femelles à ovaire supère 1-loculaire surmonté de 3 stigmates. Fruit : capsule ovoïde-ellipsoïde à pyriforme jusqu’à 3,5 mm de long, à bec court au-dessous des stigmates, à déhiscence circulaire, vaguement ridée, contenant 1 graine. Graine de 1–1,5 mm de long, noir luisant ou brun foncé, faiblement réticulée.

Autres données botaniques

Le genre Amaranthus comprend environ 70 espèces, dont environ 40 proviennent du continent américain. Il comprend au moins 17 espèces à feuilles comestibles. Amaranthus thunbergii ressemble à Amaranthus graecizans L., mais on le distingue grâce à ses tiges couvertes de longs poils frisés, ses feuilles plus larges dans leur partie supérieure et à extrémité arrondie, ainsi que la longue arête de ses tépales.

Croissance et développement

La levée de la plantule a lieu 3–5 jours après le semis. Le développement végétatif est rapide. Comme le maïs et la canne à sucre, le genre Amaranthus se caractérise par une photosynthèse en C4, ce qui signifie que la photosynthèse est importante lorsque la température et le rayonnement sont élevés. La floraison peut débuter 4–8 semaines après le semis et se situe de février à mai en Afrique australe. La croissance des nouvelles pousses continue après le début de la floraison. La pollinisation est effectuée par le vent, mais l’abondance de la production de pollen engendre un taux élevé d’autogamie. Les graines mûrissent en 1–2 mois.

Ecologie

On trouve Amaranthus thunbergii sur des terres incultes, comme adventice sur des terres cultivées, des savanes herbeuses et des sols rocailleux, le plus souvent dans des régions arides de hautes terres. Au Botswana, il pousse dans des conditions pédoclimatiques très variées, mais on le rencontre le plus souvent à des endroits humides à certaines saisons, par ex. le long des cours d’eau. Amaranthus thunbergii résiste bien à des conditions pédoclimatiques difficiles .

Multiplication et plantation

Les graines sont éparpillées et donnent naissance spontanément à de nouvelles plantes. Elles sont également disséminées par les bouses de vaches, et peuvent rester viables dans le sol de nombreuses années. La graine germe lorsqu’elle est en surface ou dans les 3 premiers cm du sol.

Gestion

Là où Amaranthus thunbergii est apprécié comme légume, un désherbage sélectif peut être effectué en enlevant toutes les autres adventices. La culture d’Amaranthus thunbergii est rarement observée, par ex. au Botswana, où on teste sa culture pendant la saison sèche. Il est probablement assez facile à cultiver ; on peut appliquer les mêmes méthodes culturales que pour Amaranthus blitum L. Une fois la plante établie, elle se multiplie seule.

Maladies et ravageurs

Bien qu’il n’y ait pas de données sur le sujet, Amaranthus thunbergii semble très résistant aux maladies et aux ravageurs.

Récolte

Les jeunes plantes et les jeunes pousses tendres sont récoltées comme légume. Les gens commencent à récolter les jeunes pousses trois semaines après le début des pluies. Une récolte échelonnée stimule la croissance de nouvelles pousses.

Traitement après récolte

Lorsqu’elles sont récoltées pour la vente au marché, on asperge les pousses et les feuilles d’eau afin de maintenir une apparence de fraîcheur. En Namibie, les feuilles sont cuites à l’eau et transformées en galettes aplaties qui sont séchées au soleil en vue d’une utilisation pendant la saison sèche.

Ressources génétiques

Amaranthus thunbergii est répandu et on le rencontre habituellement dans des milieux perturbés ; il ne semble donc pas menacé d’érosion génétique. On ne le trouve pas dans les collections de ressources génétiques.

Perspectives

Amaranthus thunbergii est un légume sauvage traditionnel savoureux et nutritif. Les perspectives pour sa domestication et sa culture comme légume sont limitées car il devrait alors entrer en concurrence avec d’autres amarantes-légumes plus appréciés. Dans la sélection des amarantes cultivées, Amaranthus thunbergii pourrait être utilisé comme géniteur de gènes de résistance.

Références principales

  • Grubben, G.J.H., 1993. Amaranthus L. In: Siemonsma, J.S. & Kasem Piluek (Editors). Plant Resources of South-East Asia No 8. Vegetables. Pudoc Scientific Publishers, Wageningen, Netherlands. pp. 82–86.
  • Leung, W.-T.W., Busson, F. & Jardin, C., 1968. Food composition table for use in Africa. FAO, Rome, Italy. 306 pp.
  • Madisa, M.E. & Tshamekang, M.E., 1997. Conservation and utilization of indigenous vegetables in Botswana. In: Guarino, L. (Editor). Traditional African vegetables. Proceedings of the IPGRI international workshop on genetic resources of traditional vegetables in Africa: conservation and use, 29–31 August 1995, ICRAF, Nairobi, Kenya. Promoting the conservation and use of underutilized and neglected crops 16. pp. 149–153.
  • Matlhare, T., Tsamekang, E., Taylor, F.W., Oagile, O. & Modise, D.M., 1999. The status of traditional leafy vegetables in Botswana. In: Chweya, J.A. & Eyzaguirre, P.B. (Editors): The biodiversity of traditional vegetables. IPGRI, Rome, Italy. pp. 7–22.
  • Schippers, R.R., 2000. African indigenous vegetables. An overview of the cultivated species. Natural Resources Institute/ACP-EU Technical Centre for Agricultural and Rural Cooperation, Chatham, United Kingdom. 214 pp.
  • Townsend, C.C., 1985. Amaranthaceae. In: Polhill, R.M. (Editor). Flora of Tropical East Africa. A.A. Balkema, Rotterdam, Netherlands. 136 pp.
  • Townsend, C.C., 1988. Amaranthaceae. In: Launert, E. (Editor). Flora Zambesiaca. Volume 9, part 1. Flora Zambesiaca Managing Committee, London, United Kingdom. pp. 28–133.
  • Townsend, C.C., 2000. Amaranthaceae. In: Edwards, S., Mesfin Tadesse, Demissew Sebsebe & Hedberg, I. (Editors). Flora of Ethiopia and Eritrea. Volume 2, part 1. Magnoliaceae to Flacourtiaceae. The National Herbarium, Addis Ababa University, Addis Ababa, Ethiopia and Department of Systematic Botany, Uppsala University, Uppsala, Sweden. pp. 299–335.

Autres références

  • Schneider, D.J., 1978. Fatal ovine nephrosis caused by Anagallis arvensis L. Journal of the South African Veterinary Association 49: 321–324.

Auteur(s)

  • G.J.H. Grubben, Boeckweijdt Consult, Prins Hendriklaan 24, 1401 AT Bussum, Netherlands

Consulté le 22 décembre 2024.